Mot-cleflittérature arabe

su­jet

Nezâmî, « Layla et Majnûn »

éd. Fayard, Paris

éd. Fayard, Pa­ris

Il s’agit d’une ver­sion per­sane du « Ma­j­nûn et Laylâ »1, lé­gende de l’amour im­pos­sible et par­fait, ou par­fait parce qu’impossible, et qui ne s’accomplit que dans la mort. Ré­pan­due en Orient par les poètes, cette lé­gende y conserve une cé­lé­brité égale à celle dont jouissent chez nous les amours de Ro­méo et Ju­liette, avec les­quelles elle pré­sente plus d’un trait de res­sem­blance. « Il n’est pas si in­dif­fé­rent, pour­tant, de pen­ser que l’amour, bien avant de trou­ver le che­min de notre Oc­ci­dent, avait chanté si loin de nous, là-bas, sous le ciel de l’Arabie, en son dé­sert, avec ses mots », ex­plique M. An­dré Mi­quel. Ma­j­nûn et Laylâ vi­vaient un peu après Ma­ho­met. La vie no­made des Arabes de ce temps-là, si propre à ali­men­ter l’amour, ainsi que la proxi­mité des camps, ag­glu­ti­nés dans les lieux de halte et au­tour des puits, de­vaient don­ner na­tu­rel­le­ment aux jeunes hommes et aux jeunes filles de tri­bus dif­fé­rentes l’occasion de se voir et faire naître les pas­sions les plus vives. Mais, en même temps, la né­ces­sité de chan­ger fré­quem­ment de place, pour al­ler cher­cher au loin d’abondants pâ­tu­rages, de­vait contra­rier non moins sou­vent les amours nais­santes : « Déjà deux jeunes cœurs lan­guis­saient l’un pour l’autre ; déjà leurs sou­pirs, aussi brû­lants que l’air en­flammé du dé­sert, al­laient se confondre, lorsqu’un chef donne l’ordre de le­ver les tentes ; la jeune fille, ti­mide, s’éloigne len­te­ment en dé­vo­rant ses larmes, et son amant, resté seul en proie à sa dou­leur, vient gé­mir sur les traces de l’habitation de sa bien-ai­mée ; ou c’est l’orgueil des chefs qui s’oppose à leur al­liance, en les li­vrant au plus sombre déses­poir »2. Tel fut le sort qu’éprouvèrent en Ara­bie Ma­j­nûn et Laylâ, mais aussi Ja­mîl et Bu­thayna, Ku­thayyir et ‘Azza, etc.

  1. Par­fois tra­duit « Mec­nun et Leylâ », « Me­gnoun et Leï­leh », « Ma­gnoun et Leïla », « Med­j­noun et Leïlé », « Med­jnūn et Leylā », « Mad­j­noûn et Leylî », « Mad­j­noune et Leily », « Mad­sch­nun et Leila », « Med­sch­nun et Leila », « Med­sch­noun et Leila », « Ma­j­noon et Leili », « Med­gnoun et Lei­leh », « Me­j­noûn et Laïla », « Mad­j­non et Lalé », « Ma­j­noune et Leyla », « Maǧnūn et Laylā », « Ma­j­noun et Laili », « Mu­j­noon et Laili » ou « May­nun et Layla ». Haut
  1. An­toine-Léo­nard de Chézy, « Pré­face au “Med­j­noun et Leïlâ” de Djâmî ». Haut

Maïmonide, « Le Livre des commandements, “Séfèr hamitsvoth” »

éd. L’Âge d’homme, Lausanne

éd. L’Âge d’homme, Lau­sanne

Il s’agit d’une tra­duc­tion in­di­recte du « Livre des com­man­de­ments »1 (« Ki­tab al-fa­raid ») de Rabbi Moïse ben Maï­mon2, dit Maï­mo­nide. C’est l’un des phi­lo­sophes les plus cé­lèbres qu’aient eus les Juifs, les­quels ont cou­tume de dire pour ex­pri­mer leur ad­mi­ra­tion en­vers lui : « De­puis Moïse (le pro­phète) jusqu’à Moïse (le phi­lo­sophe), il n’y a point eu d’autre Moïse » (« Mi Mo­shé ad Mo­shé, lo kam ké Mo­shé »3). Dans les livres hé­braïques, il est sou­vent dé­si­gné par le nom de Ram­bam4 com­posé, se­lon l’usage juif, des lettres ini­tiales R. M. b. M. de son nom en­tier. Dans les livres la­tins, il est sou­vent cité sous les noms de Moïse le Cor­douan (Moses Cor­du­ben­sis), parce qu’il na­quit à Cor­doue, et de Moïse l’Égyptien (Moses Ægyp­tius), parce que, chassé par les per­sé­cu­tions re­li­gieuses des Al­mo­hades, il dut se ré­fu­gier en Égypte, où il de­vint pre­mier mé­de­cin du Sul­tan. On au­rait pu ajou­ter à ces noms ce­lui de Moïse le Pro­ven­çal, parce que la Pro­vence donna asile à la plus grande par­tie des Juifs ex­pul­sés du midi de l’Espagne ; et que c’est à Lu­nel, et non au Caire, que « Le Guide des éga­rés » fut tra­duit de l’arabe en hé­breu par Sa­muel ben Yé­huda ibn Ti­bon5, le­quel en­tama sa tra­duc­tion du vi­vant même de Maï­mo­nide. Dans l’« Épître à Rabbi Sa­muel ibn Ti­bon sur la tra­duc­tion du “Guide des éga­rés” » et l’« Épître à la com­mu­nauté de Lu­nel », Maï­mo­nide fait de cette com­mu­nauté pro­ven­çale son hé­ri­tière spi­ri­tuelle : « Je suis », dit-il6, « [un] au­teur en langue arabe, cette langue dont le so­leil dé­cline… [Mais] vous, maîtres et proches, af­fer­mis­sez-vous ! For­ti­fiez vos cœurs ; car je viens pro­cla­mer ceci : en ces temps d’affliction, nul n’est plus là pour bran­dir l’étendard de Moïse, ni pour ap­pro­fon­dir les pa­roles des maîtres du Tal­mud… à part vous-mêmes et ceux des ci­tés de vos ré­gions. Vous qui êtes conti­nuel­le­ment ab­sor­bés, comme je le sais, dans l’étude et l’interprétation des textes ; vous, dé­po­si­taires de l’intellect et du sa­voir ! Sa­chez qu’en maints autres lieux, la Tora a été éga­rée par ses propres fils… Sur la terre d’Israël et à tra­vers toute la Sy­rie, un seul en­droit, je veux dire Alep, compte quelques sages qui mé­ditent la Tora… Pour ce qui est des ci­tés du Magh­reb, dans notre mal­heur, nous avons ap­pris quel dé­cret a été pro­noncé contre les Juifs qui s’y trouvent. Il n’est donc point de sa­lut nulle part, si ce n’est au­près de vous, frères, fi­gures de notre ré­demp­tion. »

  1. Par­fois tra­duit « Le Livre des pré­ceptes ». Haut
  2. En hé­breu רבי משה בן מימון. Par­fois trans­crit Moses ben Mei­mun, Mô­sheh ben May­mûn, Moïse ben Mai­moun, Moyses ben Mai­mon, Moyse ben Mai­mon, Moshe ben May­mon, Mosche ben Mai­mon, Moše ben Ma­j­mon ou Mo­ché ben Maï­mon. Haut
  3. En hé­breu « ממשה עד משה לא קם כמשה ». Par­fois trans­crit « Mi-Mo­sheh ‘ad Mo­sheh, lo qam ke-Mo­sheh », « Mi­mo­sché ad Mo­sché, lo kam ca Mo­sché », « Me­moshe ad Moshe, lo kam k’Moshe », « Mi-Moshe we-’ad Moshe, lo kom ke-Moshe » ou « Mi-Mošé we-‘ad Mošé, lo qam ke-Mošé ». Haut
  1. En hé­breu רמב״ם. Haut
  2. En hé­breu שמואל בן יהודה אבן תיבון. Par­fois trans­crit Sa­muel ben Ju­dah ibn Tib­bon, Sa­muel ben Ye­houda ibn Tib­bon ou Sa­muel ben Je­huda ibn Tib­bon. Haut
  3. « Lettres de Fo­stat • La Gué­ri­son par l’esprit », p. 45 & 47-48. Haut

Maïmonide, « Épître sur la persécution • Épître au Yémen • Épître sur la résurrection • Introduction au chapitre “Helèq” »

éd. Verdier, coll. Les Dix Paroles, Lagrasse

éd. Ver­dier, coll. Les Dix Pa­roles, La­grasse

Il s’agit d’une tra­duc­tion in­di­recte de l’« Épître au Yé­men » (« Al-ri­sala al-Ya­ma­niyya »1) et autres œuvres de Rabbi Moïse ben Maï­mon2, dit Maï­mo­nide. C’est l’un des phi­lo­sophes les plus cé­lèbres qu’aient eus les Juifs, les­quels ont cou­tume de dire pour ex­pri­mer leur ad­mi­ra­tion en­vers lui : « De­puis Moïse (le pro­phète) jusqu’à Moïse (le phi­lo­sophe), il n’y a point eu d’autre Moïse » (« Mi Mo­shé ad Mo­shé, lo kam ké Mo­shé »3). Dans les livres hé­braïques, il est sou­vent dé­si­gné par le nom de Ram­bam4 com­posé, se­lon l’usage juif, des lettres ini­tiales R. M. b. M. de son nom en­tier. Dans les livres la­tins, il est sou­vent cité sous les noms de Moïse le Cor­douan (Moses Cor­du­ben­sis), parce qu’il na­quit à Cor­doue, et de Moïse l’Égyptien (Moses Ægyp­tius), parce que, chassé par les per­sé­cu­tions re­li­gieuses des Al­mo­hades, il dut se ré­fu­gier en Égypte, où il de­vint pre­mier mé­de­cin du Sul­tan. On au­rait pu ajou­ter à ces noms ce­lui de Moïse le Pro­ven­çal, parce que la Pro­vence donna asile à la plus grande par­tie des Juifs ex­pul­sés du midi de l’Espagne ; et que c’est à Lu­nel, et non au Caire, que « Le Guide des éga­rés » fut tra­duit de l’arabe en hé­breu par Sa­muel ben Yé­huda ibn Ti­bon5, le­quel en­tama sa tra­duc­tion du vi­vant même de Maï­mo­nide. Dans l’« Épître à Rabbi Sa­muel ibn Ti­bon sur la tra­duc­tion du “Guide des éga­rés” » et l’« Épître à la com­mu­nauté de Lu­nel », Maï­mo­nide fait de cette com­mu­nauté pro­ven­çale son hé­ri­tière spi­ri­tuelle : « Je suis », dit-il6, « [un] au­teur en langue arabe, cette langue dont le so­leil dé­cline… [Mais] vous, maîtres et proches, af­fer­mis­sez-vous ! For­ti­fiez vos cœurs ; car je viens pro­cla­mer ceci : en ces temps d’affliction, nul n’est plus là pour bran­dir l’étendard de Moïse, ni pour ap­pro­fon­dir les pa­roles des maîtres du Tal­mud… à part vous-mêmes et ceux des ci­tés de vos ré­gions. Vous qui êtes conti­nuel­le­ment ab­sor­bés, comme je le sais, dans l’étude et l’interprétation des textes ; vous, dé­po­si­taires de l’intellect et du sa­voir ! Sa­chez qu’en maints autres lieux, la Tora a été éga­rée par ses propres fils… Sur la terre d’Israël et à tra­vers toute la Sy­rie, un seul en­droit, je veux dire Alep, compte quelques sages qui mé­ditent la Tora… Pour ce qui est des ci­tés du Magh­reb, dans notre mal­heur, nous avons ap­pris quel dé­cret a été pro­noncé contre les Juifs qui s’y trouvent. Il n’est donc point de sa­lut nulle part, si ce n’est au­près de vous, frères, fi­gures de notre ré­demp­tion. »

  1. Par­fois trans­crit « Al-risāla al-Ya­manīya » ou « Al-risā­lah al-Ya­manīyah ». Haut
  2. En hé­breu רבי משה בן מימון. Par­fois trans­crit Moses ben Mei­mun, Mô­sheh ben May­mûn, Moïse ben Mai­moun, Moyses ben Mai­mon, Moyse ben Mai­mon, Moshe ben May­mon, Mosche ben Mai­mon, Moše ben Ma­j­mon ou Mo­ché ben Maï­mon. Haut
  3. En hé­breu « ממשה עד משה לא קם כמשה ». Par­fois trans­crit « Mi-Mo­sheh ‘ad Mo­sheh, lo qam ke-Mo­sheh », « Mi­mo­sché ad Mo­sché, lo kam ca Mo­sché », « Me­moshe ad Moshe, lo kam k’Moshe », « Mi-Moshe we-’ad Moshe, lo kom ke-Moshe » ou « Mi-Mošé we-‘ad Mošé, lo qam ke-Mošé ». Haut
  1. En hé­breu רמב״ם. Haut
  2. En hé­breu שמואל בן יהודה אבן תיבון. Par­fois trans­crit Sa­muel ben Ju­dah ibn Tib­bon, Sa­muel ben Ye­houda ibn Tib­bon ou Sa­muel ben Je­huda ibn Tib­bon. Haut
  3. « Lettres de Fo­stat • La Gué­ri­son par l’esprit », p. 45 & 47-48. Haut

Maïmonide, « Traité d’éthique, [ou] Huit Chapitres »

éd. D. de Brouwer, coll. Midrash-Références, Paris

éd. D. de Brou­wer, coll. Mi­drash-Ré­fé­rences, Pa­ris

Il s’agit des « Huit Cha­pitres », ex­traits du « Livre du lu­mi­naire »1 (« Ki­tab al-si­raj »2), de Rabbi Moïse ben Maï­mon3, dit Maï­mo­nide. C’est l’un des phi­lo­sophes les plus cé­lèbres qu’aient eus les Juifs, les­quels ont cou­tume de dire pour ex­pri­mer leur ad­mi­ra­tion en­vers lui : « De­puis Moïse (le pro­phète) jusqu’à Moïse (le phi­lo­sophe), il n’y a point eu d’autre Moïse » (« Mi Mo­shé ad Mo­shé, lo kam ké Mo­shé »4). Dans les livres hé­braïques, il est sou­vent dé­si­gné par le nom de Ram­bam5 com­posé, se­lon l’usage juif, des lettres ini­tiales R. M. b. M. de son nom en­tier. Dans les livres la­tins, il est sou­vent cité sous les noms de Moïse le Cor­douan (Moses Cor­du­ben­sis), parce qu’il na­quit à Cor­doue, et de Moïse l’Égyptien (Moses Ægyp­tius), parce que, chassé par les per­sé­cu­tions re­li­gieuses des Al­mo­hades, il dut se ré­fu­gier en Égypte, où il de­vint pre­mier mé­de­cin du Sul­tan. On au­rait pu ajou­ter à ces noms ce­lui de Moïse le Pro­ven­çal, parce que la Pro­vence donna asile à la plus grande par­tie des Juifs ex­pul­sés du midi de l’Espagne ; et que c’est à Lu­nel, et non au Caire, que « Le Guide des éga­rés » fut tra­duit de l’arabe en hé­breu par Sa­muel ben Yé­huda ibn Ti­bon6, le­quel en­tama sa tra­duc­tion du vi­vant même de Maï­mo­nide. Dans l’« Épître à Rabbi Sa­muel ibn Ti­bon sur la tra­duc­tion du “Guide des éga­rés” » et l’« Épître à la com­mu­nauté de Lu­nel », Maï­mo­nide fait de cette com­mu­nauté pro­ven­çale son hé­ri­tière spi­ri­tuelle : « Je suis », dit-il7, « [un] au­teur en langue arabe, cette langue dont le so­leil dé­cline… [Mais] vous, maîtres et proches, af­fer­mis­sez-vous ! For­ti­fiez vos cœurs ; car je viens pro­cla­mer ceci : en ces temps d’affliction, nul n’est plus là pour bran­dir l’étendard de Moïse, ni pour ap­pro­fon­dir les pa­roles des maîtres du Tal­mud… à part vous-mêmes et ceux des ci­tés de vos ré­gions. Vous qui êtes conti­nuel­le­ment ab­sor­bés, comme je le sais, dans l’étude et l’interprétation des textes ; vous, dé­po­si­taires de l’intellect et du sa­voir ! Sa­chez qu’en maints autres lieux, la Tora a été éga­rée par ses propres fils… Sur la terre d’Israël et à tra­vers toute la Sy­rie, un seul en­droit, je veux dire Alep, compte quelques sages qui mé­ditent la Tora… Pour ce qui est des ci­tés du Magh­reb, dans notre mal­heur, nous avons ap­pris quel dé­cret a été pro­noncé contre les Juifs qui s’y trouvent. Il n’est donc point de sa­lut nulle part, si ce n’est au­près de vous, frères, fi­gures de notre ré­demp­tion. »

  1. Par­fois tra­duit « Livre de la lu­mière ». Haut
  2. Par­fois trans­crit « Kitāb al-sarāj » ou « Ki­tab es-si­râdj ». Haut
  3. En hé­breu רבי משה בן מימון. Par­fois trans­crit Moses ben Mei­mun, Mô­sheh ben May­mûn, Moïse ben Mai­moun, Moyses ben Mai­mon, Moyse ben Mai­mon, Moshe ben May­mon, Mosche ben Mai­mon, Moše ben Ma­j­mon ou Mo­ché ben Maï­mon. Haut
  4. En hé­breu « ממשה עד משה לא קם כמשה ». Par­fois trans­crit « Mi-Mo­sheh ‘ad Mo­sheh, lo qam ke-Mo­sheh », « Mi­mo­sché ad Mo­sché, lo kam ca Mo­sché », « Me­moshe ad Moshe, lo kam k’Moshe », « Mi-Moshe we-’ad Moshe, lo kom ke-Moshe » ou « Mi-Mošé we-‘ad Mošé, lo qam ke-Mošé ». Haut
  1. En hé­breu רמב״ם. Haut
  2. En hé­breu שמואל בן יהודה אבן תיבון. Par­fois trans­crit Sa­muel ben Ju­dah ibn Tib­bon, Sa­muel ben Ye­houda ibn Tib­bon ou Sa­muel ben Je­huda ibn Tib­bon. Haut
  3. « Lettres de Fo­stat • La Gué­ri­son par l’esprit », p. 45 & 47-48. Haut

Maïmonide, « Traité des poisons »

éd. Lipschutz, Paris

éd. Lip­schutz, Pa­ris

Il s’agit du « Traité des poi­sons » (« Al-su­mum wal-mu­ta­har­riz min al-ad­wiyah al-ki­ta­lah »1, lit­té­ra­le­ment « Des poi­sons et des an­ti­dotes contre les drogues mor­telles »2) de Rabbi Moïse ben Maï­mon3, dit Maï­mo­nide. C’est l’un des phi­lo­sophes les plus cé­lèbres qu’aient eus les Juifs, les­quels ont cou­tume de dire pour ex­pri­mer leur ad­mi­ra­tion en­vers lui : « De­puis Moïse (le pro­phète) jusqu’à Moïse (le phi­lo­sophe), il n’y a point eu d’autre Moïse » (« Mi Mo­shé ad Mo­shé, lo kam ké Mo­shé »4). Dans les livres hé­braïques, il est sou­vent dé­si­gné par le nom de Ram­bam5 com­posé, se­lon l’usage juif, des lettres ini­tiales R. M. b. M. de son nom en­tier. Dans les livres la­tins, il est sou­vent cité sous les noms de Moïse le Cor­douan (Moses Cor­du­ben­sis), parce qu’il na­quit à Cor­doue, et de Moïse l’Égyptien (Moses Ægyp­tius), parce que, chassé par les per­sé­cu­tions re­li­gieuses des Al­mo­hades, il dut se ré­fu­gier en Égypte, où il de­vint pre­mier mé­de­cin du Sul­tan. On au­rait pu ajou­ter à ces noms ce­lui de Moïse le Pro­ven­çal, parce que la Pro­vence donna asile à la plus grande par­tie des Juifs ex­pul­sés du midi de l’Espagne ; et que c’est à Lu­nel, et non au Caire, que « Le Guide des éga­rés » fut tra­duit de l’arabe en hé­breu par Sa­muel ben Yé­huda ibn Ti­bon6, le­quel en­tama sa tra­duc­tion du vi­vant même de Maï­mo­nide. Dans l’« Épître à Rabbi Sa­muel ibn Ti­bon sur la tra­duc­tion du “Guide des éga­rés” » et l’« Épître à la com­mu­nauté de Lu­nel », Maï­mo­nide fait de cette com­mu­nauté pro­ven­çale son hé­ri­tière spi­ri­tuelle : « Je suis », dit-il7, « [un] au­teur en langue arabe, cette langue dont le so­leil dé­cline… [Mais] vous, maîtres et proches, af­fer­mis­sez-vous ! For­ti­fiez vos cœurs ; car je viens pro­cla­mer ceci : en ces temps d’affliction, nul n’est plus là pour bran­dir l’étendard de Moïse, ni pour ap­pro­fon­dir les pa­roles des maîtres du Tal­mud… à part vous-mêmes et ceux des ci­tés de vos ré­gions. Vous qui êtes conti­nuel­le­ment ab­sor­bés, comme je le sais, dans l’étude et l’interprétation des textes ; vous, dé­po­si­taires de l’intellect et du sa­voir ! Sa­chez qu’en maints autres lieux, la Tora a été éga­rée par ses propres fils… Sur la terre d’Israël et à tra­vers toute la Sy­rie, un seul en­droit, je veux dire Alep, compte quelques sages qui mé­ditent la Tora… Pour ce qui est des ci­tés du Magh­reb, dans notre mal­heur, nous avons ap­pris quel dé­cret a été pro­noncé contre les Juifs qui s’y trouvent. Il n’est donc point de sa­lut nulle part, si ce n’est au­près de vous, frères, fi­gures de notre ré­demp­tion. »

  1. Par­fois trans­crit « Al-su­mûm wa-al-mu­taḥar­riz min al-ad­wiya al-qi­tâla », « Al-sumūm wal-mu­taḥar­riz min al-ad­wiya al-qitā­lah », « As-so­mum u al-mo­ta­har­riz mim al-aduiya al-qat­tala », « As-su­mûm wa’l-mutaḥarriz min al-ad­wiya al-qat­tâla », « As-su­mum wa’l-mutaharriz min al-ad­wiya al-qut­tala » ou « As-so­moûm w’al-motaharriz min al-ad­wiya al-qat­tâla ». Haut
  2. Par­fois tra­duit « Des poi­sons et des pré­ser­va­tifs contre les re­mèdes mor­tels ». Haut
  3. En hé­breu רבי משה בן מימון. Par­fois trans­crit Moses ben Mei­mun, Mô­sheh ben May­mûn, Moïse ben Mai­moun, Moyses ben Mai­mon, Moyse ben Mai­mon, Moshe ben May­mon, Mosche ben Mai­mon, Moše ben Ma­j­mon ou Mo­ché ben Maï­mon. Haut
  4. En hé­breu « ממשה עד משה לא קם כמשה ». Par­fois trans­crit « Mi-Mo­sheh ‘ad Mo­sheh, lo qam ke-Mo­sheh », « Mi­mo­sché ad Mo­sché, lo kam ca Mo­sché », « Me­moshe ad Moshe, lo kam k’Moshe », « Mi-Moshe we-’ad Moshe, lo kom ke-Moshe » ou « Mi-Mošé we-‘ad Mošé, lo qam ke-Mošé ». Haut
  1. En hé­breu רמב״ם. Haut
  2. En hé­breu שמואל בן יהודה אבן תיבון. Par­fois trans­crit Sa­muel ben Ju­dah ibn Tib­bon, Sa­muel ben Ye­houda ibn Tib­bon ou Sa­muel ben Je­huda ibn Tib­bon. Haut
  3. « Lettres de Fo­stat • La Gué­ri­son par l’esprit », p. 45 & 47-48. Haut

Maïmonide, « Traité de logique »

éd. D. de Brouwer, coll. Midrash-Références, Paris

éd. D. de Brou­wer, coll. Mi­drash-Ré­fé­rences, Pa­ris

Il s’agit du « Traité de lo­gique » (« Ma­ka­lah fi-si­naat al-man­tik »1) de Rabbi Moïse ben Maï­mon2, dit Maï­mo­nide. C’est l’un des phi­lo­sophes les plus cé­lèbres qu’aient eus les Juifs, les­quels ont cou­tume de dire pour ex­pri­mer leur ad­mi­ra­tion en­vers lui : « De­puis Moïse (le pro­phète) jusqu’à Moïse (le phi­lo­sophe), il n’y a point eu d’autre Moïse » (« Mi Mo­shé ad Mo­shé, lo kam ké Mo­shé »3). Dans les livres hé­braïques, il est sou­vent dé­si­gné par le nom de Ram­bam4 com­posé, se­lon l’usage juif, des lettres ini­tiales R. M. b. M. de son nom en­tier. Dans les livres la­tins, il est sou­vent cité sous les noms de Moïse le Cor­douan (Moses Cor­du­ben­sis), parce qu’il na­quit à Cor­doue, et de Moïse l’Égyptien (Moses Ægyp­tius), parce que, chassé par les per­sé­cu­tions re­li­gieuses des Al­mo­hades, il dut se ré­fu­gier en Égypte, où il de­vint pre­mier mé­de­cin du Sul­tan. On au­rait pu ajou­ter à ces noms ce­lui de Moïse le Pro­ven­çal, parce que la Pro­vence donna asile à la plus grande par­tie des Juifs ex­pul­sés du midi de l’Espagne ; et que c’est à Lu­nel, et non au Caire, que « Le Guide des éga­rés » fut tra­duit de l’arabe en hé­breu par Sa­muel ben Yé­huda ibn Ti­bon5, le­quel en­tama sa tra­duc­tion du vi­vant même de Maï­mo­nide. Dans l’« Épître à Rabbi Sa­muel ibn Ti­bon sur la tra­duc­tion du “Guide des éga­rés” » et l’« Épître à la com­mu­nauté de Lu­nel », Maï­mo­nide fait de cette com­mu­nauté pro­ven­çale son hé­ri­tière spi­ri­tuelle : « Je suis », dit-il6, « [un] au­teur en langue arabe, cette langue dont le so­leil dé­cline… [Mais] vous, maîtres et proches, af­fer­mis­sez-vous ! For­ti­fiez vos cœurs ; car je viens pro­cla­mer ceci : en ces temps d’affliction, nul n’est plus là pour bran­dir l’étendard de Moïse, ni pour ap­pro­fon­dir les pa­roles des maîtres du Tal­mud… à part vous-mêmes et ceux des ci­tés de vos ré­gions. Vous qui êtes conti­nuel­le­ment ab­sor­bés, comme je le sais, dans l’étude et l’interprétation des textes ; vous, dé­po­si­taires de l’intellect et du sa­voir ! Sa­chez qu’en maints autres lieux, la Tora a été éga­rée par ses propres fils… Sur la terre d’Israël et à tra­vers toute la Sy­rie, un seul en­droit, je veux dire Alep, compte quelques sages qui mé­ditent la Tora… Pour ce qui est des ci­tés du Magh­reb, dans notre mal­heur, nous avons ap­pris quel dé­cret a été pro­noncé contre les Juifs qui s’y trouvent. Il n’est donc point de sa­lut nulle part, si ce n’est au­près de vous, frères, fi­gures de notre ré­demp­tion. »

  1. Par­fois trans­crit « Ma­kala fî sana‘at ’al-man­tik », « Ma­qāla fī ṣinā‘at al-manṭiq », « Mâ­kâ­lah fi-siné at al man­tik », « Ma­qā­lah fi ṣinā‘at al-man­tiq » ou « Ma­qâla fî çinâ’at al-man­tiq ». Haut
  2. En hé­breu רבי משה בן מימון. Par­fois trans­crit Moses ben Mei­mun, Mô­sheh ben May­mûn, Moïse ben Mai­moun, Moyses ben Mai­mon, Moyse ben Mai­mon, Moshe ben May­mon, Mosche ben Mai­mon, Moše ben Ma­j­mon ou Mo­ché ben Maï­mon. Haut
  3. En hé­breu « ממשה עד משה לא קם כמשה ». Par­fois trans­crit « Mi-Mo­sheh ‘ad Mo­sheh, lo qam ke-Mo­sheh », « Mi­mo­sché ad Mo­sché, lo kam ca Mo­sché », « Me­moshe ad Moshe, lo kam k’Moshe », « Mi-Moshe we-’ad Moshe, lo kom ke-Moshe » ou « Mi-Mošé we-‘ad Mošé, lo qam ke-Mošé ». Haut
  1. En hé­breu רמב״ם. Haut
  2. En hé­breu שמואל בן יהודה אבן תיבון. Par­fois trans­crit Sa­muel ben Ju­dah ibn Tib­bon, Sa­muel ben Ye­houda ibn Tib­bon ou Sa­muel ben Je­huda ibn Tib­bon. Haut
  3. « Lettres de Fo­stat • La Gué­ri­son par l’esprit », p. 45 & 47-48. Haut

Maïmonide, « Lettres de Fostat • La Guérison par l’esprit »

éd. Bibliophane-D. Radford, coll. L’Entre nous, Paris

éd. Bi­blio­phane-D. Rad­ford, coll. L’Entre nous, Pa­ris

Il s’agit d’une tra­duc­tion in­di­recte de « La Gué­ri­son par l’esprit » (« Fi tad­bir as-sihha »1, lit­té­ra­le­ment « Sur le ré­gime de la santé ») et autres œuvres de Rabbi Moïse ben Maï­mon2, dit Maï­mo­nide. C’est l’un des phi­lo­sophes les plus cé­lèbres qu’aient eus les Juifs, les­quels ont cou­tume de dire pour ex­pri­mer leur ad­mi­ra­tion en­vers lui : « De­puis Moïse (le pro­phète) jusqu’à Moïse (le phi­lo­sophe), il n’y a point eu d’autre Moïse » (« Mi Mo­shé ad Mo­shé, lo kam ké Mo­shé »3). Dans les livres hé­braïques, il est sou­vent dé­si­gné par le nom de Ram­bam4 com­posé, se­lon l’usage juif, des lettres ini­tiales R. M. b. M. de son nom en­tier. Dans les livres la­tins, il est sou­vent cité sous les noms de Moïse le Cor­douan (Moses Cor­du­ben­sis), parce qu’il na­quit à Cor­doue, et de Moïse l’Égyptien (Moses Ægyp­tius), parce que, chassé par les per­sé­cu­tions re­li­gieuses des Al­mo­hades, il dut se ré­fu­gier en Égypte, où il de­vint pre­mier mé­de­cin du Sul­tan. On au­rait pu ajou­ter à ces noms ce­lui de Moïse le Pro­ven­çal, parce que la Pro­vence donna asile à la plus grande par­tie des Juifs ex­pul­sés du midi de l’Espagne ; et que c’est à Lu­nel, et non au Caire, que « Le Guide des éga­rés » fut tra­duit de l’arabe en hé­breu par Sa­muel ben Yé­huda ibn Ti­bon5, le­quel en­tama sa tra­duc­tion du vi­vant même de Maï­mo­nide. Dans l’« Épître à Rabbi Sa­muel ibn Ti­bon sur la tra­duc­tion du “Guide des éga­rés” » et l’« Épître à la com­mu­nauté de Lu­nel », Maï­mo­nide fait de cette com­mu­nauté pro­ven­çale son hé­ri­tière spi­ri­tuelle : « Je suis », dit-il6, « [un] au­teur en langue arabe, cette langue dont le so­leil dé­cline… [Mais] vous, maîtres et proches, af­fer­mis­sez-vous ! For­ti­fiez vos cœurs ; car je viens pro­cla­mer ceci : en ces temps d’affliction, nul n’est plus là pour bran­dir l’étendard de Moïse, ni pour ap­pro­fon­dir les pa­roles des maîtres du Tal­mud… à part vous-mêmes et ceux des ci­tés de vos ré­gions. Vous qui êtes conti­nuel­le­ment ab­sor­bés, comme je le sais, dans l’étude et l’interprétation des textes ; vous, dé­po­si­taires de l’intellect et du sa­voir ! Sa­chez qu’en maints autres lieux, la Tora a été éga­rée par ses propres fils… Sur la terre d’Israël et à tra­vers toute la Sy­rie, un seul en­droit, je veux dire Alep, compte quelques sages qui mé­ditent la Tora… Pour ce qui est des ci­tés du Magh­reb, dans notre mal­heur, nous avons ap­pris quel dé­cret a été pro­noncé contre les Juifs qui s’y trouvent. Il n’est donc point de sa­lut nulle part, si ce n’est au­près de vous, frères, fi­gures de notre ré­demp­tion. »

  1. Par­fois trans­crit « Fī tadbīr aṣ-ṣiḥḥat », « Fi tad­bir al-sih­hah », « Fî tad­bîr al-siha » ou « Fi tad­bir-s-sihha ». Haut
  2. En hé­breu רבי משה בן מימון. Par­fois trans­crit Moses ben Mei­mun, Mô­sheh ben May­mûn, Moïse ben Mai­moun, Moyses ben Mai­mon, Moyse ben Mai­mon, Moshe ben May­mon, Mosche ben Mai­mon, Moše ben Ma­j­mon ou Mo­ché ben Maï­mon. Haut
  3. En hé­breu « ממשה עד משה לא קם כמשה ». Par­fois trans­crit « Mi-Mo­sheh ‘ad Mo­sheh, lo qam ke-Mo­sheh », « Mi­mo­sché ad Mo­sché, lo kam ca Mo­sché », « Me­moshe ad Moshe, lo kam k’Moshe », « Mi-Moshe we-’ad Moshe, lo kom ke-Moshe » ou « Mi-Mošé we-‘ad Mošé, lo qam ke-Mošé ». Haut
  1. En hé­breu רמב״ם. Haut
  2. En hé­breu שמואל בן יהודה אבן תיבון. Par­fois trans­crit Sa­muel ben Ju­dah ibn Tib­bon, Sa­muel ben Ye­houda ibn Tib­bon ou Sa­muel ben Je­huda ibn Tib­bon. Haut
  3. « Lettres de Fo­stat • La Gué­ri­son par l’esprit », p. 45 & 47-48. Haut

Maïmonide, « Le Guide des égarés : traité de théologie et de philosophie. Tome III »

XIXᵉ siècle

XIXe siècle

Il s’agit du « Guide des éga­rés »1 (« Da­la­lat al-hayi­rin »2) de Rabbi Moïse ben Maï­mon3, dit Maï­mo­nide. C’est l’un des phi­lo­sophes les plus cé­lèbres qu’aient eus les Juifs, les­quels ont cou­tume de dire pour ex­pri­mer leur ad­mi­ra­tion en­vers lui : « De­puis Moïse (le pro­phète) jusqu’à Moïse (le phi­lo­sophe), il n’y a point eu d’autre Moïse » (« Mi Mo­shé ad Mo­shé, lo kam ké Mo­shé »4). Dans les livres hé­braïques, il est sou­vent dé­si­gné par le nom de Ram­bam5 com­posé, se­lon l’usage juif, des lettres ini­tiales R. M. b. M. de son nom en­tier. Dans les livres la­tins, il est sou­vent cité sous les noms de Moïse le Cor­douan (Moses Cor­du­ben­sis), parce qu’il na­quit à Cor­doue, et de Moïse l’Égyptien (Moses Ægyp­tius), parce que, chassé par les per­sé­cu­tions re­li­gieuses des Al­mo­hades, il dut se ré­fu­gier en Égypte, où il de­vint pre­mier mé­de­cin du Sul­tan. On au­rait pu ajou­ter à ces noms ce­lui de Moïse le Pro­ven­çal, parce que la Pro­vence donna asile à la plus grande par­tie des Juifs ex­pul­sés du midi de l’Espagne ; et que c’est à Lu­nel, et non au Caire, que « Le Guide des éga­rés » fut tra­duit de l’arabe en hé­breu par Sa­muel ben Yé­huda ibn Ti­bon6, le­quel en­tama sa tra­duc­tion du vi­vant même de Maï­mo­nide. Dans l’« Épître à Rabbi Sa­muel ibn Ti­bon sur la tra­duc­tion du “Guide des éga­rés” » et l’« Épître à la com­mu­nauté de Lu­nel », Maï­mo­nide fait de cette com­mu­nauté pro­ven­çale son hé­ri­tière spi­ri­tuelle : « Je suis », dit-il7, « [un] au­teur en langue arabe, cette langue dont le so­leil dé­cline… [Mais] vous, maîtres et proches, af­fer­mis­sez-vous ! For­ti­fiez vos cœurs ; car je viens pro­cla­mer ceci : en ces temps d’affliction, nul n’est plus là pour bran­dir l’étendard de Moïse, ni pour ap­pro­fon­dir les pa­roles des maîtres du Tal­mud… à part vous-mêmes et ceux des ci­tés de vos ré­gions. Vous qui êtes conti­nuel­le­ment ab­sor­bés, comme je le sais, dans l’étude et l’interprétation des textes ; vous, dé­po­si­taires de l’intellect et du sa­voir ! Sa­chez qu’en maints autres lieux, la Tora a été éga­rée par ses propres fils… Sur la terre d’Israël et à tra­vers toute la Sy­rie, un seul en­droit, je veux dire Alep, compte quelques sages qui mé­ditent la Tora… Pour ce qui est des ci­tés du Magh­reb, dans notre mal­heur, nous avons ap­pris quel dé­cret a été pro­noncé contre les Juifs qui s’y trouvent. Il n’est donc point de sa­lut nulle part, si ce n’est au­près de vous, frères, fi­gures de notre ré­demp­tion. »

  1. Par­fois tra­duit « Guide pour ceux qui sont dans la per­plexité », « Guide des per­plexes », « Guide des che­mins tor­tueux », « Doc­teur de ceux qui chan­cellent », « Guide des in­dé­cis » ou « Guide des dé­voyés ». Haut
  2. Par­fois trans­crit « De­la­lat el­haï­rin », « Dalā­lat al-ḥā’irīn », « Da­la­lat al-ha­rin », « Delâletü’l-hairîn » ou « Da­la­la­tul hai­rin ». Haut
  3. En hé­breu רבי משה בן מימון. Par­fois trans­crit Moses ben Mei­mun, Mô­sheh ben May­mûn, Moïse ben Mai­moun, Moyses ben Mai­mon, Moyse ben Mai­mon, Moshe ben May­mon, Mosche ben Mai­mon, Moše ben Ma­j­mon ou Mo­ché ben Maï­mon. Haut
  4. En hé­breu « ממשה עד משה לא קם כמשה ». Par­fois trans­crit « Mi-Mo­sheh ‘ad Mo­sheh, lo qam ke-Mo­sheh », « Mi­mo­sché ad Mo­sché, lo kam ca Mo­sché », « Me­moshe ad Moshe, lo kam k’Moshe », « Mi-Moshe we-’ad Moshe, lo kom ke-Moshe » ou « Mi-Mošé we-‘ad Mošé, lo qam ke-Mošé ». Haut
  1. En hé­breu רמב״ם. Haut
  2. En hé­breu שמואל בן יהודה אבן תיבון. Par­fois trans­crit Sa­muel ben Ju­dah ibn Tib­bon, Sa­muel ben Ye­houda ibn Tib­bon ou Sa­muel ben Je­huda ibn Tib­bon. Haut
  3. « Lettres de Fo­stat • La Gué­ri­son par l’esprit », p. 45 & 47-48. Haut

Maïmonide, « Le Guide des égarés : traité de théologie et de philosophie. Tome II »

XIXᵉ siècle

XIXe siècle

Il s’agit du « Guide des éga­rés »1 (« Da­la­lat al-hayi­rin »2) de Rabbi Moïse ben Maï­mon3, dit Maï­mo­nide. C’est l’un des phi­lo­sophes les plus cé­lèbres qu’aient eus les Juifs, les­quels ont cou­tume de dire pour ex­pri­mer leur ad­mi­ra­tion en­vers lui : « De­puis Moïse (le pro­phète) jusqu’à Moïse (le phi­lo­sophe), il n’y a point eu d’autre Moïse » (« Mi Mo­shé ad Mo­shé, lo kam ké Mo­shé »4). Dans les livres hé­braïques, il est sou­vent dé­si­gné par le nom de Ram­bam5 com­posé, se­lon l’usage juif, des lettres ini­tiales R. M. b. M. de son nom en­tier. Dans les livres la­tins, il est sou­vent cité sous les noms de Moïse le Cor­douan (Moses Cor­du­ben­sis), parce qu’il na­quit à Cor­doue, et de Moïse l’Égyptien (Moses Ægyp­tius), parce que, chassé par les per­sé­cu­tions re­li­gieuses des Al­mo­hades, il dut se ré­fu­gier en Égypte, où il de­vint pre­mier mé­de­cin du Sul­tan. On au­rait pu ajou­ter à ces noms ce­lui de Moïse le Pro­ven­çal, parce que la Pro­vence donna asile à la plus grande par­tie des Juifs ex­pul­sés du midi de l’Espagne ; et que c’est à Lu­nel, et non au Caire, que « Le Guide des éga­rés » fut tra­duit de l’arabe en hé­breu par Sa­muel ben Yé­huda ibn Ti­bon6, le­quel en­tama sa tra­duc­tion du vi­vant même de Maï­mo­nide. Dans l’« Épître à Rabbi Sa­muel ibn Ti­bon sur la tra­duc­tion du “Guide des éga­rés” » et l’« Épître à la com­mu­nauté de Lu­nel », Maï­mo­nide fait de cette com­mu­nauté pro­ven­çale son hé­ri­tière spi­ri­tuelle : « Je suis », dit-il7, « [un] au­teur en langue arabe, cette langue dont le so­leil dé­cline… [Mais] vous, maîtres et proches, af­fer­mis­sez-vous ! For­ti­fiez vos cœurs ; car je viens pro­cla­mer ceci : en ces temps d’affliction, nul n’est plus là pour bran­dir l’étendard de Moïse, ni pour ap­pro­fon­dir les pa­roles des maîtres du Tal­mud… à part vous-mêmes et ceux des ci­tés de vos ré­gions. Vous qui êtes conti­nuel­le­ment ab­sor­bés, comme je le sais, dans l’étude et l’interprétation des textes ; vous, dé­po­si­taires de l’intellect et du sa­voir ! Sa­chez qu’en maints autres lieux, la Tora a été éga­rée par ses propres fils… Sur la terre d’Israël et à tra­vers toute la Sy­rie, un seul en­droit, je veux dire Alep, compte quelques sages qui mé­ditent la Tora… Pour ce qui est des ci­tés du Magh­reb, dans notre mal­heur, nous avons ap­pris quel dé­cret a été pro­noncé contre les Juifs qui s’y trouvent. Il n’est donc point de sa­lut nulle part, si ce n’est au­près de vous, frères, fi­gures de notre ré­demp­tion. »

  1. Par­fois tra­duit « Guide pour ceux qui sont dans la per­plexité », « Guide des per­plexes », « Guide des che­mins tor­tueux », « Doc­teur de ceux qui chan­cellent », « Guide des in­dé­cis » ou « Guide des dé­voyés ». Haut
  2. Par­fois trans­crit « De­la­lat el­haï­rin », « Dalā­lat al-ḥā’irīn », « Da­la­lat al-ha­rin », « Delâletü’l-hairîn » ou « Da­la­la­tul hai­rin ». Haut
  3. En hé­breu רבי משה בן מימון. Par­fois trans­crit Moses ben Mei­mun, Mô­sheh ben May­mûn, Moïse ben Mai­moun, Moyses ben Mai­mon, Moyse ben Mai­mon, Moshe ben May­mon, Mosche ben Mai­mon, Moše ben Ma­j­mon ou Mo­ché ben Maï­mon. Haut
  4. En hé­breu « ממשה עד משה לא קם כמשה ». Par­fois trans­crit « Mi-Mo­sheh ‘ad Mo­sheh, lo qam ke-Mo­sheh », « Mi­mo­sché ad Mo­sché, lo kam ca Mo­sché », « Me­moshe ad Moshe, lo kam k’Moshe », « Mi-Moshe we-’ad Moshe, lo kom ke-Moshe » ou « Mi-Mošé we-‘ad Mošé, lo qam ke-Mošé ». Haut
  1. En hé­breu רמב״ם. Haut
  2. En hé­breu שמואל בן יהודה אבן תיבון. Par­fois trans­crit Sa­muel ben Ju­dah ibn Tib­bon, Sa­muel ben Ye­houda ibn Tib­bon ou Sa­muel ben Je­huda ibn Tib­bon. Haut
  3. « Lettres de Fo­stat • La Gué­ri­son par l’esprit », p. 45 & 47-48. Haut

Maïmonide, « Le Guide des égarés : traité de théologie et de philosophie. Tome I »

XIXᵉ siècle

XIXe siècle

Il s’agit du « Guide des éga­rés »1 (« Da­la­lat al-hayi­rin »2) de Rabbi Moïse ben Maï­mon3, dit Maï­mo­nide. C’est l’un des phi­lo­sophes les plus cé­lèbres qu’aient eus les Juifs, les­quels ont cou­tume de dire pour ex­pri­mer leur ad­mi­ra­tion en­vers lui : « De­puis Moïse (le pro­phète) jusqu’à Moïse (le phi­lo­sophe), il n’y a point eu d’autre Moïse » (« Mi Mo­shé ad Mo­shé, lo kam ké Mo­shé »4). Dans les livres hé­braïques, il est sou­vent dé­si­gné par le nom de Ram­bam5 com­posé, se­lon l’usage juif, des lettres ini­tiales R. M. b. M. de son nom en­tier. Dans les livres la­tins, il est sou­vent cité sous les noms de Moïse le Cor­douan (Moses Cor­du­ben­sis), parce qu’il na­quit à Cor­doue, et de Moïse l’Égyptien (Moses Ægyp­tius), parce que, chassé par les per­sé­cu­tions re­li­gieuses des Al­mo­hades, il dut se ré­fu­gier en Égypte, où il de­vint pre­mier mé­de­cin du Sul­tan. On au­rait pu ajou­ter à ces noms ce­lui de Moïse le Pro­ven­çal, parce que la Pro­vence donna asile à la plus grande par­tie des Juifs ex­pul­sés du midi de l’Espagne ; et que c’est à Lu­nel, et non au Caire, que « Le Guide des éga­rés » fut tra­duit de l’arabe en hé­breu par Sa­muel ben Yé­huda ibn Ti­bon6, le­quel en­tama sa tra­duc­tion du vi­vant même de Maï­mo­nide. Dans l’« Épître à Rabbi Sa­muel ibn Ti­bon sur la tra­duc­tion du “Guide des éga­rés” » et l’« Épître à la com­mu­nauté de Lu­nel », Maï­mo­nide fait de cette com­mu­nauté pro­ven­çale son hé­ri­tière spi­ri­tuelle : « Je suis », dit-il7, « [un] au­teur en langue arabe, cette langue dont le so­leil dé­cline… [Mais] vous, maîtres et proches, af­fer­mis­sez-vous ! For­ti­fiez vos cœurs ; car je viens pro­cla­mer ceci : en ces temps d’affliction, nul n’est plus là pour bran­dir l’étendard de Moïse, ni pour ap­pro­fon­dir les pa­roles des maîtres du Tal­mud… à part vous-mêmes et ceux des ci­tés de vos ré­gions. Vous qui êtes conti­nuel­le­ment ab­sor­bés, comme je le sais, dans l’étude et l’interprétation des textes ; vous, dé­po­si­taires de l’intellect et du sa­voir ! Sa­chez qu’en maints autres lieux, la Tora a été éga­rée par ses propres fils… Sur la terre d’Israël et à tra­vers toute la Sy­rie, un seul en­droit, je veux dire Alep, compte quelques sages qui mé­ditent la Tora… Pour ce qui est des ci­tés du Magh­reb, dans notre mal­heur, nous avons ap­pris quel dé­cret a été pro­noncé contre les Juifs qui s’y trouvent. Il n’est donc point de sa­lut nulle part, si ce n’est au­près de vous, frères, fi­gures de notre ré­demp­tion. »

  1. Par­fois tra­duit « Guide pour ceux qui sont dans la per­plexité », « Guide des per­plexes », « Guide des che­mins tor­tueux », « Doc­teur de ceux qui chan­cellent », « Guide des in­dé­cis » ou « Guide des dé­voyés ». Haut
  2. Par­fois trans­crit « De­la­lat el­haï­rin », « Dalā­lat al-ḥā’irīn », « Da­la­lat al-ha­rin », « Delâletü’l-hairîn » ou « Da­la­la­tul hai­rin ». Haut
  3. En hé­breu רבי משה בן מימון. Par­fois trans­crit Moses ben Mei­mun, Mô­sheh ben May­mûn, Moïse ben Mai­moun, Moyses ben Mai­mon, Moyse ben Mai­mon, Moshe ben May­mon, Mosche ben Mai­mon, Moše ben Ma­j­mon ou Mo­ché ben Maï­mon. Haut
  4. En hé­breu « ממשה עד משה לא קם כמשה ». Par­fois trans­crit « Mi-Mo­sheh ‘ad Mo­sheh, lo qam ke-Mo­sheh », « Mi­mo­sché ad Mo­sché, lo kam ca Mo­sché », « Me­moshe ad Moshe, lo kam k’Moshe », « Mi-Moshe we-’ad Moshe, lo kom ke-Moshe » ou « Mi-Mošé we-‘ad Mošé, lo qam ke-Mošé ». Haut
  1. En hé­breu רמב״ם. Haut
  2. En hé­breu שמואל בן יהודה אבן תיבון. Par­fois trans­crit Sa­muel ben Ju­dah ibn Tib­bon, Sa­muel ben Ye­houda ibn Tib­bon ou Sa­muel ben Je­huda ibn Tib­bon. Haut
  3. « Lettres de Fo­stat • La Gué­ri­son par l’esprit », p. 45 & 47-48. Haut

al-Maqdisî, « Les Oiseaux et les Fleurs : allégories morales »

XIXᵉ siècle

XIXe siècle

Il s’agit du « Dé­voi­le­ment des mys­tères au su­jet de la sa­gesse des oi­seaux et des fleurs » (« Ka­shf al-as­râr ʻan ḥi­kam al-ṭuyûr wa’l-azhâr »1), al­lé­go­ries orien­tales, qui at­tri­buent aux oi­seaux et aux fleurs un lan­gage sem­blable à ce­lui des hommes (XIIIe siècle apr. J.-C.). L’auteur, ‘Izz al-Dîn al-Ma­q­disî2 (‘Izz al-Dîn de Jé­ru­sa­lem), com­mence par éta­blir qu’il n’y a rien dans la na­ture qui ne soit doué de la fa­culté de se faire en­tendre d’une ma­nière in­tel­li­gible. À l’homme seul est ré­servé l’usage de la pa­role ; mais les autres créa­tures, ou ani­mées ou in­ani­mées, semblent aussi s’exprimer, par leur ma­nière d’être, dans un lan­gage muet. Bien plus, ce lan­gage est « plus élo­quent que la pa­role et plus es­sen­tiel­le­ment vrai »3. Ainsi, les roses ré­pandent un par­fum pré­cieux qui pé­nètre jusqu’au fond du cœur et qui dit leurs se­crets ; les ros­si­gnols, sur les ra­meaux qui les ba­lancent, mo­dulent leurs amours ; et les hautes cimes des arbres s’agitent comme pour cé­lé­brer la vi­sion de Dieu. Par­tant de cette idée, l’auteur se sup­pose au mi­lieu d’un jar­din gran­diose ; là, oc­cupé à étu­dier les dis­cours de tous les êtres que la na­ture offre à ses sens, il s’applique à les in­ter­pré­ter et y dé­cou­vrir des le­çons non seule­ment mo­rales, mais éga­le­ment spi­ri­tuelles et mys­tiques. « Crois », dit-il4, « que ce­lui qui ne sait pas ti­rer un sens al­lé­go­rique du cri aigre de la porte, du bour­don­ne­ment de la mouche, de l’aboiement du chien, du mou­ve­ment des in­sectes qui s’agitent dans la pous­sière ; que ce­lui qui ne sait pas com­prendre ce qu’indiquent la marche de la nue, la lueur du mi­rage, la teinte du brouillard, n’est pas du nombre des gens in­tel­li­gents. » Pour évi­ter de tom­ber dans l’obscurité de la pen­sée où bien d’autres sou­fis sont tom­bés, al-Ma­q­disî suit une marche pro­gres­sive. Aussi, ses pre­mières al­lé­go­ries sont-elles plus ter­restres que ses der­nières, où il est ques­tion d’amour di­vin : « Le voile du mys­tère, d’abord épais, s’éclaircit peu à peu et se sou­lève même quel­que­fois ; en­fin, il tombe en­tiè­re­ment, et le nom de Dieu vient, dans la der­nière al­lé­go­rie, ex­pli­quer toutes les énigmes »

  1. En arabe « كشف الأسرار عن حكم الطيور والأزهار ». Par­fois trans­crit « Ca­schf asrár an hokm al­thoiour u al azhár », « Ka­shf al-asrār ‘an ḥukm aṭ-ṭuyur wa’l-azhār » ou « Ka­chf al-as­râr ʻan ḥikm aṭ-ṭouyoûr oua l az­hâr ». On ren­contre aussi la gra­phie « كشف الأسرار في حكم الطيور والأزهار » (« Ka­shf al-as­râr fî ḥi­kam al-ṭuyûr wa’l-azhâr »). Par­fois trans­crit « Ki­chaf ul as­rar fi hukmi-it-thouyour oua al az­har ». Haut
  2. En arabe عز الدين المقدسي. Par­fois trans­crit ‘Izz ad-Dîn al-Ma­q­disy, ‘Iz­zaddīn Ma­q­disī, ‘Izz Ed­din el Mo­qad­dasi, Iz­zi­din al-Mu­qad­dasi, ’Yzz-Ed-dīni el-Mo­qad­desī, Azz-Ed­din al Mo­ca­deçi, Azed­din al Mo­ca­dassi, ‘Izz Ed­din el Mo­qa­dessi, Azz-Ed­din-el-Mo­ka­dessi ou Azz-Ed­din El­mo­cad­dessi. Haut
  1. p. 4. Haut
  2. p. 97. Haut

Abû al-Faraj, « La Femme arabe dans “Le Livre des chants” : une anthologie »

éd. Fayard, coll. Bibliothèque Maktaba, Paris

éd. Fayard, coll. Bi­blio­thèque Mak­taba, Pa­ris

Il s’agit d’une tra­duc­tion par­tielle du « Livre des chants » (« Ki­tâb al-Ag­hâni »1) d’Abû al-Fa­raj2, chro­ni­queur et homme de lettres arabe, éga­le­ment connu sous le sur­nom d’al-Isfahânî3. Il na­quit, ainsi que son sur­nom l’indique, à Is­pa­han (en Iran), mais tout à fait par ha­sard, car il se rat­ta­chait à la li­gnée des Omeyyades, maîtres de l’Andalousie, et il était de pure race arabe. Trans­porté de bonne heure à Bag­dad (en Irak), il s’attela à l’étude de la poé­sie, de la gram­maire, de l’historiographie ; il se consti­tua, en outre, un so­lide ba­gage mé­di­cal, as­tro­lo­gique, mu­si­cal. Il de­vint, en un mot, un vrai homme d’« adab », c’est-à-dire un éru­dit tou­chant de près ou de loin à tous les do­maines de la connais­sance. À un âge avancé, il per­dit peu à peu la rai­son et mou­rut en 967 apr. J.-C. Il laissa der­rière lui plu­sieurs beaux ou­vrages, entre autres ce­lui in­ti­tulé « Le Livre des chants », au­quel il consa­cra cin­quante ans de sa vie, et qu’on s’accorde una­ni­me­ment à re­gar­der comme le meilleur qui ait paru sur ce su­jet. Abû al-Fa­raj prit soin d’y réunir tout ce qu’il put trou­ver de chants arabes, tant an­ciens que mo­dernes. Il s’appliqua, pour cha­cun de ces chants, à dé­si­gner l’auteur des vers et ce­lui de la mu­sique ; à in­di­quer, avec clarté et avec pré­ci­sion, l’occasion qui donna nais­sance au poème ou à l’air ; le tout avec des dé­tails cir­cons­tan­ciés sur la langue, l’histoire, les gé­néa­lo­gies, la suc­ces­sion des dy­nas­ties, etc. Au ha­sard des cha­pitres, nous ac­com­pa­gnons un poète à la Cour du ca­life Hâ­roun al-Ra­chîd, as­sis­tons à une que­relle lit­té­raire dans une ta­verne de Bag­dad, pé­né­trons dans le sa­lon d’une chan­teuse de re­nom. C’est « une ma­tière luxu­riante, consi­dé­rable par le vo­lume, pré­cieuse dans le dé­tail ; une ri­chesse pro­fuse, un pêle-mêle pa­pillo­tant, un gi­se­ment ou­vert à qui­conque veut s’instruire sur la culture, l’histoire et la vie des Arabes, de l’origine au Xe siècle apr. J.-C. ; un fi­lon ex­ploi­table, et d’ailleurs ex­ploité jusqu’à nos jours, par la science orien­tale et orien­ta­liste », dit un tra­duc­teur4. Bref, c’est une mine très riche et très com­plète sur tout ce qui concerne les Arabes, et c’est en mine que la pos­té­rité aura traité « Le Livre des chants » plu­tôt qu’en œuvre ayant une in­di­vi­dua­lité propre. Car, tout en re­con­nais­sant le mé­rite in­con­tes­table de cette col­lec­tion de plus d’une ving­taine de vo­lumes, et tout en ad­mi­rant l’abondance et la va­riété des faits qu’Abû al-Fa­raj a ac­cu­mu­lés en pré­pa­rant son su­jet, la pos­té­rité aura re­gretté que, dans bien des cas, il n’ait pas éla­gué tout ce qui est in­utile ou su­per­flu et uni en­semble tout ce qui ne dif­fère que par des dif­fé­rences as­sez lé­gères.

  1. En arabe « كتاب الأغاني ». Par­fois trans­crit « Kit­tab el Aghani », « Ki­tâb Ala­gâni », « Ki­tâb Alag­hâny », « Ki­tab el Ag­hâ­niy » ou « Ke­tab el Aghani ». Haut
  2. En arabe أبو الفرج. Au­tre­fois trans­crit Aboul­fa­rage, Abou el Fa­radj, Abou’l-Feredj, Abû’lfaraǵ, Aboul-Fa­radg ou Aboûl­fa­raj. Haut
  1. En arabe الأصفهاني. Au­tre­fois trans­crit al As­fa­hânî, Alis­fa­hâny, el-Es­fa­hani, el-Iç­fa­hâni ou el-Is­pa­hani. On ren­contre aussi la gra­phie الأصبهاني (al-Is­ba­hânî). Au­tre­fois trans­crit el-Iç­ba­hâni. Haut
  2. M. Jacques Berque. Haut

Abû al-Faraj, « Musiques sur le fleuve : les plus belles pages du “Kitâb al-Aghâni” »

éd. A. Michel, Paris

éd. A. Mi­chel, Pa­ris

Il s’agit d’une tra­duc­tion par­tielle du « Livre des chants » (« Ki­tâb al-Ag­hâni »1) d’Abû al-Fa­raj2, chro­ni­queur et homme de lettres arabe, éga­le­ment connu sous le sur­nom d’al-Isfahânî3. Il na­quit, ainsi que son sur­nom l’indique, à Is­pa­han (en Iran), mais tout à fait par ha­sard, car il se rat­ta­chait à la li­gnée des Omeyyades, maîtres de l’Andalousie, et il était de pure race arabe. Trans­porté de bonne heure à Bag­dad (en Irak), il s’attela à l’étude de la poé­sie, de la gram­maire, de l’historiographie ; il se consti­tua, en outre, un so­lide ba­gage mé­di­cal, as­tro­lo­gique, mu­si­cal. Il de­vint, en un mot, un vrai homme d’« adab », c’est-à-dire un éru­dit tou­chant de près ou de loin à tous les do­maines de la connais­sance. À un âge avancé, il per­dit peu à peu la rai­son et mou­rut en 967 apr. J.-C. Il laissa der­rière lui plu­sieurs beaux ou­vrages, entre autres ce­lui in­ti­tulé « Le Livre des chants », au­quel il consa­cra cin­quante ans de sa vie, et qu’on s’accorde una­ni­me­ment à re­gar­der comme le meilleur qui ait paru sur ce su­jet. Abû al-Fa­raj prit soin d’y réunir tout ce qu’il put trou­ver de chants arabes, tant an­ciens que mo­dernes. Il s’appliqua, pour cha­cun de ces chants, à dé­si­gner l’auteur des vers et ce­lui de la mu­sique ; à in­di­quer, avec clarté et avec pré­ci­sion, l’occasion qui donna nais­sance au poème ou à l’air ; le tout avec des dé­tails cir­cons­tan­ciés sur la langue, l’histoire, les gé­néa­lo­gies, la suc­ces­sion des dy­nas­ties, etc. Au ha­sard des cha­pitres, nous ac­com­pa­gnons un poète à la Cour du ca­life Hâ­roun al-Ra­chîd, as­sis­tons à une que­relle lit­té­raire dans une ta­verne de Bag­dad, pé­né­trons dans le sa­lon d’une chan­teuse de re­nom. C’est « une ma­tière luxu­riante, consi­dé­rable par le vo­lume, pré­cieuse dans le dé­tail ; une ri­chesse pro­fuse, un pêle-mêle pa­pillo­tant, un gi­se­ment ou­vert à qui­conque veut s’instruire sur la culture, l’histoire et la vie des Arabes, de l’origine au Xe siècle apr. J.-C. ; un fi­lon ex­ploi­table, et d’ailleurs ex­ploité jusqu’à nos jours, par la science orien­tale et orien­ta­liste », dit un tra­duc­teur4. Bref, c’est une mine très riche et très com­plète sur tout ce qui concerne les Arabes, et c’est en mine que la pos­té­rité aura traité « Le Livre des chants » plu­tôt qu’en œuvre ayant une in­di­vi­dua­lité propre. Car, tout en re­con­nais­sant le mé­rite in­con­tes­table de cette col­lec­tion de plus d’une ving­taine de vo­lumes, et tout en ad­mi­rant l’abondance et la va­riété des faits qu’Abû al-Fa­raj a ac­cu­mu­lés en pré­pa­rant son su­jet, la pos­té­rité aura re­gretté que, dans bien des cas, il n’ait pas éla­gué tout ce qui est in­utile ou su­per­flu et uni en­semble tout ce qui ne dif­fère que par des dif­fé­rences as­sez lé­gères.

  1. En arabe « كتاب الأغاني ». Par­fois trans­crit « Kit­tab el Aghani », « Ki­tâb Ala­gâni », « Ki­tâb Alag­hâny », « Ki­tab el Ag­hâ­niy » ou « Ke­tab el Aghani ». Haut
  2. En arabe أبو الفرج. Au­tre­fois trans­crit Aboul­fa­rage, Abou el Fa­radj, Abou’l-Feredj, Abû’lfaraǵ, Aboul-Fa­radg ou Aboûl­fa­raj. Haut
  1. En arabe الأصفهاني. Au­tre­fois trans­crit al As­fa­hânî, Alis­fa­hâny, el-Es­fa­hani, el-Iç­fa­hâni ou el-Is­pa­hani. On ren­contre aussi la gra­phie الأصبهاني (al-Is­ba­hânî). Au­tre­fois trans­crit el-Iç­ba­hâni. Haut
  2. M. Jacques Berque. Haut