Mot-clefmanuscrits à peintures persans

su­jet

Firdousi, « Le Livre des rois. Tome VII »

XIXᵉ siècle

XIXe siècle

Il s’agit du « Livre des rois » (« Schah-na­meh »1) d’Aboulkasim Fir­dousi2 (X-XIe siècle apr. J.-C.). Cette vaste chan­son de geste de soixante mille dis­tiques re­late l’histoire de la Perse (l’Iran), de­puis ses ori­gines jusqu’à l’époque où la puis­sance de ses mo­narques croula sous les armes des Arabes mu­sul­mans. La pre­mière par­tie, lé­gen­daire et pleine de mer­veilleux, est la seule vé­ri­ta­ble­ment épique ; la se­conde, re­la­tive à la Perse sas­sa­nide, est une suc­ces­sion de règnes his­to­riques, aux­quels pré­sident des rois, des hé­ros par­ti­cu­liers à cha­cun d’eux : plu­tôt qu’avec l’épopée, elle offre des ana­lo­gies avec « quelques grands ro­mans en vers du Moyen Âge, le “Ro­man de Brut”, ce­lui de “Rou” ou cer­taines his­toires de France », comme le dit Étienne Qua­tre­mère3. Avec « Le Livre des rois », la vieille culture per­sane pa­raît au grand jour pour prendre sa re­vanche de la conquête arabe. Celle-ci avait re­foulé, pour quelque temps, cette culture dans les vil­lages, où elle s’était conser­vée avec tout un en­semble de tra­di­tions et de lé­gendes te­nant lieu de sou­ve­nirs na­tio­naux. « L’islamisme… fut un rude coup pour le vieil es­prit, mais ce ne fut pas un coup mor­tel. L’arabe ne réus­sit à être que la langue de la re­li­gion. Aus­si­tôt que le ca­li­fat s’affaiblit, une ré­ac­tion per­sane — d’abord sourde, bien­tôt ou­verte — se ma­ni­feste », ex­plique Er­nest Re­nan4. Avec Fir­dousi, la Perse re­prend sa com­plète in­dé­pen­dance dans l’islam. Mais ce qui fait sur­tout le ca­rac­tère de cet au­teur et qui n’appartient qu’à lui, ce sont les consi­dé­ra­tions po­li­tiques et mo­rales par les­quelles il ter­mine chaque ca­tas­trophe, chaque choc des peuples, chaque ef­fon­dre­ment des royaumes. Il y a une belle mé­lan­co­lie et une sorte de sa­gesse ré­si­gnée dans ces ré­flexions par les­quelles il in­ter­rompt un mo­ment la course des évé­ne­ments. « Ô monde ! », dit l’une d’elles5, « n’élève per­sonne si tu veux le mois­son­ner après ! Si tu l’enlèves, pour­quoi l’as-tu élevé ? Tu hausses un homme au-des­sus du fir­ma­ment, mais tout à coup tu le pré­ci­pites sous la terre obs­cure. » « Ko­bad », dit une autre6, « n’avait plus que sept mois à vivre ; ap­pelle-le donc “roi” si tu veux, ou “rien” si tu aimes mieux. Telle est la cou­tume de ce monde op­pres­seur : il ne faut pas s’attendre à ce qu’il tienne ses pro­messes [de lon­gé­vité]. »

  1. En per­san « شاهنامه ». Par­fois trans­crit « Shah Namu », « Çah­name », « Chah­namè », « Scheh­name », « Schah-namé », « Schah­nama », « Schah-na­mah », « Shah-na­meh », « Shah Name », « Shah­na­mah », « Shah­nama », « Šāh-nāma », « Šāhnā­mah », « Şeh­name », « Şāh-nāme » ou « Šah-na­meh ». Haut
  2. En per­san ابوالقاسم فردوسی. Par­fois trans­crit Fir­dawsi, Fir­dausī, Fir­davsi, Fir­dovsi, Fir­douçy, Fir­docy, Fir­doo­see, Fir­dou­see, Fer­dou­see, Fer­do­see, Fer­doucy, Fer­dowsī, Fir­dewsi, Fir­devsî, Fir­dusi, Fir­dussi, Fer­dusi, Fir­dôsî, Fer­dossi, Fir­doussi, Fer­doussi, Fir­doussy, Fir­dousy, Fer­dousy ou Fer­doussy. Haut
  3. « Compte rendu sur “Le Livre des rois” », 1841, p. 398-399. Haut
  1. « Le Schah­na­meh », p. 139. Haut
  2. « Tome I », p. 32. Haut
  3. « Tome VII », p. 287-288. Haut

Firdousi, « Le Livre des rois. Tome VI »

XIXᵉ siècle

XIXe siècle

Il s’agit du « Livre des rois » (« Schah-na­meh »1) d’Aboulkasim Fir­dousi2 (X-XIe siècle apr. J.-C.). Cette vaste chan­son de geste de soixante mille dis­tiques re­late l’histoire de la Perse (l’Iran), de­puis ses ori­gines jusqu’à l’époque où la puis­sance de ses mo­narques croula sous les armes des Arabes mu­sul­mans. La pre­mière par­tie, lé­gen­daire et pleine de mer­veilleux, est la seule vé­ri­ta­ble­ment épique ; la se­conde, re­la­tive à la Perse sas­sa­nide, est une suc­ces­sion de règnes his­to­riques, aux­quels pré­sident des rois, des hé­ros par­ti­cu­liers à cha­cun d’eux : plu­tôt qu’avec l’épopée, elle offre des ana­lo­gies avec « quelques grands ro­mans en vers du Moyen Âge, le “Ro­man de Brut”, ce­lui de “Rou” ou cer­taines his­toires de France », comme le dit Étienne Qua­tre­mère3. Avec « Le Livre des rois », la vieille culture per­sane pa­raît au grand jour pour prendre sa re­vanche de la conquête arabe. Celle-ci avait re­foulé, pour quelque temps, cette culture dans les vil­lages, où elle s’était conser­vée avec tout un en­semble de tra­di­tions et de lé­gendes te­nant lieu de sou­ve­nirs na­tio­naux. « L’islamisme… fut un rude coup pour le vieil es­prit, mais ce ne fut pas un coup mor­tel. L’arabe ne réus­sit à être que la langue de la re­li­gion. Aus­si­tôt que le ca­li­fat s’affaiblit, une ré­ac­tion per­sane — d’abord sourde, bien­tôt ou­verte — se ma­ni­feste », ex­plique Er­nest Re­nan4. Avec Fir­dousi, la Perse re­prend sa com­plète in­dé­pen­dance dans l’islam. Mais ce qui fait sur­tout le ca­rac­tère de cet au­teur et qui n’appartient qu’à lui, ce sont les consi­dé­ra­tions po­li­tiques et mo­rales par les­quelles il ter­mine chaque ca­tas­trophe, chaque choc des peuples, chaque ef­fon­dre­ment des royaumes. Il y a une belle mé­lan­co­lie et une sorte de sa­gesse ré­si­gnée dans ces ré­flexions par les­quelles il in­ter­rompt un mo­ment la course des évé­ne­ments. « Ô monde ! », dit l’une d’elles5, « n’élève per­sonne si tu veux le mois­son­ner après ! Si tu l’enlèves, pour­quoi l’as-tu élevé ? Tu hausses un homme au-des­sus du fir­ma­ment, mais tout à coup tu le pré­ci­pites sous la terre obs­cure. » « Ko­bad », dit une autre6, « n’avait plus que sept mois à vivre ; ap­pelle-le donc “roi” si tu veux, ou “rien” si tu aimes mieux. Telle est la cou­tume de ce monde op­pres­seur : il ne faut pas s’attendre à ce qu’il tienne ses pro­messes [de lon­gé­vité]. »

  1. En per­san « شاهنامه ». Par­fois trans­crit « Shah Namu », « Çah­name », « Chah­namè », « Scheh­name », « Schah-namé », « Schah­nama », « Schah-na­mah », « Shah-na­meh », « Shah Name », « Shah­na­mah », « Shah­nama », « Šāh-nāma », « Šāhnā­mah », « Şeh­name », « Şāh-nāme » ou « Šah-na­meh ». Haut
  2. En per­san ابوالقاسم فردوسی. Par­fois trans­crit Fir­dawsi, Fir­dausī, Fir­davsi, Fir­dovsi, Fir­douçy, Fir­docy, Fir­doo­see, Fir­dou­see, Fer­dou­see, Fer­do­see, Fer­doucy, Fer­dowsī, Fir­dewsi, Fir­devsî, Fir­dusi, Fir­dussi, Fer­dusi, Fir­dôsî, Fer­dossi, Fir­doussi, Fer­doussi, Fir­doussy, Fir­dousy, Fer­dousy ou Fer­doussy. Haut
  3. « Compte rendu sur “Le Livre des rois” », 1841, p. 398-399. Haut
  1. « Le Schah­na­meh », p. 139. Haut
  2. « Tome I », p. 32. Haut
  3. « Tome VII », p. 287-288. Haut

Firdousi, « Le Livre des rois. Tome V »

XIXᵉ siècle

XIXe siècle

Il s’agit du « Livre des rois » (« Schah-na­meh »1) d’Aboulkasim Fir­dousi2 (X-XIe siècle apr. J.-C.). Cette vaste chan­son de geste de soixante mille dis­tiques re­late l’histoire de la Perse (l’Iran), de­puis ses ori­gines jusqu’à l’époque où la puis­sance de ses mo­narques croula sous les armes des Arabes mu­sul­mans. La pre­mière par­tie, lé­gen­daire et pleine de mer­veilleux, est la seule vé­ri­ta­ble­ment épique ; la se­conde, re­la­tive à la Perse sas­sa­nide, est une suc­ces­sion de règnes his­to­riques, aux­quels pré­sident des rois, des hé­ros par­ti­cu­liers à cha­cun d’eux : plu­tôt qu’avec l’épopée, elle offre des ana­lo­gies avec « quelques grands ro­mans en vers du Moyen Âge, le “Ro­man de Brut”, ce­lui de “Rou” ou cer­taines his­toires de France », comme le dit Étienne Qua­tre­mère3. Avec « Le Livre des rois », la vieille culture per­sane pa­raît au grand jour pour prendre sa re­vanche de la conquête arabe. Celle-ci avait re­foulé, pour quelque temps, cette culture dans les vil­lages, où elle s’était conser­vée avec tout un en­semble de tra­di­tions et de lé­gendes te­nant lieu de sou­ve­nirs na­tio­naux. « L’islamisme… fut un rude coup pour le vieil es­prit, mais ce ne fut pas un coup mor­tel. L’arabe ne réus­sit à être que la langue de la re­li­gion. Aus­si­tôt que le ca­li­fat s’affaiblit, une ré­ac­tion per­sane — d’abord sourde, bien­tôt ou­verte — se ma­ni­feste », ex­plique Er­nest Re­nan4. Avec Fir­dousi, la Perse re­prend sa com­plète in­dé­pen­dance dans l’islam. Mais ce qui fait sur­tout le ca­rac­tère de cet au­teur et qui n’appartient qu’à lui, ce sont les consi­dé­ra­tions po­li­tiques et mo­rales par les­quelles il ter­mine chaque ca­tas­trophe, chaque choc des peuples, chaque ef­fon­dre­ment des royaumes. Il y a une belle mé­lan­co­lie et une sorte de sa­gesse ré­si­gnée dans ces ré­flexions par les­quelles il in­ter­rompt un mo­ment la course des évé­ne­ments. « Ô monde ! », dit l’une d’elles5, « n’élève per­sonne si tu veux le mois­son­ner après ! Si tu l’enlèves, pour­quoi l’as-tu élevé ? Tu hausses un homme au-des­sus du fir­ma­ment, mais tout à coup tu le pré­ci­pites sous la terre obs­cure. » « Ko­bad », dit une autre6, « n’avait plus que sept mois à vivre ; ap­pelle-le donc “roi” si tu veux, ou “rien” si tu aimes mieux. Telle est la cou­tume de ce monde op­pres­seur : il ne faut pas s’attendre à ce qu’il tienne ses pro­messes [de lon­gé­vité]. »

  1. En per­san « شاهنامه ». Par­fois trans­crit « Shah Namu », « Çah­name », « Chah­namè », « Scheh­name », « Schah-namé », « Schah­nama », « Schah-na­mah », « Shah-na­meh », « Shah Name », « Shah­na­mah », « Shah­nama », « Šāh-nāma », « Šāhnā­mah », « Şeh­name », « Şāh-nāme » ou « Šah-na­meh ». Haut
  2. En per­san ابوالقاسم فردوسی. Par­fois trans­crit Fir­dawsi, Fir­dausī, Fir­davsi, Fir­dovsi, Fir­douçy, Fir­docy, Fir­doo­see, Fir­dou­see, Fer­dou­see, Fer­do­see, Fer­doucy, Fer­dowsī, Fir­dewsi, Fir­devsî, Fir­dusi, Fir­dussi, Fer­dusi, Fir­dôsî, Fer­dossi, Fir­doussi, Fer­doussi, Fir­doussy, Fir­dousy, Fer­dousy ou Fer­doussy. Haut
  3. « Compte rendu sur “Le Livre des rois” », 1841, p. 398-399. Haut
  1. « Le Schah­na­meh », p. 139. Haut
  2. « Tome I », p. 32. Haut
  3. « Tome VII », p. 287-288. Haut

Firdousi, « Le Livre des rois. Tome IV »

XIXᵉ siècle

XIXe siècle

Il s’agit du « Livre des rois » (« Schah-na­meh »1) d’Aboulkasim Fir­dousi2 (X-XIe siècle apr. J.-C.). Cette vaste chan­son de geste de soixante mille dis­tiques re­late l’histoire de la Perse (l’Iran), de­puis ses ori­gines jusqu’à l’époque où la puis­sance de ses mo­narques croula sous les armes des Arabes mu­sul­mans. La pre­mière par­tie, lé­gen­daire et pleine de mer­veilleux, est la seule vé­ri­ta­ble­ment épique ; la se­conde, re­la­tive à la Perse sas­sa­nide, est une suc­ces­sion de règnes his­to­riques, aux­quels pré­sident des rois, des hé­ros par­ti­cu­liers à cha­cun d’eux : plu­tôt qu’avec l’épopée, elle offre des ana­lo­gies avec « quelques grands ro­mans en vers du Moyen Âge, le “Ro­man de Brut”, ce­lui de “Rou” ou cer­taines his­toires de France », comme le dit Étienne Qua­tre­mère3. Avec « Le Livre des rois », la vieille culture per­sane pa­raît au grand jour pour prendre sa re­vanche de la conquête arabe. Celle-ci avait re­foulé, pour quelque temps, cette culture dans les vil­lages, où elle s’était conser­vée avec tout un en­semble de tra­di­tions et de lé­gendes te­nant lieu de sou­ve­nirs na­tio­naux. « L’islamisme… fut un rude coup pour le vieil es­prit, mais ce ne fut pas un coup mor­tel. L’arabe ne réus­sit à être que la langue de la re­li­gion. Aus­si­tôt que le ca­li­fat s’affaiblit, une ré­ac­tion per­sane — d’abord sourde, bien­tôt ou­verte — se ma­ni­feste », ex­plique Er­nest Re­nan4. Avec Fir­dousi, la Perse re­prend sa com­plète in­dé­pen­dance dans l’islam. Mais ce qui fait sur­tout le ca­rac­tère de cet au­teur et qui n’appartient qu’à lui, ce sont les consi­dé­ra­tions po­li­tiques et mo­rales par les­quelles il ter­mine chaque ca­tas­trophe, chaque choc des peuples, chaque ef­fon­dre­ment des royaumes. Il y a une belle mé­lan­co­lie et une sorte de sa­gesse ré­si­gnée dans ces ré­flexions par les­quelles il in­ter­rompt un mo­ment la course des évé­ne­ments. « Ô monde ! », dit l’une d’elles5, « n’élève per­sonne si tu veux le mois­son­ner après ! Si tu l’enlèves, pour­quoi l’as-tu élevé ? Tu hausses un homme au-des­sus du fir­ma­ment, mais tout à coup tu le pré­ci­pites sous la terre obs­cure. » « Ko­bad », dit une autre6, « n’avait plus que sept mois à vivre ; ap­pelle-le donc “roi” si tu veux, ou “rien” si tu aimes mieux. Telle est la cou­tume de ce monde op­pres­seur : il ne faut pas s’attendre à ce qu’il tienne ses pro­messes [de lon­gé­vité]. »

  1. En per­san « شاهنامه ». Par­fois trans­crit « Shah Namu », « Çah­name », « Chah­namè », « Scheh­name », « Schah-namé », « Schah­nama », « Schah-na­mah », « Shah-na­meh », « Shah Name », « Shah­na­mah », « Shah­nama », « Šāh-nāma », « Šāhnā­mah », « Şeh­name », « Şāh-nāme » ou « Šah-na­meh ». Haut
  2. En per­san ابوالقاسم فردوسی. Par­fois trans­crit Fir­dawsi, Fir­dausī, Fir­davsi, Fir­dovsi, Fir­douçy, Fir­docy, Fir­doo­see, Fir­dou­see, Fer­dou­see, Fer­do­see, Fer­doucy, Fer­dowsī, Fir­dewsi, Fir­devsî, Fir­dusi, Fir­dussi, Fer­dusi, Fir­dôsî, Fer­dossi, Fir­doussi, Fer­doussi, Fir­doussy, Fir­dousy, Fer­dousy ou Fer­doussy. Haut
  3. « Compte rendu sur “Le Livre des rois” », 1841, p. 398-399. Haut
  1. « Le Schah­na­meh », p. 139. Haut
  2. « Tome I », p. 32. Haut
  3. « Tome VII », p. 287-288. Haut

Firdousi, « Le Livre des rois. Tome III »

XIXᵉ siècle

XIXe siècle

Il s’agit du « Livre des rois » (« Schah-na­meh »1) d’Aboulkasim Fir­dousi2 (X-XIe siècle apr. J.-C.). Cette vaste chan­son de geste de soixante mille dis­tiques re­late l’histoire de la Perse (l’Iran), de­puis ses ori­gines jusqu’à l’époque où la puis­sance de ses mo­narques croula sous les armes des Arabes mu­sul­mans. La pre­mière par­tie, lé­gen­daire et pleine de mer­veilleux, est la seule vé­ri­ta­ble­ment épique ; la se­conde, re­la­tive à la Perse sas­sa­nide, est une suc­ces­sion de règnes his­to­riques, aux­quels pré­sident des rois, des hé­ros par­ti­cu­liers à cha­cun d’eux : plu­tôt qu’avec l’épopée, elle offre des ana­lo­gies avec « quelques grands ro­mans en vers du Moyen Âge, le “Ro­man de Brut”, ce­lui de “Rou” ou cer­taines his­toires de France », comme le dit Étienne Qua­tre­mère3. Avec « Le Livre des rois », la vieille culture per­sane pa­raît au grand jour pour prendre sa re­vanche de la conquête arabe. Celle-ci avait re­foulé, pour quelque temps, cette culture dans les vil­lages, où elle s’était conser­vée avec tout un en­semble de tra­di­tions et de lé­gendes te­nant lieu de sou­ve­nirs na­tio­naux. « L’islamisme… fut un rude coup pour le vieil es­prit, mais ce ne fut pas un coup mor­tel. L’arabe ne réus­sit à être que la langue de la re­li­gion. Aus­si­tôt que le ca­li­fat s’affaiblit, une ré­ac­tion per­sane — d’abord sourde, bien­tôt ou­verte — se ma­ni­feste », ex­plique Er­nest Re­nan4. Avec Fir­dousi, la Perse re­prend sa com­plète in­dé­pen­dance dans l’islam. Mais ce qui fait sur­tout le ca­rac­tère de cet au­teur et qui n’appartient qu’à lui, ce sont les consi­dé­ra­tions po­li­tiques et mo­rales par les­quelles il ter­mine chaque ca­tas­trophe, chaque choc des peuples, chaque ef­fon­dre­ment des royaumes. Il y a une belle mé­lan­co­lie et une sorte de sa­gesse ré­si­gnée dans ces ré­flexions par les­quelles il in­ter­rompt un mo­ment la course des évé­ne­ments. « Ô monde ! », dit l’une d’elles5, « n’élève per­sonne si tu veux le mois­son­ner après ! Si tu l’enlèves, pour­quoi l’as-tu élevé ? Tu hausses un homme au-des­sus du fir­ma­ment, mais tout à coup tu le pré­ci­pites sous la terre obs­cure. » « Ko­bad », dit une autre6, « n’avait plus que sept mois à vivre ; ap­pelle-le donc “roi” si tu veux, ou “rien” si tu aimes mieux. Telle est la cou­tume de ce monde op­pres­seur : il ne faut pas s’attendre à ce qu’il tienne ses pro­messes [de lon­gé­vité]. »

  1. En per­san « شاهنامه ». Par­fois trans­crit « Shah Namu », « Çah­name », « Chah­namè », « Scheh­name », « Schah-namé », « Schah­nama », « Schah-na­mah », « Shah-na­meh », « Shah Name », « Shah­na­mah », « Shah­nama », « Šāh-nāma », « Šāhnā­mah », « Şeh­name », « Şāh-nāme » ou « Šah-na­meh ». Haut
  2. En per­san ابوالقاسم فردوسی. Par­fois trans­crit Fir­dawsi, Fir­dausī, Fir­davsi, Fir­dovsi, Fir­douçy, Fir­docy, Fir­doo­see, Fir­dou­see, Fer­dou­see, Fer­do­see, Fer­doucy, Fer­dowsī, Fir­dewsi, Fir­devsî, Fir­dusi, Fir­dussi, Fer­dusi, Fir­dôsî, Fer­dossi, Fir­doussi, Fer­doussi, Fir­doussy, Fir­dousy, Fer­dousy ou Fer­doussy. Haut
  3. « Compte rendu sur “Le Livre des rois” », 1841, p. 398-399. Haut
  1. « Le Schah­na­meh », p. 139. Haut
  2. « Tome I », p. 32. Haut
  3. « Tome VII », p. 287-288. Haut

Firdousi, « Le Livre des rois. Tome II »

XIXᵉ siècle

XIXe siècle

Il s’agit du « Livre des rois » (« Schah-na­meh »1) d’Aboulkasim Fir­dousi2 (X-XIe siècle apr. J.-C.). Cette vaste chan­son de geste de soixante mille dis­tiques re­late l’histoire de la Perse (l’Iran), de­puis ses ori­gines jusqu’à l’époque où la puis­sance de ses mo­narques croula sous les armes des Arabes mu­sul­mans. La pre­mière par­tie, lé­gen­daire et pleine de mer­veilleux, est la seule vé­ri­ta­ble­ment épique ; la se­conde, re­la­tive à la Perse sas­sa­nide, est une suc­ces­sion de règnes his­to­riques, aux­quels pré­sident des rois, des hé­ros par­ti­cu­liers à cha­cun d’eux : plu­tôt qu’avec l’épopée, elle offre des ana­lo­gies avec « quelques grands ro­mans en vers du Moyen Âge, le “Ro­man de Brut”, ce­lui de “Rou” ou cer­taines his­toires de France », comme le dit Étienne Qua­tre­mère3. Avec « Le Livre des rois », la vieille culture per­sane pa­raît au grand jour pour prendre sa re­vanche de la conquête arabe. Celle-ci avait re­foulé, pour quelque temps, cette culture dans les vil­lages, où elle s’était conser­vée avec tout un en­semble de tra­di­tions et de lé­gendes te­nant lieu de sou­ve­nirs na­tio­naux. « L’islamisme… fut un rude coup pour le vieil es­prit, mais ce ne fut pas un coup mor­tel. L’arabe ne réus­sit à être que la langue de la re­li­gion. Aus­si­tôt que le ca­li­fat s’affaiblit, une ré­ac­tion per­sane — d’abord sourde, bien­tôt ou­verte — se ma­ni­feste », ex­plique Er­nest Re­nan4. Avec Fir­dousi, la Perse re­prend sa com­plète in­dé­pen­dance dans l’islam. Mais ce qui fait sur­tout le ca­rac­tère de cet au­teur et qui n’appartient qu’à lui, ce sont les consi­dé­ra­tions po­li­tiques et mo­rales par les­quelles il ter­mine chaque ca­tas­trophe, chaque choc des peuples, chaque ef­fon­dre­ment des royaumes. Il y a une belle mé­lan­co­lie et une sorte de sa­gesse ré­si­gnée dans ces ré­flexions par les­quelles il in­ter­rompt un mo­ment la course des évé­ne­ments. « Ô monde ! », dit l’une d’elles5, « n’élève per­sonne si tu veux le mois­son­ner après ! Si tu l’enlèves, pour­quoi l’as-tu élevé ? Tu hausses un homme au-des­sus du fir­ma­ment, mais tout à coup tu le pré­ci­pites sous la terre obs­cure. » « Ko­bad », dit une autre6, « n’avait plus que sept mois à vivre ; ap­pelle-le donc “roi” si tu veux, ou “rien” si tu aimes mieux. Telle est la cou­tume de ce monde op­pres­seur : il ne faut pas s’attendre à ce qu’il tienne ses pro­messes [de lon­gé­vité]. »

  1. En per­san « شاهنامه ». Par­fois trans­crit « Shah Namu », « Çah­name », « Chah­namè », « Scheh­name », « Schah-namé », « Schah­nama », « Schah-na­mah », « Shah-na­meh », « Shah Name », « Shah­na­mah », « Shah­nama », « Šāh-nāma », « Šāhnā­mah », « Şeh­name », « Şāh-nāme » ou « Šah-na­meh ». Haut
  2. En per­san ابوالقاسم فردوسی. Par­fois trans­crit Fir­dawsi, Fir­dausī, Fir­davsi, Fir­dovsi, Fir­douçy, Fir­docy, Fir­doo­see, Fir­dou­see, Fer­dou­see, Fer­do­see, Fer­doucy, Fer­dowsī, Fir­dewsi, Fir­devsî, Fir­dusi, Fir­dussi, Fer­dusi, Fir­dôsî, Fer­dossi, Fir­doussi, Fer­doussi, Fir­doussy, Fir­dousy, Fer­dousy ou Fer­doussy. Haut
  3. « Compte rendu sur “Le Livre des rois” », 1841, p. 398-399. Haut
  1. « Le Schah­na­meh », p. 139. Haut
  2. « Tome I », p. 32. Haut
  3. « Tome VII », p. 287-288. Haut

« Alexandre, le Macédonien iranisé : l’exemple du récit par Nezâmî (XIIe siècle) »

dans « Alexandre le Grand dans les littératures occidentales et proche-orientales » (éd. Université Paris X-Nanterre, coll. Littérales, Nanterre), p. 227-241

dans « Alexandre le Grand dans les lit­té­ra­tures oc­ci­den­tales et proche-orien­tales » (éd. Uni­ver­sité Pa­ris X-Nan­terre, coll. Lit­té­rales, Nan­terre), p. 227-241

Il s’agit d’une tra­duc­tion par­tielle du « Livre d’Alexandre le Grand »1 (« Es­kan­dar-nâ­meh »2) de Nezâmî de Gand­jeh3, le maître du ro­man en vers, l’un des plus grands poètes de langue per­sane (XIIe siècle apr. J.-C.). Nezâmî fut le pre­mier qui re­ma­nia dans un sens ro­ma­nesque le vieux fonds des tra­di­tions per­sanes. Sans se sou­cier d’en pré­ser­ver la pu­reté et la cou­leur, il les amal­gama li­bre­ment tan­tôt aux ré­cits plus ou moins lé­gen­daires des com­pi­la­teurs arabes, tan­tôt aux fic­tions des ro­man­ciers alexan­drins. Par sa so­phis­ti­ca­tion poé­tique, il dé­passa les uns et les autres. Ses œuvres les plus im­por­tantes, au nombre de cinq, furent réunies, après sa mort, dans un re­cueil in­ti­tulé « Kham­seh »4 (« Les Cinq ») en arabe ou « Pandj Gandj »5 (« Les Cinq Tré­sors ») en per­san. Maintes fois co­piées, elles étaient de celles que tout hon­nête homme de­vait connaître, au point d’en pou­voir ré­ci­ter des pas­sages en­tiers. Au sein de leur aire cultu­relle, à tra­vers cette im­men­sité qui s’étendait de la Perse jusqu’au cœur de l’Asie et qui dé­bor­dait même sur l’Inde mu­sul­mane, elles oc­cu­paient une place équi­va­lente à celle qu’eut « L’Énéide » en Eu­rope oc­ci­den­tale. « Les mé­rites et per­fec­tions ma­ni­festes de Nezâmî — Al­lah lui soit mi­sé­ri­cor­dieux ! — se passent de com­men­taires. Per­sonne ne pour­rait réunir au­tant d’élégances et de fi­nesses qu’il en a réuni dans son re­cueil “Les Cinq Tré­sors” ; bien plus, cela échappe au pou­voir du genre hu­main », dira Djâmî6 en choi­sis­sant de se faire peindre age­nouillé de­vant son illustre pré­dé­ces­seur.

  1. Par­fois tra­duit « His­toire fa­bu­leuse d’Alexandre le Grand » ou « Alexan­dréide ». Haut
  2. En per­san « اسکندر‌نامه ». Par­fois trans­crit « Se­can­der-na­meh », « Se­kan­der Ná­mah », « Si­kan­der Nama », « Escander—namèh », « Es­kan­der Nā­meh », « Is­kan­der-namé », « Is­ken­der-nâmè », « Is­kan­dar Nāma » ou « Se­kan­dar-nâ­meh ». Haut
  3. En per­san نظامی گنجوی. Par­fois trans­crit Nadhami, Nid­hami, Niz­hâmî, Niz­hamy, Ni­zamy, Ni­zami, Ni­shâmi, Ni­samy, Ni­sami, Nezâmy ou Nez­hami. Haut
  1. En arabe « خمسة ». Par­fois trans­crit « Khamsè », « Kham­sah », « Khamsa », « Hamsa », « Ham­sah », « Hamse », « Cham­seh » ou « Ham­seh ». Haut
  2. En per­san « پنج گنج ». Par­fois trans­crit « Pendsch Kendj », « Pendch Kendj », « Pandsch Gandsch », « Pendj Guendj », « Penj Ghenj », « Pentch-Ghandj » ou « Panj Ganj ». Haut
  3. « Le Bé­hâ­ris­tân », p. 185-186. Haut

Firdousi, « Le Livre des rois. Tome I »

XIXᵉ siècle

XIXe siècle

Il s’agit du « Livre des rois » (« Schah-na­meh »1) d’Aboulkasim Fir­dousi2 (X-XIe siècle apr. J.-C.). Cette vaste chan­son de geste de soixante mille dis­tiques re­late l’histoire de la Perse (l’Iran), de­puis ses ori­gines jusqu’à l’époque où la puis­sance de ses mo­narques croula sous les armes des Arabes mu­sul­mans. La pre­mière par­tie, lé­gen­daire et pleine de mer­veilleux, est la seule vé­ri­ta­ble­ment épique ; la se­conde, re­la­tive à la Perse sas­sa­nide, est une suc­ces­sion de règnes his­to­riques, aux­quels pré­sident des rois, des hé­ros par­ti­cu­liers à cha­cun d’eux : plu­tôt qu’avec l’épopée, elle offre des ana­lo­gies avec « quelques grands ro­mans en vers du Moyen Âge, le “Ro­man de Brut”, ce­lui de “Rou” ou cer­taines his­toires de France », comme le dit Étienne Qua­tre­mère3. Avec « Le Livre des rois », la vieille culture per­sane pa­raît au grand jour pour prendre sa re­vanche de la conquête arabe. Celle-ci avait re­foulé, pour quelque temps, cette culture dans les vil­lages, où elle s’était conser­vée avec tout un en­semble de tra­di­tions et de lé­gendes te­nant lieu de sou­ve­nirs na­tio­naux. « L’islamisme… fut un rude coup pour le vieil es­prit, mais ce ne fut pas un coup mor­tel. L’arabe ne réus­sit à être que la langue de la re­li­gion. Aus­si­tôt que le ca­li­fat s’affaiblit, une ré­ac­tion per­sane — d’abord sourde, bien­tôt ou­verte — se ma­ni­feste », ex­plique Er­nest Re­nan4. Avec Fir­dousi, la Perse re­prend sa com­plète in­dé­pen­dance dans l’islam. Mais ce qui fait sur­tout le ca­rac­tère de cet au­teur et qui n’appartient qu’à lui, ce sont les consi­dé­ra­tions po­li­tiques et mo­rales par les­quelles il ter­mine chaque ca­tas­trophe, chaque choc des peuples, chaque ef­fon­dre­ment des royaumes. Il y a une belle mé­lan­co­lie et une sorte de sa­gesse ré­si­gnée dans ces ré­flexions par les­quelles il in­ter­rompt un mo­ment la course des évé­ne­ments. « Ô monde ! », dit l’une d’elles5, « n’élève per­sonne si tu veux le mois­son­ner après ! Si tu l’enlèves, pour­quoi l’as-tu élevé ? Tu hausses un homme au-des­sus du fir­ma­ment, mais tout à coup tu le pré­ci­pites sous la terre obs­cure. » « Ko­bad », dit une autre6, « n’avait plus que sept mois à vivre ; ap­pelle-le donc “roi” si tu veux, ou “rien” si tu aimes mieux. Telle est la cou­tume de ce monde op­pres­seur : il ne faut pas s’attendre à ce qu’il tienne ses pro­messes [de lon­gé­vité]. »

  1. En per­san « شاهنامه ». Par­fois trans­crit « Shah Namu », « Çah­name », « Chah­namè », « Scheh­name », « Schah-namé », « Schah­nama », « Schah-na­mah », « Shah-na­meh », « Shah Name », « Shah­na­mah », « Shah­nama », « Šāh-nāma », « Šāhnā­mah », « Şeh­name », « Şāh-nāme » ou « Šah-na­meh ». Haut
  2. En per­san ابوالقاسم فردوسی. Par­fois trans­crit Fir­dawsi, Fir­dausī, Fir­davsi, Fir­dovsi, Fir­douçy, Fir­docy, Fir­doo­see, Fir­dou­see, Fer­dou­see, Fer­do­see, Fer­doucy, Fer­dowsī, Fir­dewsi, Fir­devsî, Fir­dusi, Fir­dussi, Fer­dusi, Fir­dôsî, Fer­dossi, Fir­doussi, Fer­doussi, Fir­doussy, Fir­dousy, Fer­dousy ou Fer­doussy. Haut
  3. « Compte rendu sur “Le Livre des rois” », 1841, p. 398-399. Haut
  1. « Le Schah­na­meh », p. 139. Haut
  2. « Tome I », p. 32. Haut
  3. « Tome VII », p. 287-288. Haut

Ayyûqî, « Le Roman de “Varqe et Golšâh” »

dans « Arts asiatiques », vol. 22, p. 1-264

dans « Arts asia­tiques », vol. 22, p. 1-264

Il s’agit du « Varqe et Golšâh » (« Varqe va Golšâh »1), le pre­mier ro­man d’amour per­san (XIe siècle apr. J.-C.). Jusqu’à ré­cem­ment, les orien­ta­listes se de­man­daient si le « Varqe et Golšâh » avait ja­mais été mis par écrit, ou s’il avait uni­que­ment existé à l’état de tra­di­tion orale ; de l’auteur, ils igno­raient même le nom. Mais la dé­cou­verte ré­cente d’un ma­nus­crit de l’ouvrage au Pa­lais de Top­kapı, à Is­tan­bul, mit fin aux in­cer­ti­tudes et aux doutes. Il s’ouvre par le pa­né­gy­rique d’un cer­tain sul­tan Mah­mûd, au­quel il est dé­dié :

« Ô Ayyûqî, si tu as quelque in­tel­li­gence et quelque en­ten­de­ment
Mets-les au ser­vice de l’art du pa­né­gy­rique
Re­cherche de tout cœur la bien­veillance [du] sul­tan [conqué­rant]
Chante de toute ton âme la louange de sul­tan Mah­mûd
 »2.

Le poète, dont le nom ou le sur­nom est Ayyûqî3, ainsi que le montre cet ex­trait, a mis en vers un ré­cit pour le pré­sen­ter au sou­ve­rain. C’est ce­lui de deux jeunes gens nés le même jour et éle­vés en­semble, qui s’éprennent l’un de l’autre, puis qui sont sé­pa­rés par des dif­fé­rences de rang et de si­tua­tion, et réunis après de ter­ribles épreuves. Le poète dit lui-même que « cette his­toire éton­nante [est] prise des his­toires en langue arabe et des livres arabes » ; et en ef­fet, une his­toire ana­logue, mais beau­coup moins dé­ve­lop­pée, est rap­por­tée dans le « Livre des chants » d’Abû al-Fa­raj. Le style du ro­man per­san est cou­lant, mar­qué par les ré­pé­ti­tions, émaillé d’expressions d’allure po­pu­laire ; c’est pro­ba­ble­ment la rai­son de son suc­cès dans les pays tur­co­phones, au­quel il doit sa sur­vie. « Une ana­lyse ra­pide montre qu’Ayyûqî l’a… tissé de thèmes que l’on re­trouve ailleurs, par exemple dans le… ro­man cour­tois le plus an­cien, “Wîs et Râ­mîn”, com­posé par Gor­gâni vers le mi­lieu du XIe siècle. Les deux ro­mans re­latent l’aventure d’adolescents qui s’éprennent d’amour pour avoir été éle­vés en­semble. Chaque fois, la jeune fille est don­née en ma­riage à un prince qu’elle n’aime point, pour des rai­sons de conve­nance, et se sous­trait à l’acte nup­tial. On re­trouve l’anecdote du sou­ve­rain à qui on l’a re­fu­sée, et qui l’enlève. Celle du jeune amant qui part en quête de l’aimée et par­vient au châ­teau où elle est re­te­nue », dit M. As­sa­dul­lah Sou­ren Me­li­kian-Chir­vani

  1. En per­san « ورقه و گلشاه ». Par­fois trans­crit « Varqa o Golšāh », « Varqa-u Gülşāh », « Varqé va Gol­chah », « Varqe va Gol­shah », « Warqa wa Gul­shah », « Warqā wa Kulšah » ou « Warqā wa Gülšāh ». Haut
  2. p. 101. Haut
  1. En per­san عیوقی. Par­fois trans­crit Ayyuki ou ‘Aiyūqī. Haut

Ibn al-Moqaffa, « Le Livre de “Kalila et Dimna” »

éd. Klincksieck, Paris

éd. Klinck­sieck, Pa­ris

Il s’agit du « Ka­lila et Dimna » (« Ka­lîla wa Dimna »1), en­semble de contes qui font aujourd’hui en­core l’admiration de l’Orient, et dont les ani­maux sont les prin­ci­paux ac­teurs. Tous les élé­ments as­surent à l’Inde l’honneur d’avoir donné nais­sance à ces contes : un fort an­cien re­cueil de fables, le « Pañ­ca­tan­tra », ne laisse au­cun doute sur l’origine in­dienne ; et Fir­dousi confirme cette même ori­gine dans son « Livre des rois », où il dit : « Il y a dans le tré­sor du radja un livre que les hommes de bien ap­pellent “Pañ­ca­tan­tra”, et quand les hommes sont en­gour­dis par l’ignorance, le “Pañ­ca­tan­tra” est comme l’herbe de leur ré­sur­rec­tion… car il est le guide vers la [sa­gesse] »2. Ce fut au VIe siècle apr. J.-C. qu’un mé­de­cin per­san nommé Bar­zoui ou Bar­zouyèh3 rap­porta de l’Inde, outre le « Pañ­ca­tan­tra », di­vers autres ou­vrages du même genre et qu’il en com­posa un re­cueil au­quel on donna le nom de « Ka­lila et Dimna », parce que le ré­cit des aven­tures de ces deux cha­cals en for­mait la pre­mière et prin­ci­pale par­tie. Cette ver­sion du « Ka­lila et Dimna » eut le sort de tout ce qui consti­tuait la lit­té­ra­ture per­sane au temps des Sas­sa­nides : elle fut dé­truite lors de la conquête de la Perse par les Arabes et sa­cri­fiée au zèle aveugle des pre­miers mu­sul­mans. Trois siècles plus tard, le peu qui échappa à la des­truc­tion fut tra­duit en arabe par un autre Per­san, Ibn al-Mo­qaffa4, avec tant de mé­rite et d’élégance, que ces mêmes mu­sul­mans l’accusèrent d’avoir tra­vaillé, mais en vain, à imi­ter et même à sur­pas­ser le style du Co­ran. « Alors, arabe vrai­ment, le “Ka­lila”, ou ira­nien, in­dien même, en ses plus loin­tains re­fuges ? La ré­ponse est à cher­cher dans l’histoire du livre. Et que nous dit-elle ? Qu’il est de­venu, très vite, l’une des pièces es­sen­tielles d’un pa­tri­moine, un livre-clef », dit M. An­dré Mi­quel

  1. En arabe « كليلة ودمنة ». Par­fois trans­crit « Kalī­lah wa Dim­nah ». Haut
  2. « Le Livre des rois ; tra­duit et com­menté par Jules Mohl. Tome VI », p. 361. Haut
  1. En per­san برزوی ou برزویه. Par­fois trans­crit Burzōy, Bur­zoyé, Burzōē, Borzūya, Bur­zuyah, Bor­zoueh, Bor­zouyeh, Bor­ziyeh ou Ber­zouyèh. Haut
  2. En arabe بن المقفع. Par­fois trans­crit Ibn al-Mu­qaffa‘, Ibn Mu­qa­faa, Ibn Mo­qa­faa’, Ebn-al­mou­kaffa, Ibn al-Mu­kaffâ, Ibn al-Moḳaffa‘, Ibn al-Mou­qaffa’, Ibn al Mou­qa­faa, Aben Mo­chafa, Ebn-al­mo­caffa ou Ebn-al­mo­kaffa. Par suite d’une faute, بن المقنع, trans­crit Ebn-al­mo­canna, Ebn Mo­can­naa, Ben Mo­cannâ ou Ben Mo­can­naah. Haut

Nezâmî, « Le Roman de “Chosroès et Chîrîn” »

éd. G.-P. Maisonneuve et Larose, coll. Bibliothèque des œuvres classiques persanes, Paris

éd. G.-P. Mai­son­neuve et La­rose, coll. Bi­blio­thèque des œuvres clas­siques per­sanes, Pa­ris

Il s’agit de « Chos­roès et Chî­rîn » (« Khos­row va Chî­rîn »1) de Nezâmî de Gand­jeh2, le maître du ro­man en vers, l’un des plus grands poètes de langue per­sane (XIIe siècle apr. J.-C.). Nezâmî fut le pre­mier qui re­ma­nia dans un sens ro­ma­nesque le vieux fonds des tra­di­tions per­sanes. Sans se sou­cier d’en pré­ser­ver la pu­reté et la cou­leur, il les amal­gama li­bre­ment tan­tôt aux ré­cits plus ou moins lé­gen­daires des com­pi­la­teurs arabes, tan­tôt aux fic­tions des ro­man­ciers alexan­drins. Par sa so­phis­ti­ca­tion poé­tique, il dé­passa les uns et les autres. Ses œuvres les plus im­por­tantes, au nombre de cinq, furent réunies, après sa mort, dans un re­cueil in­ti­tulé « Kham­seh »3 (« Les Cinq ») en arabe ou « Pandj Gandj »4 (« Les Cinq Tré­sors ») en per­san. Maintes fois co­piées, elles étaient de celles que tout hon­nête homme de­vait connaître, au point d’en pou­voir ré­ci­ter des pas­sages en­tiers. Au sein de leur aire cultu­relle, à tra­vers cette im­men­sité qui s’étendait de la Perse jusqu’au cœur de l’Asie et qui dé­bor­dait même sur l’Inde mu­sul­mane, elles oc­cu­paient une place équi­va­lente à celle qu’eut « L’Énéide » en Eu­rope oc­ci­den­tale. « Les mé­rites et per­fec­tions ma­ni­festes de Nezâmî — Al­lah lui soit mi­sé­ri­cor­dieux ! — se passent de com­men­taires. Per­sonne ne pour­rait réunir au­tant d’élégances et de fi­nesses qu’il en a réuni dans son re­cueil “Les Cinq Tré­sors” ; bien plus, cela échappe au pou­voir du genre hu­main », dira Djâmî5 en choi­sis­sant de se faire peindre age­nouillé de­vant son illustre pré­dé­ces­seur.

  1. En per­san « خسرو و شیرین ». Par­fois trans­crit « Khos­reu ve Chi­rin », « Khus­rau va Shīrīn », « Khosrô wa Shî­rîn », « Khusro-wa-Shi­reen », « Khas­raw wa Shy­ryn », « Khos­rou ve Schi­rin », « Khos­row-o Shi­rin », « Khos­raw-o Shi­rin », « Khus­raw u-Shīrīn » ou « Khos­rau o Chî­rîn ». Haut
  2. En per­san نظامی گنجوی. Par­fois trans­crit Nadhami, Nid­hami, Niz­hâmî, Niz­hamy, Ni­zamy, Ni­zami, Ni­shâmi, Ni­samy, Ni­sami, Nezâmy ou Nez­hami. Haut
  3. En arabe « خمسة ». Par­fois trans­crit « Khamsè », « Kham­sah », « Khamsa », « Hamsa », « Ham­sah », « Hamse », « Cham­seh » ou « Ham­seh ». Haut
  1. En per­san « پنج گنج ». Par­fois trans­crit « Pendsch Kendj », « Pendch Kendj », « Pandsch Gandsch », « Pendj Guendj », « Penj Ghenj », « Pentch-Ghandj » ou « Panj Ganj ». Haut
  2. « Le Bé­hâ­ris­tân », p. 185-186. Haut

Nezâmî, « Le Trésor des secrets »

éd. D. de Brouwer, Paris

éd. D. de Brou­wer, Pa­ris

Il s’agit du « Tré­sor des se­crets »1 (« Ma­kh­zan al-As­râr »2) de Nezâmî de Gand­jeh3, le maître du ro­man en vers, l’un des plus grands poètes de langue per­sane (XIIe siècle apr. J.-C.). Nezâmî fut le pre­mier qui re­ma­nia dans un sens ro­ma­nesque le vieux fonds des tra­di­tions per­sanes. Sans se sou­cier d’en pré­ser­ver la pu­reté et la cou­leur, il les amal­gama li­bre­ment tan­tôt aux ré­cits plus ou moins lé­gen­daires des com­pi­la­teurs arabes, tan­tôt aux fic­tions des ro­man­ciers alexan­drins. Par sa so­phis­ti­ca­tion poé­tique, il dé­passa les uns et les autres. Ses œuvres les plus im­por­tantes, au nombre de cinq, furent réunies, après sa mort, dans un re­cueil in­ti­tulé « Kham­seh »4 (« Les Cinq ») en arabe ou « Pandj Gandj »5 (« Les Cinq Tré­sors ») en per­san. Maintes fois co­piées, elles étaient de celles que tout hon­nête homme de­vait connaître, au point d’en pou­voir ré­ci­ter des pas­sages en­tiers. Au sein de leur aire cultu­relle, à tra­vers cette im­men­sité qui s’étendait de la Perse jusqu’au cœur de l’Asie et qui dé­bor­dait même sur l’Inde mu­sul­mane, elles oc­cu­paient une place équi­va­lente à celle qu’eut « L’Énéide » en Eu­rope oc­ci­den­tale. « Les mé­rites et per­fec­tions ma­ni­festes de Nezâmî — Al­lah lui soit mi­sé­ri­cor­dieux ! — se passent de com­men­taires. Per­sonne ne pour­rait réunir au­tant d’élégances et de fi­nesses qu’il en a réuni dans son re­cueil “Les Cinq Tré­sors” ; bien plus, cela échappe au pou­voir du genre hu­main », dira Djâmî6 en choi­sis­sant de se faire peindre age­nouillé de­vant son illustre pré­dé­ces­seur.

  1. Par­fois tra­duit « Le Ma­ga­sin des se­crets », « Le Ma­ga­sin des mys­tères » ou « Le Tré­sor des mys­tères ». Haut
  2. En per­san « مخزن الاسرار ». Par­fois trans­crit « Ma­kh­zan-ul-As­râr », « Ma­kh­zan ol-As­râr », « Maḫ­zan al-Asrār », « Mahrzan­nol-As­râr », « Ma­kh­sen-oul Er­râr », « Ma­kh­zen ul-Es­râr » ou « Ma­kh­zen el-As­râr ». Haut
  3. En per­san نظامی گنجوی. Par­fois trans­crit Nadhami, Nid­hami, Niz­hâmî, Niz­hamy, Ni­zamy, Ni­zami, Ni­shâmi, Ni­samy, Ni­sami, Nezâmy ou Nez­hami. Haut
  1. En arabe « خمسة ». Par­fois trans­crit « Khamsè », « Kham­sah », « Khamsa », « Hamsa », « Ham­sah », « Hamse », « Cham­seh » ou « Ham­seh ». Haut
  2. En per­san « پنج گنج ». Par­fois trans­crit « Pendsch Kendj », « Pendch Kendj », « Pandsch Gandsch », « Pendj Guendj », « Penj Ghenj », « Pentch-Ghandj » ou « Panj Ganj ». Haut
  3. « Le Bé­hâ­ris­tân », p. 185-186. Haut

Nezâmî, « Le Pavillon des sept princesses »

éd. Gallimard, coll. Connaissance de l’Orient, Paris

éd. Gal­li­mard, coll. Connais­sance de l’Orient, Pa­ris

Il s’agit du « Pa­villon des sept prin­cesses »1 (« Haft Pey­kar »2) de Nezâmî de Gand­jeh3, le maître du ro­man en vers, l’un des plus grands poètes de langue per­sane (XIIe siècle apr. J.-C.). Nezâmî fut le pre­mier qui re­ma­nia dans un sens ro­ma­nesque le vieux fonds des tra­di­tions per­sanes. Sans se sou­cier d’en pré­ser­ver la pu­reté et la cou­leur, il les amal­gama li­bre­ment tan­tôt aux ré­cits plus ou moins lé­gen­daires des com­pi­la­teurs arabes, tan­tôt aux fic­tions des ro­man­ciers alexan­drins. Par sa so­phis­ti­ca­tion poé­tique, il dé­passa les uns et les autres. Ses œuvres les plus im­por­tantes, au nombre de cinq, furent réunies, après sa mort, dans un re­cueil in­ti­tulé « Kham­seh »4 (« Les Cinq ») en arabe ou « Pandj Gandj »5 (« Les Cinq Tré­sors ») en per­san. Maintes fois co­piées, elles étaient de celles que tout hon­nête homme de­vait connaître, au point d’en pou­voir ré­ci­ter des pas­sages en­tiers. Au sein de leur aire cultu­relle, à tra­vers cette im­men­sité qui s’étendait de la Perse jusqu’au cœur de l’Asie et qui dé­bor­dait même sur l’Inde mu­sul­mane, elles oc­cu­paient une place équi­va­lente à celle qu’eut « L’Énéide » en Eu­rope oc­ci­den­tale. « Les mé­rites et per­fec­tions ma­ni­festes de Nezâmî — Al­lah lui soit mi­sé­ri­cor­dieux ! — se passent de com­men­taires. Per­sonne ne pour­rait réunir au­tant d’élégances et de fi­nesses qu’il en a réuni dans son re­cueil “Les Cinq Tré­sors” ; bien plus, cela échappe au pou­voir du genre hu­main », dira Djâmî6 en choi­sis­sant de se faire peindre age­nouillé de­vant son illustre pré­dé­ces­seur.

  1. Par­fois tra­duit « Les Sept Beau­tés », « Les Sept Bel­vé­dères », « Les Sept Fi­gures » ou « Les Sept Por­traits ». Haut
  2. En per­san « هفت پیکر ». Par­fois trans­crit « Haft Peï­gher », « Heft Peï­guer », « Haft Pai­ker », « Haft Pay­kar », « Haft Paï­kar » ou « Heft Peï­ker ». Haut
  3. En per­san نظامی گنجوی. Par­fois trans­crit Nadhami, Nid­hami, Niz­hâmî, Niz­hamy, Ni­zamy, Ni­zami, Ni­shâmi, Ni­samy, Ni­sami, Nezâmy ou Nez­hami. Haut
  1. En arabe « خمسة ». Par­fois trans­crit « Khamsè », « Kham­sah », « Khamsa », « Hamsa », « Ham­sah », « Hamse », « Cham­seh » ou « Ham­seh ». Haut
  2. En per­san « پنج گنج ». Par­fois trans­crit « Pendsch Kendj », « Pendch Kendj », « Pandsch Gandsch », « Pendj Guendj », « Penj Ghenj », « Pentch-Ghandj » ou « Panj Ganj ». Haut
  3. « Le Bé­hâ­ris­tân », p. 185-186. Haut