Mot-clef18ᵉ siècle

sujet

Shen Fu, « Récits d’une vie fugitive : mémoires d’un lettré pauvre »

éd. Gallimard, coll. UNESCO d’œuvres représentatives-Connaissance de l’Orient, Paris

éd. Gallimard, coll. UNESCO d’œuvres représentatives-Connaissance de l’Orient, Paris

Il s’agit des « Six Récits au fil inconstant des jours »* (« Fu sheng liu ji »**) de Shen Fu***. Ces six récits — qui, en vérité, ne sont que quatre, les deux derniers n’étant pas parvenus jusqu’à nous — constituent un monument élevé par Shen Fu à la mémoire de Yun, son épouse défunte. « C’était le 30 mars 1803 », dit-il****. « Sa main agrippant la mienne, Yun voulut parler… ; mais, sans forces, elle ne put que répéter dans un souffle : “lai shi, lai shi”… “l’existence future”…***** Soudain, elle haleta, sa mâchoire se raidit et son regard dilaté prit une fixité saisissante. Je l’appelai et l’appelai de nouveau et encore ; mais en vain. Elle ne pouvait plus proférer une parole. Deux ruisseaux de larmes continuèrent à couler le long de ses joues. Bientôt, son souffle s’affaiblit, ses larmes se tarirent et enfin son âme s’éteignit. » Ce sont des récits uniques jusque-là dans la littérature chinoise par leurs petits faits exacts et par leurs détails familiers sur la vie conjugale. Nous nous trouvons introduits, sans prétention et en toute simplicité, dans l’intimité d’un pauvre lettré qui manie la langue classique d’une manière certes malhabile, mais dont l’austère sincérité nous émeut parfois : « Mon regret », dit-il******, « est de n’avoir reçu, étant enfant, qu’une instruction incomplète et d’être borné dans mes connaissances. Aussi, ne relaterai-je, sans ornement, que des sentiments vrais et des faits réels. Rechercher le style dans ce que j’écris serait comme exiger l’éclat d’un miroir non poli ». Paradoxalement, c’est ce caractère ordinaire de Shen Fu qui fait son extraordinaire modernité et qui est la raison majeure du succès que connut son ouvrage depuis qu’il a été trouvé sur l’étal d’un brocanteur en 1849.

* Autrefois traduit « Six Chapitres d’une vie flottante » ou « Six Mémoires sur une vie flottante ». Haut

** En chinois « 浮生六記 ». Autrefois transcrit « Fou-cheng lieou-ki » ou « Fousheng liuji ». Titre emprunté au poème « Chun ye yan tao li yuan xu » (« 春夜宴桃李園序 ») de Li Po : « L’univers n’est que [la halte] des créatures, et le temps — l’hôte provisoire de l’éternité ; “au fil inconstant des jours”, notre vie n’est qu’un songe », etc. Haut

*** En chinois 沈復. Autrefois transcrit Chen Fou. Haut

**** p. 98. Haut

***** En chinois 來世. C’est, selon les croyances bouddhiques, l’existence qui vient immédiatement après l’existence actuelle. Haut

****** p. 21. Haut

Chateaubriand, « Les Natchez. Tome II »

XIXe siècle

Il s’agit des « Natchez » de François René de Chateaubriand, auteur et politique français, père du romantisme chrétien (XVIIIe-XIXe siècle). Le mal, le grand mal de Chateaubriand fut d’être né entre deux siècles, « comme au confluent de deux fleuves »*, et de voir les caractères opposés de ces deux siècles se rencontrer dans ses opinions. Sorti des entrailles de l’ancienne monarchie, de l’ancienne aristocratie, il se plaça contre la Révolution française, dès qu’il la vit dans ses premières violences, et il resta royaliste, souvent contre son instinct. Car au fond de lui-même, il était de la race, de la famille de Napoléon Bonaparte. Même fougue, même éclat, même mélancolie moderne. Si les Bourbons avaient mieux apprécié Chateaubriand, il est possible qu’il eût été moins vulnérable au souvenir de l’Empereur devenu resplendissant comme un « large soleil ». Le parallèle qu’il fait dans ses « Mémoires d’outre-tombe » entre l’Empire et la monarchie bourbonienne, pour cruel qu’il soit, est l’expression sincère de la conception de l’auteur, tellement plus vraie que celle du politique : « Retomber de Bonaparte et de l’Empire à ce qui les a suivis, c’est tomber de la réalité dans le néant ; du sommet d’une montagne dans un gouffre. Tout n’est-il pas terminé avec Napoléon ?… Comment nommer Louis XVIII en place de l’Empereur ? Je rougis en [y] pensant ». Triste jusqu’au désespoir, sans amis et sans espérance, il était obsédé par un passé à jamais évanoui et tombé dans le néant. « Je n’ai plus qu’à m’asseoir sur des ruines et à mépriser cette vie », écrivait-il** en songeant qu’il était lui-même une ruine encore plus chancelante. Aucune pensée ne venait le consoler excepté la religion chrétienne, à laquelle il était revenu avec chaleur et avec véhémence. Sa mère et sa sœur avaient eu la plus grande part à cette conversion : « Ma mère, après avoir été jetée à soixante-douze ans dans des cachots où elle vit périr une partie de ses enfants, expira enfin sur un grabat, où ses malheurs l’avaient reléguée. Le souvenir de mes égarements [le scepticisme de mon “Essai sur les Révolutions”] répandit sur ses derniers jours une grande amertume ; elle chargea, en mourant, une de mes sœurs de me rappeler à cette religion dans laquelle j’avais été élevé. Ma sœur me manda le dernier vœu de ma mère. Quand la lettre me parvint au-delà des mers, ma sœur elle-même n’existait plus ; elle était morte aussi des suites de son emprisonnement. Ces deux voix sorties du tombeau, cette mort qui servait d’interprète à la mort, m’ont frappé ; je suis devenu chrétien »

* « Mémoires d’outre-tombe ». Haut

** « Études historiques ». Haut

Chateaubriand, « Les Natchez. Tome I »

XIXe siècle

Il s’agit des « Natchez » de François René de Chateaubriand, auteur et politique français, père du romantisme chrétien (XVIIIe-XIXe siècle). Le mal, le grand mal de Chateaubriand fut d’être né entre deux siècles, « comme au confluent de deux fleuves »*, et de voir les caractères opposés de ces deux siècles se rencontrer dans ses opinions. Sorti des entrailles de l’ancienne monarchie, de l’ancienne aristocratie, il se plaça contre la Révolution française, dès qu’il la vit dans ses premières violences, et il resta royaliste, souvent contre son instinct. Car au fond de lui-même, il était de la race, de la famille de Napoléon Bonaparte. Même fougue, même éclat, même mélancolie moderne. Si les Bourbons avaient mieux apprécié Chateaubriand, il est possible qu’il eût été moins vulnérable au souvenir de l’Empereur devenu resplendissant comme un « large soleil ». Le parallèle qu’il fait dans ses « Mémoires d’outre-tombe » entre l’Empire et la monarchie bourbonienne, pour cruel qu’il soit, est l’expression sincère de la conception de l’auteur, tellement plus vraie que celle du politique : « Retomber de Bonaparte et de l’Empire à ce qui les a suivis, c’est tomber de la réalité dans le néant ; du sommet d’une montagne dans un gouffre. Tout n’est-il pas terminé avec Napoléon ?… Comment nommer Louis XVIII en place de l’Empereur ? Je rougis en [y] pensant ». Triste jusqu’au désespoir, sans amis et sans espérance, il était obsédé par un passé à jamais évanoui et tombé dans le néant. « Je n’ai plus qu’à m’asseoir sur des ruines et à mépriser cette vie », écrivait-il** en songeant qu’il était lui-même une ruine encore plus chancelante. Aucune pensée ne venait le consoler excepté la religion chrétienne, à laquelle il était revenu avec chaleur et avec véhémence. Sa mère et sa sœur avaient eu la plus grande part à cette conversion : « Ma mère, après avoir été jetée à soixante-douze ans dans des cachots où elle vit périr une partie de ses enfants, expira enfin sur un grabat, où ses malheurs l’avaient reléguée. Le souvenir de mes égarements [le scepticisme de mon “Essai sur les Révolutions”] répandit sur ses derniers jours une grande amertume ; elle chargea, en mourant, une de mes sœurs de me rappeler à cette religion dans laquelle j’avais été élevé. Ma sœur me manda le dernier vœu de ma mère. Quand la lettre me parvint au-delà des mers, ma sœur elle-même n’existait plus ; elle était morte aussi des suites de son emprisonnement. Ces deux voix sorties du tombeau, cette mort qui servait d’interprète à la mort, m’ont frappé ; je suis devenu chrétien »

* « Mémoires d’outre-tombe ». Haut

** « Études historiques ». Haut

Chateaubriand, « Atala • René • Les Aventures du dernier Abencérage »

XIXᵉ siècle

XIXe siècle

Il s’agit d’« Atala » et autres œuvres de François René de Chateaubriand, auteur et politique français, père du romantisme chrétien (XVIIIe-XIXe siècle). Le mal, le grand mal de Chateaubriand fut d’être né entre deux siècles, « comme au confluent de deux fleuves »*, et de voir les caractères opposés de ces deux siècles se rencontrer dans ses opinions. Sorti des entrailles de l’ancienne monarchie, de l’ancienne aristocratie, il se plaça contre la Révolution française, dès qu’il la vit dans ses premières violences, et il resta royaliste, souvent contre son instinct. Car au fond de lui-même, il était de la race, de la famille de Napoléon Bonaparte. Même fougue, même éclat, même mélancolie moderne. Si les Bourbons avaient mieux apprécié Chateaubriand, il est possible qu’il eût été moins vulnérable au souvenir de l’Empereur devenu resplendissant comme un « large soleil ». Le parallèle qu’il fait dans ses « Mémoires d’outre-tombe » entre l’Empire et la monarchie bourbonienne, pour cruel qu’il soit, est l’expression sincère de la conception de l’auteur, tellement plus vraie que celle du politique : « Retomber de Bonaparte et de l’Empire à ce qui les a suivis, c’est tomber de la réalité dans le néant ; du sommet d’une montagne dans un gouffre. Tout n’est-il pas terminé avec Napoléon ?… Comment nommer Louis XVIII en place de l’Empereur ? Je rougis en [y] pensant ». Triste jusqu’au désespoir, sans amis et sans espérance, il était obsédé par un passé à jamais évanoui et tombé dans le néant. « Je n’ai plus qu’à m’asseoir sur des ruines et à mépriser cette vie », écrivait-il** en songeant qu’il était lui-même une ruine encore plus chancelante. Aucune pensée ne venait le consoler excepté la religion chrétienne, à laquelle il était revenu avec chaleur et avec véhémence. Sa mère et sa sœur avaient eu la plus grande part à cette conversion : « Ma mère, après avoir été jetée à soixante-douze ans dans des cachots où elle vit périr une partie de ses enfants, expira enfin sur un grabat, où ses malheurs l’avaient reléguée. Le souvenir de mes égarements [le scepticisme de mon “Essai sur les Révolutions”] répandit sur ses derniers jours une grande amertume ; elle chargea, en mourant, une de mes sœurs de me rappeler à cette religion dans laquelle j’avais été élevé. Ma sœur me manda le dernier vœu de ma mère. Quand la lettre me parvint au-delà des mers, ma sœur elle-même n’existait plus ; elle était morte aussi des suites de son emprisonnement. Ces deux voix sorties du tombeau, cette mort qui servait d’interprète à la mort, m’ont frappé ; je suis devenu chrétien »

* « Mémoires d’outre-tombe ». Haut

** « Études historiques ». Haut

Voltaire, « Correspondance. Tome I. 1704-1738 »

éd. Gallimard, coll. Bibliothèque de la Pléiade, Paris

éd. Gallimard, coll. Bibliothèque de la Pléiade, Paris

Il s’agit de la « Correspondance » de Voltaire, la meilleure, la plus délicieuse de toutes les correspondances ; celle qui fut à elle seule l’esprit de l’Europe (XVIIIe siècle). « En recommandant la lecture de Voltaire », dit un critique*, « j’avoue mes préférences. S’il fallait sacrifier quelque chose de lui, je donnerais les tragédies et les comédies pour garder les petits vers ; s’il fallait sacrifier encore quelque chose, je donnerais plutôt les histoires, toutes charmantes qu’elles sont, que les romans ; …mais enfin il y a une chose que je ne me déciderais jamais à livrer, c’est la “Correspondance” ». En effet, de tous les genres littéraires dont s’occupa Voltaire, celui où il fut le plus original ; celui où il eut un ton que personne ne lui avait donné, et que tout le monde voulut imiter ; celui, enfin, où il domina, de l’aveu même des jaloux qui consentent quelquefois à reconnaître un mérite unanimement reconnu, c’est le genre épistolaire. On y trouve l’ensemble et la perfection de tous les styles ; on y trouve la facilité brillante d’un esprit aussi supérieur aux sujets qu’il traite, qu’aux gens à qui il s’adresse : « Quel génie se joue dans ses poésies et ses plaisanteries et ses lettres immortelles ! Or, tout ce qu’on admire dans les deux premières se retrouve dans les lettres avec une inépuisable abondance : vers faciles, railleries charmantes à propos de tous les personnages et de tous les événements qui ont passé, dans ce siècle agité, devant cet esprit curieux… Ce qu’il peut se succéder, pendant plus de soixante ans, d’amours, de haines, de plaisirs, de douleurs, de colères, dans une âme singulièrement impressionnable et mobile, est exprimé là au vif… chaque sentiment entier occupant toute l’âme, comme s’il devait durer éternellement, puis effacé tout à coup par un autre… ; variété inépuisable des sujets qui passent sous cette plume légère ; séductions d’un esprit enchanteur qui veut plaire et invente pour plaire les tours les plus délicats, toujours aimable, toujours nouveau. Tout cela forme un des spectacles les plus attrayants qu’on puisse avoir en ce monde », dit le même critique. De tous les hommes célèbres dont on a imprimé les lettres après leur mort, Voltaire est le premier qui ait écrit à la fois en écrivain et en homme du monde, et qui ait montré qu’il est aussi naturellement l’un que l’autre. Son talent, qui peut être inégal dans ses grands ouvrages, est toujours parfait dans ses jeux, quand sa plume court avec une rapidité, une négligence, qui n’appartiennent qu’à lui.

* Ernest Bersot. Haut

Ji Yun, « Passe-temps d’un été à Luanyang »

éd. Gallimard, coll. Connaissance de l’Orient, Paris

éd. Gallimard, coll. Connaissance de l’Orient, Paris

Il s’agit d’une traduction partielle des « Notes de la chaumière de la subtile perception »* (« Yue wei cao tang bi ji »**) de Ji Yun***, érudit chinois, bibliothécaire de l’Empereur Qian Long. L’œuvre officielle de Ji Yun, celle qui inscrivit à jamais son nom dans les annales, ce fut la « Collection intégrale des quatre magasins »**** (« Si ku quan shu »*****) dont il fut l’éditeur en chef. Entreprise en 1772 sous le patronage impérial, cette gigantesque collection rassemblait, sous la plume de quinze mille copistes, tous les livres chinois qui, soit par le sujet qu’ils traitaient, soit par la manière dont ce sujet était abordé, méritaient de passer à la postérité. « À la tête d’une minutieuse armée de lecteurs, compilateurs, rédacteurs, vérificateurs, réviseurs, scribes, copistes et greffiers de haut vol, Ji Yun s’absorba dans cette tâche abyssale durant près de quinze ans ; et les avatars de cette collection, dont seuls de rarissimes exemplaires subsistent de nos jours, ont fait rêver Borges », explique M. Jacques Dars******. Mais son autre œuvre, toute personnelle et pour ainsi dire exutoire à de si graves travaux, ce fut un recueil de mille deux cents anecdotes curieuses, histoires de fantômes et d’esprits-renards, singularités piquantes, glanées çà et là dans ses lectures. Ce recueil, qu’un disciple de Ji Yun réunit plus tard sous le titre de « Notes de la chaumière de la subtile perception », fut publié originellement en cinq livres successifs, parus entre 1789 et 1798 : « Villégiature d’été à Luanyang », (« Luan yang xiao xia lu »*******), « Telle est l’histoire qui m’est parvenue » (« Ru shi wo wen »********), « Mélanges à l’Ouest du sophora » (« Huai xi za zhi »*********), « On peut toujours prêter l’oreille » (« Gu wang ting zhi »**********) et « Suite à la “Villégiature d’été à Luanyang” » (« Luan yang xu lu »***********).

* Parfois traduit « Anecdotes de l’ermitage Yuewei », « Notes de la chaumière subtile », « Notes de la chaumière des observations subtiles », « Notes au fil du pinceau de la chaumière où scruter les mystères subtils », « Notes de la chaumière de revues minutieuses » ou « Notes du studio de chaume sur de menues remarques ». Haut

** En chinois « 閱微草堂筆記 ». Parfois transcrit « Yue-wei-ts’ao-t’ang-pi-ki » ou « Yüeh-wei ts’ao-t’ang pi-chi ». Haut

*** En chinois 紀昀. Autrefois transcrit Ki Yun ou Chi Yün. Haut

**** Autrefois traduit « Bibliothèque complète en quatre sections », « Bibliothèque complète des quatre trésors », « Collection des quatre greniers », « Recueil de tous les livres qui remplissent les quatre magasins », « Somme des livres des quatre corpus » ou « Collection complète des œuvres écrites réparties en quatre magasins ». Par « quatre magasins », il faut comprendre les quatre catégories traditionnelles : ouvrages canoniques (), ouvrages historiques (), ouvrages philosophiques (), ouvrages littéraires ou mélanges (). Haut

***** En chinois « 四庫全書 ». Autrefois transcrit « Sseu-k’ou ts’iuan-chou », « Sée-kou-tsiuen-chou », « Ssu-k’u ch’üan-shu » ou « Szu k’u ch’üan shu ». Haut

****** « Préface à “Des Nouvelles de l’au-delà” » (éd. Gallimard, coll. Folio, Paris). Haut

******* En chinois « 灤陽消夏錄 ». Autrefois transcrit « Luan-yang hsiao-hsia lu ». Haut

******** En chinois « 如是我聞 ». Parfois transcrit « Ju-shih wo-wen ». Haut

********* En chinois « 槐西雜志 ». Parfois transcrit « Huai-hsi tsa-chih ». « À l’Ouest du sophora » était le nom d’une résidence de fonction que Ji Yun occupa dans la banlieue Ouest de Pékin. Haut

********** En chinois « 姑妄聽之 ». Parfois transcrit « Ku-wang t’ing-chih ». Haut

*********** En chinois « 灤陽續錄 ». Parfois transcrit « Luan-yang hsü-lu ». Haut

Ji Yun, « Notes de la chaumière des observations subtiles »

éd. Kwok On, coll. Culture, Paris

éd. Kwok On, coll. Culture, Paris

Il s’agit d’une traduction partielle des « Notes de la chaumière de la subtile perception »* (« Yue wei cao tang bi ji »**) de Ji Yun***, érudit chinois, bibliothécaire de l’Empereur Qian Long. L’œuvre officielle de Ji Yun, celle qui inscrivit à jamais son nom dans les annales, ce fut la « Collection intégrale des quatre magasins »**** (« Si ku quan shu »*****) dont il fut l’éditeur en chef. Entreprise en 1772 sous le patronage impérial, cette gigantesque collection rassemblait, sous la plume de quinze mille copistes, tous les livres chinois qui, soit par le sujet qu’ils traitaient, soit par la manière dont ce sujet était abordé, méritaient de passer à la postérité. « À la tête d’une minutieuse armée de lecteurs, compilateurs, rédacteurs, vérificateurs, réviseurs, scribes, copistes et greffiers de haut vol, Ji Yun s’absorba dans cette tâche abyssale durant près de quinze ans ; et les avatars de cette collection, dont seuls de rarissimes exemplaires subsistent de nos jours, ont fait rêver Borges », explique M. Jacques Dars******. Mais son autre œuvre, toute personnelle et pour ainsi dire exutoire à de si graves travaux, ce fut un recueil de mille deux cents anecdotes curieuses, histoires de fantômes et d’esprits-renards, singularités piquantes, glanées çà et là dans ses lectures. Ce recueil, qu’un disciple de Ji Yun réunit plus tard sous le titre de « Notes de la chaumière de la subtile perception », fut publié originellement en cinq livres successifs, parus entre 1789 et 1798 : « Villégiature d’été à Luanyang », (« Luan yang xiao xia lu »*******), « Telle est l’histoire qui m’est parvenue » (« Ru shi wo wen »********), « Mélanges à l’Ouest du sophora » (« Huai xi za zhi »*********), « On peut toujours prêter l’oreille » (« Gu wang ting zhi »**********) et « Suite à la “Villégiature d’été à Luanyang” » (« Luan yang xu lu »***********).

* Parfois traduit « Anecdotes de l’ermitage Yuewei », « Notes de la chaumière subtile », « Notes de la chaumière des observations subtiles », « Notes au fil du pinceau de la chaumière où scruter les mystères subtils », « Notes de la chaumière de revues minutieuses » ou « Notes du studio de chaume sur de menues remarques ». Haut

** En chinois « 閱微草堂筆記 ». Parfois transcrit « Yue-wei-ts’ao-t’ang-pi-ki » ou « Yüeh-wei ts’ao-t’ang pi-chi ». Haut

*** En chinois 紀昀. Autrefois transcrit Ki Yun ou Chi Yün. Haut

**** Autrefois traduit « Bibliothèque complète en quatre sections », « Bibliothèque complète des quatre trésors », « Collection des quatre greniers », « Recueil de tous les livres qui remplissent les quatre magasins », « Somme des livres des quatre corpus » ou « Collection complète des œuvres écrites réparties en quatre magasins ». Par « quatre magasins », il faut comprendre les quatre catégories traditionnelles : ouvrages canoniques (), ouvrages historiques (), ouvrages philosophiques (), ouvrages littéraires ou mélanges (). Haut

***** En chinois « 四庫全書 ». Autrefois transcrit « Sseu-k’ou ts’iuan-chou », « Sée-kou-tsiuen-chou », « Ssu-k’u ch’üan-shu » ou « Szu k’u ch’üan shu ». Haut

****** « Préface à “Des Nouvelles de l’au-delà” » (éd. Gallimard, coll. Folio, Paris). Haut

******* En chinois « 灤陽消夏錄 ». Autrefois transcrit « Luan-yang hsiao-hsia lu ». Haut

******** En chinois « 如是我聞 ». Parfois transcrit « Ju-shih wo-wen ». Haut

********* En chinois « 槐西雜志 ». Parfois transcrit « Huai-hsi tsa-chih ». « À l’Ouest du sophora » était le nom d’une résidence de fonction que Ji Yun occupa dans la banlieue Ouest de Pékin. Haut

********** En chinois « 姑妄聽之 ». Parfois transcrit « Ku-wang t’ing-chih ». Haut

*********** En chinois « 灤陽續錄 ». Parfois transcrit « Luan-yang hsü-lu ». Haut

Hâtef d’Ispahan, « Trois Odes mystiques »

dans « Journal asiatique », sér. 5, vol. 7, p. 130-147

Il s’agit des odes mystiques d’Ahmad Hâtef d’Ispahan*, poète persan du XVIIIe siècle apr. J.-C. Dans le siècle de décadence où vivait ce charmant poète, la corruption du goût devenait de jour en jour plus profonde. Le titre si recherché de « roi des poètes » (« malik-os-cho’arâ »**) était accordé non plus au talent, mais à la flatterie ; si bien que, selon le mot ingénieux d’un orientaliste***, le « roi des poètes » n’était plus que le « poète des rois ». La Cour des petits princes, celle des Afcharides et des Zend, retentissait du ramage de trois ou quatre cents flatteurs, « brillants perroquets mordillant du sucre dans leur bec », pour parler le langage du temps. Parmi cette foule de rimeurs obscurs, on rencontre avec surprise un poète véritable, un seul : Hâtef d’Ispahan. Il doit sa renommée surtout aux odes mystiques, composées de « strophes en refrain » (« tardji’-bend »****), qui sont des strophes se terminant avec la même rime, sauf le dernier vers ou le « refrain », qui a une rime différente. « [Ces] odes sont généralement goûtées en Perse et semblent avoir mérité l’attention de quelques personnes auxquelles leurs études et leurs voyages ont rendu familières les mœurs et la poésie des Orientaux ; elles y ont remarqué une grâce particulière de style, une grande élévation d’esprit et une liaison d’idées que l’on trouve rarement dans les ghazels les plus renommés, et même dans les odes du célèbre Hâfez », explique Joseph-Marie Jouannin*****. Hâtef y chante le plus souvent le « Bien-Aimé », le « Vieillard », l’« Éternel » avec tout le mysticisme, avec toutes les conventions de la secte soufie à laquelle il appartient, mais dans un style d’une rare simplicité, dans un langage tendre et ému, porté au plus haut degré de perfection ; en un mot, avec une grâce qui manquait à ses contemporains.

* En persan احمد هاتف اصفهانی. Parfois transcrit Ahmed Hâtif Isfahâni ou Aḥmad Hātef Eṣfahāni. Haut

** En persan ملک‌الشعرا. Haut

*** Joseph von Hammer-Purgstall. Haut

**** En persan ترجیع‌بند. Parfois transcrit « tarjí‘-band ». Haut

***** « Deux Odes mystiques », p. 344. Haut

Hâtef d’Ispahan, « Deux Odes mystiques »

dans « Journal asiatique », sér. 1, vol. 11, p. 344-355

dans « Journal asiatique », sér. 1, vol. 11, p. 344-355

Il s’agit des odes mystiques d’Ahmad Hâtef d’Ispahan*, poète persan du XVIIIe siècle apr. J.-C. Dans le siècle de décadence où vivait ce charmant poète, la corruption du goût devenait de jour en jour plus profonde. Le titre si recherché de « roi des poètes » (« malik-os-cho’arâ »**) était accordé non plus au talent, mais à la flatterie ; si bien que, selon le mot ingénieux d’un orientaliste***, le « roi des poètes » n’était plus que le « poète des rois ». La Cour des petits princes, celle des Afcharides et des Zend, retentissait du ramage de trois ou quatre cents flatteurs, « brillants perroquets mordillant du sucre dans leur bec », pour parler le langage du temps. Parmi cette foule de rimeurs obscurs, on rencontre avec surprise un poète véritable, un seul : Hâtef d’Ispahan. Il doit sa renommée surtout aux odes mystiques, composées de « strophes en refrain » (« tardji’-bend »****), qui sont des strophes se terminant avec la même rime, sauf le dernier vers ou le « refrain », qui a une rime différente. « [Ces] odes sont généralement goûtées en Perse et semblent avoir mérité l’attention de quelques personnes auxquelles leurs études et leurs voyages ont rendu familières les mœurs et la poésie des Orientaux ; elles y ont remarqué une grâce particulière de style, une grande élévation d’esprit et une liaison d’idées que l’on trouve rarement dans les ghazels les plus renommés, et même dans les odes du célèbre Hâfez », explique Joseph-Marie Jouannin*****. Hâtef y chante le plus souvent le « Bien-Aimé », le « Vieillard », l’« Éternel » avec tout le mysticisme, avec toutes les conventions de la secte soufie à laquelle il appartient, mais dans un style d’une rare simplicité, dans un langage tendre et ému, porté au plus haut degré de perfection ; en un mot, avec une grâce qui manquait à ses contemporains.

* En persan احمد هاتف اصفهانی. Parfois transcrit Ahmed Hâtif Isfahâni ou Aḥmad Hātef Eṣfahāni. Haut

** En persan ملک‌الشعرا. Haut

*** Joseph von Hammer-Purgstall. Haut

**** En persan ترجیع‌بند. Parfois transcrit « tarjí‘-band ». Haut

***** p. 344. Haut

Parny, « Œuvres complètes. Tome I. La Guerre des dieux • Les Déguisements de Vénus »

éd. L’Harmattan, coll. Les Introuvables, Paris

Il s’agit d’Évariste-Désiré, chevalier de Parny, poète et créole qui doit la meilleure partie de sa renommée à ses « Élégies » érotiques et ses « Chansons madécasses » (XVIIIe siècle). Chateaubriand les savait par cœur, et il écrivit à l’homme dont les vers faisaient ses délices pour lui demander la permission de le voir : « Parny me répondit poliment ; je me rendis chez lui, rue de Cléry. Je trouvai un homme assez jeune encore, de très bon ton, grand, maigre, le visage marqué de petite vérole. Il me rendit ma visite ; je le présentai à mes sœurs. Il aimait peu la société et il en fut bientôt chassé par la politique… Je n’ai point connu d’écrivain qui fût plus semblable à ses ouvrages : poète et créole, il ne lui fallait que le ciel de l’Inde, une fontaine, un palmier et une femme. Il redoutait le bruit, cherchait à glisser dans la vie sans être aperçu… et n’était trahi dans son obscurité que par… sa lyre »*. Mais le premier trait distinctif du « seul poète élégiaque que la France ait encore produit », comme l’appelait Chateaubriand**, était sa bonté et sa sympathie. Sensible partout aux malheurs de l’humanité, Parny déplorait le sort de l’Inde affamée, ravagée par la politique de l’Angleterre, et celui des Noirs dans les colonies de la France dont la nourriture était « saine et assez abondante », mais qui avaient la pioche à la main depuis quatre heures du matin jusqu’au coucher du soleil : « Non, je ne saurais me plaire », écrivait-il*** de l’île de la Réunion, qui était son île natale — « non, je ne saurais me plaire dans un pays où mes regards ne peuvent tomber que sur le spectacle de la servitude, où le bruit des fouets et des chaînes étourdit mon oreille et retentit dans mon cœur. Je ne vois que des tyrans et des esclaves, et je ne vois pas mon semblable. On troque tous les jours un homme contre un cheval : il est impossible que je m’accoutume à une bizarrerie si révoltante ».

* « Mémoires d’outre-tombe », liv. IV, ch. 12. Haut

** « Essai historique sur les révolutions », liv. I, part. 1, ch. 22. Haut

*** « Tome IV », p. 130. Haut

« Anthologie de la poésie classique turque (dite du Divan) »

éd. Ayyıldız, Ankara

éd. Ayyıldız, Ankara

Il s’agit d’une anthologie de la poésie ottomane. Dès la fixation des Turcs en Anatolie, deux poésies s’affrontent, dont la première finira par l’emporter à l’époque ottomane, mais dont la seconde triomphera entièrement dans la Turquie moderne : d’un côté, celle des seigneurs et des citadins, dont le but sera de transposer en un turc bourré d’arabe et de persan les manières littéraires de ces deux grandes langues musulmanes, dans des vers fondés sur la quantité longue et brève des syllabes ; de l’autre, celle des paysans et des nomades, peut-être moins savants, mais doués d’un sens plus vif de leur langue maternelle, souvent nourris de chansons populaires, qui entreprendront d’exprimer leur sensibilité et leur pensée selon le génie national, dans des vers fondés sur le seul nombre des syllabes. Les succès prestigieux, au XIVe siècle, du seigneur turc Othman, qui soumet avec le secours de l’islamisme toute l’Anatolie avant de se lancer à la conquête des Balkans et du Proche-Orient, ont pour conséquence inéluctable, en même temps qu’une centralisation du pouvoir, la réunion à la Cour de tous les poètes de renom, qui deviennent ainsi « des écrivains professionnels et courtisans, aristocrates et pédants, vivant en vase clos et de façon artificielle, coupés du reste de la nation »*. Au XVIe siècle, avec l’apogée de l’Empire sous le règne du sultan Soliman coïncide, comme de juste, la maturité de la poésie ottomane, incarnée par Bâkî**. Poète de génie, Bâkî doit à son seul talent une brillante réputation et une haute fortune ; car s’il débute sa vie comme fils d’un pauvre muezzin, il finit sa carrière comme vizir. « Ses ghazels — courts poèmes lyriques de ton généralement léger — où ce grave ecclésiastique chante l’amour et le vin en des termes qui nous surprennent, mais dont les commentateurs orthodoxes assurent qu’ils sont symboliques, sont parmi les plus célèbres »***. Je leur préfère, cependant, la perfection classique de son « Oraison funèbre du sultan Soliman »****, laquelle évoque avec un grand art cette période où l’Empire ottoman était sans doute le plus puissant du monde

* Louis Bazin, « Littérature turque ». Haut

** Autrefois transcrit Bâqî ou Baqui. Haut

*** Louis Bazin, « Littérature turque ». Haut

**** En turc « Mersiye-i sultân Süleymân ». Haut

Nguyễn Du, « Kim-Vân-Kiêu »

éd. Gallimard-UNESCO, coll. Connaissance de l’Orient, Paris

éd. Gallimard-UNESCO, coll. Connaissance de l’Orient, Paris

Il s’agit du « Kim-Vân-Kiều »* (XIXe siècle), poème de plus de trois mille vers qui montrent l’âme vietnamienne dans toute sa sensibilité, sa pureté et son abnégation, et qui comptent parmi les plus remarquables du monde. « Il faut suspendre son souffle, il faut marcher avec précaution pour être en mesure de saisir [leur] beauté, tellement ils sont gracieux, jolis, grandioses, splendides », dit un écrivain moderne**. Leur auteur, Nguyễn Du***, laissa la réputation d’un homme mélancolique et taciturne. Mandarin malgré lui, il remplissait les devoirs de sa charge aussi bien ou même mieux que les autres, mais il resta, au fond, étranger aux ambitions. Son grand désir fut de se retirer dans la solitude de son village ; son grand bonheur fut de cacher ses talents : « Que ceux qui ont du talent ne se glorifient donc pas de leur talent ! », dit-il****. « Le mot “tài” [talent] rime avec le mot “tai” [malheur]. » Au cours de la maladie qui lui fut fatale, Nguyễn Du refusa tout médicament, et lorsqu’il apprit que ses pieds étaient déjà glacés, il déclara dans un soupir : « C’est bien ainsi ! » Ce furent ses dernières paroles. Le mérite incomparable du « Kim-Vân-Kiều » n’a pas échappé à l’attention de Phạm Quỳnh, celui des critiques vietnamiens du siècle dernier qui a montré le plus d’érudition et de justesse dans ses opinions littéraires, dont une, en particulier, est devenue célèbre : « Qu’avons-nous à craindre, qu’avons-nous à être inquiets : le “Kiều” restant, notre langue reste ; notre langue restant, notre pays reste »

* Parfois transcrit « Kim-Van-Kiéou » ou « Kim Ven Kièou ». Outre cette appellation communément employée, le « Kim-Vân-Kiều » porte encore divers titres, selon les éditions, tels que : « Truyện Kiều » (« Histoire de Kiều ») ou « Đoạn Trường Tân Thanh » (« Le Cœur brisé, nouvelle version »). Haut

** M. Hoài Thanh. Haut

*** Autrefois transcrit Nguyên Zou. À ne pas confondre avec Nguyễn Dữ, l’auteur du « Vaste Recueil de légendes merveilleuses », qui vécut deux siècles plus tôt. Haut

**** p. 173. Haut

Akinari, « Contes de pluie et de lune, “Ugetsu-monogatari” »

éd. Gallimard-UNESCO, coll. Connaissance de l’Orient, Paris

éd. Gallimard-UNESCO, coll. Connaissance de l’Orient, Paris

Il s’agit de contes fantastiques d’Akinari Ueda*, la figure la plus attachante de la littérature japonaise du XVIIIe siècle. Fils d’une courtisane et d’un père inconnu, le jeune Akinari mena quelque temps une vie dissolue, avant de rencontrer le philologue Katô Umaki**, de séjour à Ôsaka. Il se mit aussitôt à l’école de celui qui devint pour lui le maître et l’ami. Ce fut une révélation : « Le maître passait ses heures de loisir près de ma demeure. Au hasard des questions que je lui posais sur des mots anciens, nous en vînmes à parler du “Dit du genji”. Je lui posai çà et là quelques questions, puis je copiai en regard du texte ma traduction en termes vulgaires ; comme je lui exposais en outre ma propre façon de comprendre, il sourit avec un signe d’approbation… Je lui demandai sept ans des renseignements par lettres »***. Le résultat de cette liaison fut d’élever peu à peu les horizons d’Akinari ; de le détourner des succès faciles qu’il avait obtenus jusque-là pour le conduire à cet art véritable qu’il conquerra, la plume à la main, dans son « Ugetsu-monogatari »**** (« Dit de pluie et de lune »). Par « ugetsu », c’est-à-dire « pluie et lune », Akinari fait allusion au calme après la pluie, quand la lune se couvre de brumes — temps idéal pour les spectres et les démons qui peuplent ses contes. Par « monogatari », c’est-à-dire « dit », Akinari indique qu’il renoue par son grand style, par sa manière noble et agréable de s’exprimer, avec les lettres anciennes de la Chine et du Japon. « L’originalité, dans l’“Ugetsu-monogatari”, réside, en effet, dans le style d’Akinari, même quand il traduit, même lorsqu’il compose — comme c’est le cas pour la “Maison dans les roseaux” — des paragraphes entiers avec des fragments glanés dans les classiques les mieux connus de tous. Dans le second cas, le plaisir du lecteur japonais est parfait : il y retrouve à profusion les allusions littéraires dont il est friand, mais il les retrouve dans un agencement nouveau qui leur rend une intensité inattendue, de telle sorte que, sous le pinceau d’Akinari, les poncifs les plus éculés se chargent d’une signification nouvelle », dit M. René Sieffert

* En japonais 上田秋成. Haut

** En japonais 加藤美樹. Haut

*** Dans Pierre Humbertclaude, « Essai sur la vie et l’œuvre de Ueda Akinari ». Haut

**** En japonais « 雨月物語 ». Haut