Mot-clefarchéologie

su­jet

« Textes mathématiques babyloniens »

éd. E. J. Brill, Leyde

éd. E. J. Brill, Leyde

Il s’agit de textes ma­thé­ma­tiques mé­so­po­ta­miens. La masse im­po­sante de ta­blettes ma­thé­ma­tiques cu­néi­formes, dé­chif­frée, tra­duite et com­men­tée dans les dé­cen­nies 1920-1940 en fran­çais par Fran­çois Thu­reau-Dan­gin et en al­le­mand par Otto Eduard Neu­ge­bauer, reste as­sez mé­con­nue en de­hors du cercle res­treint des spé­cia­listes. Pour­tant, ces ta­blettes ma­thé­ma­tiques sont un fait cultu­rel unique et pro­di­gieux eu égard à leur an­ti­quité, qui re­monte le plus sou­vent à l’ère pa­léo­ba­by­lo­nienne (2004-1595 av. J.-C.) et par­fois avant. Elles té­moignent, dans le ma­nie­ment des nombres, d’un im­mense sa­voir arith­mé­tique et al­gé­brique, qui ne sera re­dé­cou­vert qu’au IIIe siècle apr. J.-C. par Dio­phante, le « Ba­by­lo­nien hel­lé­nisé », qui lui im­po­sera le moule de la lo­gique grecque pour en créer l’algèbre ; celle-ci sera à son tour re­prise et por­tée à sa per­fec­tion par les Arabes au VIIIe-IXe siècle. Ainsi, la mai­son de la sa­gesse de Bag­dad suc­cé­dera, par-delà les siècles, à des mai­sons de la sa­gesse mé­so­po­ta­miennes, dis­pa­rues sous les sables ira­kiens. « Ce n’est pas dans les mi­lieux py­tha­go­ri­ciens de la Grèce an­tique, au VIe siècle av. J.-C., que sont nées la théo­rie des nombres et l’arithmétique théo­rique. C’est à Ba­by­lone, au cœur de l’Irak ac­tuel… »1 Com­ment ex­pli­quer que la tra­di­tion grecque soit muette à ce su­jet ? Au­tant elle se plaît à faire hon­neur aux Égyp­tiens et à leur dieu-scribe Thoth, aux­quels elle at­tri­bue à tort l’invention « des nombres, du cal­cul, de la géo­mé­trie et de l’astronomie, des jeux [de dames] et de l’écriture »2 ; au­tant elle ne dit rien des Mé­so­po­ta­miens, qui en sont les pre­miers maîtres et les vé­ri­tables ins­ti­ga­teurs. Sans doute les Mèdes, puis les Perses, en pre­nant pos­ses­sion de la Mé­so­po­ta­mie dès le VIIe siècle av. J.-C., en ont-ils in­ter­dit l’accès aux Grecs his­to­ri­que­ment, géo­gra­phi­que­ment. Sans doute ces der­niers, éprou­vés par leur guerre de dé­fense contre l’Empire perse, ont-ils été por­tés à je­ter le dis­cré­dit sur le sa­voir des en­va­his­seurs. Il n’empêche que l’aventure nu­mé­rique dé­bute à Su­mer, Ak­kad et Ba­by­lone, et nulle part ailleurs.

  1. Ro­ger Ca­ra­tini, « Les Ma­thé­ma­ti­ciens de Ba­by­lone », p. 174. Haut
  1. Pla­ton, « Phèdre », 274d. Haut

« Mission Pavie. Géographie et Voyages. Tome VII. Journal de marche • Événements du Siam »

éd. E. Leroux, Paris

éd. E. Le­roux, Pa­ris

Il s’agit d’Auguste Pa­vie, ex­plo­ra­teur fran­çais (XIXe-XXe siècle) qui, seul ou avec quelques com­pa­gnons fi­dèles, sillonna pen­dant des dé­cen­nies le Cam­bodge et le Laos. La vo­ca­tion d’explorateur de Pa­vie, ti­mide et mo­deste ser­gent, fils de ses œuvres, ne se ré­véla que dans le pe­tit port cam­bod­gien de Kam­pot1, où il dé­bar­qua en tant qu’agent du té­lé­graphe. Dans un pre­mier temps, il vé­cut isolé, seul Eu­ro­péen ; mais sé­duit par le charme du pays et des ha­bi­tants, il cher­cha à connaître leur langue et leurs cou­tumes. Un bonze let­tré lui ser­vit d’initiateur. Pa­vie dé­cou­vrit chez ce der­nier « une sorte de coffre la­qué rouge et noir, orné de do­rures, et [conte­nant] plu­sieurs cen­taines de ma­nus­crits sur feuilles de pal­mier… : livres sur l’astronomie, l’astrologie, la chi­ro­man­cie et la di­vi­na­tion… ; ro­mans [re­la­tant] les exis­tences pas­sées du Boud­dha ; [ma­nuels] sur les usages : édu­ca­tion, codes, lois »2. En même temps qu’il était charmé par les édi­fices de la bon­ze­rie qui dor­maient à l’ombre des fi­guiers, Pa­vie en­tre­voyait toute la ri­chesse de cette an­tique ci­vi­li­sa­tion khmère dont des « restes de lit­té­ra­ture et de théâtre », de « vagues idées de des­sin et de mu­sique » conser­vaient pieu­se­ment « un sou­ve­nir né­bu­leux »3. Pa­vie se mit à s’entretenir fa­mi­liè­re­ment avec les ha­bi­tants et ac­quit peu à peu une connais­sance in­time de l’âme in­di­gène qui lui ser­vit par la suite. De ses sor­ties au bord de la mer, il rap­porta en outre une col­lec­tion de mol­lusques et de co­quilles, qu’il en­voya à l’Exposition de Saï­gon. Ces tra­vaux re­tinrent l’attention de Le Myre de Vi­lers, gou­ver­neur de Co­chin­chine. Chargé par ce der­nier en 1880 d’une pre­mière et dure mis­sion, Pa­vie par­cou­rut la ré­gion in­ex­plo­rée qui s’étendait du golfe de Siam au Mé­kong, en dres­sant une carte et une re­la­tion de voyage afin d’établir une ligne té­lé­gra­phique. Ce fut chose faite en 1883 avec la ligne Saï­gon-Bang­kok de plus d’un mil­lier de ki­lo­mètres. Pa­vie avait mon­tré de telles dis­po­si­tions, qu’on le char­gea aus­si­tôt d’une autre mis­sion : celle d’explorer le Laos afin d’élaborer la pre­mière carte com­plète de l’Indochine. Pa­reilles mis­sions étaient peut-être un hon­neur, mais com­bien les au­raient re­fu­sées ! Si Pa­vie les ac­cepta, c’est par crainte de se faire de­van­cer ; car il vou­lait être le pre­mier in­ven­teur de ces fo­rêts et de ces monts où même les in­di­gènes ne s’aventuraient qu’à contre­cœur. « Faites », dit-il, en avouant la pointe d’orgueil dans ses pro­jets4, « faites que je sois le pre­mier ; que j’aille le plus loin ; que je parte tout de suite et tout seul ; et qu’on s’en rap­porte à moi. La France et la Ré­pu­blique n’auront ja­mais été mieux ser­vies, dites-le-leur. Le gou­ver­ne­ment de Co­chin­chine, m’ayant cru, m’a chargé d’unir Saï­gon à Bang­kok ; c’est fini. Je veux mar­cher en avant… ; chose na­tu­relle, il me faut une tâche plus grande… Si vous vou­lez, je l’aurai. Don­nez donc. Vive la Ré­pu­blique ! »

  1. En khmer កំពត. Haut
  2. « Géo­gra­phie et Voyages. Tome I », p. 14-15. Haut
  1. « Études di­verses. Tome I », p. XII. Haut
  2. « Lettre à Jules Har­mand du 15.VI.1883 » dans Dion, « Au­guste Pa­vie », p. 68. Haut

« Mission Pavie. Géographie et Voyages. Tome VI. Passage du Mékong au Tonkin »

éd. E. Leroux, Paris

éd. E. Le­roux, Pa­ris

Il s’agit d’Auguste Pa­vie, ex­plo­ra­teur fran­çais (XIXe-XXe siècle) qui, seul ou avec quelques com­pa­gnons fi­dèles, sillonna pen­dant des dé­cen­nies le Cam­bodge et le Laos. La vo­ca­tion d’explorateur de Pa­vie, ti­mide et mo­deste ser­gent, fils de ses œuvres, ne se ré­véla que dans le pe­tit port cam­bod­gien de Kam­pot1, où il dé­bar­qua en tant qu’agent du té­lé­graphe. Dans un pre­mier temps, il vé­cut isolé, seul Eu­ro­péen ; mais sé­duit par le charme du pays et des ha­bi­tants, il cher­cha à connaître leur langue et leurs cou­tumes. Un bonze let­tré lui ser­vit d’initiateur. Pa­vie dé­cou­vrit chez ce der­nier « une sorte de coffre la­qué rouge et noir, orné de do­rures, et [conte­nant] plu­sieurs cen­taines de ma­nus­crits sur feuilles de pal­mier… : livres sur l’astronomie, l’astrologie, la chi­ro­man­cie et la di­vi­na­tion… ; ro­mans [re­la­tant] les exis­tences pas­sées du Boud­dha ; [ma­nuels] sur les usages : édu­ca­tion, codes, lois »2. En même temps qu’il était charmé par les édi­fices de la bon­ze­rie qui dor­maient à l’ombre des fi­guiers, Pa­vie en­tre­voyait toute la ri­chesse de cette an­tique ci­vi­li­sa­tion khmère dont des « restes de lit­té­ra­ture et de théâtre », de « vagues idées de des­sin et de mu­sique » conser­vaient pieu­se­ment « un sou­ve­nir né­bu­leux »3. Pa­vie se mit à s’entretenir fa­mi­liè­re­ment avec les ha­bi­tants et ac­quit peu à peu une connais­sance in­time de l’âme in­di­gène qui lui ser­vit par la suite. De ses sor­ties au bord de la mer, il rap­porta en outre une col­lec­tion de mol­lusques et de co­quilles, qu’il en­voya à l’Exposition de Saï­gon. Ces tra­vaux re­tinrent l’attention de Le Myre de Vi­lers, gou­ver­neur de Co­chin­chine. Chargé par ce der­nier en 1880 d’une pre­mière et dure mis­sion, Pa­vie par­cou­rut la ré­gion in­ex­plo­rée qui s’étendait du golfe de Siam au Mé­kong, en dres­sant une carte et une re­la­tion de voyage afin d’établir une ligne té­lé­gra­phique. Ce fut chose faite en 1883 avec la ligne Saï­gon-Bang­kok de plus d’un mil­lier de ki­lo­mètres. Pa­vie avait mon­tré de telles dis­po­si­tions, qu’on le char­gea aus­si­tôt d’une autre mis­sion : celle d’explorer le Laos afin d’élaborer la pre­mière carte com­plète de l’Indochine. Pa­reilles mis­sions étaient peut-être un hon­neur, mais com­bien les au­raient re­fu­sées ! Si Pa­vie les ac­cepta, c’est par crainte de se faire de­van­cer ; car il vou­lait être le pre­mier in­ven­teur de ces fo­rêts et de ces monts où même les in­di­gènes ne s’aventuraient qu’à contre­cœur. « Faites », dit-il, en avouant la pointe d’orgueil dans ses pro­jets4, « faites que je sois le pre­mier ; que j’aille le plus loin ; que je parte tout de suite et tout seul ; et qu’on s’en rap­porte à moi. La France et la Ré­pu­blique n’auront ja­mais été mieux ser­vies, dites-le-leur. Le gou­ver­ne­ment de Co­chin­chine, m’ayant cru, m’a chargé d’unir Saï­gon à Bang­kok ; c’est fini. Je veux mar­cher en avant… ; chose na­tu­relle, il me faut une tâche plus grande… Si vous vou­lez, je l’aurai. Don­nez donc. Vive la Ré­pu­blique ! »

  1. En khmer កំពត. Haut
  2. « Géo­gra­phie et Voyages. Tome I », p. 14-15. Haut
  1. « Études di­verses. Tome I », p. XII. Haut
  2. « Lettre à Jules Har­mand du 15.VI.1883 » dans Dion, « Au­guste Pa­vie », p. 68. Haut

« Mission Pavie. Géographie et Voyages. Tome V. Voyages dans le Haut-Laos et sur les frontières de Chine et de Birmanie »

éd. E. Leroux, Paris

éd. E. Le­roux, Pa­ris

Il s’agit d’Auguste Pa­vie, ex­plo­ra­teur fran­çais (XIXe-XXe siècle) qui, seul ou avec quelques com­pa­gnons fi­dèles, sillonna pen­dant des dé­cen­nies le Cam­bodge et le Laos. La vo­ca­tion d’explorateur de Pa­vie, ti­mide et mo­deste ser­gent, fils de ses œuvres, ne se ré­véla que dans le pe­tit port cam­bod­gien de Kam­pot1, où il dé­bar­qua en tant qu’agent du té­lé­graphe. Dans un pre­mier temps, il vé­cut isolé, seul Eu­ro­péen ; mais sé­duit par le charme du pays et des ha­bi­tants, il cher­cha à connaître leur langue et leurs cou­tumes. Un bonze let­tré lui ser­vit d’initiateur. Pa­vie dé­cou­vrit chez ce der­nier « une sorte de coffre la­qué rouge et noir, orné de do­rures, et [conte­nant] plu­sieurs cen­taines de ma­nus­crits sur feuilles de pal­mier… : livres sur l’astronomie, l’astrologie, la chi­ro­man­cie et la di­vi­na­tion… ; ro­mans [re­la­tant] les exis­tences pas­sées du Boud­dha ; [ma­nuels] sur les usages : édu­ca­tion, codes, lois »2. En même temps qu’il était charmé par les édi­fices de la bon­ze­rie qui dor­maient à l’ombre des fi­guiers, Pa­vie en­tre­voyait toute la ri­chesse de cette an­tique ci­vi­li­sa­tion khmère dont des « restes de lit­té­ra­ture et de théâtre », de « vagues idées de des­sin et de mu­sique » conser­vaient pieu­se­ment « un sou­ve­nir né­bu­leux »3. Pa­vie se mit à s’entretenir fa­mi­liè­re­ment avec les ha­bi­tants et ac­quit peu à peu une connais­sance in­time de l’âme in­di­gène qui lui ser­vit par la suite. De ses sor­ties au bord de la mer, il rap­porta en outre une col­lec­tion de mol­lusques et de co­quilles, qu’il en­voya à l’Exposition de Saï­gon. Ces tra­vaux re­tinrent l’attention de Le Myre de Vi­lers, gou­ver­neur de Co­chin­chine. Chargé par ce der­nier en 1880 d’une pre­mière et dure mis­sion, Pa­vie par­cou­rut la ré­gion in­ex­plo­rée qui s’étendait du golfe de Siam au Mé­kong, en dres­sant une carte et une re­la­tion de voyage afin d’établir une ligne té­lé­gra­phique. Ce fut chose faite en 1883 avec la ligne Saï­gon-Bang­kok de plus d’un mil­lier de ki­lo­mètres. Pa­vie avait mon­tré de telles dis­po­si­tions, qu’on le char­gea aus­si­tôt d’une autre mis­sion : celle d’explorer le Laos afin d’élaborer la pre­mière carte com­plète de l’Indochine. Pa­reilles mis­sions étaient peut-être un hon­neur, mais com­bien les au­raient re­fu­sées ! Si Pa­vie les ac­cepta, c’est par crainte de se faire de­van­cer ; car il vou­lait être le pre­mier in­ven­teur de ces fo­rêts et de ces monts où même les in­di­gènes ne s’aventuraient qu’à contre­cœur. « Faites », dit-il, en avouant la pointe d’orgueil dans ses pro­jets4, « faites que je sois le pre­mier ; que j’aille le plus loin ; que je parte tout de suite et tout seul ; et qu’on s’en rap­porte à moi. La France et la Ré­pu­blique n’auront ja­mais été mieux ser­vies, dites-le-leur. Le gou­ver­ne­ment de Co­chin­chine, m’ayant cru, m’a chargé d’unir Saï­gon à Bang­kok ; c’est fini. Je veux mar­cher en avant… ; chose na­tu­relle, il me faut une tâche plus grande… Si vous vou­lez, je l’aurai. Don­nez donc. Vive la Ré­pu­blique ! »

  1. En khmer កំពត. Haut
  2. « Géo­gra­phie et Voyages. Tome I », p. 14-15. Haut
  1. « Études di­verses. Tome I », p. XII. Haut
  2. « Lettre à Jules Har­mand du 15.VI.1883 » dans Dion, « Au­guste Pa­vie », p. 68. Haut

« Mission Pavie. Géographie et Voyages. Tome IV. Voyages au centre de l’Annam et du Laos et dans les régions sauvages de l’Est de l’Indochine »

éd. E. Leroux, Paris

éd. E. Le­roux, Pa­ris

Il s’agit d’Auguste Pa­vie, ex­plo­ra­teur fran­çais (XIXe-XXe siècle) qui, seul ou avec quelques com­pa­gnons fi­dèles, sillonna pen­dant des dé­cen­nies le Cam­bodge et le Laos. La vo­ca­tion d’explorateur de Pa­vie, ti­mide et mo­deste ser­gent, fils de ses œuvres, ne se ré­véla que dans le pe­tit port cam­bod­gien de Kam­pot1, où il dé­bar­qua en tant qu’agent du té­lé­graphe. Dans un pre­mier temps, il vé­cut isolé, seul Eu­ro­péen ; mais sé­duit par le charme du pays et des ha­bi­tants, il cher­cha à connaître leur langue et leurs cou­tumes. Un bonze let­tré lui ser­vit d’initiateur. Pa­vie dé­cou­vrit chez ce der­nier « une sorte de coffre la­qué rouge et noir, orné de do­rures, et [conte­nant] plu­sieurs cen­taines de ma­nus­crits sur feuilles de pal­mier… : livres sur l’astronomie, l’astrologie, la chi­ro­man­cie et la di­vi­na­tion… ; ro­mans [re­la­tant] les exis­tences pas­sées du Boud­dha ; [ma­nuels] sur les usages : édu­ca­tion, codes, lois »2. En même temps qu’il était charmé par les édi­fices de la bon­ze­rie qui dor­maient à l’ombre des fi­guiers, Pa­vie en­tre­voyait toute la ri­chesse de cette an­tique ci­vi­li­sa­tion khmère dont des « restes de lit­té­ra­ture et de théâtre », de « vagues idées de des­sin et de mu­sique » conser­vaient pieu­se­ment « un sou­ve­nir né­bu­leux »3. Pa­vie se mit à s’entretenir fa­mi­liè­re­ment avec les ha­bi­tants et ac­quit peu à peu une connais­sance in­time de l’âme in­di­gène qui lui ser­vit par la suite. De ses sor­ties au bord de la mer, il rap­porta en outre une col­lec­tion de mol­lusques et de co­quilles, qu’il en­voya à l’Exposition de Saï­gon. Ces tra­vaux re­tinrent l’attention de Le Myre de Vi­lers, gou­ver­neur de Co­chin­chine. Chargé par ce der­nier en 1880 d’une pre­mière et dure mis­sion, Pa­vie par­cou­rut la ré­gion in­ex­plo­rée qui s’étendait du golfe de Siam au Mé­kong, en dres­sant une carte et une re­la­tion de voyage afin d’établir une ligne té­lé­gra­phique. Ce fut chose faite en 1883 avec la ligne Saï­gon-Bang­kok de plus d’un mil­lier de ki­lo­mètres. Pa­vie avait mon­tré de telles dis­po­si­tions, qu’on le char­gea aus­si­tôt d’une autre mis­sion : celle d’explorer le Laos afin d’élaborer la pre­mière carte com­plète de l’Indochine. Pa­reilles mis­sions étaient peut-être un hon­neur, mais com­bien les au­raient re­fu­sées ! Si Pa­vie les ac­cepta, c’est par crainte de se faire de­van­cer ; car il vou­lait être le pre­mier in­ven­teur de ces fo­rêts et de ces monts où même les in­di­gènes ne s’aventuraient qu’à contre­cœur. « Faites », dit-il, en avouant la pointe d’orgueil dans ses pro­jets4, « faites que je sois le pre­mier ; que j’aille le plus loin ; que je parte tout de suite et tout seul ; et qu’on s’en rap­porte à moi. La France et la Ré­pu­blique n’auront ja­mais été mieux ser­vies, dites-le-leur. Le gou­ver­ne­ment de Co­chin­chine, m’ayant cru, m’a chargé d’unir Saï­gon à Bang­kok ; c’est fini. Je veux mar­cher en avant… ; chose na­tu­relle, il me faut une tâche plus grande… Si vous vou­lez, je l’aurai. Don­nez donc. Vive la Ré­pu­blique ! »

  1. En khmer កំពត. Haut
  2. « Géo­gra­phie et Voyages. Tome I », p. 14-15. Haut
  1. « Études di­verses. Tome I », p. XII. Haut
  2. « Lettre à Jules Har­mand du 15.VI.1883 » dans Dion, « Au­guste Pa­vie », p. 68. Haut

« Mission Pavie. Géographie et Voyages. Tome III. Voyages au Laos et chez les sauvages du Sud-Est de l’Indochine »

éd. E. Leroux, Paris

éd. E. Le­roux, Pa­ris

Il s’agit d’Auguste Pa­vie, ex­plo­ra­teur fran­çais (XIXe-XXe siècle) qui, seul ou avec quelques com­pa­gnons fi­dèles, sillonna pen­dant des dé­cen­nies le Cam­bodge et le Laos. La vo­ca­tion d’explorateur de Pa­vie, ti­mide et mo­deste ser­gent, fils de ses œuvres, ne se ré­véla que dans le pe­tit port cam­bod­gien de Kam­pot1, où il dé­bar­qua en tant qu’agent du té­lé­graphe. Dans un pre­mier temps, il vé­cut isolé, seul Eu­ro­péen ; mais sé­duit par le charme du pays et des ha­bi­tants, il cher­cha à connaître leur langue et leurs cou­tumes. Un bonze let­tré lui ser­vit d’initiateur. Pa­vie dé­cou­vrit chez ce der­nier « une sorte de coffre la­qué rouge et noir, orné de do­rures, et [conte­nant] plu­sieurs cen­taines de ma­nus­crits sur feuilles de pal­mier… : livres sur l’astronomie, l’astrologie, la chi­ro­man­cie et la di­vi­na­tion… ; ro­mans [re­la­tant] les exis­tences pas­sées du Boud­dha ; [ma­nuels] sur les usages : édu­ca­tion, codes, lois »2. En même temps qu’il était charmé par les édi­fices de la bon­ze­rie qui dor­maient à l’ombre des fi­guiers, Pa­vie en­tre­voyait toute la ri­chesse de cette an­tique ci­vi­li­sa­tion khmère dont des « restes de lit­té­ra­ture et de théâtre », de « vagues idées de des­sin et de mu­sique » conser­vaient pieu­se­ment « un sou­ve­nir né­bu­leux »3. Pa­vie se mit à s’entretenir fa­mi­liè­re­ment avec les ha­bi­tants et ac­quit peu à peu une connais­sance in­time de l’âme in­di­gène qui lui ser­vit par la suite. De ses sor­ties au bord de la mer, il rap­porta en outre une col­lec­tion de mol­lusques et de co­quilles, qu’il en­voya à l’Exposition de Saï­gon. Ces tra­vaux re­tinrent l’attention de Le Myre de Vi­lers, gou­ver­neur de Co­chin­chine. Chargé par ce der­nier en 1880 d’une pre­mière et dure mis­sion, Pa­vie par­cou­rut la ré­gion in­ex­plo­rée qui s’étendait du golfe de Siam au Mé­kong, en dres­sant une carte et une re­la­tion de voyage afin d’établir une ligne té­lé­gra­phique. Ce fut chose faite en 1883 avec la ligne Saï­gon-Bang­kok de plus d’un mil­lier de ki­lo­mètres. Pa­vie avait mon­tré de telles dis­po­si­tions, qu’on le char­gea aus­si­tôt d’une autre mis­sion : celle d’explorer le Laos afin d’élaborer la pre­mière carte com­plète de l’Indochine. Pa­reilles mis­sions étaient peut-être un hon­neur, mais com­bien les au­raient re­fu­sées ! Si Pa­vie les ac­cepta, c’est par crainte de se faire de­van­cer ; car il vou­lait être le pre­mier in­ven­teur de ces fo­rêts et de ces monts où même les in­di­gènes ne s’aventuraient qu’à contre­cœur. « Faites », dit-il, en avouant la pointe d’orgueil dans ses pro­jets4, « faites que je sois le pre­mier ; que j’aille le plus loin ; que je parte tout de suite et tout seul ; et qu’on s’en rap­porte à moi. La France et la Ré­pu­blique n’auront ja­mais été mieux ser­vies, dites-le-leur. Le gou­ver­ne­ment de Co­chin­chine, m’ayant cru, m’a chargé d’unir Saï­gon à Bang­kok ; c’est fini. Je veux mar­cher en avant… ; chose na­tu­relle, il me faut une tâche plus grande… Si vous vou­lez, je l’aurai. Don­nez donc. Vive la Ré­pu­blique ! »

  1. En khmer កំពត. Haut
  2. « Géo­gra­phie et Voyages. Tome I », p. 14-15. Haut
  1. « Études di­verses. Tome I », p. XII. Haut
  2. « Lettre à Jules Har­mand du 15.VI.1883 » dans Dion, « Au­guste Pa­vie », p. 68. Haut

« Mission Pavie. Géographie et Voyages. Tome II. Exposé des travaux de la mission »

éd. E. Leroux, Paris

éd. E. Le­roux, Pa­ris

Il s’agit d’Auguste Pa­vie, ex­plo­ra­teur fran­çais (XIXe-XXe siècle) qui, seul ou avec quelques com­pa­gnons fi­dèles, sillonna pen­dant des dé­cen­nies le Cam­bodge et le Laos. La vo­ca­tion d’explorateur de Pa­vie, ti­mide et mo­deste ser­gent, fils de ses œuvres, ne se ré­véla que dans le pe­tit port cam­bod­gien de Kam­pot1, où il dé­bar­qua en tant qu’agent du té­lé­graphe. Dans un pre­mier temps, il vé­cut isolé, seul Eu­ro­péen ; mais sé­duit par le charme du pays et des ha­bi­tants, il cher­cha à connaître leur langue et leurs cou­tumes. Un bonze let­tré lui ser­vit d’initiateur. Pa­vie dé­cou­vrit chez ce der­nier « une sorte de coffre la­qué rouge et noir, orné de do­rures, et [conte­nant] plu­sieurs cen­taines de ma­nus­crits sur feuilles de pal­mier… : livres sur l’astronomie, l’astrologie, la chi­ro­man­cie et la di­vi­na­tion… ; ro­mans [re­la­tant] les exis­tences pas­sées du Boud­dha ; [ma­nuels] sur les usages : édu­ca­tion, codes, lois »2. En même temps qu’il était charmé par les édi­fices de la bon­ze­rie qui dor­maient à l’ombre des fi­guiers, Pa­vie en­tre­voyait toute la ri­chesse de cette an­tique ci­vi­li­sa­tion khmère dont des « restes de lit­té­ra­ture et de théâtre », de « vagues idées de des­sin et de mu­sique » conser­vaient pieu­se­ment « un sou­ve­nir né­bu­leux »3. Pa­vie se mit à s’entretenir fa­mi­liè­re­ment avec les ha­bi­tants et ac­quit peu à peu une connais­sance in­time de l’âme in­di­gène qui lui ser­vit par la suite. De ses sor­ties au bord de la mer, il rap­porta en outre une col­lec­tion de mol­lusques et de co­quilles, qu’il en­voya à l’Exposition de Saï­gon. Ces tra­vaux re­tinrent l’attention de Le Myre de Vi­lers, gou­ver­neur de Co­chin­chine. Chargé par ce der­nier en 1880 d’une pre­mière et dure mis­sion, Pa­vie par­cou­rut la ré­gion in­ex­plo­rée qui s’étendait du golfe de Siam au Mé­kong, en dres­sant une carte et une re­la­tion de voyage afin d’établir une ligne té­lé­gra­phique. Ce fut chose faite en 1883 avec la ligne Saï­gon-Bang­kok de plus d’un mil­lier de ki­lo­mètres. Pa­vie avait mon­tré de telles dis­po­si­tions, qu’on le char­gea aus­si­tôt d’une autre mis­sion : celle d’explorer le Laos afin d’élaborer la pre­mière carte com­plète de l’Indochine. Pa­reilles mis­sions étaient peut-être un hon­neur, mais com­bien les au­raient re­fu­sées ! Si Pa­vie les ac­cepta, c’est par crainte de se faire de­van­cer ; car il vou­lait être le pre­mier in­ven­teur de ces fo­rêts et de ces monts où même les in­di­gènes ne s’aventuraient qu’à contre­cœur. « Faites », dit-il, en avouant la pointe d’orgueil dans ses pro­jets4, « faites que je sois le pre­mier ; que j’aille le plus loin ; que je parte tout de suite et tout seul ; et qu’on s’en rap­porte à moi. La France et la Ré­pu­blique n’auront ja­mais été mieux ser­vies, dites-le-leur. Le gou­ver­ne­ment de Co­chin­chine, m’ayant cru, m’a chargé d’unir Saï­gon à Bang­kok ; c’est fini. Je veux mar­cher en avant… ; chose na­tu­relle, il me faut une tâche plus grande… Si vous vou­lez, je l’aurai. Don­nez donc. Vive la Ré­pu­blique ! »

  1. En khmer កំពត. Haut
  2. « Géo­gra­phie et Voyages. Tome I », p. 14-15. Haut
  1. « Études di­verses. Tome I », p. XII. Haut
  2. « Lettre à Jules Har­mand du 15.VI.1883 » dans Dion, « Au­guste Pa­vie », p. 68. Haut

« Mission Pavie. Géographie et Voyages. Tome I. Exposé des travaux de la mission »

éd. E. Leroux, Paris

éd. E. Le­roux, Pa­ris

Il s’agit d’Auguste Pa­vie, ex­plo­ra­teur fran­çais (XIXe-XXe siècle) qui, seul ou avec quelques com­pa­gnons fi­dèles, sillonna pen­dant des dé­cen­nies le Cam­bodge et le Laos. La vo­ca­tion d’explorateur de Pa­vie, ti­mide et mo­deste ser­gent, fils de ses œuvres, ne se ré­véla que dans le pe­tit port cam­bod­gien de Kam­pot1, où il dé­bar­qua en tant qu’agent du té­lé­graphe. Dans un pre­mier temps, il vé­cut isolé, seul Eu­ro­péen ; mais sé­duit par le charme du pays et des ha­bi­tants, il cher­cha à connaître leur langue et leurs cou­tumes. Un bonze let­tré lui ser­vit d’initiateur. Pa­vie dé­cou­vrit chez ce der­nier « une sorte de coffre la­qué rouge et noir, orné de do­rures, et [conte­nant] plu­sieurs cen­taines de ma­nus­crits sur feuilles de pal­mier… : livres sur l’astronomie, l’astrologie, la chi­ro­man­cie et la di­vi­na­tion… ; ro­mans [re­la­tant] les exis­tences pas­sées du Boud­dha ; [ma­nuels] sur les usages : édu­ca­tion, codes, lois »2. En même temps qu’il était charmé par les édi­fices de la bon­ze­rie qui dor­maient à l’ombre des fi­guiers, Pa­vie en­tre­voyait toute la ri­chesse de cette an­tique ci­vi­li­sa­tion khmère dont des « restes de lit­té­ra­ture et de théâtre », de « vagues idées de des­sin et de mu­sique » conser­vaient pieu­se­ment « un sou­ve­nir né­bu­leux »3. Pa­vie se mit à s’entretenir fa­mi­liè­re­ment avec les ha­bi­tants et ac­quit peu à peu une connais­sance in­time de l’âme in­di­gène qui lui ser­vit par la suite. De ses sor­ties au bord de la mer, il rap­porta en outre une col­lec­tion de mol­lusques et de co­quilles, qu’il en­voya à l’Exposition de Saï­gon. Ces tra­vaux re­tinrent l’attention de Le Myre de Vi­lers, gou­ver­neur de Co­chin­chine. Chargé par ce der­nier en 1880 d’une pre­mière et dure mis­sion, Pa­vie par­cou­rut la ré­gion in­ex­plo­rée qui s’étendait du golfe de Siam au Mé­kong, en dres­sant une carte et une re­la­tion de voyage afin d’établir une ligne té­lé­gra­phique. Ce fut chose faite en 1883 avec la ligne Saï­gon-Bang­kok de plus d’un mil­lier de ki­lo­mètres. Pa­vie avait mon­tré de telles dis­po­si­tions, qu’on le char­gea aus­si­tôt d’une autre mis­sion : celle d’explorer le Laos afin d’élaborer la pre­mière carte com­plète de l’Indochine. Pa­reilles mis­sions étaient peut-être un hon­neur, mais com­bien les au­raient re­fu­sées ! Si Pa­vie les ac­cepta, c’est par crainte de se faire de­van­cer ; car il vou­lait être le pre­mier in­ven­teur de ces fo­rêts et de ces monts où même les in­di­gènes ne s’aventuraient qu’à contre­cœur. « Faites », dit-il, en avouant la pointe d’orgueil dans ses pro­jets4, « faites que je sois le pre­mier ; que j’aille le plus loin ; que je parte tout de suite et tout seul ; et qu’on s’en rap­porte à moi. La France et la Ré­pu­blique n’auront ja­mais été mieux ser­vies, dites-le-leur. Le gou­ver­ne­ment de Co­chin­chine, m’ayant cru, m’a chargé d’unir Saï­gon à Bang­kok ; c’est fini. Je veux mar­cher en avant… ; chose na­tu­relle, il me faut une tâche plus grande… Si vous vou­lez, je l’aurai. Don­nez donc. Vive la Ré­pu­blique ! »

  1. En khmer កំពត. Haut
  2. « Géo­gra­phie et Voyages. Tome I », p. 14-15. Haut
  1. « Études di­verses. Tome I », p. XII. Haut
  2. « Lettre à Jules Har­mand du 15.VI.1883 » dans Dion, « Au­guste Pa­vie », p. 68. Haut

« Mission Pavie. Études diverses. Tome III. Recherches sur l’histoire naturelle de l’Indochine orientale »

éd. E. Leroux, Paris

éd. E. Le­roux, Pa­ris

Il s’agit d’Auguste Pa­vie, ex­plo­ra­teur fran­çais (XIXe-XXe siècle) qui, seul ou avec quelques com­pa­gnons fi­dèles, sillonna pen­dant des dé­cen­nies le Cam­bodge et le Laos. La vo­ca­tion d’explorateur de Pa­vie, ti­mide et mo­deste ser­gent, fils de ses œuvres, ne se ré­véla que dans le pe­tit port cam­bod­gien de Kam­pot1, où il dé­bar­qua en tant qu’agent du té­lé­graphe. Dans un pre­mier temps, il vé­cut isolé, seul Eu­ro­péen ; mais sé­duit par le charme du pays et des ha­bi­tants, il cher­cha à connaître leur langue et leurs cou­tumes. Un bonze let­tré lui ser­vit d’initiateur. Pa­vie dé­cou­vrit chez ce der­nier « une sorte de coffre la­qué rouge et noir, orné de do­rures, et [conte­nant] plu­sieurs cen­taines de ma­nus­crits sur feuilles de pal­mier… : livres sur l’astronomie, l’astrologie, la chi­ro­man­cie et la di­vi­na­tion… ; ro­mans [re­la­tant] les exis­tences pas­sées du Boud­dha ; [ma­nuels] sur les usages : édu­ca­tion, codes, lois »2. En même temps qu’il était charmé par les édi­fices de la bon­ze­rie qui dor­maient à l’ombre des fi­guiers, Pa­vie en­tre­voyait toute la ri­chesse de cette an­tique ci­vi­li­sa­tion khmère dont des « restes de lit­té­ra­ture et de théâtre », de « vagues idées de des­sin et de mu­sique » conser­vaient pieu­se­ment « un sou­ve­nir né­bu­leux »3. Pa­vie se mit à s’entretenir fa­mi­liè­re­ment avec les ha­bi­tants et ac­quit peu à peu une connais­sance in­time de l’âme in­di­gène qui lui ser­vit par la suite. De ses sor­ties au bord de la mer, il rap­porta en outre une col­lec­tion de mol­lusques et de co­quilles, qu’il en­voya à l’Exposition de Saï­gon. Ces tra­vaux re­tinrent l’attention de Le Myre de Vi­lers, gou­ver­neur de Co­chin­chine. Chargé par ce der­nier en 1880 d’une pre­mière et dure mis­sion, Pa­vie par­cou­rut la ré­gion in­ex­plo­rée qui s’étendait du golfe de Siam au Mé­kong, en dres­sant une carte et une re­la­tion de voyage afin d’établir une ligne té­lé­gra­phique. Ce fut chose faite en 1883 avec la ligne Saï­gon-Bang­kok de plus d’un mil­lier de ki­lo­mètres. Pa­vie avait mon­tré de telles dis­po­si­tions, qu’on le char­gea aus­si­tôt d’une autre mis­sion : celle d’explorer le Laos afin d’élaborer la pre­mière carte com­plète de l’Indochine. Pa­reilles mis­sions étaient peut-être un hon­neur, mais com­bien les au­raient re­fu­sées ! Si Pa­vie les ac­cepta, c’est par crainte de se faire de­van­cer ; car il vou­lait être le pre­mier in­ven­teur de ces fo­rêts et de ces monts où même les in­di­gènes ne s’aventuraient qu’à contre­cœur. « Faites », dit-il, en avouant la pointe d’orgueil dans ses pro­jets4, « faites que je sois le pre­mier ; que j’aille le plus loin ; que je parte tout de suite et tout seul ; et qu’on s’en rap­porte à moi. La France et la Ré­pu­blique n’auront ja­mais été mieux ser­vies, dites-le-leur. Le gou­ver­ne­ment de Co­chin­chine, m’ayant cru, m’a chargé d’unir Saï­gon à Bang­kok ; c’est fini. Je veux mar­cher en avant… ; chose na­tu­relle, il me faut une tâche plus grande… Si vous vou­lez, je l’aurai. Don­nez donc. Vive la Ré­pu­blique ! »

  1. En khmer កំពត. Haut
  2. « Géo­gra­phie et Voyages. Tome I », p. 14-15. Haut
  1. « Études di­verses. Tome I », p. XII. Haut
  2. « Lettre à Jules Har­mand du 15.VI.1883 » dans Dion, « Au­guste Pa­vie », p. 68. Haut

« Mission Pavie. Études diverses. Tome II. Recherches sur l’histoire du Cambodge, du Laos et du Siam »

éd. E. Leroux, Paris

éd. E. Le­roux, Pa­ris

Il s’agit d’Auguste Pa­vie, ex­plo­ra­teur fran­çais (XIXe-XXe siècle) qui, seul ou avec quelques com­pa­gnons fi­dèles, sillonna pen­dant des dé­cen­nies le Cam­bodge et le Laos. La vo­ca­tion d’explorateur de Pa­vie, ti­mide et mo­deste ser­gent, fils de ses œuvres, ne se ré­véla que dans le pe­tit port cam­bod­gien de Kam­pot1, où il dé­bar­qua en tant qu’agent du té­lé­graphe. Dans un pre­mier temps, il vé­cut isolé, seul Eu­ro­péen ; mais sé­duit par le charme du pays et des ha­bi­tants, il cher­cha à connaître leur langue et leurs cou­tumes. Un bonze let­tré lui ser­vit d’initiateur. Pa­vie dé­cou­vrit chez ce der­nier « une sorte de coffre la­qué rouge et noir, orné de do­rures, et [conte­nant] plu­sieurs cen­taines de ma­nus­crits sur feuilles de pal­mier… : livres sur l’astronomie, l’astrologie, la chi­ro­man­cie et la di­vi­na­tion… ; ro­mans [re­la­tant] les exis­tences pas­sées du Boud­dha ; [ma­nuels] sur les usages : édu­ca­tion, codes, lois »2. En même temps qu’il était charmé par les édi­fices de la bon­ze­rie qui dor­maient à l’ombre des fi­guiers, Pa­vie en­tre­voyait toute la ri­chesse de cette an­tique ci­vi­li­sa­tion khmère dont des « restes de lit­té­ra­ture et de théâtre », de « vagues idées de des­sin et de mu­sique » conser­vaient pieu­se­ment « un sou­ve­nir né­bu­leux »3. Pa­vie se mit à s’entretenir fa­mi­liè­re­ment avec les ha­bi­tants et ac­quit peu à peu une connais­sance in­time de l’âme in­di­gène qui lui ser­vit par la suite. De ses sor­ties au bord de la mer, il rap­porta en outre une col­lec­tion de mol­lusques et de co­quilles, qu’il en­voya à l’Exposition de Saï­gon. Ces tra­vaux re­tinrent l’attention de Le Myre de Vi­lers, gou­ver­neur de Co­chin­chine. Chargé par ce der­nier en 1880 d’une pre­mière et dure mis­sion, Pa­vie par­cou­rut la ré­gion in­ex­plo­rée qui s’étendait du golfe de Siam au Mé­kong, en dres­sant une carte et une re­la­tion de voyage afin d’établir une ligne té­lé­gra­phique. Ce fut chose faite en 1883 avec la ligne Saï­gon-Bang­kok de plus d’un mil­lier de ki­lo­mètres. Pa­vie avait mon­tré de telles dis­po­si­tions, qu’on le char­gea aus­si­tôt d’une autre mis­sion : celle d’explorer le Laos afin d’élaborer la pre­mière carte com­plète de l’Indochine. Pa­reilles mis­sions étaient peut-être un hon­neur, mais com­bien les au­raient re­fu­sées ! Si Pa­vie les ac­cepta, c’est par crainte de se faire de­van­cer ; car il vou­lait être le pre­mier in­ven­teur de ces fo­rêts et de ces monts où même les in­di­gènes ne s’aventuraient qu’à contre­cœur. « Faites », dit-il, en avouant la pointe d’orgueil dans ses pro­jets4, « faites que je sois le pre­mier ; que j’aille le plus loin ; que je parte tout de suite et tout seul ; et qu’on s’en rap­porte à moi. La France et la Ré­pu­blique n’auront ja­mais été mieux ser­vies, dites-le-leur. Le gou­ver­ne­ment de Co­chin­chine, m’ayant cru, m’a chargé d’unir Saï­gon à Bang­kok ; c’est fini. Je veux mar­cher en avant… ; chose na­tu­relle, il me faut une tâche plus grande… Si vous vou­lez, je l’aurai. Don­nez donc. Vive la Ré­pu­blique ! »

  1. En khmer កំពត. Haut
  2. « Géo­gra­phie et Voyages. Tome I », p. 14-15. Haut
  1. « Études di­verses. Tome I », p. XII. Haut
  2. « Lettre à Jules Har­mand du 15.VI.1883 » dans Dion, « Au­guste Pa­vie », p. 68. Haut

« Mission Pavie. Études diverses. Tome I. Recherches sur la littérature du Cambodge, du Laos et du Siam »

éd. E. Leroux, Paris

éd. E. Le­roux, Pa­ris

Il s’agit d’Auguste Pa­vie, ex­plo­ra­teur fran­çais (XIXe-XXe siècle) qui, seul ou avec quelques com­pa­gnons fi­dèles, sillonna pen­dant des dé­cen­nies le Cam­bodge et le Laos. La vo­ca­tion d’explorateur de Pa­vie, ti­mide et mo­deste ser­gent, fils de ses œuvres, ne se ré­véla que dans le pe­tit port cam­bod­gien de Kam­pot1, où il dé­bar­qua en tant qu’agent du té­lé­graphe. Dans un pre­mier temps, il vé­cut isolé, seul Eu­ro­péen ; mais sé­duit par le charme du pays et des ha­bi­tants, il cher­cha à connaître leur langue et leurs cou­tumes. Un bonze let­tré lui ser­vit d’initiateur. Pa­vie dé­cou­vrit chez ce der­nier « une sorte de coffre la­qué rouge et noir, orné de do­rures, et [conte­nant] plu­sieurs cen­taines de ma­nus­crits sur feuilles de pal­mier… : livres sur l’astronomie, l’astrologie, la chi­ro­man­cie et la di­vi­na­tion… ; ro­mans [re­la­tant] les exis­tences pas­sées du Boud­dha ; [ma­nuels] sur les usages : édu­ca­tion, codes, lois »2. En même temps qu’il était charmé par les édi­fices de la bon­ze­rie qui dor­maient à l’ombre des fi­guiers, Pa­vie en­tre­voyait toute la ri­chesse de cette an­tique ci­vi­li­sa­tion khmère dont des « restes de lit­té­ra­ture et de théâtre », de « vagues idées de des­sin et de mu­sique » conser­vaient pieu­se­ment « un sou­ve­nir né­bu­leux »3. Pa­vie se mit à s’entretenir fa­mi­liè­re­ment avec les ha­bi­tants et ac­quit peu à peu une connais­sance in­time de l’âme in­di­gène qui lui ser­vit par la suite. De ses sor­ties au bord de la mer, il rap­porta en outre une col­lec­tion de mol­lusques et de co­quilles, qu’il en­voya à l’Exposition de Saï­gon. Ces tra­vaux re­tinrent l’attention de Le Myre de Vi­lers, gou­ver­neur de Co­chin­chine. Chargé par ce der­nier en 1880 d’une pre­mière et dure mis­sion, Pa­vie par­cou­rut la ré­gion in­ex­plo­rée qui s’étendait du golfe de Siam au Mé­kong, en dres­sant une carte et une re­la­tion de voyage afin d’établir une ligne té­lé­gra­phique. Ce fut chose faite en 1883 avec la ligne Saï­gon-Bang­kok de plus d’un mil­lier de ki­lo­mètres. Pa­vie avait mon­tré de telles dis­po­si­tions, qu’on le char­gea aus­si­tôt d’une autre mis­sion : celle d’explorer le Laos afin d’élaborer la pre­mière carte com­plète de l’Indochine. Pa­reilles mis­sions étaient peut-être un hon­neur, mais com­bien les au­raient re­fu­sées ! Si Pa­vie les ac­cepta, c’est par crainte de se faire de­van­cer ; car il vou­lait être le pre­mier in­ven­teur de ces fo­rêts et de ces monts où même les in­di­gènes ne s’aventuraient qu’à contre­cœur. « Faites », dit-il, en avouant la pointe d’orgueil dans ses pro­jets4, « faites que je sois le pre­mier ; que j’aille le plus loin ; que je parte tout de suite et tout seul ; et qu’on s’en rap­porte à moi. La France et la Ré­pu­blique n’auront ja­mais été mieux ser­vies, dites-le-leur. Le gou­ver­ne­ment de Co­chin­chine, m’ayant cru, m’a chargé d’unir Saï­gon à Bang­kok ; c’est fini. Je veux mar­cher en avant… ; chose na­tu­relle, il me faut une tâche plus grande… Si vous vou­lez, je l’aurai. Don­nez donc. Vive la Ré­pu­blique ! »

  1. En khmer កំពត. Haut
  2. « Géo­gra­phie et Voyages. Tome I », p. 14-15. Haut
  1. « Études di­verses. Tome I », p. XII. Haut
  2. « Lettre à Jules Har­mand du 15.VI.1883 » dans Dion, « Au­guste Pa­vie », p. 68. Haut

« Les Inscriptions d’Asoka »

éd. Les Belles Lettres, coll. La Voix de l’Inde, Paris

éd. Les Belles Lettres, coll. La Voix de l’Inde, Pa­ris

Il s’agit des « Ins­crip­tions d’Aśoka », un ma­gni­fique en­semble d’inscriptions gra­vées sur des ro­chers et des pi­liers en plu­sieurs en­droits du sous-conti­nent in­dien. Ce sont les plus an­ciennes ins­crip­tions qu’on y ait dé­cou­vertes ; elles sont ha­bi­tuel­le­ment ré­di­gées dans l’idiome de l’endroit, et il est frap­pant de trou­ver, outre le mâ­gadhî, deux langues étran­gères : le grec et l’araméen. Elles contiennent des édits royaux em­preints du boud­dhisme le plus pur, et ayant pour but de pres­crire la pra­tique d’une bien­veillance qui s’étend sur tous les êtres vi­vants. L’auteur, par­lant de lui à la troi­sième per­sonne, se donne le titre de « roi » (« raya » ou « raja ») et les sur­noms de Priya­draśi1 (« au re­gard ami­cal ») et de De­va­naṃ­priya (« ami des dieux »). Le vrai nom du mo­narque n’apparaît nulle part ; mais nous sa­vons grâce à d’autres sources que l’Empereur Aśoka2, fon­da­teur de la do­mi­na­tion du boud­dhisme dans l’Inde, por­tait ces deux sur­noms. On pour­rait ob­jec­ter que ce ne sont là que des épi­thètes conve­nues, qui au­raient pu être por­tées par plus d’un mo­narque in­dien. Ce­pen­dant, voici ce qui achève de confir­mer l’identification avec Aśoka : Dans le XIIIe édit, l’auteur nomme, parmi ses voi­sins, un cer­tain Aṃ­tiyoko, « roi grec », et un peu plus à l’Ouest, quatre autres rois : Tu­ra­maye, Aṃ­ti­kini, Maka et Ali­ka­su­daro3. La réunion de ces noms rend leur iden­tité hors de doute : ce sont An­tio­chos II, Pto­lé­mée II, An­ti­gone II, Ma­gas et Alexandre II, les­quels ré­gnaient au IIIe siècle av. J.-C. C’est pré­ci­sé­ment l’époque à la­quelle, sous le sceptre d’Aśoka, le boud­dhisme s’imposait comme un mou­ve­ment spi­ri­tuel ma­jeur, à la fa­veur de l’exemple per­son­nel de l’Empereur.

  1. Par­fois trans­crit Piā­dasi, Piya­dasi, Priya­dar­shi, Priya­darśi, Piya­darsi, Priya­dra­shi, Priya­draśi, Priya­darśin ou Priya­dar­shin. En grec Pio­das­sès (Πιοδάσσης). Haut
  2. Par­fois trans­crit Açoka ou Ashoka. Haut
  1. « Mer­veilleuse sur­prise dans ce monde hin­dou, si fermé en ap­pa­rence aux ac­tions du de­hors, si ou­blieux en tous cas de ses re­la­tions avec les peuples étran­gers », ajoute Émile Se­nart. Haut

Homère, « Odyssée »

XIXᵉ siècle

XIXe siècle

Il s’agit de « L’Odyssée »1 d’Homère2. « Le chantre des ex­ploits hé­roïques, l’interprète des dieux, le se­cond so­leil dont s’éclairait la Grèce, la lu­mière des Muses, la voix tou­jours jeune du monde en­tier, Ho­mère, il est là, étran­ger, sous le sable de ce ri­vage », dit une épi­gramme fu­né­raire3. On sait qu’Alexandre de Ma­cé­doine por­tait tou­jours avec lui une co­pie des chants d’Homère, et qu’il consa­crait à la garde de ce tré­sor une cas­sette pré­cieuse, en­ri­chie d’or et de pier­re­ries, trou­vée parmi les ef­fets du roi Da­rius. Alexandre mou­rut ; l’immense Em­pire qu’il avait ras­sem­blé pour un ins­tant tomba en ruines ; mais par­tout où avaient volé les se­mences de la culture grecque, les chants d’Homère avaient fait le voyage mys­té­rieux. Par­tout, sur les bords de la Mé­di­ter­ra­née, on par­lait grec, on écri­vait avec les lettres grecques, et nulle part da­van­tage que dans cette ville à l’embouchure du Nil, qui por­tait le nom de son fon­da­teur : Alexan­drie. « C’est là que se fai­saient les pré­cieuses co­pies des chants, là que s’écrivaient ces sa­vants com­men­taires, dont la plu­part ont péri six ou sept siècles plus tard avec la fa­meuse bi­blio­thèque d’Alexandrie, que fit brû­ler le ca­life Omar, ce bien­fai­teur des éco­liers », dit Frie­drich Spiel­ha­gen4. Les Ro­mains re­cueillirent, au­tant qu’il était pos­sible à un peuple guer­rier et igno­rant, l’héritage du gé­nie grec. Et c’était Ho­mère qu’on met­tait entre les mains du jeune Ro­main comme élé­ment de son édu­ca­tion, et dont il conti­nuait plus tard l’étude dans les hautes écoles d’Athènes. Si Es­chyle dit que ses tra­gé­dies ne sont que « les re­liefs des grands fes­tins d’Homère »5, on peut le dire avec en­core plus de rai­son des Ro­mains, qui s’invitent chez Ho­mère et re­viennent avec quelque croûte à gru­ger, un mor­ceau de car­ti­lage des mets qu’on a ser­vis.

  1. En grec « Ὀδύσσεια ». Haut
  2. En grec Ὅμηρος. Haut
  3. En grec « Ἡρώων κάρυκ’ ἀρετᾶς, μακάρων δὲ προφήταν, Ἑλλάνων βιοτᾷ δεύτερον ἀέλιον, Μουσῶν φέγγος Ὅμηρον, ἀγήραντον στόμα κόσμου παντός, ἁλιρροθία, ξεῖνε, κέκευθε κόνις ». An­ti­pa­ter de Si­don dans « An­tho­lo­gie grecque, d’après le ma­nus­crit pa­la­tin ». Haut
  1. « Ho­mère », p. 513. Haut
  2. En grec « τεμάχη τῶν Ὁμήρου μεγάλων δείπνων ». Athé­née, « Ban­quet des sa­vants ». Haut