Mot-clefHongrie

pays, gen­tilé ou langue

von Neumann, « Théorie générale et Logique des automates »

éd. Champ Vallon, coll. Milieux, Seyssel

éd. Champ Val­lon, coll. Mi­lieux, Seys­sel

Il s’agit de « Théo­rie gé­né­rale et Lo­gique des au­to­mates » (« The Ge­ne­ral and Lo­gi­cal Theory of Au­to­mata ») de M. Já­nos Neu­mann, dit Jo­hann von Neu­mann, dit John von Neu­mann, homme de science uni­ver­sel (XXe siècle). On a sou­vent com­paré l’intelligence de cet homme à celle d’une ma­chine dont les en­gre­nages s’emboîtaient avec une pré­ci­sion mil­li­mé­trée. Au mo­ment de quit­ter la vie à l’âge peu avancé de cin­quante-trois ans, il avait contri­bué aux thèses les plus fon­da­men­tales et les plus abs­traites de la science mo­derne ; il s’était aussi im­pli­qué dans leurs ap­pli­ca­tions les plus ra­di­cales. Ces thèses ont des noms à la fois mys­té­rieux et étran­ge­ment fa­mi­liers : théo­rie des en­sembles, al­gèbre des ob­ser­vables quan­tiques, théo­rie des jeux, concep­tion d’armements ato­miques, stra­té­gie de la des­truc­tion mu­tuelle as­su­rée, théo­rie des au­to­mates cel­lu­laires, ar­chi­tec­ture des or­di­na­teurs pro­gram­mables. L’ordinateur sur le­quel j’écris ces lignes, de même que le té­lé­phone qui se trouve dans votre poche, re­posent sur cette ar­chi­tec­ture qu’on ap­pelle dé­sor­mais « de von Neu­mann ». Tout ceci est le pro­duit d’un cer­veau pro­di­gieux né dans l’ombre de l’immense bi­blio­thèque fa­mi­liale à Bu­da­pest. Les Neu­mann fai­saient par­tie de ces fa­milles juives hon­groises qui, en dé­pit des per­sé­cu­tions, s’étaient as­suré une po­si­tion res­pec­table au sein de la bour­geoi­sie de l’Europe cen­trale. Ils avaient en­touré leur fils de gou­ver­nantes triées sur le vo­let, l’adressant en al­le­mand, an­glais et fran­çais. Les autres ma­tières lui étaient en­sei­gnées par une nuée de tu­teurs pri­vés. Et son temps libre, l’enfant le pas­sait ab­sorbé dans les qua­rante-quatre vo­lumes in-8o de l’« All­ge­meine Ges­chichte in Ein­zel­dars­tel­lun­gen » (« His­toire gé­né­rale en ré­cits dé­ta­chés ») qu’il ap­pre­nait par cœur. À l’âge de six ans, sa mé­moire n’était plus celle d’un être hu­main, mais celle d’un ex­tra­ter­restre qui avait étu­dié les hommes afin de les imi­ter à la per­fec­tion. Il lui suf­fi­sait de lire une page dans une langue quel­conque — fût-ce le grec an­cien de « La Guerre du Pé­lo­pon­nèse », l’allemand de « Faust » ou les chiffres d’un vul­gaire an­nuaire té­lé­pho­nique — pour la ré­ci­ter mot à mot, même des an­nées après, sans achop­per. Cette af­fir­ma­tion, qu’on pour­rait croire exa­gé­rée ou ne pas croire du tout, est ré­pé­tée par tous ceux qui l’ont cô­toyé un jour, à com­men­cer par ses col­lègues et com­pa­triotes hon­grois sur­nom­més « les Mar­tiens » et ras­sem­blés à Los Ala­mos pour dé­ve­lop­per la bombe H : MM. Ed­ward Tel­ler, Leó Szilárd, Eu­gene Wi­gner, etc. « Si une race men­ta­le­ment sur­hu­maine de­vait ja­mais se dé­ve­lop­per », dé­clare M. Tel­ler1, « ses membres res­sem­ble­ront à Johnny von Neu­mann. » À vingt-deux ans, il était non seule­ment doc­teur en ma­thé­ma­tiques à l’Université de Buda­pest, mais di­plômé de chi­mie à la pres­ti­gieuse Po­ly­tech­nique de Zu­rich — celle où Ein­stein avait été re­calé. Et lorsqu’en 1928, il se mit à en­sei­gner en tant que pri­vat-dozent à l’Université de Ber­lin, étant le plus jeune ja­mais élu à ce poste, la gloire et la re­nom­mée s’accoutumèrent à ne plus par­ler sans lui.

  1. Dans Wal­ter Isaac­son. Haut

von Neumann, « L’Ordinateur et le Cerveau »

éd. La Découverte, coll. Textes à l’appui, Paris

éd. La Dé­cou­verte, coll. Textes à l’appui, Pa­ris

Il s’agit de « L’Ordinateur et le Cer­veau » (« The Com­pu­ter and the Brain ») de M. Já­nos Neu­mann, dit Jo­hann von Neu­mann, dit John von Neu­mann, homme de science uni­ver­sel (XXe siècle). On a sou­vent com­paré l’intelligence de cet homme à celle d’une ma­chine dont les en­gre­nages s’emboîtaient avec une pré­ci­sion mil­li­mé­trée. Au mo­ment de quit­ter la vie à l’âge peu avancé de cin­quante-trois ans, il avait contri­bué aux thèses les plus fon­da­men­tales et les plus abs­traites de la science mo­derne ; il s’était aussi im­pli­qué dans leurs ap­pli­ca­tions les plus ra­di­cales. Ces thèses ont des noms à la fois mys­té­rieux et étran­ge­ment fa­mi­liers : théo­rie des en­sembles, al­gèbre des ob­ser­vables quan­tiques, théo­rie des jeux, concep­tion d’armements ato­miques, stra­té­gie de la des­truc­tion mu­tuelle as­su­rée, théo­rie des au­to­mates cel­lu­laires, ar­chi­tec­ture des or­di­na­teurs pro­gram­mables. L’ordinateur sur le­quel j’écris ces lignes, de même que le té­lé­phone qui se trouve dans votre poche, re­posent sur cette ar­chi­tec­ture qu’on ap­pelle dé­sor­mais « de von Neu­mann ». Tout ceci est le pro­duit d’un cer­veau pro­di­gieux né dans l’ombre de l’immense bi­blio­thèque fa­mi­liale à Bu­da­pest. Les Neu­mann fai­saient par­tie de ces fa­milles juives hon­groises qui, en dé­pit des per­sé­cu­tions, s’étaient as­suré une po­si­tion res­pec­table au sein de la bour­geoi­sie de l’Europe cen­trale. Ils avaient en­touré leur fils de gou­ver­nantes triées sur le vo­let, l’adressant en al­le­mand, an­glais et fran­çais. Les autres ma­tières lui étaient en­sei­gnées par une nuée de tu­teurs pri­vés. Et son temps libre, l’enfant le pas­sait ab­sorbé dans les qua­rante-quatre vo­lumes in-8o de l’« All­ge­meine Ges­chichte in Ein­zel­dars­tel­lun­gen » (« His­toire gé­né­rale en ré­cits dé­ta­chés ») qu’il ap­pre­nait par cœur. À l’âge de six ans, sa mé­moire n’était plus celle d’un être hu­main, mais celle d’un ex­tra­ter­restre qui avait étu­dié les hommes afin de les imi­ter à la per­fec­tion. Il lui suf­fi­sait de lire une page dans une langue quel­conque — fût-ce le grec an­cien de « La Guerre du Pé­lo­pon­nèse », l’allemand de « Faust » ou les chiffres d’un vul­gaire an­nuaire té­lé­pho­nique — pour la ré­ci­ter mot à mot, même des an­nées après, sans achop­per. Cette af­fir­ma­tion, qu’on pour­rait croire exa­gé­rée ou ne pas croire du tout, est ré­pé­tée par tous ceux qui l’ont cô­toyé un jour, à com­men­cer par ses col­lègues et com­pa­triotes hon­grois sur­nom­més « les Mar­tiens » et ras­sem­blés à Los Ala­mos pour dé­ve­lop­per la bombe H : MM. Ed­ward Tel­ler, Leó Szilárd, Eu­gene Wi­gner, etc. « Si une race men­ta­le­ment sur­hu­maine de­vait ja­mais se dé­ve­lop­per », dé­clare M. Tel­ler1, « ses membres res­sem­ble­ront à Johnny von Neu­mann. » À vingt-deux ans, il était non seule­ment doc­teur en ma­thé­ma­tiques à l’Université de Buda­pest, mais di­plômé de chi­mie à la pres­ti­gieuse Po­ly­tech­nique de Zu­rich — celle où Ein­stein avait été re­calé. Et lorsqu’en 1928, il se mit à en­sei­gner en tant que pri­vat-dozent à l’Université de Ber­lin, étant le plus jeune ja­mais élu à ce poste, la gloire et la re­nom­mée s’accoutumèrent à ne plus par­ler sans lui.

  1. Dans Wal­ter Isaac­son. Haut

« Vörösmarty : le poète de la Renaissance hongroise »

dans « Cosmopolis », vol. 10, p. 115-128

dans « Cos­mo­po­lis », vol. 10, p. 115-128

Il s’agit de Mi­chel Vörös­marty (Mihály Vörös­marty1), le pre­mier poète com­plet dont la Hon­grie ait pu s’enorgueillir (XIXe siècle). Après avoir ré­sisté aux in­va­sions étran­gères pen­dant une bonne par­tie de son his­toire, la Hon­grie avait senti s’user ses forces ; la lé­thar­gie l’avait sai­sie, et elle avait éprouvé une es­pèce de lent en­gour­dis­se­ment dont elle ne de­vait s’éveiller qu’avec les guerres na­po­léo­niennes, après une longue pé­riode de ger­ma­ni­sa­tion et d’anéantissement. « L’instant fut unique. L’activité se ré­ta­blit spon­ta­né­ment, im­pa­tiente de s’exercer ; de tous cô­tés, des hommes sur­girent, cher­chant la voie nou­velle, la bonne orien­ta­tion, l’acte conforme au gé­nie hon­grois »2. Un nom do­mine cette pé­riode : Mi­chel Vörös­marty. Grand ré­for­ma­teur de la langue et créa­teur d’une poé­sie émi­nem­ment na­tio­nale, ar­tiste noble et pa­triote ar­dent, Vörös­marty ou­vrit le che­min que les Petœfi et les Arany al­laient suivre. À vingt-cinq ans, il acheva son pre­mier chef-d’œuvre : « La Fuite de Zalán »3 (« Zalán Futása »), épo­pée cé­lé­brant en dix chants la vic­toire my­thique des Hon­grois dans les plaines d’Alpár et la fuite de Zalán, le chef des Slaves et des Bul­gares4. En voici le dé­but : « Gloire de nos aïeux, où t’attardes-tu dans la brume noc­turne ? On vit s’écrouler [les] siècles, et so­li­taire, tu erres sous leurs dé­combres dans la pro­fon­deur, avec un éclat [qui va] s’affaiblissant »5. Cette épo­pée fonda la gloire de Vörös­marty ; elle re­tra­çait, dans un brillant ta­bleau, les ex­ploits guer­riers des an­cêtres et leurs luttes pour la conquête du pays. La langue neuve et la cou­leur na­tio­nale va­lurent au poète l’admiration de ses com­pa­triotes. En 1848, il su­bit les consé­quences de cette gloire. Élu membre de la diète, il prit part à la Ré­vo­lu­tion, et après la ca­tas­trophe de Vilá­gos, qui vit la Hon­grie suc­com­ber sous les forces de la Rus­sie et de l’Autriche, il dut er­rer en se ca­chant dans des huttes de fo­res­tiers : « Nos pa­triam fu­gi­mus » (« Nous autres, nous fuyons la pa­trie »6), écri­vit-il sur la porte d’une ca­bane mi­sé­rable l’ayant abrité une nuit.

  1. Au­tre­fois trans­crit Mi­chel Vœrœs­marty. Haut
  2. « Un Poète hon­grois : Vörös­marty », p. 8. Haut
  3. Par­fois tra­duit « La Dé­faite de Zalán ». Haut
  1. La chro­nique ano­nyme « Gesta Hun­ga­ro­rum » (« Geste des Hon­grois », in­édit en fran­çais), qui a servi de source à Vörös­marty, dit : « Le grand “khan”, prince de Bul­ga­rie, grand-père du prince Zalán, s’était em­paré de la terre qui se trouve entre la Theisse et le Da­nube… et il avait fait ha­bi­ter là des Slaves et des Bul­gares » (« Ter­ram, quæ ja­cet in­ter This­ciam et Da­nu­bium, præoc­cu­pa­vis­set sibi “kea­nus” ma­gnus, dux Bul­ga­rie, avus Sa­lani du­cis… et fe­cis­set ibi ha­bi­tare Scla­vos et Bul­ga­ros »). Haut
  2. « Un Poète hon­grois : Vörös­marty », p. 8. Haut
  3. Vir­gile, « Bu­co­liques », poème I, v. 4. Haut

Attila József, « Aimez-moi : l’œuvre poétique »

éd. Phébus, coll. D’aujourd’hui-Étranger, Paris

éd. Phé­bus, coll. D’aujourd’hui-Étranger, Pa­ris

Il s’agit de « L’Œuvre poé­tique » de M. At­tila Józ­sef, poète hon­grois, re­belle so­li­taire, n’acceptant pas le monde tel qu’il est, s’y at­ta­quant avec la seule arme des mots, en proie à l’obsession de la mort. La pau­vreté, les coups et la fuite d’un père in­ca­pable de par­ta­ger et de sou­la­ger les mi­sères de sa fa­mille ont été pour quelque chose dans cette ob­ses­sion, ce goût qui han­tait M. At­tila Józ­sef et qui le pous­sera au bout du compte à se sui­ci­der à trente-deux ans. Y a été éga­le­ment pour quelque chose le cli­mat d’oppression ma­té­rielle et mo­rale qui pe­sait sur la Hon­grie en­tière. Mais com­men­çons par le com­men­ce­ment ! Notre poète na­quit en 1905 d’un père fa­bri­cant de sa­von et d’une mère blan­chis­seuse, sixième en­fant du couple. Son père ayant dis­paru un beau ma­tin (comme l’« écume de sa­von sur l’océan… », ra­conte un des poèmes1), M. At­tila Józ­sef dut sé­cher ses cours pour al­ler ga­gner les de­niers dont sa mère et ses sœurs avaient le be­soin le plus in­dis­pen­sable. Il fut ré­duit, tour à tour, à gar­der des pour­ceaux, la­ver des chau­dières, trier des foins, vendre des jour­naux aux coins des rues, ba­layer des bu­reaux et cha­par­der du bois. Son atout, c’était la jeu­nesse de ses vingt ans, et il s’en ser­vait : « Je n’ai rien que je rêve ou j’espère… Ma puis­sance, c’est [mes] vingt ans, et pour peu que nul n’en veuille, que le diable, lui, l’accueille ! Je vo­le­rai, l’âme pure », ra­conte un autre des poèmes2. Ven­deur à la sau­vette, vo­leur au cœur étreint de honte, il re­dou­tait les agents, les contrô­leurs, et cette crainte de l’autorité, de l’ordre, qui le pour­sui­vra jusqu’à la fin de sa vie, s’étendait à tout ce qui por­tait l’uniforme, aux che­mi­nots et aux dé­bar­deurs :

« Est-ce vous, que j’ai craints, dé­bar­deurs in­tré­pides
Qui m’en im­po­siez tant, lan­ceurs de gros ron­dins ?
Comme du bois volé, je vous em­porte vite
Dans ce monde sans [lu­mière] et rem­pli de gar­diens…
 »

  1. Poème « Áron Józ­sef m’engendra ». Haut
  1. Poème « Cœur pur ». Haut

« Révolté ou révolutionnaire ? Sándor Petőfi à travers son journal, ses lettres [et] écrits polémiques »

éd. Corvina-Odéon Diffusion, Budapest-Paris

éd. Cor­vina-Odéon Dif­fu­sion, Bu­da­pest-Pa­ris

Il s’agit de la prose de San­dor Petœfi1, le plus im­por­tant des poètes hon­grois, le chantre au tem­pé­ra­ment mi­li­taire et à l’âme hé­roïque et pas­sion­née, qui a ex­halé, dans son œuvre comme dans sa vie, un amour ef­fréné de la li­berté (XIXe siècle). « Ce n’est pas seule­ment à une pré­di­ca­tion », dit un cri­tique2, « que Petœfi a consa­cré son ta­lent ; sa vie en­tière est la mise en œuvre de ce pro­gramme… Cha­cune de ses pa­roles est une ac­tion. Il ne dit pas : “Souf­frez ! Es­pé­rez !”, mais il souffre et il es­père. » Le jour, Petœfi ap­pelle la lutte et en­gage la ba­taille ; la nuit, il écrit au bi­vouac, en face de l’ennemi, au bruit des avant-postes, aux hen­nis­se­ments des che­vaux. Il est fou­gueux, brû­lant, ex­ces­sif même. Avec lui, on as­siste à la sai­sis­sante vi­sion de mê­lées fu­rieuses où le sang jaillit à flots au mi­lieu « du bruit des épées, des cla­meurs des clai­rons et des foudres du bronze ». Tyr­tée des temps mo­dernes, il trouve, parmi les bou­le­ver­se­ments, le se­cret des ha­rangues qui en­traînent à la vic­toire, font cou­rir joyeu­se­ment vers la mort et dé­cident les dé­voue­ments hé­roïques. Il prie Dieu ar­dem­ment de ne pas mou­rir dans un lit, calé entre des oreillers, mais sur le champ d’honneur, comme sol­dat ano­nyme de « la li­berté du monde ». Il a tout pour lui : le gé­nie, le mo­ment his­to­rique, le des­tin hors sé­rie ; et quand à vingt-six ans seule­ment, il tombe dans cette sainte guerre, le peuple qui chante ses chan­sons, le peuple dont il est né et pour le­quel il est mort, ne veut pas croire que la terre ait osé re­prendre sa dé­pouille mor­telle ; et si d’aventure, au mi­lieu du si­lence, quelque ber­ger en­tonne dans la lande : « De­bout, Hon­grois, contre la horde qui convoite nos biens, notre vie !… Mille ans nous ob­servent, nous jugent, d’Attila jusqu’à Rákóczi ! », aus­si­tôt le brave peuple de Hon­grie s’écrie sous le chaume : « Vous voyez bien que Petœfi n’est pas mort ! Ne re­con­nais­sez-vous pas sa voix ? »

  1. En hon­grois Petőfi Sán­dor. Par­fois trans­crit Alexandre Petœfi ou Alexandre Petœfy. Haut
  1. Saint-René Taillan­dier. Haut

Pilinszky, « De quelques problèmes fondamentaux de l’art hongrois contemporain à la lumière de la pensée de Simone Weil »

dans « Liberté », vol. 14, nº 6, p. 14-19

dans « Li­berté », vol. 14, no 6, p. 14-19

Il s’agit de « De quelques pro­blèmes fon­da­men­taux de l’art hon­grois contem­po­rain à la lu­mière de la pen­sée de Si­mone Weil » de M. Já­nos Pi­linszky1, poète et dra­ma­turge hon­grois. En­rôlé de force en 1944, il ne cessa ja­mais d’être hanté par le monde concen­tra­tion­naire qu’il dé­cou­vrit en Al­le­magne lors de la re­traite de l’armée hon­groise, et dont il évo­qua les hor­reurs et les abo­mi­na­tions dans les poèmes « Pri­son­nier fran­çais » (« Fran­cia Fo­goly »), « Har­bach 1944 », « Au­sch­witz », « Sur le mur d’un camp de concen­tra­tion » (« Egy KZ lá­ger falára »), etc.2 Cette ex­pé­rience du tra­gique, de l’irrémédiable, du scan­da­leux, de l’insoluble de la guerre fut la pre­mière ren­contre du poète avec son siècle, dans ce que ce der­nier avait de plus obs­cur. Elle fut à l’origine de toutes ses in­ter­ro­ga­tions exis­ten­tia­listes. Celle-ci sur­tout : Quelle fin Dieu a-t-Il eue en fai­sant souf­frir tant de vic­times in­no­centes ? Quel des­sein a-t-Il eu en les fai­sant mou­rir ? Car, comme tout bon chré­tien, M. Pi­linszky était per­suadé que ces choses ne se se­raient pas pro­duites sans fin ou sans des­sein ; et sans que Dieu les eût po­si­ti­ve­ment et di­rec­te­ment écrites : « C’est Dieu et Dieu seul qui écrit », dit-il3, « sur le tissu des évé­ne­ments ou sur le pa­pier… Sur les ob­jets amas­sés dans les vi­trines d’Auschwitz, l’usure et les coups sont les “hié­ro­glyphes” du siècle, de la vie [“hié­ro­glyphes” au sens grec de “lettres sa­crées”]. Éter­nelle le­çon ! Ceux qui avaient écrit ces “signes” n’ont peut-être ja­mais for­mulé leurs textes ». Mais dans ce cas, quel texte, quelle pièce, quel drame Dieu a-t-Il écrit en écri­vant l’Holocauste ? La ré­ponse à cette ques­tion dé­li­cate et dif­fi­cile à ré­soudre, M. Pi­linszky ne la trouva qu’en France : d’abord, par les sé­jours qu’il y mul­ti­plia après la guerre, à titre de cor­res­pon­dant de la re­vue ca­tho­lique hon­groise « Új Em­ber » (« Homme nou­veau ») ; puis, grâce aux œuvres de Mme Si­mone Weil et de M. Al­bert Ca­mus qu’il y lut pour la pre­mière fois, et qui l’éblouirent. Il re­con­nut alors dans le drame d’Auschwitz la re­pré­sen­ta­tion scé­nique de la Pas­sion, tout comme il re­con­nut dans les dou­leurs hu­maines des camps la souf­france di­vine du Christ, at­ta­ché et mort sur la Croix. « “Tels les lar­rons”, se­lon la ma­gni­fique pa­role de Si­mone Weil, “nous, hommes, sommes at­ta­chés sur la Croix de l’espace et du temps”. Je m’évanouis et les échardes me ré­veillent en sur­saut. Alors je vois le monde avec une net­teté tran­chante », dit-il dans son « Jour­nal »4, en re­pre­nant la pen­sée sui­vante de Mme Weil : « La cru­ci­fixion est l’achèvement, l’accomplissement d’une des­ti­née hu­maine. Com­ment un être dont l’essence est d’aimer Dieu et qui se trouve dans l’espace et le temps au­rait-il une autre vo­ca­tion que la Croix ? » Cette pen­sée pieuse, cette sanc­ti­fi­ca­tion de l’agonie des camps, cette exal­ta­tion des plaies hu­mai­ne­ment di­vines ou di­vi­ne­ment hu­maines forma le fond des meilleurs poèmes de M. Pi­linszky : « Pas­sion de Ra­vens­brück » (« Ra­vens­brü­cki Pas­sió »), « Apo­cryphe » (« Apo­krif »), « Au troi­sième jour » (« Har­mad­na­pon »), « “Ago­nia chris­tiana” », etc.5

  1. On ren­contre aussi la gra­phie Pi­linski. Haut
  2. Les deux pre­miers poèmes sont ab­sents de la tra­duc­tion de M. Lo­rand Gas­par, pour­tant la plus com­plète qui existe en fran­çais ; et le qua­trième est tra­duit sous le titre de « Pour le mur d’un sta­lag ». Haut
  3. « Le Monde mo­derne et l’Imagination créa­trice ». Haut
  1. Et dans le poème « À Jutta » (« Juttá­nak »). Haut
  2. Les deux der­niers poèmes sont ab­sents de la tra­duc­tion de M. Gas­par. Haut

Pilinszky, « Extraits de “Journal d’un lyrique” »

éd. La Différence, coll. Orphée, Paris

éd. La Dif­fé­rence, coll. Or­phée, Pa­ris

Il s’agit d’une tra­duc­tion par­tielle du « Jour­nal » de M. Já­nos Pi­linszky1, poète et dra­ma­turge hon­grois. En­rôlé de force en 1944, il ne cessa ja­mais d’être hanté par le monde concen­tra­tion­naire qu’il dé­cou­vrit en Al­le­magne lors de la re­traite de l’armée hon­groise, et dont il évo­qua les hor­reurs et les abo­mi­na­tions dans les poèmes « Pri­son­nier fran­çais » (« Fran­cia Fo­goly »), « Har­bach 1944 », « Au­sch­witz », « Sur le mur d’un camp de concen­tra­tion » (« Egy KZ lá­ger falára »), etc.2 Cette ex­pé­rience du tra­gique, de l’irrémédiable, du scan­da­leux, de l’insoluble de la guerre fut la pre­mière ren­contre du poète avec son siècle, dans ce que ce der­nier avait de plus obs­cur. Elle fut à l’origine de toutes ses in­ter­ro­ga­tions exis­ten­tia­listes. Celle-ci sur­tout : Quelle fin Dieu a-t-Il eue en fai­sant souf­frir tant de vic­times in­no­centes ? Quel des­sein a-t-Il eu en les fai­sant mou­rir ? Car, comme tout bon chré­tien, M. Pi­linszky était per­suadé que ces choses ne se se­raient pas pro­duites sans fin ou sans des­sein ; et sans que Dieu les eût po­si­ti­ve­ment et di­rec­te­ment écrites : « C’est Dieu et Dieu seul qui écrit », dit-il3, « sur le tissu des évé­ne­ments ou sur le pa­pier… Sur les ob­jets amas­sés dans les vi­trines d’Auschwitz, l’usure et les coups sont les “hié­ro­glyphes” du siècle, de la vie [“hié­ro­glyphes” au sens grec de “lettres sa­crées”]. Éter­nelle le­çon ! Ceux qui avaient écrit ces “signes” n’ont peut-être ja­mais for­mulé leurs textes ». Mais dans ce cas, quel texte, quelle pièce, quel drame Dieu a-t-Il écrit en écri­vant l’Holocauste ? La ré­ponse à cette ques­tion dé­li­cate et dif­fi­cile à ré­soudre, M. Pi­linszky ne la trouva qu’en France : d’abord, par les sé­jours qu’il y mul­ti­plia après la guerre, à titre de cor­res­pon­dant de la re­vue ca­tho­lique hon­groise « Új Em­ber » (« Homme nou­veau ») ; puis, grâce aux œuvres de Mme Si­mone Weil et de M. Al­bert Ca­mus qu’il y lut pour la pre­mière fois, et qui l’éblouirent. Il re­con­nut alors dans le drame d’Auschwitz la re­pré­sen­ta­tion scé­nique de la Pas­sion, tout comme il re­con­nut dans les dou­leurs hu­maines des camps la souf­france di­vine du Christ, at­ta­ché et mort sur la Croix. « “Tels les lar­rons”, se­lon la ma­gni­fique pa­role de Si­mone Weil, “nous, hommes, sommes at­ta­chés sur la Croix de l’espace et du temps”. Je m’évanouis et les échardes me ré­veillent en sur­saut. Alors je vois le monde avec une net­teté tran­chante », dit-il dans son « Jour­nal »4, en re­pre­nant la pen­sée sui­vante de Mme Weil : « La cru­ci­fixion est l’achèvement, l’accomplissement d’une des­ti­née hu­maine. Com­ment un être dont l’essence est d’aimer Dieu et qui se trouve dans l’espace et le temps au­rait-il une autre vo­ca­tion que la Croix ? » Cette pen­sée pieuse, cette sanc­ti­fi­ca­tion de l’agonie des camps, cette exal­ta­tion des plaies hu­mai­ne­ment di­vines ou di­vi­ne­ment hu­maines forma le fond des meilleurs poèmes de M. Pi­linszky : « Pas­sion de Ra­vens­brück » (« Ra­vens­brü­cki Pas­sió »), « Apo­cryphe » (« Apo­krif »), « Au troi­sième jour » (« Har­mad­na­pon »), « “Ago­nia chris­tiana” », etc.5

  1. On ren­contre aussi la gra­phie Pi­linski. Haut
  2. Les deux pre­miers poèmes sont ab­sents de la tra­duc­tion de M. Lo­rand Gas­par, pour­tant la plus com­plète qui existe en fran­çais ; et le qua­trième est tra­duit sous le titre de « Pour le mur d’un sta­lag ». Haut
  3. « Le Monde mo­derne et l’Imagination créa­trice ». Haut
  1. Et dans le poème « À Jutta » (« Juttá­nak »). Haut
  2. Les deux der­niers poèmes sont ab­sents de la tra­duc­tion de M. Gas­par. Haut

Pilinszky, « Le Monde moderne et l’Imagination créatrice »

dans Fondation pour une entraide intellectuelle européenne, « L’Imagination créatrice : actes » (éd. La Baconnière, coll. Langages, Neuchâtel), p. 247-252

dans Fon­da­tion pour une en­traide in­tel­lec­tuelle eu­ro­péenne, « L’Imagination créa­trice : actes » (éd. La Ba­con­nière, coll. Lan­gages, Neu­châ­tel), p. 247-252

Il s’agit du « Monde mo­derne et l’Imagination créa­trice » de M. Já­nos Pi­linszky1, poète et dra­ma­turge hon­grois. En­rôlé de force en 1944, il ne cessa ja­mais d’être hanté par le monde concen­tra­tion­naire qu’il dé­cou­vrit en Al­le­magne lors de la re­traite de l’armée hon­groise, et dont il évo­qua les hor­reurs et les abo­mi­na­tions dans les poèmes « Pri­son­nier fran­çais » (« Fran­cia Fo­goly »), « Har­bach 1944 », « Au­sch­witz », « Sur le mur d’un camp de concen­tra­tion » (« Egy KZ lá­ger falára »), etc.2 Cette ex­pé­rience du tra­gique, de l’irrémédiable, du scan­da­leux, de l’insoluble de la guerre fut la pre­mière ren­contre du poète avec son siècle, dans ce que ce der­nier avait de plus obs­cur. Elle fut à l’origine de toutes ses in­ter­ro­ga­tions exis­ten­tia­listes. Celle-ci sur­tout : Quelle fin Dieu a-t-Il eue en fai­sant souf­frir tant de vic­times in­no­centes ? Quel des­sein a-t-Il eu en les fai­sant mou­rir ? Car, comme tout bon chré­tien, M. Pi­linszky était per­suadé que ces choses ne se se­raient pas pro­duites sans fin ou sans des­sein ; et sans que Dieu les eût po­si­ti­ve­ment et di­rec­te­ment écrites : « C’est Dieu et Dieu seul qui écrit », dit-il3, « sur le tissu des évé­ne­ments ou sur le pa­pier… Sur les ob­jets amas­sés dans les vi­trines d’Auschwitz, l’usure et les coups sont les “hié­ro­glyphes” du siècle, de la vie [“hié­ro­glyphes” au sens grec de “lettres sa­crées”]. Éter­nelle le­çon ! Ceux qui avaient écrit ces “signes” n’ont peut-être ja­mais for­mulé leurs textes ». Mais dans ce cas, quel texte, quelle pièce, quel drame Dieu a-t-Il écrit en écri­vant l’Holocauste ? La ré­ponse à cette ques­tion dé­li­cate et dif­fi­cile à ré­soudre, M. Pi­linszky ne la trouva qu’en France : d’abord, par les sé­jours qu’il y mul­ti­plia après la guerre, à titre de cor­res­pon­dant de la re­vue ca­tho­lique hon­groise « Új Em­ber » (« Homme nou­veau ») ; puis, grâce aux œuvres de Mme Si­mone Weil et de M. Al­bert Ca­mus qu’il y lut pour la pre­mière fois, et qui l’éblouirent. Il re­con­nut alors dans le drame d’Auschwitz la re­pré­sen­ta­tion scé­nique de la Pas­sion, tout comme il re­con­nut dans les dou­leurs hu­maines des camps la souf­france di­vine du Christ, at­ta­ché et mort sur la Croix. « “Tels les lar­rons”, se­lon la ma­gni­fique pa­role de Si­mone Weil, “nous, hommes, sommes at­ta­chés sur la Croix de l’espace et du temps”. Je m’évanouis et les échardes me ré­veillent en sur­saut. Alors je vois le monde avec une net­teté tran­chante », dit-il dans son « Jour­nal »4, en re­pre­nant la pen­sée sui­vante de Mme Weil : « La cru­ci­fixion est l’achèvement, l’accomplissement d’une des­ti­née hu­maine. Com­ment un être dont l’essence est d’aimer Dieu et qui se trouve dans l’espace et le temps au­rait-il une autre vo­ca­tion que la Croix ? » Cette pen­sée pieuse, cette sanc­ti­fi­ca­tion de l’agonie des camps, cette exal­ta­tion des plaies hu­mai­ne­ment di­vines ou di­vi­ne­ment hu­maines forma le fond des meilleurs poèmes de M. Pi­linszky : « Pas­sion de Ra­vens­brück » (« Ra­vens­brü­cki Pas­sió »), « Apo­cryphe » (« Apo­krif »), « Au troi­sième jour » (« Har­mad­na­pon »), « “Ago­nia chris­tiana” », etc.5

  1. On ren­contre aussi la gra­phie Pi­linski. Haut
  2. Les deux pre­miers poèmes sont ab­sents de la tra­duc­tion de M. Lo­rand Gas­par, pour­tant la plus com­plète qui existe en fran­çais ; et le qua­trième est tra­duit sous le titre de « Pour le mur d’un sta­lag ». Haut
  3. « Le Monde mo­derne et l’Imagination créa­trice ». Haut
  1. Et dans le poème « À Jutta » (« Juttá­nak »). Haut
  2. Les deux der­niers poèmes sont ab­sents de la tra­duc­tion de M. Gas­par. Haut

Pilinszky, « Poèmes choisis »

éd. Gallimard, coll. Du monde entier, Paris

éd. Gal­li­mard, coll. Du monde en­tier, Pa­ris

Il s’agit d’une tra­duc­tion par­tielle des « Poèmes » de M. Já­nos Pi­linszky1, poète et dra­ma­turge hon­grois. En­rôlé de force en 1944, il ne cessa ja­mais d’être hanté par le monde concen­tra­tion­naire qu’il dé­cou­vrit en Al­le­magne lors de la re­traite de l’armée hon­groise, et dont il évo­qua les hor­reurs et les abo­mi­na­tions dans les poèmes « Pri­son­nier fran­çais » (« Fran­cia Fo­goly »), « Har­bach 1944 », « Au­sch­witz », « Sur le mur d’un camp de concen­tra­tion » (« Egy KZ lá­ger falára »), etc.2 Cette ex­pé­rience du tra­gique, de l’irrémédiable, du scan­da­leux, de l’insoluble de la guerre fut la pre­mière ren­contre du poète avec son siècle, dans ce que ce der­nier avait de plus obs­cur. Elle fut à l’origine de toutes ses in­ter­ro­ga­tions exis­ten­tia­listes. Celle-ci sur­tout : Quelle fin Dieu a-t-Il eue en fai­sant souf­frir tant de vic­times in­no­centes ? Quel des­sein a-t-Il eu en les fai­sant mou­rir ? Car, comme tout bon chré­tien, M. Pi­linszky était per­suadé que ces choses ne se se­raient pas pro­duites sans fin ou sans des­sein ; et sans que Dieu les eût po­si­ti­ve­ment et di­rec­te­ment écrites : « C’est Dieu et Dieu seul qui écrit », dit-il3, « sur le tissu des évé­ne­ments ou sur le pa­pier… Sur les ob­jets amas­sés dans les vi­trines d’Auschwitz, l’usure et les coups sont les “hié­ro­glyphes” du siècle, de la vie [“hié­ro­glyphes” au sens grec de “lettres sa­crées”]. Éter­nelle le­çon ! Ceux qui avaient écrit ces “signes” n’ont peut-être ja­mais for­mulé leurs textes ». Mais dans ce cas, quel texte, quelle pièce, quel drame Dieu a-t-Il écrit en écri­vant l’Holocauste ? La ré­ponse à cette ques­tion dé­li­cate et dif­fi­cile à ré­soudre, M. Pi­linszky ne la trouva qu’en France : d’abord, par les sé­jours qu’il y mul­ti­plia après la guerre, à titre de cor­res­pon­dant de la re­vue ca­tho­lique hon­groise « Új Em­ber » (« Homme nou­veau ») ; puis, grâce aux œuvres de Mme Si­mone Weil et de M. Al­bert Ca­mus qu’il y lut pour la pre­mière fois, et qui l’éblouirent. Il re­con­nut alors dans le drame d’Auschwitz la re­pré­sen­ta­tion scé­nique de la Pas­sion, tout comme il re­con­nut dans les dou­leurs hu­maines des camps la souf­france di­vine du Christ, at­ta­ché et mort sur la Croix. « “Tels les lar­rons”, se­lon la ma­gni­fique pa­role de Si­mone Weil, “nous, hommes, sommes at­ta­chés sur la Croix de l’espace et du temps”. Je m’évanouis et les échardes me ré­veillent en sur­saut. Alors je vois le monde avec une net­teté tran­chante », dit-il dans son « Jour­nal »4, en re­pre­nant la pen­sée sui­vante de Mme Weil : « La cru­ci­fixion est l’achèvement, l’accomplissement d’une des­ti­née hu­maine. Com­ment un être dont l’essence est d’aimer Dieu et qui se trouve dans l’espace et le temps au­rait-il une autre vo­ca­tion que la Croix ? » Cette pen­sée pieuse, cette sanc­ti­fi­ca­tion de l’agonie des camps, cette exal­ta­tion des plaies hu­mai­ne­ment di­vines ou di­vi­ne­ment hu­maines forma le fond des meilleurs poèmes de M. Pi­linszky : « Pas­sion de Ra­vens­brück » (« Ra­vens­brü­cki Pas­sió »), « Apo­cryphe » (« Apo­krif »), « Au troi­sième jour » (« Har­mad­na­pon »), « “Ago­nia chris­tiana” », etc.5

  1. On ren­contre aussi la gra­phie Pi­linski. Haut
  2. Les deux pre­miers poèmes sont ab­sents de la tra­duc­tion de M. Lo­rand Gas­par, pour­tant la plus com­plète qui existe en fran­çais ; et le qua­trième est tra­duit sous le titre de « Pour le mur d’un sta­lag ». Haut
  3. « Le Monde mo­derne et l’Imagination créa­trice ». Haut
  1. Et dans le poème « À Jutta » (« Juttá­nak »). Haut
  2. Les deux der­niers poèmes sont ab­sents de la tra­duc­tion de M. Gas­par. Haut

Beniowski, « Mémoires et Voyages. Tome III. Concernant l’expédition à Madagascar »

éd. Noir sur blanc, Paris

éd. Noir sur blanc, Pa­ris

Il s’agit des « Mé­moires et Voyages » de Mau­rice-Au­guste Be­niowski1, homme dont la vie ne fut qu’un tissu d’aventures ex­tra­or­di­naires (XVIIIe siècle). Il na­quit à Vr­bové, dans la Haute-Hon­grie (l’actuelle Slo­va­quie). Sa cu­rio­sité na­tu­relle le porta, tout jeune, à voya­ger en Al­le­magne, en Hol­lande et en An­gle­terre, où il s’instruisit dans l’art de la na­vi­ga­tion. Il passa en­suite en Po­logne, où il prit part à la guerre d’indépendance contre la Rus­sie ; il était co­lo­nel quand, deux fois de suite, il fut fait pri­son­nier. Les Russes le condam­nèrent à l’exil au Kamt­chatka, à l’extrémité la plus orien­tale de la Si­bé­rie, pour être em­ployé, avec les plus vils mal­fai­teurs, à faire du char­bon de terre. Dans la tra­ver­sée, le vais­seau qui le por­tait fut as­sailli par une fu­rieuse tem­pête et en­dom­magé ; le ca­pi­taine tomba ma­lade. Dans cet état déses­péré, sol­li­cité par le ca­pi­taine, Be­niowski sauva le vais­seau du nau­frage. C’est à ces cir­cons­tances qu’il dut le bon ac­cueil qu’on lui fit au Kamt­chatka. Là, l’intrépide Be­niowski, de concert avec cin­quante-six com­pa­gnons d’exil, aux­quels il sut ins­pi­rer son au­dace, forma une conju­ra­tion, dont la réus­site le ren­dit maître de la ci­ta­delle russe. Mal­gré cela, voyant l’impossibilité de te­nir très long­temps en pays en­nemi, il dé­cida de s’embarquer à bord d’une cor­vette, dont il s’empara de force avec sa troupe d’exilés. Son voyage d’évasion tourna en vé­ri­table ex­pé­di­tion ma­ri­time. Parti du mi­lieu des neiges sous les­quelles les Russes avait voulu l’ensevelir, il na­vi­gua sur les eaux pra­ti­que­ment in­ex­plo­rées de la mer de Bé­ring et du Pa­ci­fique Nord. Puis, après avoir at­terri sur la côte ja­po­naise, il noua même avec les na­tu­rels des re­la­tions prou­vées par ses « Mé­moires ». De là, il tou­cha à l’île de Taï­wan et à la Chine, d’où il fut ra­mené en Eu­rope par un bâ­ti­ment fran­çais. La re­mise qu’il fit au ca­bi­net de Ver­sailles de pa­piers im­por­tants qu’il avait vo­lés aux ar­chives du Kamt­chatka, et entre les­quels se trou­vait un pro­jet de conquête du Ja­pon par les Russes et par les An­glais, suf­fit pour lui pro­cu­rer de la part de la mo­nar­chie fran­çaise, dont la confiance en­vers les aven­tu­riers ve­nus de loin fut tou­jours constante, les moyens d’établir un comp­toir à Ma­da­gas­car. Be­niowski vou­lut, en même temps, pu­blier ses « Mé­moires », dont il es­pé­rait ti­rer beau­coup de bé­né­fices. Il trouva le se­cret d’en en­thou­sias­mer Jean-Hya­cinthe de Ma­gel­lan, des­cen­dant du cé­lèbre na­vi­ga­teur ; non seule­ment le Por­tu­gais s’en char­gea, mais comp­tant lui-même sur des pro­fits im­menses, il per­dit dans cette pu­bli­ca­tion une bonne par­tie de son ar­gent. L’ouvrage, ré­digé en fran­çais, pa­rut en 1790. « La vé­ra­cité de la des­crip­tion de cette na­vi­ga­tion sur la mer de Bé­ring et à tra­vers les eaux du Nord et du centre du Pa­ci­fique, pré­sen­tée avec tant de dé­tails dans [les “Mé­moires”], sus­cite de­puis deux cents ans de vives dis­cus­sions… Et cela est com­pré­hen­sible ; car s’il a réel­le­ment suivi l’itinéraire qu’il dé­crit, il de­vrait être re­connu pour avoir dé­cou­vert avant Cook la mer de Bé­ring ; si en re­vanche il a tout in­venté, il mé­ri­te­rait d’être qua­li­fié de plai­san­tin… et de char­la­tan », dit M. Ed­ward Ka­j­dański

  1. Par­fois trans­crit Be­nyovszki, Be­nyovszky, Be­nyowszky, Be­nyowszki, Be­nyowsky, Be­nyousky, Ben­jowski, Ben­jowsky, Ben­jovski, Be­nyowski, Beňowský ou Beňovský. Haut

Beniowski, « Mémoires et Voyages. Tome II. Voyage par mer, depuis la presqu’île de Kamtchatka jusqu’à Canton »

éd. Noir sur blanc, Paris

éd. Noir sur blanc, Pa­ris

Il s’agit des « Mé­moires et Voyages » de Mau­rice-Au­guste Be­niowski1, homme dont la vie ne fut qu’un tissu d’aventures ex­tra­or­di­naires (XVIIIe siècle). Il na­quit à Vr­bové, dans la Haute-Hon­grie (l’actuelle Slo­va­quie). Sa cu­rio­sité na­tu­relle le porta, tout jeune, à voya­ger en Al­le­magne, en Hol­lande et en An­gle­terre, où il s’instruisit dans l’art de la na­vi­ga­tion. Il passa en­suite en Po­logne, où il prit part à la guerre d’indépendance contre la Rus­sie ; il était co­lo­nel quand, deux fois de suite, il fut fait pri­son­nier. Les Russes le condam­nèrent à l’exil au Kamt­chatka, à l’extrémité la plus orien­tale de la Si­bé­rie, pour être em­ployé, avec les plus vils mal­fai­teurs, à faire du char­bon de terre. Dans la tra­ver­sée, le vais­seau qui le por­tait fut as­sailli par une fu­rieuse tem­pête et en­dom­magé ; le ca­pi­taine tomba ma­lade. Dans cet état déses­péré, sol­li­cité par le ca­pi­taine, Be­niowski sauva le vais­seau du nau­frage. C’est à ces cir­cons­tances qu’il dut le bon ac­cueil qu’on lui fit au Kamt­chatka. Là, l’intrépide Be­niowski, de concert avec cin­quante-six com­pa­gnons d’exil, aux­quels il sut ins­pi­rer son au­dace, forma une conju­ra­tion, dont la réus­site le ren­dit maître de la ci­ta­delle russe. Mal­gré cela, voyant l’impossibilité de te­nir très long­temps en pays en­nemi, il dé­cida de s’embarquer à bord d’une cor­vette, dont il s’empara de force avec sa troupe d’exilés. Son voyage d’évasion tourna en vé­ri­table ex­pé­di­tion ma­ri­time. Parti du mi­lieu des neiges sous les­quelles les Russes avait voulu l’ensevelir, il na­vi­gua sur les eaux pra­ti­que­ment in­ex­plo­rées de la mer de Bé­ring et du Pa­ci­fique Nord. Puis, après avoir at­terri sur la côte ja­po­naise, il noua même avec les na­tu­rels des re­la­tions prou­vées par ses « Mé­moires ». De là, il tou­cha à l’île de Taï­wan et à la Chine, d’où il fut ra­mené en Eu­rope par un bâ­ti­ment fran­çais. La re­mise qu’il fit au ca­bi­net de Ver­sailles de pa­piers im­por­tants qu’il avait vo­lés aux ar­chives du Kamt­chatka, et entre les­quels se trou­vait un pro­jet de conquête du Ja­pon par les Russes et par les An­glais, suf­fit pour lui pro­cu­rer de la part de la mo­nar­chie fran­çaise, dont la confiance en­vers les aven­tu­riers ve­nus de loin fut tou­jours constante, les moyens d’établir un comp­toir à Ma­da­gas­car. Be­niowski vou­lut, en même temps, pu­blier ses « Mé­moires », dont il es­pé­rait ti­rer beau­coup de bé­né­fices. Il trouva le se­cret d’en en­thou­sias­mer Jean-Hya­cinthe de Ma­gel­lan, des­cen­dant du cé­lèbre na­vi­ga­teur ; non seule­ment le Por­tu­gais s’en char­gea, mais comp­tant lui-même sur des pro­fits im­menses, il per­dit dans cette pu­bli­ca­tion une bonne par­tie de son ar­gent. L’ouvrage, ré­digé en fran­çais, pa­rut en 1790. « La vé­ra­cité de la des­crip­tion de cette na­vi­ga­tion sur la mer de Bé­ring et à tra­vers les eaux du Nord et du centre du Pa­ci­fique, pré­sen­tée avec tant de dé­tails dans [les “Mé­moires”], sus­cite de­puis deux cents ans de vives dis­cus­sions… Et cela est com­pré­hen­sible ; car s’il a réel­le­ment suivi l’itinéraire qu’il dé­crit, il de­vrait être re­connu pour avoir dé­cou­vert avant Cook la mer de Bé­ring ; si en re­vanche il a tout in­venté, il mé­ri­te­rait d’être qua­li­fié de plai­san­tin… et de char­la­tan », dit M. Ed­ward Ka­j­dański

  1. Par­fois trans­crit Be­nyovszki, Be­nyovszky, Be­nyowszky, Be­nyowszki, Be­nyowsky, Be­nyousky, Ben­jowski, Ben­jowsky, Ben­jovski, Be­nyowski, Beňowský ou Beňovský. Haut

Beniowski, « Mémoires et Voyages. Tome I. Journal de voyage à travers la Sibérie »

éd. Noir sur blanc, Paris

éd. Noir sur blanc, Pa­ris

Il s’agit des « Mé­moires et Voyages » de Mau­rice-Au­guste Be­niowski1, homme dont la vie ne fut qu’un tissu d’aventures ex­tra­or­di­naires (XVIIIe siècle). Il na­quit à Vr­bové, dans la Haute-Hon­grie (l’actuelle Slo­va­quie). Sa cu­rio­sité na­tu­relle le porta, tout jeune, à voya­ger en Al­le­magne, en Hol­lande et en An­gle­terre, où il s’instruisit dans l’art de la na­vi­ga­tion. Il passa en­suite en Po­logne, où il prit part à la guerre d’indépendance contre la Rus­sie ; il était co­lo­nel quand, deux fois de suite, il fut fait pri­son­nier. Les Russes le condam­nèrent à l’exil au Kamt­chatka, à l’extrémité la plus orien­tale de la Si­bé­rie, pour être em­ployé, avec les plus vils mal­fai­teurs, à faire du char­bon de terre. Dans la tra­ver­sée, le vais­seau qui le por­tait fut as­sailli par une fu­rieuse tem­pête et en­dom­magé ; le ca­pi­taine tomba ma­lade. Dans cet état déses­péré, sol­li­cité par le ca­pi­taine, Be­niowski sauva le vais­seau du nau­frage. C’est à ces cir­cons­tances qu’il dut le bon ac­cueil qu’on lui fit au Kamt­chatka. Là, l’intrépide Be­niowski, de concert avec cin­quante-six com­pa­gnons d’exil, aux­quels il sut ins­pi­rer son au­dace, forma une conju­ra­tion, dont la réus­site le ren­dit maître de la ci­ta­delle russe. Mal­gré cela, voyant l’impossibilité de te­nir très long­temps en pays en­nemi, il dé­cida de s’embarquer à bord d’une cor­vette, dont il s’empara de force avec sa troupe d’exilés. Son voyage d’évasion tourna en vé­ri­table ex­pé­di­tion ma­ri­time. Parti du mi­lieu des neiges sous les­quelles les Russes avait voulu l’ensevelir, il na­vi­gua sur les eaux pra­ti­que­ment in­ex­plo­rées de la mer de Bé­ring et du Pa­ci­fique Nord. Puis, après avoir at­terri sur la côte ja­po­naise, il noua même avec les na­tu­rels des re­la­tions prou­vées par ses « Mé­moires ». De là, il tou­cha à l’île de Taï­wan et à la Chine, d’où il fut ra­mené en Eu­rope par un bâ­ti­ment fran­çais. La re­mise qu’il fit au ca­bi­net de Ver­sailles de pa­piers im­por­tants qu’il avait vo­lés aux ar­chives du Kamt­chatka, et entre les­quels se trou­vait un pro­jet de conquête du Ja­pon par les Russes et par les An­glais, suf­fit pour lui pro­cu­rer de la part de la mo­nar­chie fran­çaise, dont la confiance en­vers les aven­tu­riers ve­nus de loin fut tou­jours constante, les moyens d’établir un comp­toir à Ma­da­gas­car. Be­niowski vou­lut, en même temps, pu­blier ses « Mé­moires », dont il es­pé­rait ti­rer beau­coup de bé­né­fices. Il trouva le se­cret d’en en­thou­sias­mer Jean-Hya­cinthe de Ma­gel­lan, des­cen­dant du cé­lèbre na­vi­ga­teur ; non seule­ment le Por­tu­gais s’en char­gea, mais comp­tant lui-même sur des pro­fits im­menses, il per­dit dans cette pu­bli­ca­tion une bonne par­tie de son ar­gent. L’ouvrage, ré­digé en fran­çais, pa­rut en 1790. « La vé­ra­cité de la des­crip­tion de cette na­vi­ga­tion sur la mer de Bé­ring et à tra­vers les eaux du Nord et du centre du Pa­ci­fique, pré­sen­tée avec tant de dé­tails dans [les “Mé­moires”], sus­cite de­puis deux cents ans de vives dis­cus­sions… Et cela est com­pré­hen­sible ; car s’il a réel­le­ment suivi l’itinéraire qu’il dé­crit, il de­vrait être re­connu pour avoir dé­cou­vert avant Cook la mer de Bé­ring ; si en re­vanche il a tout in­venté, il mé­ri­te­rait d’être qua­li­fié de plai­san­tin… et de char­la­tan », dit M. Ed­ward Ka­j­dański

  1. Par­fois trans­crit Be­nyovszki, Be­nyovszky, Be­nyowszky, Be­nyowszki, Be­nyowsky, Be­nyousky, Ben­jowski, Ben­jowsky, Ben­jovski, Be­nyowski, Beňowský ou Beňovský. Haut

« Un Poète hongrois : Vörösmarty »

dans « La Grande Revue », 1ᵉʳ octobre 1906, p. 5-20

dans « La Grande Re­vue », 1er oc­tobre 1906, p. 5-20

Il s’agit de Mi­chel Vörös­marty (Mihály Vörös­marty1), le pre­mier poète com­plet dont la Hon­grie ait pu s’enorgueillir (XIXe siècle). Après avoir ré­sisté aux in­va­sions étran­gères pen­dant une bonne par­tie de son his­toire, la Hon­grie avait senti s’user ses forces ; la lé­thar­gie l’avait sai­sie, et elle avait éprouvé une es­pèce de lent en­gour­dis­se­ment dont elle ne de­vait s’éveiller qu’avec les guerres na­po­léo­niennes, après une longue pé­riode de ger­ma­ni­sa­tion et d’anéantissement. « L’instant fut unique. L’activité se ré­ta­blit spon­ta­né­ment, im­pa­tiente de s’exercer ; de tous cô­tés, des hommes sur­girent, cher­chant la voie nou­velle, la bonne orien­ta­tion, l’acte conforme au gé­nie hon­grois »2. Un nom do­mine cette pé­riode : Mi­chel Vörös­marty. Grand ré­for­ma­teur de la langue et créa­teur d’une poé­sie émi­nem­ment na­tio­nale, ar­tiste noble et pa­triote ar­dent, Vörös­marty ou­vrit le che­min que les Petœfi et les Arany al­laient suivre. À vingt-cinq ans, il acheva son pre­mier chef-d’œuvre : « La Fuite de Zalán »3 (« Zalán Futása »), épo­pée cé­lé­brant en dix chants la vic­toire my­thique des Hon­grois dans les plaines d’Alpár et la fuite de Zalán, le chef des Slaves et des Bul­gares4. En voici le dé­but : « Gloire de nos aïeux, où t’attardes-tu dans la brume noc­turne ? On vit s’écrouler [les] siècles, et so­li­taire, tu erres sous leurs dé­combres dans la pro­fon­deur, avec un éclat [qui va] s’affaiblissant »5. Cette épo­pée fonda la gloire de Vörös­marty ; elle re­tra­çait, dans un brillant ta­bleau, les ex­ploits guer­riers des an­cêtres et leurs luttes pour la conquête du pays. La langue neuve et la cou­leur na­tio­nale va­lurent au poète l’admiration de ses com­pa­triotes. En 1848, il su­bit les consé­quences de cette gloire. Élu membre de la diète, il prit part à la Ré­vo­lu­tion, et après la ca­tas­trophe de Vilá­gos, qui vit la Hon­grie suc­com­ber sous les forces de la Rus­sie et de l’Autriche, il dut er­rer en se ca­chant dans des huttes de fo­res­tiers : « Nos pa­triam fu­gi­mus » (« Nous autres, nous fuyons la pa­trie »6), écri­vit-il sur la porte d’une ca­bane mi­sé­rable l’ayant abrité une nuit.

  1. Au­tre­fois trans­crit Mi­chel Vœrœs­marty. Haut
  2. « Un Poète hon­grois : Vörös­marty », p. 8. Haut
  3. Par­fois tra­duit « La Dé­faite de Zalán ». Haut
  1. La chro­nique ano­nyme « Gesta Hun­ga­ro­rum » (« Geste des Hon­grois », in­édit en fran­çais), qui a servi de source à Vörös­marty, dit : « Le grand “khan”, prince de Bul­ga­rie, grand-père du prince Zalán, s’était em­paré de la terre qui se trouve entre la Theisse et le Da­nube… et il avait fait ha­bi­ter là des Slaves et des Bul­gares » (« Ter­ram, quæ ja­cet in­ter This­ciam et Da­nu­bium, præoc­cu­pa­vis­set sibi “kea­nus” ma­gnus, dux Bul­ga­rie, avus Sa­lani du­cis… et fe­cis­set ibi ha­bi­tare Scla­vos et Bul­ga­ros »). Haut
  2. « Un Poète hon­grois : Vörös­marty », p. 8. Haut
  3. Vir­gile, « Bu­co­liques », poème I, v. 4. Haut