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Mot-clefhistoire militaire

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Volney, «Considérations sur la guerre actuelle des Turcs»

XVIIIᵉ siècle

XVIIIe siècle

Il s’agit des «Consi­dé­ra­tions sur la guerre actuelle des Turcs» de Constan­tin-Fran­çois de Chas­sebœuf, voya­geur et lit­té­ra­teur fran­çais, plus connu sous le sur­nom de Vol­ney (XVIIIe-XIXe siècle). Il per­dit sa mère à deux ans et fut lais­sé entre les mains d’une vieille parente, qui l’abandonna dans un petit col­lège d’Ancenis. Le régime de ce col­lège était fort mau­vais, et la san­té des enfants y était à peine soi­gnée; le direc­teur était un homme bru­tal, qui ne par­lait qu’en gron­dant et ne gron­dait qu’en frap­pant. Vol­ney souf­frait d’autant plus que son père ne venait jamais le voir et ne parais­sait jamais avoir pour lui cette sol­li­ci­tude que témoigne un père envers son fils. L’enfant avan­çait pour­tant dans ses études et était à la tête de ses classes. Soit par nature, soit par suite de l’abandon de son père, soit les deux, il se plai­sait dans la médi­ta­tion soli­taire et taci­turne, et son génie n’attendait que d’être libé­ré pour se déve­lop­per et pour prendre un essor rapide. L’occasion ne tar­da pas à se pré­sen­ter : une modique somme d’argent lui échut. Il réso­lut de l’employer à acqué­rir, dans un grand voyage, un fonds de connais­sances nou­velles. La Syrie et l’Égypte lui parurent les pays les plus propres aux obser­va­tions his­to­riques et morales dont il vou­lait s’occuper. «Je me sépa­re­rai», se pro­mit-il*, «des socié­tés cor­rom­pues; je m’éloignerai des palais où l’âme se déprave par la satié­té, et des cabanes où elle s’avilit par la misère; j’irai dans la soli­tude vivre par­mi les ruines; j’interrogerai les monu­ments anciens… par quels mobiles s’élèvent et s’abaissent les Empires; de quelles causes naissent la pros­pé­ri­té et les mal­heurs des nations; sur quels prin­cipes enfin doivent s’établir la paix des socié­tés et le bon­heur des hommes.» Mais pour visi­ter ces pays avec fruit, il fal­lait en connaître la langue : «Sans la langue, l’on ne sau­rait appré­cier le génie et le carac­tère d’une nation : la tra­duc­tion des inter­prètes n’a jamais l’effet d’un entre­tien direct», pen­sait-il**. Cette dif­fi­cul­té ne rebu­ta point Vol­ney. Au lieu d’apprendre l’arabe en Europe, il alla s’enfermer durant huit mois dans un couvent du Liban, jusqu’à ce qu’il fût en état de par­ler cette langue com­mune à tant d’Orientaux.

* «Les Ruines», p. 19. Haut

** «Pré­face à “Voyage en Syrie et en Égypte”». Haut

Volney, «Leçons d’histoire, prononcées à l’École normale en l’an III de la République française»

XIXᵉ siècle

XIXe siècle

Il s’agit des «Leçons d’histoire» de Constan­tin-Fran­çois de Chas­sebœuf, voya­geur et lit­té­ra­teur fran­çais, plus connu sous le sur­nom de Vol­ney (XVIIIe-XIXe siècle). Il per­dit sa mère à deux ans et fut lais­sé entre les mains d’une vieille parente, qui l’abandonna dans un petit col­lège d’Ancenis. Le régime de ce col­lège était fort mau­vais, et la san­té des enfants y était à peine soi­gnée; le direc­teur était un homme bru­tal, qui ne par­lait qu’en gron­dant et ne gron­dait qu’en frap­pant. Vol­ney souf­frait d’autant plus que son père ne venait jamais le voir et ne parais­sait jamais avoir pour lui cette sol­li­ci­tude que témoigne un père envers son fils. L’enfant avan­çait pour­tant dans ses études et était à la tête de ses classes. Soit par nature, soit par suite de l’abandon de son père, soit les deux, il se plai­sait dans la médi­ta­tion soli­taire et taci­turne, et son génie n’attendait que d’être libé­ré pour se déve­lop­per et pour prendre un essor rapide. L’occasion ne tar­da pas à se pré­sen­ter : une modique somme d’argent lui échut. Il réso­lut de l’employer à acqué­rir, dans un grand voyage, un fonds de connais­sances nou­velles. La Syrie et l’Égypte lui parurent les pays les plus propres aux obser­va­tions his­to­riques et morales dont il vou­lait s’occuper. «Je me sépa­re­rai», se pro­mit-il*, «des socié­tés cor­rom­pues; je m’éloignerai des palais où l’âme se déprave par la satié­té, et des cabanes où elle s’avilit par la misère; j’irai dans la soli­tude vivre par­mi les ruines; j’interrogerai les monu­ments anciens… par quels mobiles s’élèvent et s’abaissent les Empires; de quelles causes naissent la pros­pé­ri­té et les mal­heurs des nations; sur quels prin­cipes enfin doivent s’établir la paix des socié­tés et le bon­heur des hommes.» Mais pour visi­ter ces pays avec fruit, il fal­lait en connaître la langue : «Sans la langue, l’on ne sau­rait appré­cier le génie et le carac­tère d’une nation : la tra­duc­tion des inter­prètes n’a jamais l’effet d’un entre­tien direct», pen­sait-il**. Cette dif­fi­cul­té ne rebu­ta point Vol­ney. Au lieu d’apprendre l’arabe en Europe, il alla s’enfermer durant huit mois dans un couvent du Liban, jusqu’à ce qu’il fût en état de par­ler cette langue com­mune à tant d’Orientaux.

* «Les Ruines», p. 19. Haut

** «Pré­face à “Voyage en Syrie et en Égypte”». Haut

«La Colonne trajane au musée de Saint-Germain»

XIXᵉ siècle

XIXe siècle

Il s’agit de la colonne tra­jane. De tous les forums romains, celui de l’Empereur Tra­jan était le plus beau, le plus régu­lier, avec sa place entou­rée de tavernes à l’usage des mar­chands, ses sta­tues de toute espèce, sa basi­lique, son temple, ses deux biblio­thèques, l’une pour les col­lec­tions grecques et l’autre pour les latines, et tant d’autres somp­tuo­si­tés. L’imagination de ceux qui voyaient pour la pre­mière fois cet ensemble unique de construc­tions en était vive­ment frap­pée, comme en témoigne Ammien Mar­cel­lin : «construc­tions gigan­tesques» («gigan­teos contex­tus»), dit-il, «qui défient la des­crip­tion» («nec rela­tu effa­biles»), «et que les mor­tels ne cher­che­ront plus à repro­duire» («nec rur­sus mor­ta­li­bus adpe­ten­dos»). Qu’est deve­nue cette si pro­di­gieuse magni­fi­cence? Il n’en reste aujourd’hui que la colonne qui se trou­vait au milieu et qui est bien conser­vée. L’idée de ce monu­ment est gran­diose. D’un pié­des­tal sur lequel on peut lire : «Le Sénat et le peuple romain (ont consa­cré cette colonne) à l’Empereur, fils du divin Ner­va, Tra­jan… père de la patrie, pour mar­quer de quelle hau­teur était la mon­tagne et la place qu’on a déblayées pour y construire de si grands monu­ments» s’élance une de ces colonnes creuses que l’on appe­lait «colum­na cochlea­ta», à cause de l’escalier tour­nant en coli­ma­çon («cochlea») creu­sé dans le marbre et condui­sant au som­met, là où repo­sait la sta­tue de l’Empereur Tra­jan. Mais le mérite prin­ci­pal de ce monu­ment est ailleurs : il est dans les bas-reliefs qui, en forme de spi­rale, le décorent de haut en bas. Tous les exploits que Tra­jan a faits pen­dant son règne, entre autres les vic­toires qu’il a rem­por­tées sur les Daces (en Rou­ma­nie), figurent sur ces bas-reliefs his­to­riques ser­pen­tant autour de la colonne comme les pages immor­telles d’un rou­leau manus­crit («volu­men»). La suite conti­nue qu’ils forment, monte vers l’Empereur vic­to­rieux et vient se pros­ter­ner à ses pieds. L’effet est majes­tueux. L’ensemble est d’une puis­sance, d’une éner­gie incon­tes­tables. «On y voit des ani­maux, des armes, des enseignes, des marches, des camps, des machines, des harangues aux sol­dats, des sacri­fices, des batailles, des vic­toires, des tro­phées… Tout est expri­mé avec intel­li­gence, comme on peut l’observer dans l’intrépidité de ces femmes daces qui se jettent, armées de torches, sur les pri­son­niers romains; et… le déses­poir de leurs maris qui, pour ne pas tom­ber dans l’esclavage, brûlent leur ville et s’empoisonnent», dit très bien Fran­ces­co Mili­zia

Volney, «La Loi naturelle, ou Principes physiques de la morale»

XIXᵉ siècle

XIXe siècle

Il s’agit de «La Loi natu­relle, ou Prin­cipes phy­siques de la morale»* de Constan­tin-Fran­çois de Chas­sebœuf, voya­geur et lit­té­ra­teur fran­çais, plus connu sous le sur­nom de Vol­ney (XVIIIe-XIXe siècle). Il per­dit sa mère à deux ans et fut lais­sé entre les mains d’une vieille parente, qui l’abandonna dans un petit col­lège d’Ancenis. Le régime de ce col­lège était fort mau­vais, et la san­té des enfants y était à peine soi­gnée; le direc­teur était un homme bru­tal, qui ne par­lait qu’en gron­dant et ne gron­dait qu’en frap­pant. Vol­ney souf­frait d’autant plus que son père ne venait jamais le voir et ne parais­sait jamais avoir pour lui cette sol­li­ci­tude que témoigne un père envers son fils. L’enfant avan­çait pour­tant dans ses études et était à la tête de ses classes. Soit par nature, soit par suite de l’abandon de son père, soit les deux, il se plai­sait dans la médi­ta­tion soli­taire et taci­turne, et son génie n’attendait que d’être libé­ré pour se déve­lop­per et pour prendre un essor rapide. L’occasion ne tar­da pas à se pré­sen­ter : une modique somme d’argent lui échut. Il réso­lut de l’employer à acqué­rir, dans un grand voyage, un fonds de connais­sances nou­velles. La Syrie et l’Égypte lui parurent les pays les plus propres aux obser­va­tions his­to­riques et morales dont il vou­lait s’occuper. «Je me sépa­re­rai», se pro­mit-il**, «des socié­tés cor­rom­pues; je m’éloignerai des palais où l’âme se déprave par la satié­té, et des cabanes où elle s’avilit par la misère; j’irai dans la soli­tude vivre par­mi les ruines; j’interrogerai les monu­ments anciens… par quels mobiles s’élèvent et s’abaissent les Empires; de quelles causes naissent la pros­pé­ri­té et les mal­heurs des nations; sur quels prin­cipes enfin doivent s’établir la paix des socié­tés et le bon­heur des hommes.» Mais pour visi­ter ces pays avec fruit, il fal­lait en connaître la langue : «Sans la langue, l’on ne sau­rait appré­cier le génie et le carac­tère d’une nation : la tra­duc­tion des inter­prètes n’a jamais l’effet d’un entre­tien direct», pen­sait-il***. Cette dif­fi­cul­té ne rebu­ta point Vol­ney. Au lieu d’apprendre l’arabe en Europe, il alla s’enfermer durant huit mois dans un couvent du Liban, jusqu’à ce qu’il fût en état de par­ler cette langue com­mune à tant d’Orientaux.

* Éga­le­ment connu sous le titre de «Caté­chisme du citoyen fran­çais». Haut

** «Les Ruines», p. 19. Haut

*** «Pré­face à “Voyage en Syrie et en Égypte”». Haut

«Les Inscriptions d’Asoka»

éd. Les Belles Lettres, coll. La Voix de l’Inde, Paris

éd. Les Belles Lettres, coll. La Voix de l’Inde, Paris

Il s’agit des «Ins­crip­tions d’Aśoka», un magni­fique ensemble d’inscriptions gra­vées sur des rochers et des piliers en plu­sieurs endroits du sous-conti­nent indien. Ce sont les plus anciennes ins­crip­tions qu’on y ait décou­vertes; elles sont habi­tuel­le­ment rédi­gées dans l’idiome de l’endroit, et il est frap­pant de trou­ver, outre le mâgadhî, deux langues étran­gères : le grec et l’araméen. Elles contiennent des édits royaux empreints du boud­dhisme le plus pur, et ayant pour but de pres­crire la pra­tique d’une bien­veillance qui s’étend sur tous les êtres vivants. L’auteur, par­lant de lui à la troi­sième per­sonne, se donne le titre de «roi» («raya» ou «raja») et les sur­noms de Priya­draśi*au regard ami­cal») et de Deva­naṃ­priya («ami des dieux»). Le vrai nom du monarque n’apparaît nulle part; mais nous savons grâce à d’autres sources que l’Empereur Aśo­ka**, fon­da­teur de la domi­na­tion du boud­dhisme dans l’Inde, por­tait ces deux sur­noms. On pour­rait objec­ter que ce ne sont là que des épi­thètes conve­nues, qui auraient pu être por­tées par plus d’un monarque indien. Cepen­dant, voi­ci ce qui achève de confir­mer l’identification avec Aśo­ka : Dans le XIIIe édit, l’auteur nomme, par­mi ses voi­sins, un cer­tain Aṃtiyo­ko, «roi grec», et un peu plus à l’Ouest, quatre autres rois : Tura­maye, Aṃti­ki­ni, Maka et Ali­ka­su­da­ro***. La réunion de ces noms rend leur iden­ti­té hors de doute : ce sont Antio­chos II, Pto­lé­mée II, Anti­gone II, Magas et Alexandre II, les­quels régnaient au IIIe siècle av. J.-C. C’est pré­ci­sé­ment l’époque à laquelle, sous le sceptre d’Aśoka, le boud­dhisme s’imposait comme un mou­ve­ment spi­ri­tuel majeur, à la faveur de l’exemple per­son­nel de l’Empereur.

* Par­fois trans­crit Piā­da­si, Piya­da­si, Priya­dar­shi, Priya­darśi, Piya­dar­si, Priya­dra­shi, Priya­draśi, Priya­darśin ou Priya­dar­shin. En grec Pio­das­sès (Πιοδάσσης). Haut

** Par­fois trans­crit Aço­ka ou Asho­ka. Haut

*** «Mer­veilleuse sur­prise dans ce monde hin­dou, si fer­mé en appa­rence aux actions du dehors, si oublieux en tous cas de ses rela­tions avec les peuples étran­gers», ajoute Émile Senart. Haut

Josèphe, «Antiquités judaïques. Tome III. Livres XI à XV»

éd. E. Leroux, coll. Publications de la Société des études juives, Paris

éd. E. Leroux, coll. Publi­ca­tions de la Socié­té des études juives, Paris

Il s’agit des «Anti­qui­tés judaïques» («Iou­daï­kê archaio­lo­gia»*) de Josèphe ben Mat­thias, his­to­rien juif, plus connu sous le sur­nom de Fla­vius Josèphe** (Ier siècle apr. J.-C.). Josèphe était né pour deve­nir grand rab­bin ou roi; les cir­cons­tances en firent un his­to­rien. Et telle fut la des­ti­née sin­gu­lière de sa vie qu’il se trans­for­ma en admi­ra­teur et en flat­teur d’une dynas­tie d’Empereurs romains dont l’exploit fon­da­men­tal fut l’anéantissement de Jéru­sa­lem, et sur les mon­naies des­quels figu­rait une femme assise, pleu­rant sous un pal­mier, avec la légende «Judæa cap­ta, Judæa devic­ta» («la Judée cap­tive, la Judée vain­cue»). «Au lieu de la renom­mée qu’il ambi­tion­nait… et que sem­blaient lui pro­mettre de pré­coces suc­cès, il ne s’attira guère que la haine et le mépris de la plu­part des siens, tan­dis que les Romains, d’abord ses enne­mis, le com­blèrent fina­le­ment de biens et d’honneurs», dit le père Louis-Hugues Vincent***. C’est que ce des­cen­dant de famille illustre, ce pro­dige des écoles de Jéru­sa­lem, ce chef «des deux Gali­lées… et de Gama­la»****, rache­ta sa vie en pac­ti­sant avec l’ennemi; aban­don­na ses devoirs de chef, d’homme d’honneur et de patriote; et finit ses jours dans la dou­ceur d’une retraite dorée, après être deve­nu citoyen de Rome et client de Ves­pa­sien. Il fei­gnit de voir dans ce géné­ral étran­ger, des­truc­teur de la Ville sainte et tueur d’un mil­lion de Juifs, le libé­ra­teur pro­mis à ses aïeux; il lui pré­dit, en se pros­ter­nant devant lui : «Tu seras maître, César, non seule­ment de moi, mais de la terre, de la mer et de tout le genre humain»*****; et cette basse flat­te­rie, cette hon­teuse dupli­ci­té, est une tache indé­lé­bile sur la vie d’un homme par ailleurs esti­mable. Ayant pris le sur­nom de Fla­vius pour mieux mon­trer sa sou­mis­sion, il consa­cra l’abondance de ses loi­sirs, la sou­plesse de son talent et l’étendue de son éru­di­tion à rele­ver les suc­cès des sol­dats qui détrui­sirent sa patrie et la rayèrent de la carte. «Il a décrit [cette des­truc­tion] tout entière; il en a recueilli les moindres détails, et son exac­ti­tude scru­pu­leuse étonne encore le lec­teur… L’israélite, ébloui de ces mer­veilles, ne se sou­vient pas que ce sont les dépouilles de ses conci­toyens; qu’il s’agit de la Judée anéan­tie; que ce Dieu outra­gé est son Dieu, et qu’il assiste aux funé­railles de son pays», dit Phi­la­rète Chasles

* En grec «Ἰουδαϊκὴ ἀρχαιολογία». Haut

** En latin Fla­vius Jose­phus. Autre­fois trans­crit Flave Josèphe ou Fla­vien Joseph. Haut

*** «Chro­no­lo­gie des œuvres de Josèphe», p. 366. Haut

**** En grec «τῆς Γαλιλαίας ἑκατέρας… καὶ Γάμαλα». «Guerre des Juifs», liv. II, sect. 568. Haut

***** En grec «Δεσπότης… οὐ μόνον ἐμοῦ σὺ Καῖσαρ, ἀλλὰ καὶ γῆς καὶ θαλάττης καὶ παντὸς ἀνθρώπων γένους». «Guerre des Juifs», liv. III, sect. 402. Haut

Josèphe, «Antiquités judaïques. Tome II. Livres VI à X»

éd. E. Leroux, coll. Publications de la Société des études juives, Paris

éd. E. Leroux, coll. Publi­ca­tions de la Socié­té des études juives, Paris

Il s’agit des «Anti­qui­tés judaïques» («Iou­daï­kê archaio­lo­gia»*) de Josèphe ben Mat­thias, his­to­rien juif, plus connu sous le sur­nom de Fla­vius Josèphe** (Ier siècle apr. J.-C.). Josèphe était né pour deve­nir grand rab­bin ou roi; les cir­cons­tances en firent un his­to­rien. Et telle fut la des­ti­née sin­gu­lière de sa vie qu’il se trans­for­ma en admi­ra­teur et en flat­teur d’une dynas­tie d’Empereurs romains dont l’exploit fon­da­men­tal fut l’anéantissement de Jéru­sa­lem, et sur les mon­naies des­quels figu­rait une femme assise, pleu­rant sous un pal­mier, avec la légende «Judæa cap­ta, Judæa devic­ta» («la Judée cap­tive, la Judée vain­cue»). «Au lieu de la renom­mée qu’il ambi­tion­nait… et que sem­blaient lui pro­mettre de pré­coces suc­cès, il ne s’attira guère que la haine et le mépris de la plu­part des siens, tan­dis que les Romains, d’abord ses enne­mis, le com­blèrent fina­le­ment de biens et d’honneurs», dit le père Louis-Hugues Vincent***. C’est que ce des­cen­dant de famille illustre, ce pro­dige des écoles de Jéru­sa­lem, ce chef «des deux Gali­lées… et de Gama­la»****, rache­ta sa vie en pac­ti­sant avec l’ennemi; aban­don­na ses devoirs de chef, d’homme d’honneur et de patriote; et finit ses jours dans la dou­ceur d’une retraite dorée, après être deve­nu citoyen de Rome et client de Ves­pa­sien. Il fei­gnit de voir dans ce géné­ral étran­ger, des­truc­teur de la Ville sainte et tueur d’un mil­lion de Juifs, le libé­ra­teur pro­mis à ses aïeux; il lui pré­dit, en se pros­ter­nant devant lui : «Tu seras maître, César, non seule­ment de moi, mais de la terre, de la mer et de tout le genre humain»*****; et cette basse flat­te­rie, cette hon­teuse dupli­ci­té, est une tache indé­lé­bile sur la vie d’un homme par ailleurs esti­mable. Ayant pris le sur­nom de Fla­vius pour mieux mon­trer sa sou­mis­sion, il consa­cra l’abondance de ses loi­sirs, la sou­plesse de son talent et l’étendue de son éru­di­tion à rele­ver les suc­cès des sol­dats qui détrui­sirent sa patrie et la rayèrent de la carte. «Il a décrit [cette des­truc­tion] tout entière; il en a recueilli les moindres détails, et son exac­ti­tude scru­pu­leuse étonne encore le lec­teur… L’israélite, ébloui de ces mer­veilles, ne se sou­vient pas que ce sont les dépouilles de ses conci­toyens; qu’il s’agit de la Judée anéan­tie; que ce Dieu outra­gé est son Dieu, et qu’il assiste aux funé­railles de son pays», dit Phi­la­rète Chasles

* En grec «Ἰουδαϊκὴ ἀρχαιολογία». Haut

** En latin Fla­vius Jose­phus. Autre­fois trans­crit Flave Josèphe ou Fla­vien Joseph. Haut

*** «Chro­no­lo­gie des œuvres de Josèphe», p. 366. Haut

**** En grec «τῆς Γαλιλαίας ἑκατέρας… καὶ Γάμαλα». «Guerre des Juifs», liv. II, sect. 568. Haut

***** En grec «Δεσπότης… οὐ μόνον ἐμοῦ σὺ Καῖσαρ, ἀλλὰ καὶ γῆς καὶ θαλάττης καὶ παντὸς ἀνθρώπων γένους». «Guerre des Juifs», liv. III, sect. 402. Haut

Josèphe, «Antiquités judaïques. Tome I. Livres I à V»

éd. E. Leroux, coll. Publications de la Société des études juives, Paris

éd. E. Leroux, coll. Publi­ca­tions de la Socié­té des études juives, Paris

Il s’agit des «Anti­qui­tés judaïques» («Iou­daï­kê archaio­lo­gia»*) de Josèphe ben Mat­thias, his­to­rien juif, plus connu sous le sur­nom de Fla­vius Josèphe** (Ier siècle apr. J.-C.). Josèphe était né pour deve­nir grand rab­bin ou roi; les cir­cons­tances en firent un his­to­rien. Et telle fut la des­ti­née sin­gu­lière de sa vie qu’il se trans­for­ma en admi­ra­teur et en flat­teur d’une dynas­tie d’Empereurs romains dont l’exploit fon­da­men­tal fut l’anéantissement de Jéru­sa­lem, et sur les mon­naies des­quels figu­rait une femme assise, pleu­rant sous un pal­mier, avec la légende «Judæa cap­ta, Judæa devic­ta» («la Judée cap­tive, la Judée vain­cue»). «Au lieu de la renom­mée qu’il ambi­tion­nait… et que sem­blaient lui pro­mettre de pré­coces suc­cès, il ne s’attira guère que la haine et le mépris de la plu­part des siens, tan­dis que les Romains, d’abord ses enne­mis, le com­blèrent fina­le­ment de biens et d’honneurs», dit le père Louis-Hugues Vincent***. C’est que ce des­cen­dant de famille illustre, ce pro­dige des écoles de Jéru­sa­lem, ce chef «des deux Gali­lées… et de Gama­la»****, rache­ta sa vie en pac­ti­sant avec l’ennemi; aban­don­na ses devoirs de chef, d’homme d’honneur et de patriote; et finit ses jours dans la dou­ceur d’une retraite dorée, après être deve­nu citoyen de Rome et client de Ves­pa­sien. Il fei­gnit de voir dans ce géné­ral étran­ger, des­truc­teur de la Ville sainte et tueur d’un mil­lion de Juifs, le libé­ra­teur pro­mis à ses aïeux; il lui pré­dit, en se pros­ter­nant devant lui : «Tu seras maître, César, non seule­ment de moi, mais de la terre, de la mer et de tout le genre humain»*****; et cette basse flat­te­rie, cette hon­teuse dupli­ci­té, est une tache indé­lé­bile sur la vie d’un homme par ailleurs esti­mable. Ayant pris le sur­nom de Fla­vius pour mieux mon­trer sa sou­mis­sion, il consa­cra l’abondance de ses loi­sirs, la sou­plesse de son talent et l’étendue de son éru­di­tion à rele­ver les suc­cès des sol­dats qui détrui­sirent sa patrie et la rayèrent de la carte. «Il a décrit [cette des­truc­tion] tout entière; il en a recueilli les moindres détails, et son exac­ti­tude scru­pu­leuse étonne encore le lec­teur… L’israélite, ébloui de ces mer­veilles, ne se sou­vient pas que ce sont les dépouilles de ses conci­toyens; qu’il s’agit de la Judée anéan­tie; que ce Dieu outra­gé est son Dieu, et qu’il assiste aux funé­railles de son pays», dit Phi­la­rète Chasles

* En grec «Ἰουδαϊκὴ ἀρχαιολογία». Haut

** En latin Fla­vius Jose­phus. Autre­fois trans­crit Flave Josèphe ou Fla­vien Joseph. Haut

*** «Chro­no­lo­gie des œuvres de Josèphe», p. 366. Haut

**** En grec «τῆς Γαλιλαίας ἑκατέρας… καὶ Γάμαλα». «Guerre des Juifs», liv. II, sect. 568. Haut

***** En grec «Δεσπότης… οὐ μόνον ἐμοῦ σὺ Καῖσαρ, ἀλλὰ καὶ γῆς καὶ θαλάττης καὶ παντὸς ἀνθρώπων γένους». «Guerre des Juifs», liv. III, sect. 402. Haut

Josèphe, «Contre Apion»

éd. Les Belles Lettres, coll. des universités de France, Paris

éd. Les Belles Lettres, coll. des uni­ver­si­tés de France, Paris

Il s’agit du «Contre Apion» («Kata Apiô­nos»*) de Josèphe ben Mat­thias, his­to­rien juif, plus connu sous le sur­nom de Fla­vius Josèphe** (Ier siècle apr. J.-C.). Josèphe était né pour deve­nir grand rab­bin ou roi; les cir­cons­tances en firent un his­to­rien. Et telle fut la des­ti­née sin­gu­lière de sa vie qu’il se trans­for­ma en admi­ra­teur et en flat­teur d’une dynas­tie d’Empereurs romains dont l’exploit fon­da­men­tal fut l’anéantissement de Jéru­sa­lem, et sur les mon­naies des­quels figu­rait une femme assise, pleu­rant sous un pal­mier, avec la légende «Judæa cap­ta, Judæa devic­ta» («la Judée cap­tive, la Judée vain­cue»). «Au lieu de la renom­mée qu’il ambi­tion­nait… et que sem­blaient lui pro­mettre de pré­coces suc­cès, il ne s’attira guère que la haine et le mépris de la plu­part des siens, tan­dis que les Romains, d’abord ses enne­mis, le com­blèrent fina­le­ment de biens et d’honneurs», dit le père Louis-Hugues Vincent***. C’est que ce des­cen­dant de famille illustre, ce pro­dige des écoles de Jéru­sa­lem, ce chef «des deux Gali­lées… et de Gama­la»****, rache­ta sa vie en pac­ti­sant avec l’ennemi; aban­don­na ses devoirs de chef, d’homme d’honneur et de patriote; et finit ses jours dans la dou­ceur d’une retraite dorée, après être deve­nu citoyen de Rome et client de Ves­pa­sien. Il fei­gnit de voir dans ce géné­ral étran­ger, des­truc­teur de la Ville sainte et tueur d’un mil­lion de Juifs, le libé­ra­teur pro­mis à ses aïeux; il lui pré­dit, en se pros­ter­nant devant lui : «Tu seras maître, César, non seule­ment de moi, mais de la terre, de la mer et de tout le genre humain»*****; et cette basse flat­te­rie, cette hon­teuse dupli­ci­té, est une tache indé­lé­bile sur la vie d’un homme par ailleurs esti­mable. Ayant pris le sur­nom de Fla­vius pour mieux mon­trer sa sou­mis­sion, il consa­cra l’abondance de ses loi­sirs, la sou­plesse de son talent et l’étendue de son éru­di­tion à rele­ver les suc­cès des sol­dats qui détrui­sirent sa patrie et la rayèrent de la carte. «Il a décrit [cette des­truc­tion] tout entière; il en a recueilli les moindres détails, et son exac­ti­tude scru­pu­leuse étonne encore le lec­teur… L’israélite, ébloui de ces mer­veilles, ne se sou­vient pas que ce sont les dépouilles de ses conci­toyens; qu’il s’agit de la Judée anéan­tie; que ce Dieu outra­gé est son Dieu, et qu’il assiste aux funé­railles de son pays», dit Phi­la­rète Chasles

* En grec «Κατὰ Ἀπίωνος». «Le “Contre Apion”, tel est le titre inexact, mais com­mode, sous lequel, s’inspirant de deux pas­sages de saint Jérôme, on a pris l’habitude de dési­gner le der­nier opus­cule de Fla­vius Josèphe, dont le titre véri­table paraît avoir été “De l’antiquité du peuple juif” (“Περὶ τῆς τῶν Ἰουδαίων ἀρχαιότητος”)», explique Théo­dore Rei­nach. Haut

** En latin Fla­vius Jose­phus. Autre­fois trans­crit Flave Josèphe ou Fla­vien Joseph. Haut

*** «Chro­no­lo­gie des œuvres de Josèphe», p. 366. Haut

**** En grec «τῆς Γαλιλαίας ἑκατέρας… καὶ Γάμαλα». «Guerre des Juifs», liv. II, sect. 568. Haut

***** En grec «Δεσπότης… οὐ μόνον ἐμοῦ σὺ Καῖσαρ, ἀλλὰ καὶ γῆς καὶ θαλάττης καὶ παντὸς ἀνθρώπων γένους». «Guerre des Juifs», liv. III, sect. 402. Haut

Josèphe, «Guerre des Juifs. Tome III»

éd. Les Belles Lettres, coll. des universités de France, Paris

éd. Les Belles Lettres, coll. des uni­ver­si­tés de France, Paris

Il s’agit de la «Guerre des Juifs» («Peri tou Iou­daï­kou pole­mou»*) de Josèphe ben Mat­thias, his­to­rien juif, plus connu sous le sur­nom de Fla­vius Josèphe** (Ier siècle apr. J.-C.). Josèphe était né pour deve­nir grand rab­bin ou roi; les cir­cons­tances en firent un his­to­rien. Et telle fut la des­ti­née sin­gu­lière de sa vie qu’il se trans­for­ma en admi­ra­teur et en flat­teur d’une dynas­tie d’Empereurs romains dont l’exploit fon­da­men­tal fut l’anéantissement de Jéru­sa­lem, et sur les mon­naies des­quels figu­rait une femme assise, pleu­rant sous un pal­mier, avec la légende «Judæa cap­ta, Judæa devic­ta» («la Judée cap­tive, la Judée vain­cue»). «Au lieu de la renom­mée qu’il ambi­tion­nait… et que sem­blaient lui pro­mettre de pré­coces suc­cès, il ne s’attira guère que la haine et le mépris de la plu­part des siens, tan­dis que les Romains, d’abord ses enne­mis, le com­blèrent fina­le­ment de biens et d’honneurs», dit le père Louis-Hugues Vincent***. C’est que ce des­cen­dant de famille illustre, ce pro­dige des écoles de Jéru­sa­lem, ce chef «des deux Gali­lées… et de Gama­la»****, rache­ta sa vie en pac­ti­sant avec l’ennemi; aban­don­na ses devoirs de chef, d’homme d’honneur et de patriote; et finit ses jours dans la dou­ceur d’une retraite dorée, après être deve­nu citoyen de Rome et client de Ves­pa­sien. Il fei­gnit de voir dans ce géné­ral étran­ger, des­truc­teur de la Ville sainte et tueur d’un mil­lion de Juifs, le libé­ra­teur pro­mis à ses aïeux; il lui pré­dit, en se pros­ter­nant devant lui : «Tu seras maître, César, non seule­ment de moi, mais de la terre, de la mer et de tout le genre humain»*****; et cette basse flat­te­rie, cette hon­teuse dupli­ci­té, est une tache indé­lé­bile sur la vie d’un homme par ailleurs esti­mable. Ayant pris le sur­nom de Fla­vius pour mieux mon­trer sa sou­mis­sion, il consa­cra l’abondance de ses loi­sirs, la sou­plesse de son talent et l’étendue de son éru­di­tion à rele­ver les suc­cès des sol­dats qui détrui­sirent sa patrie et la rayèrent de la carte. «Il a décrit [cette des­truc­tion] tout entière; il en a recueilli les moindres détails, et son exac­ti­tude scru­pu­leuse étonne encore le lec­teur… L’israélite, ébloui de ces mer­veilles, ne se sou­vient pas que ce sont les dépouilles de ses conci­toyens; qu’il s’agit de la Judée anéan­tie; que ce Dieu outra­gé est son Dieu, et qu’il assiste aux funé­railles de son pays», dit Phi­la­rète Chasles

* En grec «Περὶ τοῦ Ἰουδαϊκοῦ πολέμου». Haut

** En latin Fla­vius Jose­phus. Autre­fois trans­crit Flave Josèphe ou Fla­vien Joseph. Haut

*** «Chro­no­lo­gie des œuvres de Josèphe», p. 366. Haut

**** En grec «τῆς Γαλιλαίας ἑκατέρας… καὶ Γάμαλα». «Guerre des Juifs», liv. II, sect. 568. Haut

***** En grec «Δεσπότης… οὐ μόνον ἐμοῦ σὺ Καῖσαρ, ἀλλὰ καὶ γῆς καὶ θαλάττης καὶ παντὸς ἀνθρώπων γένους». «Guerre des Juifs», liv. III, sect. 402. Haut

Josèphe, «Guerre des Juifs. Tome II»

éd. Les Belles Lettres, coll. des universités de France, Paris

éd. Les Belles Lettres, coll. des uni­ver­si­tés de France, Paris

Il s’agit de la «Guerre des Juifs» («Peri tou Iou­daï­kou pole­mou»*) de Josèphe ben Mat­thias, his­to­rien juif, plus connu sous le sur­nom de Fla­vius Josèphe** (Ier siècle apr. J.-C.). Josèphe était né pour deve­nir grand rab­bin ou roi; les cir­cons­tances en firent un his­to­rien. Et telle fut la des­ti­née sin­gu­lière de sa vie qu’il se trans­for­ma en admi­ra­teur et en flat­teur d’une dynas­tie d’Empereurs romains dont l’exploit fon­da­men­tal fut l’anéantissement de Jéru­sa­lem, et sur les mon­naies des­quels figu­rait une femme assise, pleu­rant sous un pal­mier, avec la légende «Judæa cap­ta, Judæa devic­ta» («la Judée cap­tive, la Judée vain­cue»). «Au lieu de la renom­mée qu’il ambi­tion­nait… et que sem­blaient lui pro­mettre de pré­coces suc­cès, il ne s’attira guère que la haine et le mépris de la plu­part des siens, tan­dis que les Romains, d’abord ses enne­mis, le com­blèrent fina­le­ment de biens et d’honneurs», dit le père Louis-Hugues Vincent***. C’est que ce des­cen­dant de famille illustre, ce pro­dige des écoles de Jéru­sa­lem, ce chef «des deux Gali­lées… et de Gama­la»****, rache­ta sa vie en pac­ti­sant avec l’ennemi; aban­don­na ses devoirs de chef, d’homme d’honneur et de patriote; et finit ses jours dans la dou­ceur d’une retraite dorée, après être deve­nu citoyen de Rome et client de Ves­pa­sien. Il fei­gnit de voir dans ce géné­ral étran­ger, des­truc­teur de la Ville sainte et tueur d’un mil­lion de Juifs, le libé­ra­teur pro­mis à ses aïeux; il lui pré­dit, en se pros­ter­nant devant lui : «Tu seras maître, César, non seule­ment de moi, mais de la terre, de la mer et de tout le genre humain»*****; et cette basse flat­te­rie, cette hon­teuse dupli­ci­té, est une tache indé­lé­bile sur la vie d’un homme par ailleurs esti­mable. Ayant pris le sur­nom de Fla­vius pour mieux mon­trer sa sou­mis­sion, il consa­cra l’abondance de ses loi­sirs, la sou­plesse de son talent et l’étendue de son éru­di­tion à rele­ver les suc­cès des sol­dats qui détrui­sirent sa patrie et la rayèrent de la carte. «Il a décrit [cette des­truc­tion] tout entière; il en a recueilli les moindres détails, et son exac­ti­tude scru­pu­leuse étonne encore le lec­teur… L’israélite, ébloui de ces mer­veilles, ne se sou­vient pas que ce sont les dépouilles de ses conci­toyens; qu’il s’agit de la Judée anéan­tie; que ce Dieu outra­gé est son Dieu, et qu’il assiste aux funé­railles de son pays», dit Phi­la­rète Chasles

* En grec «Περὶ τοῦ Ἰουδαϊκοῦ πολέμου». Haut

** En latin Fla­vius Jose­phus. Autre­fois trans­crit Flave Josèphe ou Fla­vien Joseph. Haut

*** «Chro­no­lo­gie des œuvres de Josèphe», p. 366. Haut

**** En grec «τῆς Γαλιλαίας ἑκατέρας… καὶ Γάμαλα». «Guerre des Juifs», liv. II, sect. 568. Haut

***** En grec «Δεσπότης… οὐ μόνον ἐμοῦ σὺ Καῖσαρ, ἀλλὰ καὶ γῆς καὶ θαλάττης καὶ παντὸς ἀνθρώπων γένους». «Guerre des Juifs», liv. III, sect. 402. Haut

Josèphe, «Guerre des Juifs. Tome I»

éd. Les Belles Lettres, coll. des universités de France, Paris

éd. Les Belles Lettres, coll. des uni­ver­si­tés de France, Paris

Il s’agit de la «Guerre des Juifs» («Peri tou Iou­daï­kou pole­mou»*) de Josèphe ben Mat­thias, his­to­rien juif, plus connu sous le sur­nom de Fla­vius Josèphe** (Ier siècle apr. J.-C.). Josèphe était né pour deve­nir grand rab­bin ou roi; les cir­cons­tances en firent un his­to­rien. Et telle fut la des­ti­née sin­gu­lière de sa vie qu’il se trans­for­ma en admi­ra­teur et en flat­teur d’une dynas­tie d’Empereurs romains dont l’exploit fon­da­men­tal fut l’anéantissement de Jéru­sa­lem, et sur les mon­naies des­quels figu­rait une femme assise, pleu­rant sous un pal­mier, avec la légende «Judæa cap­ta, Judæa devic­ta» («la Judée cap­tive, la Judée vain­cue»). «Au lieu de la renom­mée qu’il ambi­tion­nait… et que sem­blaient lui pro­mettre de pré­coces suc­cès, il ne s’attira guère que la haine et le mépris de la plu­part des siens, tan­dis que les Romains, d’abord ses enne­mis, le com­blèrent fina­le­ment de biens et d’honneurs», dit le père Louis-Hugues Vincent***. C’est que ce des­cen­dant de famille illustre, ce pro­dige des écoles de Jéru­sa­lem, ce chef «des deux Gali­lées… et de Gama­la»****, rache­ta sa vie en pac­ti­sant avec l’ennemi; aban­don­na ses devoirs de chef, d’homme d’honneur et de patriote; et finit ses jours dans la dou­ceur d’une retraite dorée, après être deve­nu citoyen de Rome et client de Ves­pa­sien. Il fei­gnit de voir dans ce géné­ral étran­ger, des­truc­teur de la Ville sainte et tueur d’un mil­lion de Juifs, le libé­ra­teur pro­mis à ses aïeux; il lui pré­dit, en se pros­ter­nant devant lui : «Tu seras maître, César, non seule­ment de moi, mais de la terre, de la mer et de tout le genre humain»*****; et cette basse flat­te­rie, cette hon­teuse dupli­ci­té, est une tache indé­lé­bile sur la vie d’un homme par ailleurs esti­mable. Ayant pris le sur­nom de Fla­vius pour mieux mon­trer sa sou­mis­sion, il consa­cra l’abondance de ses loi­sirs, la sou­plesse de son talent et l’étendue de son éru­di­tion à rele­ver les suc­cès des sol­dats qui détrui­sirent sa patrie et la rayèrent de la carte. «Il a décrit [cette des­truc­tion] tout entière; il en a recueilli les moindres détails, et son exac­ti­tude scru­pu­leuse étonne encore le lec­teur… L’israélite, ébloui de ces mer­veilles, ne se sou­vient pas que ce sont les dépouilles de ses conci­toyens; qu’il s’agit de la Judée anéan­tie; que ce Dieu outra­gé est son Dieu, et qu’il assiste aux funé­railles de son pays», dit Phi­la­rète Chasles

* En grec «Περὶ τοῦ Ἰουδαϊκοῦ πολέμου». Haut

** En latin Fla­vius Jose­phus. Autre­fois trans­crit Flave Josèphe ou Fla­vien Joseph. Haut

*** «Chro­no­lo­gie des œuvres de Josèphe», p. 366. Haut

**** En grec «τῆς Γαλιλαίας ἑκατέρας… καὶ Γάμαλα». «Guerre des Juifs», liv. II, sect. 568. Haut

***** En grec «Δεσπότης… οὐ μόνον ἐμοῦ σὺ Καῖσαρ, ἀλλὰ καὶ γῆς καὶ θαλάττης καὶ παντὸς ἀνθρώπων γένους». «Guerre des Juifs», liv. III, sect. 402. Haut

Josèphe, «Autobiographie»

éd. Les Belles Lettres, coll. des universités de France, Paris

éd. Les Belles Lettres, coll. des uni­ver­si­tés de France, Paris

Il s’agit de l’«Auto­bio­gra­phie» («Bios»*) de Josèphe ben Mat­thias, his­to­rien juif, plus connu sous le sur­nom de Fla­vius Josèphe** (Ier siècle apr. J.-C.). Josèphe était né pour deve­nir grand rab­bin ou roi; les cir­cons­tances en firent un his­to­rien. Et telle fut la des­ti­née sin­gu­lière de sa vie qu’il se trans­for­ma en admi­ra­teur et en flat­teur d’une dynas­tie d’Empereurs romains dont l’exploit fon­da­men­tal fut l’anéantissement de Jéru­sa­lem, et sur les mon­naies des­quels figu­rait une femme assise, pleu­rant sous un pal­mier, avec la légende «Judæa cap­ta, Judæa devic­ta» («la Judée cap­tive, la Judée vain­cue»). «Au lieu de la renom­mée qu’il ambi­tion­nait… et que sem­blaient lui pro­mettre de pré­coces suc­cès, il ne s’attira guère que la haine et le mépris de la plu­part des siens, tan­dis que les Romains, d’abord ses enne­mis, le com­blèrent fina­le­ment de biens et d’honneurs», dit le père Louis-Hugues Vincent***. C’est que ce des­cen­dant de famille illustre, ce pro­dige des écoles de Jéru­sa­lem, ce chef «des deux Gali­lées… et de Gama­la»****, rache­ta sa vie en pac­ti­sant avec l’ennemi; aban­don­na ses devoirs de chef, d’homme d’honneur et de patriote; et finit ses jours dans la dou­ceur d’une retraite dorée, après être deve­nu citoyen de Rome et client de Ves­pa­sien. Il fei­gnit de voir dans ce géné­ral étran­ger, des­truc­teur de la Ville sainte et tueur d’un mil­lion de Juifs, le libé­ra­teur pro­mis à ses aïeux; il lui pré­dit, en se pros­ter­nant devant lui : «Tu seras maître, César, non seule­ment de moi, mais de la terre, de la mer et de tout le genre humain»*****; et cette basse flat­te­rie, cette hon­teuse dupli­ci­té, est une tache indé­lé­bile sur la vie d’un homme par ailleurs esti­mable. Ayant pris le sur­nom de Fla­vius pour mieux mon­trer sa sou­mis­sion, il consa­cra l’abondance de ses loi­sirs, la sou­plesse de son talent et l’étendue de son éru­di­tion à rele­ver les suc­cès des sol­dats qui détrui­sirent sa patrie et la rayèrent de la carte. «Il a décrit [cette des­truc­tion] tout entière; il en a recueilli les moindres détails, et son exac­ti­tude scru­pu­leuse étonne encore le lec­teur… L’israélite, ébloui de ces mer­veilles, ne se sou­vient pas que ce sont les dépouilles de ses conci­toyens; qu’il s’agit de la Judée anéan­tie; que ce Dieu outra­gé est son Dieu, et qu’il assiste aux funé­railles de son pays», dit Phi­la­rète Chasles

* En grec «Βίος». Haut

** En latin Fla­vius Jose­phus. Autre­fois trans­crit Flave Josèphe ou Fla­vien Joseph. Haut

*** «Chro­no­lo­gie des œuvres de Josèphe», p. 366. Haut

**** En grec «τῆς Γαλιλαίας ἑκατέρας… καὶ Γάμαλα». «Guerre des Juifs», liv. II, sect. 568. Haut

***** En grec «Δεσπότης… οὐ μόνον ἐμοῦ σὺ Καῖσαρ, ἀλλὰ καὶ γῆς καὶ θαλάττης καὶ παντὸς ἀνθρώπων γένους». «Guerre des Juifs», liv. III, sect. 402. Haut