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Mot-clefnéo-confucianisme

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Zhang Zai, «Le “Si-ming” : traité philosophique»

dans « Actes du VIIIᵉ Congrès international des orientalistes. Tome IV », p. 33-52

dans «Actes du VIIIe Congrès inter­na­tio­nal des orien­ta­listes. Tome IV», p. 33-52

Il s’agit du «Manuel de l’Ouest», ou lit­té­ra­le­ment «Ins­crip­tion de l’Ouest», trai­té très court, mais sublime, du phi­lo­sophe confu­céen Zhang Zai* (XIe siècle apr. J.-C.). Cet auteur chi­nois a lais­sé un livre impo­sant en dix-sept tomes**, consi­dé­ré comme l’œuvre majeure du confu­cia­nisme de son temps; mais, dans l’enseignement qu’il pro­di­guait à ses dis­ciples, il se ser­vait spé­cia­le­ment, comme manuels, des deux extraits les plus emblé­ma­tiques de son livre, qu’il avait ins­crits sur les murs de la salle de classe, à l’Ouest et à l’Est. De là, le nom qui leur est don­né : «Xi-ming»*** et «Dong-ming»****, c’est-à-dire : «Manuel de l’Ouest» et «Manuel de l’Est». Le pre­mier est de loin le plus renom­mé. Il est consa­cré à l’origine du monde et la fra­ter­ni­té de tous les êtres. Dans ce trai­té, Zhang Zai sou­tient que l’humanité est née d’un même sein; elle for­mait à l’origine une seule sub­stance qui s’est diver­si­fiée. Il en est de même des autres êtres dans ce monde; tous pro­viennent d’une même sub­stance uni­ver­selle et d’une même impul­sion direc­trice, consti­tuant et coor­don­nant toutes choses : «Les hommes ne forment avec nous qu’un même sein; les êtres non intel­li­gents sont nos consorts»*****. Or, tout n’étant qu’un même arbre avec dix mille branches; le monde n’étant qu’une famille, et la nation — un homme, «tout [ce] qui dans ce monde est pauvre et dans le besoin, affli­gé ou malade, orphe­lin ou aban­don­né, veuf ou veuve, doit être pour nous comme un frère dans le besoin ou l’infortune, et qui n’a point d’autre sou­tien»******. La doc­trine de la com­mu­nau­té d’origine conduit ain­si à un prin­cipe moral de cha­ri­té et de pié­té filiale, fon­de­ment de la ver­tu des saints : «Hono­rer les gens âgés, res­pec­ter les supé­rieurs, être cha­ri­table envers… les aban­don­nés et les pauvres, c’est la ver­tu par­faite des saints, c’est la conduite dis­tinc­tive des sages… Les pro­té­ger dans ces cir­cons­tances, c’est le devoir d’un fils; [et] les réjouir et ne jamais les affli­ger, c’est la per­fec­tion de la pié­té filiale»*******.

* En chi­nois 張載. Autre­fois trans­crit Chang Tsai ou Tchang-tsai. Haut

** «Zheng Meng» («正蒙»). Autre­fois trans­crit «Cheng Meng» ou «Tcheng Meng». Haut

*** En chi­nois «西銘». Autre­fois trans­crit «Hsi-ming» ou «Si-ming». Haut

**** En chi­nois «東銘». Autre­fois trans­crit «Toung-ming» ou «Tong-ming». Haut

***** p. 41-42. À com­pa­rer avec ce pas­sage des «Entre­tiens de Confu­cius» : «Que l’honnête homme fasse son devoir gra­ve­ment et sans faillir, qu’il traite autrui avec res­pect et civi­li­té, et sur cette terre, tous les hommes seront ses frères». Haut

****** p. 43. Haut

******* p. 43-44. Haut

Chômin, «La Source des droits, “Kenri no minamoto” (1882)»

dans « Cent Ans de pensée au Japon. Tome II » (éd. Ph. Picquier, Arles), p. 33-37

dans «Cent Ans de pen­sée au Japon. Tome II» (éd. Ph. Pic­quier, Arles), p. 33-37

Il s’agit de «La Source des droits» («Ken­ri no mina­mo­to»*) de Nakae Chô­min**, intel­lec­tuel japo­nais, chef de file des études fran­çaises sous l’ère Mei­ji (XIXe siècle), sur­nom­mé «le Rous­seau de l’Orient»***. Il per­dit son père, samou­raï du plus bas rang, à l’âge de quinze ans. Envoyé à Naga­sa­ki, il y fit la ren­contre des pères Louis Furet et Ber­nard Petit­jean, venus dis­pen­ser dans cette ville por­tuaire un ensei­gne­ment éton­nam­ment large, allant de la gram­maire fran­çaise à l’artillerie navale. Atti­ré par les idées de la Révo­lu­tion, cette «grande œuvre inouïe dans l’Histoire qui fit briller avec éclat les causes de la liber­té et de l’égalité, et qui… réus­sit, pour la pre­mière fois, à fon­der la poli­tique sur les prin­cipes de la phi­lo­so­phie»****, Chô­min devint leur élève pen­dant deux ans. C’est sans doute sur les recom­man­da­tions des saints pères qu’il par­tit pour Yoko­ha­ma ser­vir d’interprète à l’ambassadeur de France, Léon Roches, avant de pour­suivre ses études à Tôkyô, à Paris et à Lyon. À son retour au Japon, en 1874, il fut char­gé de résu­mer des textes sur les ins­ti­tu­tions juri­diques et poli­tiques de la France, à l’heure où le jeune gou­ver­ne­ment japo­nais hési­tait sur le modèle à suivre. Paral­lè­le­ment à ce tra­vail offi­ciel, il tra­dui­sit pour le grand public le «Contrat social» de Rous­seau, dont il fit même deux ver­sions : l’une rédi­gée en japo­nais cou­rant et des­ti­née à être pas­sée de main en main, et l’autre en chi­nois clas­sique, langue des let­trés. Le «Renon­cer à sa liber­té, c’est renon­cer à sa qua­li­té d’homme…» de Rous­seau devint le leit­mo­tiv d’un jour­nal inau­gu­ré en 1881, qui allait avoir une audience extrê­me­ment impor­tante auprès des anciens samou­raïs : «Le Jour­nal de la liber­té en Orient» («Tôyô jiyû shim­bun»*****). Le futur pre­mier ministre, Saion­ji Kin­mo­chi, en était le fon­da­teur, et Chô­min — le rédac­teur en chef. L’amitié des deux hommes remon­tait à leur séjour à Paris. Le jour­nal s’ouvrait par un article remar­quable, où Chô­min com­pa­rait le citoyen non libre «au bon­saï ou à la fleur éle­vée sous serre qui perd son par­fum et sa cou­leur natu­relle, et ne peut arri­ver à déve­lop­per plei­ne­ment toute la richesse de son feuillage»; tan­dis que le citoyen libre, pareil à une fleur des champs, «embaume de tout son par­fum et prend une cou­leur d’un vert sombre et pro­fond». Un mois après, la condam­na­tion à des peines de pri­son de plu­sieurs jour­na­listes accu­la le jour­nal à ces­ser sa paru­tion; mais Chô­min ne lâcha jamais le pin­ceau du com­bat.

* En japo­nais «権利の源». Haut

** En japo­nais 中江兆民. De son vrai nom Nakae Toku­suke, pour lequel on trouve deux gra­phies : 篤助 et 篤介. Haut

*** En japo­nais 東洋のルソー. Haut

**** Dans Shi­nya Ida, «La Révo­lu­tion fran­çaise vue par Nakaé Chô­min». Haut

***** En japo­nais «東洋自由新聞». Haut

Chômin, «Idées sur la société, “Shasetsu” (1881)»

dans « Cent Ans de pensée au Japon. Tome II » (éd. Ph. Picquier, Arles), p. 27-31

dans «Cent Ans de pen­sée au Japon. Tome II» (éd. Ph. Pic­quier, Arles), p. 27-31

Il s’agit d’«Idées sur la socié­té» («Sha­set­su»*) de Nakae Chô­min**, intel­lec­tuel japo­nais, chef de file des études fran­çaises sous l’ère Mei­ji (XIXe siècle), sur­nom­mé «le Rous­seau de l’Orient»***. Il per­dit son père, samou­raï du plus bas rang, à l’âge de quinze ans. Envoyé à Naga­sa­ki, il y fit la ren­contre des pères Louis Furet et Ber­nard Petit­jean, venus dis­pen­ser dans cette ville por­tuaire un ensei­gne­ment éton­nam­ment large, allant de la gram­maire fran­çaise à l’artillerie navale. Atti­ré par les idées de la Révo­lu­tion, cette «grande œuvre inouïe dans l’Histoire qui fit briller avec éclat les causes de la liber­té et de l’égalité, et qui… réus­sit, pour la pre­mière fois, à fon­der la poli­tique sur les prin­cipes de la phi­lo­so­phie»****, Chô­min devint leur élève pen­dant deux ans. C’est sans doute sur les recom­man­da­tions des saints pères qu’il par­tit pour Yoko­ha­ma ser­vir d’interprète à l’ambassadeur de France, Léon Roches, avant de pour­suivre ses études à Tôkyô, à Paris et à Lyon. À son retour au Japon, en 1874, il fut char­gé de résu­mer des textes sur les ins­ti­tu­tions juri­diques et poli­tiques de la France, à l’heure où le jeune gou­ver­ne­ment japo­nais hési­tait sur le modèle à suivre. Paral­lè­le­ment à ce tra­vail offi­ciel, il tra­dui­sit pour le grand public le «Contrat social» de Rous­seau, dont il fit même deux ver­sions : l’une rédi­gée en japo­nais cou­rant et des­ti­née à être pas­sée de main en main, et l’autre en chi­nois clas­sique, langue des let­trés. Le «Renon­cer à sa liber­té, c’est renon­cer à sa qua­li­té d’homme…» de Rous­seau devint le leit­mo­tiv d’un jour­nal inau­gu­ré en 1881, qui allait avoir une audience extrê­me­ment impor­tante auprès des anciens samou­raïs : «Le Jour­nal de la liber­té en Orient» («Tôyô jiyû shim­bun»*****). Le futur pre­mier ministre, Saion­ji Kin­mo­chi, en était le fon­da­teur, et Chô­min — le rédac­teur en chef. L’amitié des deux hommes remon­tait à leur séjour à Paris. Le jour­nal s’ouvrait par un article remar­quable, où Chô­min com­pa­rait le citoyen non libre «au bon­saï ou à la fleur éle­vée sous serre qui perd son par­fum et sa cou­leur natu­relle, et ne peut arri­ver à déve­lop­per plei­ne­ment toute la richesse de son feuillage»; tan­dis que le citoyen libre, pareil à une fleur des champs, «embaume de tout son par­fum et prend une cou­leur d’un vert sombre et pro­fond». Un mois après, la condam­na­tion à des peines de pri­son de plu­sieurs jour­na­listes accu­la le jour­nal à ces­ser sa paru­tion; mais Chô­min ne lâcha jamais le pin­ceau du com­bat.

* En japo­nais «社説». Haut

** En japo­nais 中江兆民. De son vrai nom Nakae Toku­suke, pour lequel on trouve deux gra­phies : 篤助 et 篤介. Haut

*** En japo­nais 東洋のルソー. Haut

**** Dans Shi­nya Ida, «La Révo­lu­tion fran­çaise vue par Nakaé Chô­min». Haut

***** En japo­nais «東洋自由新聞». Haut

Chômin, «Écrits sur Rousseau et les droits du peuple»

éd. Les Belles Lettres, coll. Bibliothèque chinoise, Paris

éd. Les Belles Lettres, coll. Biblio­thèque chi­noise, Paris

Il s’agit de «Sur les droits du peuple» («Min­ken-ron»*) et autres œuvres de Nakae Chô­min**, intel­lec­tuel japo­nais, chef de file des études fran­çaises sous l’ère Mei­ji (XIXe siècle), sur­nom­mé «le Rous­seau de l’Orient»***. Il per­dit son père, samou­raï du plus bas rang, à l’âge de quinze ans. Envoyé à Naga­sa­ki, il y fit la ren­contre des pères Louis Furet et Ber­nard Petit­jean, venus dis­pen­ser dans cette ville por­tuaire un ensei­gne­ment éton­nam­ment large, allant de la gram­maire fran­çaise à l’artillerie navale. Atti­ré par les idées de la Révo­lu­tion, cette «grande œuvre inouïe dans l’Histoire qui fit briller avec éclat les causes de la liber­té et de l’égalité, et qui… réus­sit, pour la pre­mière fois, à fon­der la poli­tique sur les prin­cipes de la phi­lo­so­phie»****, Chô­min devint leur élève pen­dant deux ans. C’est sans doute sur les recom­man­da­tions des saints pères qu’il par­tit pour Yoko­ha­ma ser­vir d’interprète à l’ambassadeur de France, Léon Roches, avant de pour­suivre ses études à Tôkyô, à Paris et à Lyon. À son retour au Japon, en 1874, il fut char­gé de résu­mer des textes sur les ins­ti­tu­tions juri­diques et poli­tiques de la France, à l’heure où le jeune gou­ver­ne­ment japo­nais hési­tait sur le modèle à suivre. Paral­lè­le­ment à ce tra­vail offi­ciel, il tra­dui­sit pour le grand public le «Contrat social» de Rous­seau, dont il fit même deux ver­sions : l’une rédi­gée en japo­nais cou­rant et des­ti­née à être pas­sée de main en main, et l’autre en chi­nois clas­sique, langue des let­trés. Le «Renon­cer à sa liber­té, c’est renon­cer à sa qua­li­té d’homme…» de Rous­seau devint le leit­mo­tiv d’un jour­nal inau­gu­ré en 1881, qui allait avoir une audience extrê­me­ment impor­tante auprès des anciens samou­raïs : «Le Jour­nal de la liber­té en Orient» («Tôyô jiyû shim­bun»*****). Le futur pre­mier ministre, Saion­ji Kin­mo­chi, en était le fon­da­teur, et Chô­min — le rédac­teur en chef. L’amitié des deux hommes remon­tait à leur séjour à Paris. Le jour­nal s’ouvrait par un article remar­quable, où Chô­min com­pa­rait le citoyen non libre «au bon­saï ou à la fleur éle­vée sous serre qui perd son par­fum et sa cou­leur natu­relle, et ne peut arri­ver à déve­lop­per plei­ne­ment toute la richesse de son feuillage»; tan­dis que le citoyen libre, pareil à une fleur des champs, «embaume de tout son par­fum et prend une cou­leur d’un vert sombre et pro­fond». Un mois après, la condam­na­tion à des peines de pri­son de plu­sieurs jour­na­listes accu­la le jour­nal à ces­ser sa paru­tion; mais Chô­min ne lâcha jamais le pin­ceau du com­bat.

* En japo­nais «民権論». Haut

** En japo­nais 中江兆民. De son vrai nom Nakae Toku­suke, pour lequel on trouve deux gra­phies : 篤助 et 篤介. Haut

*** En japo­nais 東洋のルソー. Haut

**** Dans Shi­nya Ida, «La Révo­lu­tion fran­çaise vue par Nakaé Chô­min». Haut

***** En japo­nais «東洋自由新聞». Haut

Chômin, «Un An et demi • Un An et demi, suite»

éd. Les Belles Lettres, coll. Japon-Série Non fiction, Paris

éd. Les Belles Lettres, coll. Japon-Série Non fic­tion, Paris

Il s’agit d’«Un An et demi» («Ichi­nen yûhan»*) et «Un An et demi, suite» («Zoku ichi­nen yûhan»**) de Nakae Chô­min***, intel­lec­tuel japo­nais, chef de file des études fran­çaises sous l’ère Mei­ji (XIXe siècle), sur­nom­mé «le Rous­seau de l’Orient»****. Il per­dit son père, samou­raï du plus bas rang, à l’âge de quinze ans. Envoyé à Naga­sa­ki, il y fit la ren­contre des pères Louis Furet et Ber­nard Petit­jean, venus dis­pen­ser dans cette ville por­tuaire un ensei­gne­ment éton­nam­ment large, allant de la gram­maire fran­çaise à l’artillerie navale. Atti­ré par les idées de la Révo­lu­tion, cette «grande œuvre inouïe dans l’Histoire qui fit briller avec éclat les causes de la liber­té et de l’égalité, et qui… réus­sit, pour la pre­mière fois, à fon­der la poli­tique sur les prin­cipes de la phi­lo­so­phie»*****, Chô­min devint leur élève pen­dant deux ans. C’est sans doute sur les recom­man­da­tions des saints pères qu’il par­tit pour Yoko­ha­ma ser­vir d’interprète à l’ambassadeur de France, Léon Roches, avant de pour­suivre ses études à Tôkyô, à Paris et à Lyon. À son retour au Japon, en 1874, il fut char­gé de résu­mer des textes sur les ins­ti­tu­tions juri­diques et poli­tiques de la France, à l’heure où le jeune gou­ver­ne­ment japo­nais hési­tait sur le modèle à suivre. Paral­lè­le­ment à ce tra­vail offi­ciel, il tra­dui­sit pour le grand public le «Contrat social» de Rous­seau, dont il fit même deux ver­sions : l’une rédi­gée en japo­nais cou­rant et des­ti­née à être pas­sée de main en main, et l’autre en chi­nois clas­sique, langue des let­trés. Le «Renon­cer à sa liber­té, c’est renon­cer à sa qua­li­té d’homme…» de Rous­seau devint le leit­mo­tiv d’un jour­nal inau­gu­ré en 1881, qui allait avoir une audience extrê­me­ment impor­tante auprès des anciens samou­raïs : «Le Jour­nal de la liber­té en Orient» («Tôyô jiyû shim­bun»******). Le futur pre­mier ministre, Saion­ji Kin­mo­chi, en était le fon­da­teur, et Chô­min — le rédac­teur en chef. L’amitié des deux hommes remon­tait à leur séjour à Paris. Le jour­nal s’ouvrait par un article remar­quable, où Chô­min com­pa­rait le citoyen non libre «au bon­saï ou à la fleur éle­vée sous serre qui perd son par­fum et sa cou­leur natu­relle, et ne peut arri­ver à déve­lop­per plei­ne­ment toute la richesse de son feuillage»; tan­dis que le citoyen libre, pareil à une fleur des champs, «embaume de tout son par­fum et prend une cou­leur d’un vert sombre et pro­fond». Un mois après, la condam­na­tion à des peines de pri­son de plu­sieurs jour­na­listes accu­la le jour­nal à ces­ser sa paru­tion; mais Chô­min ne lâcha jamais le pin­ceau du com­bat.

* En japo­nais «一年有半». Haut

** En japo­nais «続一年有半». Haut

*** En japo­nais 中江兆民. De son vrai nom Nakae Toku­suke, pour lequel on trouve deux gra­phies : 篤助 et 篤介. Haut

**** En japo­nais 東洋のルソー. Haut

***** Dans Shi­nya Ida, «La Révo­lu­tion fran­çaise vue par Nakaé Chô­min». Haut

****** En japo­nais «東洋自由新聞». Haut

Chômin, «Dialogues politiques entre trois ivrognes»

éd. du Centre national de la recherche scientifique (CNRS), coll. Réseau Asie, Paris

éd. du Centre natio­nal de la recherche scien­ti­fique (CNRS), coll. Réseau Asie, Paris

Il s’agit de «Dia­logues poli­tiques entre trois ivrognes»*San­sui­jin kei­rin mon­dô»**) de Nakae Chô­min***, intel­lec­tuel japo­nais, chef de file des études fran­çaises sous l’ère Mei­ji (XIXe siècle), sur­nom­mé «le Rous­seau de l’Orient»****. Il per­dit son père, samou­raï du plus bas rang, à l’âge de quinze ans. Envoyé à Naga­sa­ki, il y fit la ren­contre des pères Louis Furet et Ber­nard Petit­jean, venus dis­pen­ser dans cette ville por­tuaire un ensei­gne­ment éton­nam­ment large, allant de la gram­maire fran­çaise à l’artillerie navale. Atti­ré par les idées de la Révo­lu­tion, cette «grande œuvre inouïe dans l’Histoire qui fit briller avec éclat les causes de la liber­té et de l’égalité, et qui… réus­sit, pour la pre­mière fois, à fon­der la poli­tique sur les prin­cipes de la phi­lo­so­phie»*****, Chô­min devint leur élève pen­dant deux ans. C’est sans doute sur les recom­man­da­tions des saints pères qu’il par­tit pour Yoko­ha­ma ser­vir d’interprète à l’ambassadeur de France, Léon Roches, avant de pour­suivre ses études à Tôkyô, à Paris et à Lyon. À son retour au Japon, en 1874, il fut char­gé de résu­mer des textes sur les ins­ti­tu­tions juri­diques et poli­tiques de la France, à l’heure où le jeune gou­ver­ne­ment japo­nais hési­tait sur le modèle à suivre. Paral­lè­le­ment à ce tra­vail offi­ciel, il tra­dui­sit pour le grand public le «Contrat social» de Rous­seau, dont il fit même deux ver­sions : l’une rédi­gée en japo­nais cou­rant et des­ti­née à être pas­sée de main en main, et l’autre en chi­nois clas­sique, langue des let­trés. Le «Renon­cer à sa liber­té, c’est renon­cer à sa qua­li­té d’homme…» de Rous­seau devint le leit­mo­tiv d’un jour­nal inau­gu­ré en 1881, qui allait avoir une audience extrê­me­ment impor­tante auprès des anciens samou­raïs : «Le Jour­nal de la liber­té en Orient» («Tôyô jiyû shim­bun»******). Le futur pre­mier ministre, Saion­ji Kin­mo­chi, en était le fon­da­teur, et Chô­min — le rédac­teur en chef. L’amitié des deux hommes remon­tait à leur séjour à Paris. Le jour­nal s’ouvrait par un article remar­quable, où Chô­min com­pa­rait le citoyen non libre «au bon­saï ou à la fleur éle­vée sous serre qui perd son par­fum et sa cou­leur natu­relle, et ne peut arri­ver à déve­lop­per plei­ne­ment toute la richesse de son feuillage»; tan­dis que le citoyen libre, pareil à une fleur des champs, «embaume de tout son par­fum et prend une cou­leur d’un vert sombre et pro­fond». Un mois après, la condam­na­tion à des peines de pri­son de plu­sieurs jour­na­listes accu­la le jour­nal à ces­ser sa paru­tion; mais Chô­min ne lâcha jamais le pin­ceau du com­bat.

* Par­fois tra­duit «Col­loque poli­tique de trois buveurs» ou «L’Entretien des trois buveurs sur le gou­ver­ne­ment de l’État». Haut

** En japo­nais «三酔人経綸問答». Haut

*** En japo­nais 中江兆民. De son vrai nom Nakae Toku­suke, pour lequel on trouve deux gra­phies : 篤助 et 篤介. Haut

**** En japo­nais 東洋のルソー. Haut

***** Dans Shi­nya Ida, «La Révo­lu­tion fran­çaise vue par Nakaé Chô­min». Haut

****** En japo­nais «東洋自由新聞». Haut

Liu Qingzhi, «La “Siao Hio”, ou Morale de la jeunesse»

XIXᵉ siècle

XIXe siècle

Il s’agit de «La Petite Étude» («Xiao Xue»*), recueil de trois cent quatre-vingt-six sen­tences, pré­ceptes et exemples. Jadis, c’était l’un des livres incon­tour­nables de la lit­té­ra­ture chi­noise, parce qu’il ser­vait à for­mer l’éducation de la nation entière. Dès qu’un enfant, de quelque condi­tion qu’il fût — depuis le fils de l’Empereur jusqu’au fils du moindre de ses sujets — avait atteint l’âge de huit ans, c’était ce livre, en effet, qu’on lui met­tait entre les mains pour lui ensei­gner la façon dont il fal­lait inter­ro­ger, et celle dont il fal­lait répondre aux inter­ro­ga­tions des autres; pour l’instruire des devoirs de la civi­li­té, des cou­tumes et des rites; pour lui faire des leçons sur la pro­cé­dure et la forme qu’il devait obser­ver devant les autres, sui­vant ce qu’ils étaient — ou ses supé­rieurs, ou ses infé­rieurs, ou sim­ple­ment ses égaux. Tout cela for­mait ce qu’on appe­lait «la petite étude», c’est-à-dire l’enseignement infé­rieur, la petite école; c’était à quoi on occu­pait l’enfant jusqu’à l’âge de quinze ans. Par­ve­nu à cet âge, on l’appliquait à «la grande étude», ce qui est d’ailleurs le titre d’un des quatre clas­siques rédi­gés par les dis­ciples de Confu­cius. Les sen­tences, pré­ceptes et exemples de «La Petite Étude» sont emprun­tés pour la plu­part au «Mémo­rial des rites» et ran­gés dans un ordre assez défec­tueux, tel cha­pitre conte­nant sou­vent ce qui devrait se trou­ver dans tel autre. On ne peut nier que les prin­cipes en soient, en géné­ral, édi­fiants, et qu’il y ait des modèles d’une ver­tu réelle; mais on y trouve, en même temps, l’observation de cer­taines pra­tiques éta­blies par les pré­ju­gés et par la rou­tine, qui paraissent assez pué­riles. Un des dis­ciples de Zhu Xi**, Liu Qingz­hi*** (XIIe siècle), a com­po­sé ce livre. Zhu Xi l’a ensuite mis dans l’ordre où nous le voyons et a ajou­té une intro­duc­tion où il dit**** : «Puisque l’homme, pen­dant l’enfance, ne peut encore ni savoir, ni réflé­chir, ni régler ses actes, il faut que, pre­nant les dis­cours pro­fonds des sages, leurs trai­tés fon­da­men­taux, on les lui mette tous les jours sous les yeux, on les lui infiltre dans les oreilles, on en rem­plisse son inté­rieur. Si l’on tarde, il s’habitue à se for­mer selon son caprice et il reste obs­ti­né­ment ce qu’il s’est habi­tué à être».

* En chi­nois «小學». Par­fois trans­crit «Siao Hio». Haut

** En chi­nois 朱熹. Autre­fois trans­crit Tchou Hi, Tchu Hi, Chu-hi ou Chu Hsi. Éga­le­ment connu sous le titre hono­ri­fique de Zhu Wen Gong (朱文公), c’est-à-dire «Zhu, prince de la lit­té­ra­ture». Autre­fois trans­crit Chu Ven Kum, Chu Wen-kung, Tchou-wen-koung ou Tchou Wen Kong. Haut

*** En chi­nois 劉清之. Haut

**** p. 9-10. Haut

Yi Hwang, «Étude de la sagesse en dix diagrammes»

éd. du Cerf, coll. Patrimoines-Confucianisme, Paris

éd. du Cerf, coll. Patri­moines-Confu­cia­nisme, Paris

Il s’agit de Yi Hwang*, un des néo-confu­cia­nistes les plus connus de la Corée; celui, en tout cas, qui contri­bua le plus à implan­ter dans ce pays, d’une manière par­fois doc­tri­naire et intran­si­geante, l’école chi­noise de Zhu Xi**. Pen­dant la pre­mière moi­tié de sa vie, Yi Hwang fit car­rière de fonc­tion­naire let­tré, et après plu­sieurs pro­mo­tions, il acquit une répu­ta­tion d’intégrité et de cou­rage. Mais son inté­rêt était ailleurs que dans la vie active, et comme en 1543 apr. J.-C. il était tom­bé malade, il ache­ta les «Œuvres com­plètes» de Zhu Xi, dont il ne connais­sait pas encore le conte­nu, et il déci­da de se construire à T’oegye*** un petit ermi­tage et de se consa­crer à leur lec­ture. «Jour après jour je fer­mais ma porte, m’asseyais cal­me­ment et lisais les livres. Je réa­li­sai peu à peu com­bien le conte­nu en était savou­reux et com­bien leur sens n’avait pas de limites. Par ailleurs, j’éprouvais beau­coup d’émotions à la lec­ture des lettres», raconte-t-il****. Et ailleurs : «Ah! si seule­ment, dans ma jeu­nesse, je m’étais fer­me­ment déci­dé à vivre dans les endroits recu­lés, en construi­sant une hutte et en me consa­crant à étu­dier et à remé­dier aux défi­ciences de ma culture spi­ri­tuelle, j’aurais gagné trois décen­nies, ma san­té se serait amé­lio­rée, mon étude aurait por­té des fruits et aujourd’hui toutes les créa­tures ter­restres me rem­pli­raient de joie! Com­ment n’ai-je pas pu com­prendre cela…?»***** Cette seconde par­tie de sa vie, dévouée à l’étude, fut ponc­tuée de nom­breuses publi­ca­tions, où Yi Hwang sui­vit, jusque dans les plus minu­tieux détails, les ensei­gne­ments de Zhu Xi. Il faut avouer qu’il n’y offrait pas tou­jours la lar­geur d’esprit et l’accent propre et autoch­tone qui carac­té­ri­saient son grand contem­po­rain Yul­gok. Sa logique était claire et péné­trante, mais en ce qui concer­nait les ensei­gne­ments de Zhu Xi, il ne fai­sait aucun com­pro­mis, les éri­geant en stricte ortho­doxie. «Les résul­tats furent dévas­ta­teurs. La ver­sion de Yi Hwang du néo-confu­cia­nisme de Zhu Xi — idéo­lo­gie domi­nante de la Corée Chosŏn, à la fin du XVIe siècle — était par essence une doc­trine into­lé­rante. Ses adeptes furent par­ti­cu­liè­re­ment rapides à reje­ter et à sup­pri­mer les autres ensei­gne­ments… Cela abou­tit, à la fin, à la réduc­tion du monde à un “concept unique” et à la pré­oc­cu­pa­tion crois­sante de l’idéologie cor­recte, récom­pen­sant la sco­las­tique la plus aride ou bien l’orthodoxie.»

* En coréen 이황. Haut

** En chi­nois 朱熹. Autre­fois trans­crit Tchou Hi, Tchu Hi, Chu-hi ou Chu Hsi. Éga­le­ment connu sous le titre hono­ri­fique de Zhu Wen Gong (朱文公), c’est-à-dire «Zhu, prince de la lit­té­ra­ture». Autre­fois trans­crit Chu Ven Kum, Chu Wen-kung, Tchou-wen-koung ou Tchou Wen Kong. Haut

*** En coréen 퇴계. Haut

**** Dans Phi­lippe Thié­bault, «La Pen­sée coréenne», p. 136. Haut

***** Dans Tcho Hye-young, «Pré­face à l’“Étude de la sagesse en dix dia­grammes”», p. 15. Haut

Yulgok, «Principes essentiels pour éduquer les jeunes gens»

éd. Les Belles Lettres, coll. Bibliothèque chinoise, Paris

éd. Les Belles Lettres, coll. Biblio­thèque chi­noise, Paris

Il s’agit des «Prin­cipes essen­tiels pour édu­quer les jeunes gens» («Kyŏng­mong yogyŏl»*, lit­té­ra­le­ment «Prin­cipes essen­tiels pour repous­ser l’ignorance juvé­nile»), ouvrage qui appar­tient à l’apogée du néo-confu­cia­nisme coréen. Son auteur Yi I**, plus connu sous le sur­nom de Yul­gok***la Val­lée des châ­tai­gniers»), aurait pu pour­suivre une exis­tence de moine; car en 1551 apr. J.-C., après la mort pré­ma­tu­rée de sa mère Sin Sa-imdang****, femme de lettres et l’une des artistes-peintres les plus res­pec­tées, alors que le cha­grin et le deuil le plon­gèrent dans une sombre médi­ta­tion, il se reti­ra dans un monas­tère boud­dhique sur les monts de Dia­mants (Kum­gang­san*****). Mais un moine qu’il ren­con­tra là-bas le fit chan­ger d’avis : «Alors que je visi­tais [un des monts], je péné­trais seul un jour, durant quelques “li”, dans une pro­fonde val­lée et y décou­vris un petit ermi­tage. Un vieux moine, qui por­tait l’habit, était assis dans une posi­tion cor­recte, me regar­dant, sans dire un mot et sans se lever. Fure­tant par­tout dans l’ermitage, je ne remar­quai aucun objet. Et dans la cui­sine, il sem­blait qu’on n’avait pas pré­pa­ré de repas depuis plu­sieurs jours»******. Yul­gok se ren­dit compte, en conver­sant avec cet homme, qu’une vie reti­rée et soli­taire aurait été une vie sté­rile, qui n’aurait pu lui appor­ter un bon­heur com­plet; elle aurait consis­té à négli­ger ses devoirs envers la socié­té laïque, si lourds soient-ils. «Je n’ai pas encore ache­vé mes rela­tions avec le monde», dit-il******* à son retour. Et après une période d’hésitation, où il relut l’ensemble des tra­di­tions chi­noises et coréennes, dans la mul­ti­tude de leurs textes, il déci­da d’agir par toutes ses forces à la trans­for­ma­tion de son pays selon l’éthique de l’école néo-confu­céenne. Regar­dé dans son pays comme le modèle de cette école, Yul­gok fut plu­sieurs fois ministre. Poli­ti­cien enga­gé et grand mora­liste, il lais­sa der­rière lui une dizaine d’ouvrages ayant pour thème prin­ci­pal l’élévation des esprits et le déve­lop­pe­ment des consciences à tra­vers l’étude : «Sans étude, nul homme ne pour­rait deve­nir humain», dit-il dans une célèbre phrase********. Par «étude», Yul­gok n’entend rien d’insolite ni d’extraordinaire : «Il suf­fit», pré­cise-t-il, «de se conduire à tout moment du quo­ti­dien, en fonc­tion [des] cir­cons­tances, en père tendre, en fils filial, en sujet loyal, en époux sou­cieux des dis­tinc­tions de rôles, en frère atten­tion­né, en jeune homme res­pec­tueux des aînés ou en ami de confiance.» Dans notre monde actuel où l’on ne com­prend plus que l’étude réside dans le quo­ti­dien et où on la croit exa­gé­ré­ment mal­ai­sée, la pen­sée de Yul­gok si pure, si belle, si concrète peut être un admi­rable sou­tien.

* En coréen «격몽요결», en chi­nois «擊蒙要訣». Haut

** En coréen 이이. Par­fois trans­crit Yi Yi. Haut

*** En coréen 율곡, en chi­nois 栗谷. Autre­fois trans­crit Yul-kok, Youl­gok ou Youl-kok. Haut

**** En coréen 신사임당, en chi­nois 申師任堂. Par­fois trans­crit Shin Saïm­dang. Haut

***** En coréen 금강산. Haut

****** Dans Phi­lippe Thié­bault, «La Pen­sée coréenne», p. 177. Haut

******* Dans id. p. 184. Haut

******** «Prin­cipes essen­tiels pour édu­quer les jeunes gens», p. 7. Haut

Yulgok, «Anthologie de la sagesse extrême-orientale»

éd. Autres Temps, coll. Le Temps de la pensée, Gémenos

éd. Autres Temps, coll. Le Temps de la pen­sée, Géme­nos

Il s’agit de l’«Antho­lo­gie de la sagesse extrême-orien­tale» («Sŏn­ghak chi­pyo»*, lit­té­ra­le­ment «Recueil essen­tiel de l’étude de la sagesse»), ouvrage qui appar­tient à l’apogée du néo-confu­cia­nisme coréen. Son auteur Yi I**, plus connu sous le sur­nom de Yul­gok***la Val­lée des châ­tai­gniers»), aurait pu pour­suivre une exis­tence de moine; car en 1551 apr. J.-C., après la mort pré­ma­tu­rée de sa mère Sin Sa-imdang****, femme de lettres et l’une des artistes-peintres les plus res­pec­tées, alors que le cha­grin et le deuil le plon­gèrent dans une sombre médi­ta­tion, il se reti­ra dans un monas­tère boud­dhique sur les monts de Dia­mants (Kum­gang­san*****). Mais un moine qu’il ren­con­tra là-bas le fit chan­ger d’avis : «Alors que je visi­tais [un des monts], je péné­trais seul un jour, durant quelques “li”, dans une pro­fonde val­lée et y décou­vris un petit ermi­tage. Un vieux moine, qui por­tait l’habit, était assis dans une posi­tion cor­recte, me regar­dant, sans dire un mot et sans se lever. Fure­tant par­tout dans l’ermitage, je ne remar­quai aucun objet. Et dans la cui­sine, il sem­blait qu’on n’avait pas pré­pa­ré de repas depuis plu­sieurs jours»******. Yul­gok se ren­dit compte, en conver­sant avec cet homme, qu’une vie reti­rée et soli­taire aurait été une vie sté­rile, qui n’aurait pu lui appor­ter un bon­heur com­plet; elle aurait consis­té à négli­ger ses devoirs envers la socié­té laïque, si lourds soient-ils. «Je n’ai pas encore ache­vé mes rela­tions avec le monde», dit-il******* à son retour. Et après une période d’hésitation, où il relut l’ensemble des tra­di­tions chi­noises et coréennes, dans la mul­ti­tude de leurs textes, il déci­da d’agir par toutes ses forces à la trans­for­ma­tion de son pays selon l’éthique de l’école néo-confu­céenne. Regar­dé dans son pays comme le modèle de cette école, Yul­gok fut plu­sieurs fois ministre. Poli­ti­cien enga­gé et grand mora­liste, il lais­sa der­rière lui une dizaine d’ouvrages ayant pour thème prin­ci­pal l’élévation des esprits et le déve­lop­pe­ment des consciences à tra­vers l’étude : «Sans étude, nul homme ne pour­rait deve­nir humain», dit-il dans une célèbre phrase********. Par «étude», Yul­gok n’entend rien d’insolite ni d’extraordinaire : «Il suf­fit», pré­cise-t-il, «de se conduire à tout moment du quo­ti­dien, en fonc­tion [des] cir­cons­tances, en père tendre, en fils filial, en sujet loyal, en époux sou­cieux des dis­tinc­tions de rôles, en frère atten­tion­né, en jeune homme res­pec­tueux des aînés ou en ami de confiance.» Dans notre monde actuel où l’on ne com­prend plus que l’étude réside dans le quo­ti­dien et où on la croit exa­gé­ré­ment mal­ai­sée, la pen­sée de Yul­gok si pure, si belle, si concrète peut être un admi­rable sou­tien.

* En coréen «성학집요», en chi­nois «聖學輯要». Par­fois trans­crit «Song-hak tchi-pyo» ou «Seon­ghak jibyo». Haut

** En coréen 이이. Par­fois trans­crit Yi Yi. Haut

*** En coréen 율곡, en chi­nois 栗谷. Autre­fois trans­crit Yul-kok, Youl­gok ou Youl-kok. Haut

**** En coréen 신사임당, en chi­nois 申師任堂. Par­fois trans­crit Shin Saïm­dang. Haut

***** En coréen 금강산. Haut

****** Dans Phi­lippe Thié­bault, «La Pen­sée coréenne», p. 177. Haut

******* Dans id. p. 184. Haut

******** «Prin­cipes essen­tiels pour édu­quer les jeunes gens», p. 7. Haut