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Mot-clefRussie

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Andreïev, «Vers les étoiles»

éd. J. Corti, coll. Domaine étranger, Paris

éd. J. Cor­ti, coll. Domaine étran­ger, Paris

Il s’agit de la pièce de théâtre «Vers les étoiles» («K zvioz­dam»*) de Léo­nid Andreïev**, auteur russe. À la mort de son père, qui exer­çait la pro­fes­sion d’arpenteur-géomètre, Andreïev était encore au col­lège. Sa mère, issue d’une famille polo­naise désar­gen­tée, se trou­va sans res­sources. Le jeune homme connut la misère noire. Un jour, le cœur gros, il pré­sen­ta à un quo­ti­dien un récit ayant pour sujet un étu­diant tou­jours affa­mé — sa propre vie! On lui dit de reve­nir quelques semaines plus tard pour savoir s’il était accep­té. Il y retour­na, com­pri­mant son angoisse dans l’attente de la déci­sion. Elle lui vint sous la forme d’un immense éclat de rire du direc­teur, qui décla­ra que sa prose ne valait rien. À quelque temps de là, dans une heure de déses­poir, Andreïev se tirait un coup de révol­ver dans le cœur. On le sau­va. Mais celui qui, comme lui, a été si proche d’une mort volon­taire reste en proie à une obses­sion per­ma­nente. En 1897, son diplôme d’avocat en poche, Andreïev obtint une place de chro­ni­queur judi­ciaire dans un grand jour­nal et par­vint enfin à publier ses nou­velles et ses feuille­tons si fou­gueux, si spon­ta­nés, quel­que­fois si bizarres, qui l’imposèrent à l’attention du public russe comme l’un des brillants repré­sen­tants du tour­nant du siècle. Il y prend place après Tol­stoï à qui il dédie d’ailleurs l’«His­toire des sept pen­dus». Je me dois de dire quelques mots sur cette «His­toire», sans doute la plus réus­sie d’Andreïev. Elle n’est rien d’autre, en sub­stance, que ce qu’annonce le titre : les por­traits psy­cho­lo­giques de sept jeunes condam­nés qui s’apprêtent à subir le sup­plice de la pen­dai­son; les visites suprêmes de leurs parents qui viennent avec la réso­lu­tion de leur rendre plus légers ces der­niers moments, mais qui finissent par fondre en larmes; puis, l’horreur et la beau­té sereine, en même temps, de leurs cadavres qui «saluent le soleil levant»

* En russe «К звёздам». Par­fois trans­crit «K zvëz­dam». Haut

** En russe Леонид Андреев. Par­fois trans­crit Léo­nide Andréieff, Léo­nid Andréief, Léo­nide Andreyew, Leo­nid Andréyev ou Léo­nide Andréev. Haut

Andreïev, «S.O.S.»

éd. Interférences, Paris

éd. Inter­fé­rences, Paris

Il s’agit de «L’Europe en dan­ger» («Ievro­pa v opas­nos­ti»*), «S.O.S.» et autres pam­phlets de Léo­nid Andreïev**, auteur russe. À la mort de son père, qui exer­çait la pro­fes­sion d’arpenteur-géomètre, Andreïev était encore au col­lège. Sa mère, issue d’une famille polo­naise désar­gen­tée, se trou­va sans res­sources. Le jeune homme connut la misère noire. Un jour, le cœur gros, il pré­sen­ta à un quo­ti­dien un récit ayant pour sujet un étu­diant tou­jours affa­mé — sa propre vie! On lui dit de reve­nir quelques semaines plus tard pour savoir s’il était accep­té. Il y retour­na, com­pri­mant son angoisse dans l’attente de la déci­sion. Elle lui vint sous la forme d’un immense éclat de rire du direc­teur, qui décla­ra que sa prose ne valait rien. À quelque temps de là, dans une heure de déses­poir, Andreïev se tirait un coup de révol­ver dans le cœur. On le sau­va. Mais celui qui, comme lui, a été si proche d’une mort volon­taire reste en proie à une obses­sion per­ma­nente. En 1897, son diplôme d’avocat en poche, Andreïev obtint une place de chro­ni­queur judi­ciaire dans un grand jour­nal et par­vint enfin à publier ses nou­velles et ses feuille­tons si fou­gueux, si spon­ta­nés, quel­que­fois si bizarres, qui l’imposèrent à l’attention du public russe comme l’un des brillants repré­sen­tants du tour­nant du siècle. Il y prend place après Tol­stoï à qui il dédie d’ailleurs l’«His­toire des sept pen­dus». Je me dois de dire quelques mots sur cette «His­toire», sans doute la plus réus­sie d’Andreïev. Elle n’est rien d’autre, en sub­stance, que ce qu’annonce le titre : les por­traits psy­cho­lo­giques de sept jeunes condam­nés qui s’apprêtent à subir le sup­plice de la pen­dai­son; les visites suprêmes de leurs parents qui viennent avec la réso­lu­tion de leur rendre plus légers ces der­niers moments, mais qui finissent par fondre en larmes; puis, l’horreur et la beau­té sereine, en même temps, de leurs cadavres qui «saluent le soleil levant»

* En russe «Европа в опасности». Par­fois trans­crit «Evro­pa v opas­nos­ti». Haut

** En russe Леонид Андреев. Par­fois trans­crit Léo­nide Andréieff, Léo­nid Andréief, Léo­nide Andreyew, Leo­nid Andréyev ou Léo­nide Andréev. Haut

Andreïev, «Récits complets. Tome V. Le Journal de Satan [et Autres Récits]»

éd. J. Corti, coll. Domaine étranger, Paris

éd. J. Cor­ti, coll. Domaine étran­ger, Paris

Il s’agit du «Jour­nal de Satan» («Dnev­nik Sata­ny»*) et autres nou­velles de Léo­nid Andreïev**, auteur russe. À la mort de son père, qui exer­çait la pro­fes­sion d’arpenteur-géomètre, Andreïev était encore au col­lège. Sa mère, issue d’une famille polo­naise désar­gen­tée, se trou­va sans res­sources. Le jeune homme connut la misère noire. Un jour, le cœur gros, il pré­sen­ta à un quo­ti­dien un récit ayant pour sujet un étu­diant tou­jours affa­mé — sa propre vie! On lui dit de reve­nir quelques semaines plus tard pour savoir s’il était accep­té. Il y retour­na, com­pri­mant son angoisse dans l’attente de la déci­sion. Elle lui vint sous la forme d’un immense éclat de rire du direc­teur, qui décla­ra que sa prose ne valait rien. À quelque temps de là, dans une heure de déses­poir, Andreïev se tirait un coup de révol­ver dans le cœur. On le sau­va. Mais celui qui, comme lui, a été si proche d’une mort volon­taire reste en proie à une obses­sion per­ma­nente. En 1897, son diplôme d’avocat en poche, Andreïev obtint une place de chro­ni­queur judi­ciaire dans un grand jour­nal et par­vint enfin à publier ses nou­velles et ses feuille­tons si fou­gueux, si spon­ta­nés, quel­que­fois si bizarres, qui l’imposèrent à l’attention du public russe comme l’un des brillants repré­sen­tants du tour­nant du siècle. Il y prend place après Tol­stoï à qui il dédie d’ailleurs l’«His­toire des sept pen­dus». Je me dois de dire quelques mots sur cette «His­toire», sans doute la plus réus­sie d’Andreïev. Elle n’est rien d’autre, en sub­stance, que ce qu’annonce le titre : les por­traits psy­cho­lo­giques de sept jeunes condam­nés qui s’apprêtent à subir le sup­plice de la pen­dai­son; les visites suprêmes de leurs parents qui viennent avec la réso­lu­tion de leur rendre plus légers ces der­niers moments, mais qui finissent par fondre en larmes; puis, l’horreur et la beau­té sereine, en même temps, de leurs cadavres qui «saluent le soleil levant»

* En russe «Дневник Сатаны». Par­fois trans­crit «Dnev­nik Sata­ni». Haut

** En russe Леонид Андреев. Par­fois trans­crit Léo­nide Andréieff, Léo­nid Andréief, Léo­nide Andreyew, Leo­nid Andréyev ou Léo­nide Andréev. Haut

Andreïev, «[Récits complets. Tome IV.] Jour de colère et Autres Récits»

éd. J. Corti, coll. Domaine étranger, Paris

éd. J. Cor­ti, coll. Domaine étran­ger, Paris

Il s’agit de «Lui : récit d’un incon­nu» («On : rass­kaz neïz­vest­no­go»*), «Jour de colère» («Den gne­va»**) et autres nou­velles de Léo­nid Andreïev***, auteur russe. À la mort de son père, qui exer­çait la pro­fes­sion d’arpenteur-géomètre, Andreïev était encore au col­lège. Sa mère, issue d’une famille polo­naise désar­gen­tée, se trou­va sans res­sources. Le jeune homme connut la misère noire. Un jour, le cœur gros, il pré­sen­ta à un quo­ti­dien un récit ayant pour sujet un étu­diant tou­jours affa­mé — sa propre vie! On lui dit de reve­nir quelques semaines plus tard pour savoir s’il était accep­té. Il y retour­na, com­pri­mant son angoisse dans l’attente de la déci­sion. Elle lui vint sous la forme d’un immense éclat de rire du direc­teur, qui décla­ra que sa prose ne valait rien. À quelque temps de là, dans une heure de déses­poir, Andreïev se tirait un coup de révol­ver dans le cœur. On le sau­va. Mais celui qui, comme lui, a été si proche d’une mort volon­taire reste en proie à une obses­sion per­ma­nente. En 1897, son diplôme d’avocat en poche, Andreïev obtint une place de chro­ni­queur judi­ciaire dans un grand jour­nal et par­vint enfin à publier ses nou­velles et ses feuille­tons si fou­gueux, si spon­ta­nés, quel­que­fois si bizarres, qui l’imposèrent à l’attention du public russe comme l’un des brillants repré­sen­tants du tour­nant du siècle. Il y prend place après Tol­stoï à qui il dédie d’ailleurs l’«His­toire des sept pen­dus». Je me dois de dire quelques mots sur cette «His­toire», sans doute la plus réus­sie d’Andreïev. Elle n’est rien d’autre, en sub­stance, que ce qu’annonce le titre : les por­traits psy­cho­lo­giques de sept jeunes condam­nés qui s’apprêtent à subir le sup­plice de la pen­dai­son; les visites suprêmes de leurs parents qui viennent avec la réso­lu­tion de leur rendre plus légers ces der­niers moments, mais qui finissent par fondre en larmes; puis, l’horreur et la beau­té sereine, en même temps, de leurs cadavres qui «saluent le soleil levant»

* En russe «Он : рассказ неизвестного». Haut

** En russe «День гнева». Haut

*** En russe Леонид Андреев. Par­fois trans­crit Léo­nide Andréieff, Léo­nid Andréief, Léo­nide Andreyew, Leo­nid Andréyev ou Léo­nide Andréev. Haut

Andreïev, «[Récits complets. Tome III.] Judas Iscariote [et Autres Récits]»

éd. J. Corti, coll. Les Massicotés, Paris

éd. J. Cor­ti, coll. Les Mas­si­co­tés, Paris

Il s’agit de l’«His­toire des sept pen­dus»*Rass­kaz o semi pové­chen­nykh»**), «Judas Isca­riote» («Iou­da Iska­riot»***) et autres nou­velles de Léo­nid Andreïev****, auteur russe. À la mort de son père, qui exer­çait la pro­fes­sion d’arpenteur-géomètre, Andreïev était encore au col­lège. Sa mère, issue d’une famille polo­naise désar­gen­tée, se trou­va sans res­sources. Le jeune homme connut la misère noire. Un jour, le cœur gros, il pré­sen­ta à un quo­ti­dien un récit ayant pour sujet un étu­diant tou­jours affa­mé — sa propre vie! On lui dit de reve­nir quelques semaines plus tard pour savoir s’il était accep­té. Il y retour­na, com­pri­mant son angoisse dans l’attente de la déci­sion. Elle lui vint sous la forme d’un immense éclat de rire du direc­teur, qui décla­ra que sa prose ne valait rien. À quelque temps de là, dans une heure de déses­poir, Andreïev se tirait un coup de révol­ver dans le cœur. On le sau­va. Mais celui qui, comme lui, a été si proche d’une mort volon­taire reste en proie à une obses­sion per­ma­nente. En 1897, son diplôme d’avocat en poche, Andreïev obtint une place de chro­ni­queur judi­ciaire dans un grand jour­nal et par­vint enfin à publier ses nou­velles et ses feuille­tons si fou­gueux, si spon­ta­nés, quel­que­fois si bizarres, qui l’imposèrent à l’attention du public russe comme l’un des brillants repré­sen­tants du tour­nant du siècle. Il y prend place après Tol­stoï à qui il dédie d’ailleurs l’«His­toire des sept pen­dus». Je me dois de dire quelques mots sur cette «His­toire», sans doute la plus réus­sie d’Andreïev. Elle n’est rien d’autre, en sub­stance, que ce qu’annonce le titre : les por­traits psy­cho­lo­giques de sept jeunes condam­nés qui s’apprêtent à subir le sup­plice de la pen­dai­son; les visites suprêmes de leurs parents qui viennent avec la réso­lu­tion de leur rendre plus légers ces der­niers moments, mais qui finissent par fondre en larmes; puis, l’horreur et la beau­té sereine, en même temps, de leurs cadavres qui «saluent le soleil levant»

* Par­fois tra­duit «Le Conte des sept pen­dus». Haut

** En russe «Рассказ о семи повешенных». Par­fois trans­crit «Rass­kaz o semi povešen­nyx», «Rass­kaz o semi povešen­nych», «Ras­kaz o semi povešen­nyh» ou «Rass­kaz o semi pove­shen­nykh». Haut

*** En russe «Иуда Искариот». Par­fois trans­crit «Iuda Iska­riot». Haut

**** En russe Леонид Андреев. Par­fois trans­crit Léo­nide Andréieff, Léo­nid Andréief, Léo­nide Andreyew, Leo­nid Andréyev ou Léo­nide Andréev. Haut

Andreïev, «Récits complets. Tome II. Dans le brouillard et Autres Récits»

éd. J. Corti, Paris

éd. J. Cor­ti, Paris

Il s’agit de «Dans le brouillard» («V tou­ma­né»*) et autres nou­velles de Léo­nid Andreïev**, auteur russe. À la mort de son père, qui exer­çait la pro­fes­sion d’arpenteur-géomètre, Andreïev était encore au col­lège. Sa mère, issue d’une famille polo­naise désar­gen­tée, se trou­va sans res­sources. Le jeune homme connut la misère noire. Un jour, le cœur gros, il pré­sen­ta à un quo­ti­dien un récit ayant pour sujet un étu­diant tou­jours affa­mé — sa propre vie! On lui dit de reve­nir quelques semaines plus tard pour savoir s’il était accep­té. Il y retour­na, com­pri­mant son angoisse dans l’attente de la déci­sion. Elle lui vint sous la forme d’un immense éclat de rire du direc­teur, qui décla­ra que sa prose ne valait rien. À quelque temps de là, dans une heure de déses­poir, Andreïev se tirait un coup de révol­ver dans le cœur. On le sau­va. Mais celui qui, comme lui, a été si proche d’une mort volon­taire reste en proie à une obses­sion per­ma­nente. En 1897, son diplôme d’avocat en poche, Andreïev obtint une place de chro­ni­queur judi­ciaire dans un grand jour­nal et par­vint enfin à publier ses nou­velles et ses feuille­tons si fou­gueux, si spon­ta­nés, quel­que­fois si bizarres, qui l’imposèrent à l’attention du public russe comme l’un des brillants repré­sen­tants du tour­nant du siècle. Il y prend place après Tol­stoï à qui il dédie d’ailleurs l’«His­toire des sept pen­dus». Je me dois de dire quelques mots sur cette «His­toire», sans doute la plus réus­sie d’Andreïev. Elle n’est rien d’autre, en sub­stance, que ce qu’annonce le titre : les por­traits psy­cho­lo­giques de sept jeunes condam­nés qui s’apprêtent à subir le sup­plice de la pen­dai­son; les visites suprêmes de leurs parents qui viennent avec la réso­lu­tion de leur rendre plus légers ces der­niers moments, mais qui finissent par fondre en larmes; puis, l’horreur et la beau­té sereine, en même temps, de leurs cadavres qui «saluent le soleil levant»

* En russe «В тумане». Par­fois trans­crit «V tumane». Haut

** En russe Леонид Андреев. Par­fois trans­crit Léo­nide Andréieff, Léo­nid Andréief, Léo­nide Andreyew, Leo­nid Andréyev ou Léo­nide Andréev. Haut

Andreïev, «Récits complets. Tome I. Le Gouffre et Autres Récits»

éd. J. Corti, coll. Domaine étranger, Paris

éd. J. Cor­ti, coll. Domaine étran­ger, Paris

Il s’agit du «Gouffre» («Bezd­na»*) et autres nou­velles de Léo­nid Andreïev**, auteur russe. À la mort de son père, qui exer­çait la pro­fes­sion d’arpenteur-géomètre, Andreïev était encore au col­lège. Sa mère, issue d’une famille polo­naise désar­gen­tée, se trou­va sans res­sources. Le jeune homme connut la misère noire. Un jour, le cœur gros, il pré­sen­ta à un quo­ti­dien un récit ayant pour sujet un étu­diant tou­jours affa­mé — sa propre vie! On lui dit de reve­nir quelques semaines plus tard pour savoir s’il était accep­té. Il y retour­na, com­pri­mant son angoisse dans l’attente de la déci­sion. Elle lui vint sous la forme d’un immense éclat de rire du direc­teur, qui décla­ra que sa prose ne valait rien. À quelque temps de là, dans une heure de déses­poir, Andreïev se tirait un coup de révol­ver dans le cœur. On le sau­va. Mais celui qui, comme lui, a été si proche d’une mort volon­taire reste en proie à une obses­sion per­ma­nente. En 1897, son diplôme d’avocat en poche, Andreïev obtint une place de chro­ni­queur judi­ciaire dans un grand jour­nal et par­vint enfin à publier ses nou­velles et ses feuille­tons si fou­gueux, si spon­ta­nés, quel­que­fois si bizarres, qui l’imposèrent à l’attention du public russe comme l’un des brillants repré­sen­tants du tour­nant du siècle. Il y prend place après Tol­stoï à qui il dédie d’ailleurs l’«His­toire des sept pen­dus». Je me dois de dire quelques mots sur cette «His­toire», sans doute la plus réus­sie d’Andreïev. Elle n’est rien d’autre, en sub­stance, que ce qu’annonce le titre : les por­traits psy­cho­lo­giques de sept jeunes condam­nés qui s’apprêtent à subir le sup­plice de la pen­dai­son; les visites suprêmes de leurs parents qui viennent avec la réso­lu­tion de leur rendre plus légers ces der­niers moments, mais qui finissent par fondre en larmes; puis, l’horreur et la beau­té sereine, en même temps, de leurs cadavres qui «saluent le soleil levant»

* En russe «Бездна». Par­fois trans­crit «Biezd­na». Haut

** En russe Леонид Андреев. Par­fois trans­crit Léo­nide Andréieff, Léo­nid Andréief, Léo­nide Andreyew, Leo­nid Andréyev ou Léo­nide Andréev. Haut

Gogol, «Œuvres complètes»

éd. Gallimard, coll. Bibliothèque de la Pléiade, Paris

éd. Gal­li­mard, coll. Biblio­thèque de la Pléiade, Paris

Il s’agit des «Âmes mortes» («Miort­vyïé dou­chi»*) et autres œuvres de Nico­las Gogol**. L’un des infor­ma­teurs du vicomte de Vogüé pour «Le Roman russe», un vieil homme de lettres***, lui avait dit un jour : «Nous sommes tous sor­tis du “Man­teau” de Gogol»****. Cette for­mule, pro­non­cée en fran­çais, a plu. Elle témoigne du fait que Gogol était deve­nu le modèle de la prose, comme Pou­ch­kine — le modèle de la poé­sie. Elle a beau­coup été citée. On la connaît. On connaît bien moins Gogol lui-même qui, à plu­sieurs égards, était un homme étrange et mys­té­rieux. On peut le dire, il y avait en lui quelque chose du démon. Un pou­voir sur­na­tu­rel fai­sait étin­ce­ler ses yeux; et il sem­blait, par moments, que l’irrationnel et l’effrayant le péné­traient de part en part et impri­maient sur ses œuvres une marque inef­fa­çable. Si, ensuite, la lit­té­ra­ture russe s’est signa­lée par une cer­taine exal­ta­tion déré­glée, tour­men­tée, une cer­taine contra­dic­tion inté­rieure, une psy­chose guet­tant constam­ment, cachée au tour­nant; si elle a même favo­ri­sé ces carac­tères, elle a sui­vi en cela l’exemple de Gogol. Cet auteur mi-russe, mi-ukrai­nien avait une nature double et vivait dans un monde dédou­blé — le monde réel et le monde des rêves lou­foques, ter­ri­fiants. Et non seule­ment ces deux mondes paral­lèles se ren­con­traient, mais encore ils se contor­sion­naient et se confon­daient d’une façon extra­va­gante dans son esprit déli­rant, un peu «comme deux piliers qui se reflètent dans l’eau se livrent aux contor­sions les plus folles quand les remous de l’onde s’y prêtent»*****. C’est «Le Nez» («Nos»******), ana­gramme du «Rêve» («Son»*******), où ce génie si par­ti­cu­lier de Gogol s’est déployé libre­ment pour la toute pre­mière fois. Que l’on pense au début de la nou­velle : «À son immense stu­pé­fac­tion, il s’aperçut que la place que son nez devait occu­per ne pré­sen­tait plus qu’une sur­face lisse! Tout alar­mé, Kova­liov se fit appor­ter de l’eau et se frot­ta les yeux avec un essuie-mains : le nez avait bel et bien dis­pa­ru!» Toutes les fon­da­tions du réel vacillent. Mais le fonc­tion­naire gogo­lien est à peine conscient de ce qui lui arrive. Confron­té à une ville absurde, fan­tas­ma­go­rique, un «Gogol­grad» inquié­tant, où le diable lui-même allume les lampes et éclaire les choses pour les mon­trer sous un aspect illu­soire, ce petit homme gru­gé, muti­lé, floué avance à tâtons dans la brume, en s’accrochant orgueilleu­se­ment et pué­ri­le­ment à ses fonc­tions et à son grade. «La ville a beau lui jouer les tours les plus pen­dables, le ber­ner ou le châ­trer momen­ta­né­ment, ce per­son­nage… insi­gni­fiant ne renonce jamais à s’incruster, à s’enraciner, fût-ce dans l’inexistant. [Il] res­te­ra cha­touilleux sur son grade et ses pré­ro­ga­tives bureau­cra­tiques jusqu’à [sa] dis­so­lu­tion com­plète dans le non-être… Inchan­gé, il réap­pa­raî­tra chez un Kaf­ka», explique M. Georges Nivat.

* En russe «Мёртвые души». Par­fois trans­crit «Miort­via dou­chi», «Meurt­via dou­chi», «Miort­vyye dushi», «Myort­vyye dushi» ou «Mert­vye duši». Haut

** En russe Николай Гоголь. Par­fois trans­crit Niko­laj Gogol, Niko­laï Gogol ou Nico­laï Gogol. Haut

*** Sans doute Dmi­tri Gri­go­ro­vitch. Une remarque à la page 208 du «Roman russe» le laisse pen­ser : «M. Gri­go­ro­vitch, qui tient une place hono­rée dans les lettres…, m’a confir­mé cette anec­dote». Haut

**** «Le Roman russe», p. 96. Haut

***** Vla­di­mir Nabo­kov, «Niko­laï Gogol». Haut

****** En russe «Нос». Haut

******* En russe «Сон». Haut

«Les Auteurs du printemps russe. Galitch»

éd. Noir sur blanc, Montricher

éd. Noir sur blanc, Mon­tri­cher

Il s’agit de M. Alexandre Galitch*, poète-chan­son­nier russe (XXe siècle). Avec son pen­chant à la satire cor­ro­sive, son manie­ment de l’argot des camps, son art de sai­sir les détails piquants de la vie des classes infé­rieures ou per­sé­cu­tées aux­quelles il appar­te­nait, M. Galitch a inau­gu­ré, gui­tare au poing, le genre du court sketch mis en vers et ren­du avec une sûre­té éton­nante dans les accents et l’intonation. Dis­si­dentes, sub­ver­sives, ses bal­lades gênaient le pou­voir, qui ne pou­vait leur par­don­ner de dire à haute voix ce que l’homme de la masse, l’homme de la rue pen­sait tout bas. Répan­dues très vite grâce à la tech­nique nou­velle du magné­to­phone, elles raillaient la nomenk­la­tu­ra bureau­cra­tique et ses pri­vi­lèges («pri­vi­lèges nomenk­la­tu­raux, tra­hi­sons nomenk­la­tu­rales», chan­taient-elles en refrain) ain­si que l’humeur peu­reuse des petits fonc­tion­naires comme celui qui, ayant rêvé qu’il était le géant Atlas, ne par­la de son rêve «ni à sa fille ni à sa femme» («ni dot­che­ri ni jené»**) pour ne pas éveiller de soup­çons. Aus­si, en dépit de leur qua­li­té poé­tique, en dépit de la popu­la­ri­té de leur auteur, deve­nu l’une des «voix de che­vet» des étu­diants et anti­con­for­mistes sovié­tiques, elles n’avaient aucune chance d’être impri­mées dans les revues auto­ri­sées. On ne les publia qu’à l’étranger : en 1969, 1972 et 1974 à Franc­fort sous le titre de «Chan­sons» («Pes­ni»***) ou «La Géné­ra­tion per­due»****Poko­lé­nié obret­chion­nykh»*****) de même qu’en 1971 à Paris sous le titre de «Poèmes de Rus­sie» («Poe­my Ros­sii»******). Ces paru­tions clan­des­tines aggra­vèrent encore le cas de M. Galitch aux yeux des auto­ri­tés. Expul­sé de l’Union des écri­vains et celle des cinéastes, visi­té par des agents de sur­veillance, convo­qué au KGB, rayé des scènes où il avait par­ti­ci­pé en tant qu’acteur, sans par­ler des enre­gis­tre­ments de ses bal­lades qu’on confis­quait chez ses amis, M. Galitch se vit contraint en 1974 de quit­ter cette Rus­sie à laquelle il était pour­tant vis­cé­ra­le­ment atta­ché.

* En russe Александр Галич. Par­fois trans­crit Alexan­der Galich, Alek­san­dr Galicz ou Alek­san­dr Galič. De son vrai nom Alexandre Aro­no­vitch Guinz­bourg (Александр Аронович Гинзбург). Par­fois trans­crit Gins­burg, Guins­bourg, Ginz­burg ou Ginz­bourg. Haut

** En russe «ни дочери ни жене» Haut

*** En russe «Песни» Haut

**** Autre­fois tra­duit «La Géné­ra­tion des condam­nés». Haut

***** En russe «Поколение обречённых». Par­fois trans­crit «Poko­le­nie obret­chen­nych» ou «Poko­le­nie obre­chen­nykh». Haut

****** En russe «Поэмы России». Haut

Béliaev, «L’Île des navires perdus»

éd. Lingva, coll. Classiques populaires, Lisieux

éd. Ling­va, coll. Clas­siques popu­laires, Lisieux

Il s’agit du roman «L’Île des navires per­dus» («Ostrov poguib­chikh kora­bleï»*) d’Alexandre Béliaev**, un des seuls écri­vains sovié­tiques à avoir consa­cré toute son œuvre à la science-fic­tion. Il y a un épi­sode tra­gique dans la vie de Béliaev sans lequel nous ne com­pren­drions jamais que la moi­tié de cet écri­vain; sans lequel un côté de cet homme nous échap­pe­rait tou­jours. Un après-midi, le gar­çon qui por­tait le pré­nom ordi­naire d’Alexandre, eut le désir extra­or­di­naire de s’envoler dans les airs. Aus­si­tôt déci­dé, aus­si­tôt fait. Il atta­cha des balais à ses bras, mon­ta sur le toit de la grange, et presque sans hési­ta­tion… sau­ta en bas. Loin de trou­ver le saut désa­gréable, il en fit, tout exci­té, un second et un troi­sième; mais au der­nier, il se frac­tu­ra la colonne ver­té­brale et fut cloué au lit. Il sem­bla en voie de gué­ri­son; mais en 1916 se décla­ra une tuber­cu­lose osseuse — mala­die grave, dont les attaques dou­lou­reuses l’obligèrent à por­ter un cor­set ortho­pé­dique jusqu’à la fin de sa vie. Rien ne put arrê­ter, cepen­dant, l’envol de son ima­gi­na­tion. Affran­chir les hommes des limites que la nature leur a posées, dans l’espoir — illu­soire sans doute — que cet affran­chis­se­ment les ren­drait maîtres de leur des­tin, telle fut l’ambition de Béliaev enfer­mé entre les quatre murs de sa chambre d’hôpital. Ain­si, «La Tête du pro­fes­seur Dowell» («Golo­va pro­fes­so­ra Dooué­lia»***) débar­rasse l’esprit humain du corps; «L’Homme qui ne dort jamais» («Tché­lo­vek, koto­ryi né spit»****) le libère du som­meil; «Le Maître du monde» («Vlas­té­line mira»*****) envi­sage la brillante pers­pec­tive de l’homme deve­nu télé­pathe; «L’Homme amphi­bie» («Tché­lo­vek-amfi­bia»******) décrit le pre­mier pois­son par­mi les hommes ou le pre­mier homme par­mi les pois­sons : «L’idée est tou­jours la même», dit Béliaev dans ce roman, son plus impor­tant et son plus célèbre, «l’être humain n’est pas par­fait. Tout en ayant acquis au cours de l’évolution bon nombre d’avantages en com­pa­rai­son de ses pré­da­teurs ani­maux, [il] a dans le même temps per­du beau­coup de ce qu’il pos­sé­dait dans les stades plus anciens de son déve­lop­pe­ment… Pour­quoi ne pas rendre à l’être humain [ces] facul­tés?»

* En russe «Остров погибших кораблей». Haut

** En russe Александр Беляев. Par­fois trans­crit Bel­jaev, Belyaev, Belâev, Belyayev, Bel­ja­jew, Bel­ja­jev, Beliaew ou Béliaïev. Haut

*** En russe «Голова профессора Доуэля». Haut

**** En russe «Человек, который не спит», inédit en fran­çais. Haut

***** En russe «Властелин мира», inédit en fran­çais. Haut

****** En russe «Человек-амфибия». Haut

Béliaev, «L’Homme amphibie»

éd. L’Âge d’homme, coll. Classiques slaves, Lausanne

éd. L’Âge d’homme, coll. Clas­siques slaves, Lau­sanne

Il s’agit du roman «L’Homme amphi­bie» d’Alexandre Béliaev*, un des seuls écri­vains sovié­tiques à avoir consa­cré toute son œuvre à la science-fic­tion. Il y a un épi­sode tra­gique dans la vie de Béliaev sans lequel nous ne com­pren­drions jamais que la moi­tié de cet écri­vain; sans lequel un côté de cet homme nous échap­pe­rait tou­jours. Un après-midi, le gar­çon qui por­tait le pré­nom ordi­naire d’Alexandre, eut le désir extra­or­di­naire de s’envoler dans les airs. Aus­si­tôt déci­dé, aus­si­tôt fait. Il atta­cha des balais à ses bras, mon­ta sur le toit de la grange, et presque sans hési­ta­tion… sau­ta en bas. Loin de trou­ver le saut désa­gréable, il en fit, tout exci­té, un second et un troi­sième; mais au der­nier, il se frac­tu­ra la colonne ver­té­brale et fut cloué au lit. Il sem­bla en voie de gué­ri­son; mais en 1916 se décla­ra une tuber­cu­lose osseuse — mala­die grave, dont les attaques dou­lou­reuses l’obligèrent à por­ter un cor­set ortho­pé­dique jusqu’à la fin de sa vie. Rien ne put arrê­ter, cepen­dant, l’envol de son ima­gi­na­tion. Affran­chir les hommes des limites que la nature leur a posées, dans l’espoir — illu­soire sans doute — que cet affran­chis­se­ment les ren­drait maîtres de leur des­tin, telle fut l’ambition de Béliaev enfer­mé entre les quatre murs de sa chambre d’hôpital. Ain­si, «La Tête du pro­fes­seur Dowell» («Golo­va pro­fes­so­ra Dooué­lia»**) débar­rasse l’esprit humain du corps; «L’Homme qui ne dort jamais» («Tché­lo­vek, koto­ryi né spit»***) le libère du som­meil; «Le Maître du monde» («Vlas­té­line mira»****) envi­sage la brillante pers­pec­tive de l’homme deve­nu télé­pathe; «L’Homme amphi­bie» («Tché­lo­vek-amfi­bia»*****) décrit le pre­mier pois­son par­mi les hommes ou le pre­mier homme par­mi les pois­sons : «L’idée est tou­jours la même», dit Béliaev dans ce roman, son plus impor­tant et son plus célèbre, «l’être humain n’est pas par­fait. Tout en ayant acquis au cours de l’évolution bon nombre d’avantages en com­pa­rai­son de ses pré­da­teurs ani­maux, [il] a dans le même temps per­du beau­coup de ce qu’il pos­sé­dait dans les stades plus anciens de son déve­lop­pe­ment… Pour­quoi ne pas rendre à l’être humain [ces] facul­tés?»

* En russe Александр Беляев. Par­fois trans­crit Bel­jaev, Belyaev, Belâev, Belyayev, Bel­ja­jew, Bel­ja­jev, Beliaew ou Béliaïev. Haut

** En russe «Голова профессора Доуэля». Haut

*** En russe «Человек, который не спит», inédit en fran­çais. Haut

**** En russe «Властелин мира», inédit en fran­çais. Haut

***** En russe «Человек-амфибия». Haut

«Koltsov (1809-1842)»

dans « La Littérature russe : notices et extraits des principaux auteurs depuis les origines jusqu’à nos jours », XIXᵉ siècle

dans «La Lit­té­ra­ture russe : notices et extraits des prin­ci­paux auteurs depuis les ori­gines jusqu’à nos jours», XIXe siècle

Il s’agit du «Fau­cheur» («Kos­sar»*) et autres poèmes d’Alexis Vasi­lie­vitch Kolt­sov**, poète russe (XIXe siècle). Son père était mar­chand de bœufs; et sa mère, issue d’une famille qui se livrait au même négoce, était illet­trée. Né au plein cœur de la steppe, qui lui ser­vit de pre­mière école, en même temps que de confi­dente des mou­ve­ments les plus intimes de son cœur, le futur poète fut éle­vé à la diable, sans sur­veillance, jouant avec les gamins des rues et bar­bo­tant à son aise dans la boue. C’est bien à lui qu’on appli­que­ra cette parole de La Bruyère : «L’on voit cer­tains ani­maux farouches, répan­dus par la cam­pagne, noirs, livides et tout brû­lés du soleil, atta­chés à la terre qu’ils fouillent et qu’ils remuent avec une opi­niâ­tre­té invin­cible; ils ont comme une voix arti­cu­lée, et quand ils se lèvent sur leurs pieds, ils montrent une face humaine; et en effet, ils sont des hommes». Il avait déjà neuf ans lorsqu’on son­gea à l’envoyer à l’école. Il n’y res­ta même pas un an et demi. Dès qu’il sut écrire et comp­ter, son père le prit à la mai­son pour éco­no­mi­ser le trai­te­ment d’un com­mis. Le petit Alexis connais­sait à peine l’orthographe et il res­ta pour tou­jours brouillé avec elle, ain­si qu’avec la ponc­tua­tion et par­fois même avec la gram­maire. Mais la lec­ture était sa pas­sion, et le peu d’argent qu’on lui don­nait pour des frian­dises, il le consa­crait à ache­ter les volumes des «Mille et une Nuits». Il avait quinze ans lorsqu’un ami, fau­ché par une mort pré­ma­tu­rée, eut l’idée de lui léguer toute sa biblio­thèque : soixante-dix volumes. Quel tré­sor! Mais son père ne lui lais­sait guère le temps d’en jouir. Il fal­lait sans cesse l’accompagner dans les bazars pour ache­ter des bes­tiaux qu’ils engrais­saient sur la steppe et qu’ils reven­daient à l’une des nom­breuses fon­de­ries de suif. «Je suis enchaî­né par ma situa­tion», dit Kolt­sov***. «Mau­dit métier! Que suis-je? Un homme sans indi­vi­dua­li­té, sans parole, sans rien. Une lamen­table créa­ture, un misé­rable être qui n’est bon qu’à traî­ner de l’eau et du bois, un mer­can­ti, un grippe-sou, un juif, un Tzi­gane, une canaille, voi­là ce que je dois être.»

* En russe «Косарь». Haut

** En russe Алексей Васильевич Кольцов. Par­fois trans­crit Alek­sej Vasil’evič Kol’cov, Alexei Was­sil­je­witsch Kol­zow, Alexis-Vas­si­lie­vitsch Kolt­zof, Alexis Vas­si­lié­vitch Kolt­zov ou Alek­sey Vasi­lye­vitch Kolt­soff. Haut

*** «Un Poète russe : Alexis Kolt­sov», p. 551. Haut

Pissarev, «Notre Science universitaire : récit»

éd. Actes Sud, coll. Un Endroit où aller, Arles

éd. Actes Sud, coll. Un Endroit où aller, Arles

Il s’agit d’une tra­duc­tion par­tielle de «Notre Science uni­ver­si­taire» («Nacha ouni­ver­si­tets­kaya naou­ka»*) de Dmi­tri Iva­no­vitch Pis­sa­rev**. «Crime et Châ­ti­ment» de Dos­toïevs­ki, avant d’être l’une des œuvres les plus pro­fondes de psy­cho­lo­gie cri­mi­nelle, autour des­quelles la pen­sée humaine vient tour­ner sans cesse, a été un pam­phlet contre «l’égoïsme ration­nel», un mou­ve­ment défen­du en Rus­sie dans les années 1860 par le jour­nal «Rouss­koé slo­vo»***La Parole russe») de Pis­sa­rev. Dos­toïevs­ki a vu le dan­ger; il a mis tout en œuvre pour détour­ner d’un tel égoïsme en décri­vant les tour­ments de l’âme qui le suivent. Les faits lui don­nèrent rai­son. Pis­sa­rev se noya lors d’une bai­gnade — je veux dire noya déli­bé­ré­ment — à vingt-sept ans, seul, mélan­co­lique, détra­qué par le ver­tige d’une crois­sance intel­lec­tuelle trop rapide. Mais repre­nons dans l’ordre! Issu d’une famille noble rui­née, Pis­sa­rev fai­sait encore ses études à l’Université de Saint-Péters­bourg, quand il débu­ta comme publi­ciste lit­té­raire, char­gé de rédi­ger la rubrique des comptes ren­dus biblio­gra­phiques dans la revue «Rass­vet»****L’Aube»), qui por­tait le sous-titre «Revue des sciences, des arts et des lettres pour jeunes filles adultes». Cette col­la­bo­ra­tion l’entraîna de force hors des murs cal­feu­trés des amphi­théâtres, «à l’air libre», comme il le dit lui-même*****, et «ce pas­sage for­cé me don­nait un plai­sir cou­pable, que je ne pus dis­si­mu­ler ni à moi-même ni aux autres…». La ques­tion de l’émancipation de la femme étant en ce temps-là à l’ordre du jour dans «Rass­vet», Pis­sa­rev en vint tout natu­rel­le­ment au pro­blème plus large de la liber­té de la per­sonne humaine. Riche d’idées, il s’attendait à créer des miracles dans le domaine de la pen­sée : «Ayant jeté à bas dans mon esprit toutes sortes de Kaz­beks****** et de monts Blancs, je m’apparaissais à moi-même comme une espèce de Titan, de Pro­mé­thée qui s’était empa­ré du feu…». Il mit ses idées, dès 1861, dans des articles remar­quables par leur har­diesse et leur bouillon­ne­ment intel­lec­tuel, qu’il publia cette fois dans «Rouss­koé slo­vo». Ce jour­nal n’était plus la ver­tueuse «Revue pour jeunes filles adultes» où il avait fait ses pre­miers essais, mais était, au contraire, rem­pli d’agitation phi­lo­so­phique et poli­tique. Pis­sa­rev en devint, en quelques jours, le prin­ci­pal col­la­bo­ra­teur et membre de la rédac­tion; et quand, un an plus tard, guet­té par la cen­sure, ce jour­nal fut pro­vi­soi­re­ment sus­pen­du, Pis­sa­rev jeta sur le papier un appel fié­vreux de vio­lence au «ren­ver­se­ment de la dynas­tie des Roma­nov et de la bureau­cra­tie péters­bour­geoise» et au «chan­ge­ment de régime poli­tique»; le len­de­main, il était arrê­té et incar­cé­ré.

* En russe «Наша университетская наука». Par­fois trans­crit «Nasha uni­ver­si­tets­kaya nau­ka» ou «Naša uni­ver­si­tets­ka­ja nau­ka». Haut

** En russe Дмитрий Иванович Писарев. Par­fois trans­crit Dmi­trij Iwa­no­witsch Pis­sa­rew, Dmi­try Iva­no­vich Pisa­rev, Dmi­triy Iva­no­vich Pisa­rev, Dimi­tri Iva­no­vich Pisa­rev, Dmi­trii Iva­no­vich Pisa­rev ou Dmi­trij Iva­no­vič Pisa­rev. Haut

*** En russe «Русское слово». Par­fois trans­crit «Rouss­koïé slo­vo», «Russ­koïé slo­vo» ou «Russ­koe slo­vo». Haut

**** En russe «Рассвет». Haut

***** «Notre Science uni­ver­si­taire», p. 132 & 135. Haut

****** Un des som­mets les plus éle­vés de la chaîne du Cau­case. Haut