le comte de Maistre, « Œuvres complètes. Tome VII. Le Caractère extérieur du magistrat • Lettres d’un royaliste savoisien • etc. »

XIXᵉ siècle

XIXe siècle

Il s’agit du « Ca­rac­tère ex­té­rieur du ma­gis­trat » et autres œuvres du comte Jo­seph de Maistre. Maistre est tou­jours resté en de­hors des grands hé­ri­tiers du XVIIIe siècle dont on re­com­mande l’étude aux gens culti­vés. On a parlé de lui ou pour le com­battre ou pour l’encenser. Et on a bien fait en un sens. Il mé­rite d’être com­battu en tant que pen­seur du ca­tho­li­cisme le plus obs­cu­ran­tiste, mais en­censé en tant que brillant cau­seur et gé­nie de la pro­vo­ca­tion. Le sys­tème de pen­sée de Maistre, comme la plu­part des faux sys­tèmes, peut se ré­su­mer en un mot : l’unité ab­so­lue. Cette unité ne peut être at­teinte par les hommes que si un pou­voir tout aussi ab­solu les réunit. Le re­pré­sen­tant de ce pou­voir, d’après Maistre, est le pape dans le do­maine spi­ri­tuel, le roi dans le do­maine tem­po­rel, qui lui donnent son ca­rac­tère su­prême, in­dé­fec­tible et sa­cré : « L’un et l’autre », dit-il1, « ex­priment cette haute puis­sance qui les do­mine toutes… qui gou­verne et n’est pas gou­ver­née, qui juge et n’est pas ju­gée ». Voilà l’autorité consti­tuée : au­to­rité re­li­gieuse d’une part, au­to­rité ci­vile de l’autre. Rien de tout cela ne doit être confié aux aca­dé­mi­ciens et aux sa­vants ; et à plus forte rai­son au bas peuple. L’anarchie me­nace dès que l’insolente cri­tique du pou­voir est pos­sible : « Il fau­drait avoir perdu l’esprit », s’exclame Maistre2, « pour croire que Dieu ait chargé les aca­dé­mies de nous ap­prendre ce qu’Il est, et ce que nous Lui de­vons. Il ap­par­tient aux pré­lats, aux nobles… d’être les dé­po­si­taires et les gar­diens des vé­ri­tés conser­va­trices ; d’apprendre aux na­tions… ce qui est vrai et ce qui est faux dans l’ordre mo­ral et spi­ri­tuel. Les autres n’ont pas droit de rai­son­ner sur ces sortes de ma­tières ! » Ce n’est pas à la masse po­pu­laire qu’il ap­par­tient de ré­flé­chir sur les prin­cipes obs­curs et in­faillibles aux­quels elle est sou­mise, car « il y a des choses qu’on dé­truit en les mon­trant »3. L’autorité peut se pas­ser de science et d’obéissance éclai­rée. Maistre va beau­coup plus loin. Dans ses « Lettres sur l’Inquisition », il fait l’éloge d’une ins­ti­tu­tion ca­tho­lique qui a fait cou­ler des flots de sang. C’est à elle qu’il at­tri­bue le main­tien en Es­pagne de la foi et de la mo­nar­chie contre les­quelles est ve­nue s’user la puis­sance de Na­po­léon. Si la France avait eu le bon­heur de jouir de l’Inquisition, les dé­sastres de la Ré­vo­lu­tion fran­çaise au­raient pu être évi­tés. De là à croire que « les abus [du pou­voir] valent in­fi­ni­ment mieux que les ré­vo­lu­tions »4 il n’y a qu’un pas. Maistre le fran­chit ! Il est si dé­rai­son­nable, si ré­ac­tion­naire qu’il semble avoir été in­venté pour nous aga­cer : « Il brave, il dé­fie, il in­vec­tive, il ir­rite… Il va jusqu’à l’absurde et jusqu’au sup­plice… Que se­rait un au­tel en­touré de po­tences ? Est-ce là de la théo­lo­gie ?… N’est-ce pas, plu­tôt, une pro­vo­ca­tion à toute âme in­dé­pen­dante qui veut ado­rer et non trem­bler ? », pro­tes­tera La­mar­tine dans son « Cours fa­mi­lier de lit­té­ra­ture ».

  1. « Tome II », p. 2. Haut
  2. « Tome V », p. 108. Haut
  1. « Tome VII », p. 38. Haut
  2. « Mé­moires po­li­tiques et Cor­res­pon­dance di­plo­ma­tique ». Haut

le comte de Maistre, « Œuvres complètes. Tome VI. Examen de la philosophie de Bacon (ouvrage posthume) »

XIXᵉ siècle

XIXe siècle

Il s’agit d’« Exa­men de la phi­lo­so­phie de Ba­con » du comte Jo­seph de Maistre. Maistre est tou­jours resté en de­hors des grands hé­ri­tiers du XVIIIe siècle dont on re­com­mande l’étude aux gens culti­vés. On a parlé de lui ou pour le com­battre ou pour l’encenser. Et on a bien fait en un sens. Il mé­rite d’être com­battu en tant que pen­seur du ca­tho­li­cisme le plus obs­cu­ran­tiste, mais en­censé en tant que brillant cau­seur et gé­nie de la pro­vo­ca­tion. Le sys­tème de pen­sée de Maistre, comme la plu­part des faux sys­tèmes, peut se ré­su­mer en un mot : l’unité ab­so­lue. Cette unité ne peut être at­teinte par les hommes que si un pou­voir tout aussi ab­solu les réunit. Le re­pré­sen­tant de ce pou­voir, d’après Maistre, est le pape dans le do­maine spi­ri­tuel, le roi dans le do­maine tem­po­rel, qui lui donnent son ca­rac­tère su­prême, in­dé­fec­tible et sa­cré : « L’un et l’autre », dit-il1, « ex­priment cette haute puis­sance qui les do­mine toutes… qui gou­verne et n’est pas gou­ver­née, qui juge et n’est pas ju­gée ». Voilà l’autorité consti­tuée : au­to­rité re­li­gieuse d’une part, au­to­rité ci­vile de l’autre. Rien de tout cela ne doit être confié aux aca­dé­mi­ciens et aux sa­vants ; et à plus forte rai­son au bas peuple. L’anarchie me­nace dès que l’insolente cri­tique du pou­voir est pos­sible : « Il fau­drait avoir perdu l’esprit », s’exclame Maistre2, « pour croire que Dieu ait chargé les aca­dé­mies de nous ap­prendre ce qu’Il est, et ce que nous Lui de­vons. Il ap­par­tient aux pré­lats, aux nobles… d’être les dé­po­si­taires et les gar­diens des vé­ri­tés conser­va­trices ; d’apprendre aux na­tions… ce qui est vrai et ce qui est faux dans l’ordre mo­ral et spi­ri­tuel. Les autres n’ont pas droit de rai­son­ner sur ces sortes de ma­tières ! » Ce n’est pas à la masse po­pu­laire qu’il ap­par­tient de ré­flé­chir sur les prin­cipes obs­curs et in­faillibles aux­quels elle est sou­mise, car « il y a des choses qu’on dé­truit en les mon­trant »3. L’autorité peut se pas­ser de science et d’obéissance éclai­rée. Maistre va beau­coup plus loin. Dans ses « Lettres sur l’Inquisition », il fait l’éloge d’une ins­ti­tu­tion ca­tho­lique qui a fait cou­ler des flots de sang. C’est à elle qu’il at­tri­bue le main­tien en Es­pagne de la foi et de la mo­nar­chie contre les­quelles est ve­nue s’user la puis­sance de Na­po­léon. Si la France avait eu le bon­heur de jouir de l’Inquisition, les dé­sastres de la Ré­vo­lu­tion fran­çaise au­raient pu être évi­tés. De là à croire que « les abus [du pou­voir] valent in­fi­ni­ment mieux que les ré­vo­lu­tions »4 il n’y a qu’un pas. Maistre le fran­chit ! Il est si dé­rai­son­nable, si ré­ac­tion­naire qu’il semble avoir été in­venté pour nous aga­cer : « Il brave, il dé­fie, il in­vec­tive, il ir­rite… Il va jusqu’à l’absurde et jusqu’au sup­plice… Que se­rait un au­tel en­touré de po­tences ? Est-ce là de la théo­lo­gie ?… N’est-ce pas, plu­tôt, une pro­vo­ca­tion à toute âme in­dé­pen­dante qui veut ado­rer et non trem­bler ? », pro­tes­tera La­mar­tine dans son « Cours fa­mi­lier de lit­té­ra­ture ».

  1. « Tome II », p. 2. Haut
  2. « Tome V », p. 108. Haut
  1. « Tome VII », p. 38. Haut
  2. « Mé­moires po­li­tiques et Cor­res­pon­dance di­plo­ma­tique ». Haut

le comte de Maistre, « Œuvres complètes. Tome V. Les Soirées de Saint-Pétersbourg (suite et fin) • Éclaircissement sur les sacrifices »

XIXᵉ siècle

XIXe siècle

Il s’agit des « Soi­rées de Saint-Pé­ters­bourg » et autres œuvres du comte Jo­seph de Maistre. Maistre est tou­jours resté en de­hors des grands hé­ri­tiers du XVIIIe siècle dont on re­com­mande l’étude aux gens culti­vés. On a parlé de lui ou pour le com­battre ou pour l’encenser. Et on a bien fait en un sens. Il mé­rite d’être com­battu en tant que pen­seur du ca­tho­li­cisme le plus obs­cu­ran­tiste, mais en­censé en tant que brillant cau­seur et gé­nie de la pro­vo­ca­tion. Le sys­tème de pen­sée de Maistre, comme la plu­part des faux sys­tèmes, peut se ré­su­mer en un mot : l’unité ab­so­lue. Cette unité ne peut être at­teinte par les hommes que si un pou­voir tout aussi ab­solu les réunit. Le re­pré­sen­tant de ce pou­voir, d’après Maistre, est le pape dans le do­maine spi­ri­tuel, le roi dans le do­maine tem­po­rel, qui lui donnent son ca­rac­tère su­prême, in­dé­fec­tible et sa­cré : « L’un et l’autre », dit-il1, « ex­priment cette haute puis­sance qui les do­mine toutes… qui gou­verne et n’est pas gou­ver­née, qui juge et n’est pas ju­gée ». Voilà l’autorité consti­tuée : au­to­rité re­li­gieuse d’une part, au­to­rité ci­vile de l’autre. Rien de tout cela ne doit être confié aux aca­dé­mi­ciens et aux sa­vants ; et à plus forte rai­son au bas peuple. L’anarchie me­nace dès que l’insolente cri­tique du pou­voir est pos­sible : « Il fau­drait avoir perdu l’esprit », s’exclame Maistre2, « pour croire que Dieu ait chargé les aca­dé­mies de nous ap­prendre ce qu’Il est, et ce que nous Lui de­vons. Il ap­par­tient aux pré­lats, aux nobles… d’être les dé­po­si­taires et les gar­diens des vé­ri­tés conser­va­trices ; d’apprendre aux na­tions… ce qui est vrai et ce qui est faux dans l’ordre mo­ral et spi­ri­tuel. Les autres n’ont pas droit de rai­son­ner sur ces sortes de ma­tières ! » Ce n’est pas à la masse po­pu­laire qu’il ap­par­tient de ré­flé­chir sur les prin­cipes obs­curs et in­faillibles aux­quels elle est sou­mise, car « il y a des choses qu’on dé­truit en les mon­trant »3. L’autorité peut se pas­ser de science et d’obéissance éclai­rée. Maistre va beau­coup plus loin. Dans ses « Lettres sur l’Inquisition », il fait l’éloge d’une ins­ti­tu­tion ca­tho­lique qui a fait cou­ler des flots de sang. C’est à elle qu’il at­tri­bue le main­tien en Es­pagne de la foi et de la mo­nar­chie contre les­quelles est ve­nue s’user la puis­sance de Na­po­léon. Si la France avait eu le bon­heur de jouir de l’Inquisition, les dé­sastres de la Ré­vo­lu­tion fran­çaise au­raient pu être évi­tés. De là à croire que « les abus [du pou­voir] valent in­fi­ni­ment mieux que les ré­vo­lu­tions »4 il n’y a qu’un pas. Maistre le fran­chit ! Il est si dé­rai­son­nable, si ré­ac­tion­naire qu’il semble avoir été in­venté pour nous aga­cer : « Il brave, il dé­fie, il in­vec­tive, il ir­rite… Il va jusqu’à l’absurde et jusqu’au sup­plice… Que se­rait un au­tel en­touré de po­tences ? Est-ce là de la théo­lo­gie ?… N’est-ce pas, plu­tôt, une pro­vo­ca­tion à toute âme in­dé­pen­dante qui veut ado­rer et non trem­bler ? », pro­tes­tera La­mar­tine dans son « Cours fa­mi­lier de lit­té­ra­ture ».

  1. « Tome II », p. 2. Haut
  2. « Tome V », p. 108. Haut
  1. « Tome VII », p. 38. Haut
  2. « Mé­moires po­li­tiques et Cor­res­pon­dance di­plo­ma­tique ». Haut

le comte de Maistre, « Œuvres complètes. Tome IV. Les Soirées de Saint-Pétersbourg (les six premiers entretiens) »

XIXᵉ siècle

XIXe siècle

Il s’agit des « Soi­rées de Saint-Pé­ters­bourg » et autres œuvres du comte Jo­seph de Maistre. Maistre est tou­jours resté en de­hors des grands hé­ri­tiers du XVIIIe siècle dont on re­com­mande l’étude aux gens culti­vés. On a parlé de lui ou pour le com­battre ou pour l’encenser. Et on a bien fait en un sens. Il mé­rite d’être com­battu en tant que pen­seur du ca­tho­li­cisme le plus obs­cu­ran­tiste, mais en­censé en tant que brillant cau­seur et gé­nie de la pro­vo­ca­tion. Le sys­tème de pen­sée de Maistre, comme la plu­part des faux sys­tèmes, peut se ré­su­mer en un mot : l’unité ab­so­lue. Cette unité ne peut être at­teinte par les hommes que si un pou­voir tout aussi ab­solu les réunit. Le re­pré­sen­tant de ce pou­voir, d’après Maistre, est le pape dans le do­maine spi­ri­tuel, le roi dans le do­maine tem­po­rel, qui lui donnent son ca­rac­tère su­prême, in­dé­fec­tible et sa­cré : « L’un et l’autre », dit-il1, « ex­priment cette haute puis­sance qui les do­mine toutes… qui gou­verne et n’est pas gou­ver­née, qui juge et n’est pas ju­gée ». Voilà l’autorité consti­tuée : au­to­rité re­li­gieuse d’une part, au­to­rité ci­vile de l’autre. Rien de tout cela ne doit être confié aux aca­dé­mi­ciens et aux sa­vants ; et à plus forte rai­son au bas peuple. L’anarchie me­nace dès que l’insolente cri­tique du pou­voir est pos­sible : « Il fau­drait avoir perdu l’esprit », s’exclame Maistre2, « pour croire que Dieu ait chargé les aca­dé­mies de nous ap­prendre ce qu’Il est, et ce que nous Lui de­vons. Il ap­par­tient aux pré­lats, aux nobles… d’être les dé­po­si­taires et les gar­diens des vé­ri­tés conser­va­trices ; d’apprendre aux na­tions… ce qui est vrai et ce qui est faux dans l’ordre mo­ral et spi­ri­tuel. Les autres n’ont pas droit de rai­son­ner sur ces sortes de ma­tières ! » Ce n’est pas à la masse po­pu­laire qu’il ap­par­tient de ré­flé­chir sur les prin­cipes obs­curs et in­faillibles aux­quels elle est sou­mise, car « il y a des choses qu’on dé­truit en les mon­trant »3. L’autorité peut se pas­ser de science et d’obéissance éclai­rée. Maistre va beau­coup plus loin. Dans ses « Lettres sur l’Inquisition », il fait l’éloge d’une ins­ti­tu­tion ca­tho­lique qui a fait cou­ler des flots de sang. C’est à elle qu’il at­tri­bue le main­tien en Es­pagne de la foi et de la mo­nar­chie contre les­quelles est ve­nue s’user la puis­sance de Na­po­léon. Si la France avait eu le bon­heur de jouir de l’Inquisition, les dé­sastres de la Ré­vo­lu­tion fran­çaise au­raient pu être évi­tés. De là à croire que « les abus [du pou­voir] valent in­fi­ni­ment mieux que les ré­vo­lu­tions »4 il n’y a qu’un pas. Maistre le fran­chit ! Il est si dé­rai­son­nable, si ré­ac­tion­naire qu’il semble avoir été in­venté pour nous aga­cer : « Il brave, il dé­fie, il in­vec­tive, il ir­rite… Il va jusqu’à l’absurde et jusqu’au sup­plice… Que se­rait un au­tel en­touré de po­tences ? Est-ce là de la théo­lo­gie ?… N’est-ce pas, plu­tôt, une pro­vo­ca­tion à toute âme in­dé­pen­dante qui veut ado­rer et non trem­bler ? », pro­tes­tera La­mar­tine dans son « Cours fa­mi­lier de lit­té­ra­ture ».

  1. « Tome II », p. 2. Haut
  2. « Tome V », p. 108. Haut
  1. « Tome VII », p. 38. Haut
  2. « Mé­moires po­li­tiques et Cor­res­pon­dance di­plo­ma­tique ». Haut

le comte de Maistre, « Œuvres complètes. Tome III. De l’Église gallicane • Lettres sur l’Inquisition espagnole »

XIXᵉ siècle

XIXe siècle

Il s’agit de « Lettres sur l’Inquisition es­pa­gnole » et autres œuvres du comte Jo­seph de Maistre. Maistre est tou­jours resté en de­hors des grands hé­ri­tiers du XVIIIe siècle dont on re­com­mande l’étude aux gens culti­vés. On a parlé de lui ou pour le com­battre ou pour l’encenser. Et on a bien fait en un sens. Il mé­rite d’être com­battu en tant que pen­seur du ca­tho­li­cisme le plus obs­cu­ran­tiste, mais en­censé en tant que brillant cau­seur et gé­nie de la pro­vo­ca­tion. Le sys­tème de pen­sée de Maistre, comme la plu­part des faux sys­tèmes, peut se ré­su­mer en un mot : l’unité ab­so­lue. Cette unité ne peut être at­teinte par les hommes que si un pou­voir tout aussi ab­solu les réunit. Le re­pré­sen­tant de ce pou­voir, d’après Maistre, est le pape dans le do­maine spi­ri­tuel, le roi dans le do­maine tem­po­rel, qui lui donnent son ca­rac­tère su­prême, in­dé­fec­tible et sa­cré : « L’un et l’autre », dit-il1, « ex­priment cette haute puis­sance qui les do­mine toutes… qui gou­verne et n’est pas gou­ver­née, qui juge et n’est pas ju­gée ». Voilà l’autorité consti­tuée : au­to­rité re­li­gieuse d’une part, au­to­rité ci­vile de l’autre. Rien de tout cela ne doit être confié aux aca­dé­mi­ciens et aux sa­vants ; et à plus forte rai­son au bas peuple. L’anarchie me­nace dès que l’insolente cri­tique du pou­voir est pos­sible : « Il fau­drait avoir perdu l’esprit », s’exclame Maistre2, « pour croire que Dieu ait chargé les aca­dé­mies de nous ap­prendre ce qu’Il est, et ce que nous Lui de­vons. Il ap­par­tient aux pré­lats, aux nobles… d’être les dé­po­si­taires et les gar­diens des vé­ri­tés conser­va­trices ; d’apprendre aux na­tions… ce qui est vrai et ce qui est faux dans l’ordre mo­ral et spi­ri­tuel. Les autres n’ont pas droit de rai­son­ner sur ces sortes de ma­tières ! » Ce n’est pas à la masse po­pu­laire qu’il ap­par­tient de ré­flé­chir sur les prin­cipes obs­curs et in­faillibles aux­quels elle est sou­mise, car « il y a des choses qu’on dé­truit en les mon­trant »3. L’autorité peut se pas­ser de science et d’obéissance éclai­rée. Maistre va beau­coup plus loin. Dans ses « Lettres sur l’Inquisition », il fait l’éloge d’une ins­ti­tu­tion ca­tho­lique qui a fait cou­ler des flots de sang. C’est à elle qu’il at­tri­bue le main­tien en Es­pagne de la foi et de la mo­nar­chie contre les­quelles est ve­nue s’user la puis­sance de Na­po­léon. Si la France avait eu le bon­heur de jouir de l’Inquisition, les dé­sastres de la Ré­vo­lu­tion fran­çaise au­raient pu être évi­tés. De là à croire que « les abus [du pou­voir] valent in­fi­ni­ment mieux que les ré­vo­lu­tions »4 il n’y a qu’un pas. Maistre le fran­chit ! Il est si dé­rai­son­nable, si ré­ac­tion­naire qu’il semble avoir été in­venté pour nous aga­cer : « Il brave, il dé­fie, il in­vec­tive, il ir­rite… Il va jusqu’à l’absurde et jusqu’au sup­plice… Que se­rait un au­tel en­touré de po­tences ? Est-ce là de la théo­lo­gie ?… N’est-ce pas, plu­tôt, une pro­vo­ca­tion à toute âme in­dé­pen­dante qui veut ado­rer et non trem­bler ? », pro­tes­tera La­mar­tine dans son « Cours fa­mi­lier de lit­té­ra­ture ».

  1. « Tome II », p. 2. Haut
  2. « Tome V », p. 108. Haut
  1. « Tome VII », p. 38. Haut
  2. « Mé­moires po­li­tiques et Cor­res­pon­dance di­plo­ma­tique ». Haut

le comte de Maistre, « Œuvres complètes. Tome II. Du pape »

XIXᵉ siècle

XIXe siècle

Il s’agit de « Du pape » du comte Jo­seph de Maistre. Maistre est tou­jours resté en de­hors des grands hé­ri­tiers du XVIIIe siècle dont on re­com­mande l’étude aux gens culti­vés. On a parlé de lui ou pour le com­battre ou pour l’encenser. Et on a bien fait en un sens. Il mé­rite d’être com­battu en tant que pen­seur du ca­tho­li­cisme le plus obs­cu­ran­tiste, mais en­censé en tant que brillant cau­seur et gé­nie de la pro­vo­ca­tion. Le sys­tème de pen­sée de Maistre, comme la plu­part des faux sys­tèmes, peut se ré­su­mer en un mot : l’unité ab­so­lue. Cette unité ne peut être at­teinte par les hommes que si un pou­voir tout aussi ab­solu les réunit. Le re­pré­sen­tant de ce pou­voir, d’après Maistre, est le pape dans le do­maine spi­ri­tuel, le roi dans le do­maine tem­po­rel, qui lui donnent son ca­rac­tère su­prême, in­dé­fec­tible et sa­cré : « L’un et l’autre », dit-il1, « ex­priment cette haute puis­sance qui les do­mine toutes… qui gou­verne et n’est pas gou­ver­née, qui juge et n’est pas ju­gée ». Voilà l’autorité consti­tuée : au­to­rité re­li­gieuse d’une part, au­to­rité ci­vile de l’autre. Rien de tout cela ne doit être confié aux aca­dé­mi­ciens et aux sa­vants ; et à plus forte rai­son au bas peuple. L’anarchie me­nace dès que l’insolente cri­tique du pou­voir est pos­sible : « Il fau­drait avoir perdu l’esprit », s’exclame Maistre2, « pour croire que Dieu ait chargé les aca­dé­mies de nous ap­prendre ce qu’Il est, et ce que nous Lui de­vons. Il ap­par­tient aux pré­lats, aux nobles… d’être les dé­po­si­taires et les gar­diens des vé­ri­tés conser­va­trices ; d’apprendre aux na­tions… ce qui est vrai et ce qui est faux dans l’ordre mo­ral et spi­ri­tuel. Les autres n’ont pas droit de rai­son­ner sur ces sortes de ma­tières ! » Ce n’est pas à la masse po­pu­laire qu’il ap­par­tient de ré­flé­chir sur les prin­cipes obs­curs et in­faillibles aux­quels elle est sou­mise, car « il y a des choses qu’on dé­truit en les mon­trant »3. L’autorité peut se pas­ser de science et d’obéissance éclai­rée. Maistre va beau­coup plus loin. Dans ses « Lettres sur l’Inquisition », il fait l’éloge d’une ins­ti­tu­tion ca­tho­lique qui a fait cou­ler des flots de sang. C’est à elle qu’il at­tri­bue le main­tien en Es­pagne de la foi et de la mo­nar­chie contre les­quelles est ve­nue s’user la puis­sance de Na­po­léon. Si la France avait eu le bon­heur de jouir de l’Inquisition, les dé­sastres de la Ré­vo­lu­tion fran­çaise au­raient pu être évi­tés. De là à croire que « les abus [du pou­voir] valent in­fi­ni­ment mieux que les ré­vo­lu­tions »4 il n’y a qu’un pas. Maistre le fran­chit ! Il est si dé­rai­son­nable, si ré­ac­tion­naire qu’il semble avoir été in­venté pour nous aga­cer : « Il brave, il dé­fie, il in­vec­tive, il ir­rite… Il va jusqu’à l’absurde et jusqu’au sup­plice… Que se­rait un au­tel en­touré de po­tences ? Est-ce là de la théo­lo­gie ?… N’est-ce pas, plu­tôt, une pro­vo­ca­tion à toute âme in­dé­pen­dante qui veut ado­rer et non trem­bler ? », pro­tes­tera La­mar­tine dans son « Cours fa­mi­lier de lit­té­ra­ture ».

  1. « Tome II », p. 2. Haut
  2. « Tome V », p. 108. Haut
  1. « Tome VII », p. 38. Haut
  2. « Mé­moires po­li­tiques et Cor­res­pon­dance di­plo­ma­tique ». Haut

le comte de Maistre, « Œuvres complètes. Tome I. Considérations sur la France • Fragments sur la France • etc. »

XIXᵉ siècle

XIXe siècle

Il s’agit de « Consi­dé­ra­tions sur la France » et autres œuvres du comte Jo­seph de Maistre. Maistre est tou­jours resté en de­hors des grands hé­ri­tiers du XVIIIe siècle dont on re­com­mande l’étude aux gens culti­vés. On a parlé de lui ou pour le com­battre ou pour l’encenser. Et on a bien fait en un sens. Il mé­rite d’être com­battu en tant que pen­seur du ca­tho­li­cisme le plus obs­cu­ran­tiste, mais en­censé en tant que brillant cau­seur et gé­nie de la pro­vo­ca­tion. Le sys­tème de pen­sée de Maistre, comme la plu­part des faux sys­tèmes, peut se ré­su­mer en un mot : l’unité ab­so­lue. Cette unité ne peut être at­teinte par les hommes que si un pou­voir tout aussi ab­solu les réunit. Le re­pré­sen­tant de ce pou­voir, d’après Maistre, est le pape dans le do­maine spi­ri­tuel, le roi dans le do­maine tem­po­rel, qui lui donnent son ca­rac­tère su­prême, in­dé­fec­tible et sa­cré : « L’un et l’autre », dit-il1, « ex­priment cette haute puis­sance qui les do­mine toutes… qui gou­verne et n’est pas gou­ver­née, qui juge et n’est pas ju­gée ». Voilà l’autorité consti­tuée : au­to­rité re­li­gieuse d’une part, au­to­rité ci­vile de l’autre. Rien de tout cela ne doit être confié aux aca­dé­mi­ciens et aux sa­vants ; et à plus forte rai­son au bas peuple. L’anarchie me­nace dès que l’insolente cri­tique du pou­voir est pos­sible : « Il fau­drait avoir perdu l’esprit », s’exclame Maistre2, « pour croire que Dieu ait chargé les aca­dé­mies de nous ap­prendre ce qu’Il est, et ce que nous Lui de­vons. Il ap­par­tient aux pré­lats, aux nobles… d’être les dé­po­si­taires et les gar­diens des vé­ri­tés conser­va­trices ; d’apprendre aux na­tions… ce qui est vrai et ce qui est faux dans l’ordre mo­ral et spi­ri­tuel. Les autres n’ont pas droit de rai­son­ner sur ces sortes de ma­tières ! » Ce n’est pas à la masse po­pu­laire qu’il ap­par­tient de ré­flé­chir sur les prin­cipes obs­curs et in­faillibles aux­quels elle est sou­mise, car « il y a des choses qu’on dé­truit en les mon­trant »3. L’autorité peut se pas­ser de science et d’obéissance éclai­rée. Maistre va beau­coup plus loin. Dans ses « Lettres sur l’Inquisition », il fait l’éloge d’une ins­ti­tu­tion ca­tho­lique qui a fait cou­ler des flots de sang. C’est à elle qu’il at­tri­bue le main­tien en Es­pagne de la foi et de la mo­nar­chie contre les­quelles est ve­nue s’user la puis­sance de Na­po­léon. Si la France avait eu le bon­heur de jouir de l’Inquisition, les dé­sastres de la Ré­vo­lu­tion fran­çaise au­raient pu être évi­tés. De là à croire que « les abus [du pou­voir] valent in­fi­ni­ment mieux que les ré­vo­lu­tions »4 il n’y a qu’un pas. Maistre le fran­chit ! Il est si dé­rai­son­nable, si ré­ac­tion­naire qu’il semble avoir été in­venté pour nous aga­cer : « Il brave, il dé­fie, il in­vec­tive, il ir­rite… Il va jusqu’à l’absurde et jusqu’au sup­plice… Que se­rait un au­tel en­touré de po­tences ? Est-ce là de la théo­lo­gie ?… N’est-ce pas, plu­tôt, une pro­vo­ca­tion à toute âme in­dé­pen­dante qui veut ado­rer et non trem­bler ? », pro­tes­tera La­mar­tine dans son « Cours fa­mi­lier de lit­té­ra­ture ».

  1. « Tome II », p. 2. Haut
  2. « Tome V », p. 108. Haut
  1. « Tome VII », p. 38. Haut
  2. « Mé­moires po­li­tiques et Cor­res­pon­dance di­plo­ma­tique ». Haut

« Les Minnesingers. Walther von der Vogelweide (1190-1240) »

dans « Bulletin de la Société littéraire de Strasbourg », vol. 2, p. 29-62

dans « Bul­le­tin de la So­ciété lit­té­raire de Stras­bourg », vol. 2, p. 29-62

Il s’agit de « Sous les tilleuls… » (« Un­der der lin­den… »1), « Hé­las ! Comme toutes mes an­nées se sont éva­po­rées »2 (« Owê ! War sint vers­wun­den al­liu mî­niu jâr ») et autres chants de Wal­ther von der Vo­gel­weide, dit Wal­ther de la Vo­gel­weide, le pre­mier grand poète de langue al­le­mande. « Qu’avez-vous fait », de­manda-t-on une fois à Henri Heine3, « le pre­mier jour de votre ar­ri­vée à Pa­ris ? Quelle fut votre pre­mière course ? » On s’attendait à l’entendre nom­mer la place de la Concorde ou bien le Pan­théon. « Tout de suite après mon ar­ri­vée », dit Heine, « j’étais allé à la Bi­blio­thèque royale (l’actuelle Bi­blio­thèque na­tio­nale de France) et je m’étais fait mon­trer par le conser­va­teur le ma­nus­crit des “Min­ne­sin­gers”… Et c’est vrai : de­puis des an­nées, je dé­si­rais voir de mes yeux les chères feuilles qui nous ont conservé les poé­sies de Wal­ther de la Vo­gel­weide, le plus grand ly­rique al­le­mand. » À la fin du XIIe siècle, Vienne, ville aux confins de l’aire ger­ma­nique, en de­vint la mé­tro­pole ar­tis­tique. Elle s’ennoblit par les chants des trou­ba­dours cé­lèbres — les min­ne­sin­gers (chantres d’amour) — dont l’Alsacien Rein­mar de Ha­gue­nau, qui y trans­porta les formes et l’esprit de la poé­sie cour­toise fran­çaise. C’est sous sa di­rec­tion que Vo­gel­weide fit son ap­pren­tis­sage de poète. L’élève sur­passa bien­tôt ses contem­po­rains et son maître ; et c’est mer­veille de voir à quel point, entre ses mains ha­biles, le vieux haut-al­le­mand s’assouplit et se ra­dou­cit. Ce­pen­dant, mal­gré ses ser­vices et sa no­blesse, Vo­gel­weide était pauvre, et à la mort du duc Fré­dé­ric Ier d’Autriche, il resta sans pro­tec­teur. Il dut se ré­soudre à quit­ter Vienne et à me­ner une exis­tence va­ga­bonde. Cette date marque un tour­nant dans la lit­té­ra­ture al­le­mande. Au contact des éco­lâtres iti­né­rants, go­liards, jon­gleurs, Vo­gel­weide éten­dit la forme du « min­ne­lied » (« chan­son d’amour ») à l’amour de la pa­trie, de la beauté, aux ré­flexions mo­rales, aux sen­ti­ments plus per­son­nels et plus vil­la­geois aussi, les jeunes pay­sannes rem­pla­çant les châ­te­laines : « De l’Elbe jusqu’au Rhin », dit-il4, « et de là jusqu’aux fron­tières de Hon­grie, se ren­contrent bien les meilleures que j’aie vues… Si j’ai bon œil et bon ju­ge­ment pour la beauté, pour la grâce, de par Dieu, je ju­re­rais bien que chez nous les simples femmes valent mieux qu’ailleurs les grandes dames ». Une des com­po­si­tions les plus gra­cieuses et les plus fraîches de Vo­gel­weide est sa pas­tou­relle « Sous les tilleuls… », où une jeune femme dé­crit, avec pu­deur et sim­pli­cité, les joies qu’elle a éprou­vées dans les bras de son amant, à l’ombre des arbres té­moins.

  1. On ren­contre aussi la gra­phie « Un­ter den lin­den… ». Haut
  2. Par­fois tra­duit « Hé­las ! Où sont al­lées toutes mes an­nées », « Hé­las ! Que sont de­ve­nues toutes mes an­nées », « Ô tris­tesse ! Par où s’est-elle dis­per­sée, la gerbe de mes an­nées », « Hé­las ! Où sont-ils, mes ans éva­nouis », « Com­ment ont passé mes an­nées », « Mal­heur à moi ! Com­ment se sont éva­nouies, où se sont en­fuies les an­nées de ma vie », « Las, où sont-elles en al­lées, toutes mes an­nées ? », « Hé­las ! Où sont en­glou­ties toutes mes an­nées ? » ou « Hé­las ! Où donc ont-elles dis­paru, toutes mes an­nées ? ». Haut
  1. « Sa­tires et Por­traits », p. 121. Haut
  2. « Les Min­ne­sin­gers. Wal­ther von der Vo­gel­weide », p. 47. Haut

Andreïev, « Vers les étoiles »

éd. J. Corti, coll. Domaine étranger, Paris

éd. J. Corti, coll. Do­maine étran­ger, Pa­ris

Il s’agit de la pièce de théâtre « Vers les étoiles » (« K zvioz­dam »1) de Léo­nid An­dreïev2, au­teur russe. À la mort de son père, qui exer­çait la pro­fes­sion d’arpenteur-géomètre, An­dreïev était en­core au col­lège. Sa mère, is­sue d’une fa­mille po­lo­naise désar­gen­tée, se trouva sans res­sources. Le jeune homme connut la mi­sère noire. Un jour, le cœur gros, il pré­senta à un quo­ti­dien un ré­cit ayant pour su­jet un étu­diant tou­jours af­famé — sa propre vie ! On lui dit de re­ve­nir quelques se­maines plus tard pour sa­voir s’il était ac­cepté. Il y re­tourna, com­pri­mant son an­goisse dans l’attente de la dé­ci­sion. Elle lui vint sous la forme d’un im­mense éclat de rire du di­rec­teur, qui dé­clara que sa prose ne va­lait rien. À quelque temps de là, dans une heure de déses­poir, An­dreïev se ti­rait un coup de ré­vol­ver dans le cœur. On le sauva. Mais ce­lui qui, comme lui, a été si proche d’une mort vo­lon­taire reste en proie à une ob­ses­sion per­ma­nente. En 1897, son di­plôme d’avocat en poche, An­dreïev ob­tint une place de chro­ni­queur ju­di­ciaire dans un grand jour­nal et par­vint en­fin à pu­blier ses nou­velles et ses feuille­tons si fou­gueux, si spon­ta­nés, quel­que­fois si bi­zarres, qui l’imposèrent à l’attention du pu­blic russe comme l’un des brillants re­pré­sen­tants du tour­nant du siècle. Il y prend place après Tol­stoï à qui il dé­die d’ailleurs l’« His­toire des sept pen­dus ». Je me dois de dire quelques mots sur cette « His­toire », sans doute la plus réus­sie d’Andreïev. Elle n’est rien d’autre, en sub­stance, que ce qu’annonce le titre : les por­traits psy­cho­lo­giques de sept jeunes condam­nés qui s’apprêtent à su­bir le sup­plice de la pen­dai­son ; les vi­sites su­prêmes de leurs pa­rents qui viennent avec la ré­so­lu­tion de leur rendre plus lé­gers ces der­niers mo­ments, mais qui fi­nissent par fondre en larmes ; puis, l’horreur et la beauté se­reine, en même temps, de leurs ca­davres qui « sa­luent le so­leil le­vant »

  1. En russe « К звёздам ». Par­fois trans­crit « K zvëz­dam ». Haut
  1. En russe Леонид Андреев. Par­fois trans­crit Léo­nide An­dréieff, Léo­nid An­dréief, Léo­nide An­dreyew, Leo­nid An­dréyev ou Léo­nide An­dréev. Haut

Andreïev, « S.O.S. »

éd. Interférences, Paris

éd. In­ter­fé­rences, Pa­ris

Il s’agit de « L’Europe en dan­ger » (« Ie­vropa v opas­nosti »1), « S.O.S. » et autres pam­phlets de Léo­nid An­dreïev2, au­teur russe. À la mort de son père, qui exer­çait la pro­fes­sion d’arpenteur-géomètre, An­dreïev était en­core au col­lège. Sa mère, is­sue d’une fa­mille po­lo­naise désar­gen­tée, se trouva sans res­sources. Le jeune homme connut la mi­sère noire. Un jour, le cœur gros, il pré­senta à un quo­ti­dien un ré­cit ayant pour su­jet un étu­diant tou­jours af­famé — sa propre vie ! On lui dit de re­ve­nir quelques se­maines plus tard pour sa­voir s’il était ac­cepté. Il y re­tourna, com­pri­mant son an­goisse dans l’attente de la dé­ci­sion. Elle lui vint sous la forme d’un im­mense éclat de rire du di­rec­teur, qui dé­clara que sa prose ne va­lait rien. À quelque temps de là, dans une heure de déses­poir, An­dreïev se ti­rait un coup de ré­vol­ver dans le cœur. On le sauva. Mais ce­lui qui, comme lui, a été si proche d’une mort vo­lon­taire reste en proie à une ob­ses­sion per­ma­nente. En 1897, son di­plôme d’avocat en poche, An­dreïev ob­tint une place de chro­ni­queur ju­di­ciaire dans un grand jour­nal et par­vint en­fin à pu­blier ses nou­velles et ses feuille­tons si fou­gueux, si spon­ta­nés, quel­que­fois si bi­zarres, qui l’imposèrent à l’attention du pu­blic russe comme l’un des brillants re­pré­sen­tants du tour­nant du siècle. Il y prend place après Tol­stoï à qui il dé­die d’ailleurs l’« His­toire des sept pen­dus ». Je me dois de dire quelques mots sur cette « His­toire », sans doute la plus réus­sie d’Andreïev. Elle n’est rien d’autre, en sub­stance, que ce qu’annonce le titre : les por­traits psy­cho­lo­giques de sept jeunes condam­nés qui s’apprêtent à su­bir le sup­plice de la pen­dai­son ; les vi­sites su­prêmes de leurs pa­rents qui viennent avec la ré­so­lu­tion de leur rendre plus lé­gers ces der­niers mo­ments, mais qui fi­nissent par fondre en larmes ; puis, l’horreur et la beauté se­reine, en même temps, de leurs ca­davres qui « sa­luent le so­leil le­vant »

  1. En russe « Европа в опасности ». Par­fois trans­crit « Evropa v opas­nosti ». Haut
  1. En russe Леонид Андреев. Par­fois trans­crit Léo­nide An­dréieff, Léo­nid An­dréief, Léo­nide An­dreyew, Leo­nid An­dréyev ou Léo­nide An­dréev. Haut

Andreïev, « Récits complets. Tome V. Le Journal de Satan [et Autres Récits] »

éd. J. Corti, coll. Domaine étranger, Paris

éd. J. Corti, coll. Do­maine étran­ger, Pa­ris

Il s’agit du « Jour­nal de Sa­tan » (« Dnev­nik Sa­tany »1) et autres nou­velles de Léo­nid An­dreïev2, au­teur russe. À la mort de son père, qui exer­çait la pro­fes­sion d’arpenteur-géomètre, An­dreïev était en­core au col­lège. Sa mère, is­sue d’une fa­mille po­lo­naise désar­gen­tée, se trouva sans res­sources. Le jeune homme connut la mi­sère noire. Un jour, le cœur gros, il pré­senta à un quo­ti­dien un ré­cit ayant pour su­jet un étu­diant tou­jours af­famé — sa propre vie ! On lui dit de re­ve­nir quelques se­maines plus tard pour sa­voir s’il était ac­cepté. Il y re­tourna, com­pri­mant son an­goisse dans l’attente de la dé­ci­sion. Elle lui vint sous la forme d’un im­mense éclat de rire du di­rec­teur, qui dé­clara que sa prose ne va­lait rien. À quelque temps de là, dans une heure de déses­poir, An­dreïev se ti­rait un coup de ré­vol­ver dans le cœur. On le sauva. Mais ce­lui qui, comme lui, a été si proche d’une mort vo­lon­taire reste en proie à une ob­ses­sion per­ma­nente. En 1897, son di­plôme d’avocat en poche, An­dreïev ob­tint une place de chro­ni­queur ju­di­ciaire dans un grand jour­nal et par­vint en­fin à pu­blier ses nou­velles et ses feuille­tons si fou­gueux, si spon­ta­nés, quel­que­fois si bi­zarres, qui l’imposèrent à l’attention du pu­blic russe comme l’un des brillants re­pré­sen­tants du tour­nant du siècle. Il y prend place après Tol­stoï à qui il dé­die d’ailleurs l’« His­toire des sept pen­dus ». Je me dois de dire quelques mots sur cette « His­toire », sans doute la plus réus­sie d’Andreïev. Elle n’est rien d’autre, en sub­stance, que ce qu’annonce le titre : les por­traits psy­cho­lo­giques de sept jeunes condam­nés qui s’apprêtent à su­bir le sup­plice de la pen­dai­son ; les vi­sites su­prêmes de leurs pa­rents qui viennent avec la ré­so­lu­tion de leur rendre plus lé­gers ces der­niers mo­ments, mais qui fi­nissent par fondre en larmes ; puis, l’horreur et la beauté se­reine, en même temps, de leurs ca­davres qui « sa­luent le so­leil le­vant »

  1. En russe « Дневник Сатаны ». Par­fois trans­crit « Dnev­nik Sa­tani ». Haut
  1. En russe Леонид Андреев. Par­fois trans­crit Léo­nide An­dréieff, Léo­nid An­dréief, Léo­nide An­dreyew, Leo­nid An­dréyev ou Léo­nide An­dréev. Haut

Andreïev, « [Récits complets. Tome IV.] Jour de colère et Autres Récits »

éd. J. Corti, coll. Domaine étranger, Paris

éd. J. Corti, coll. Do­maine étran­ger, Pa­ris

Il s’agit de « Lui : ré­cit d’un in­connu » (« On : rass­kaz neïz­vest­nogo »1), « Jour de co­lère » (« Den gneva »2) et autres nou­velles de Léo­nid An­dreïev3, au­teur russe. À la mort de son père, qui exer­çait la pro­fes­sion d’arpenteur-géomètre, An­dreïev était en­core au col­lège. Sa mère, is­sue d’une fa­mille po­lo­naise désar­gen­tée, se trouva sans res­sources. Le jeune homme connut la mi­sère noire. Un jour, le cœur gros, il pré­senta à un quo­ti­dien un ré­cit ayant pour su­jet un étu­diant tou­jours af­famé — sa propre vie ! On lui dit de re­ve­nir quelques se­maines plus tard pour sa­voir s’il était ac­cepté. Il y re­tourna, com­pri­mant son an­goisse dans l’attente de la dé­ci­sion. Elle lui vint sous la forme d’un im­mense éclat de rire du di­rec­teur, qui dé­clara que sa prose ne va­lait rien. À quelque temps de là, dans une heure de déses­poir, An­dreïev se ti­rait un coup de ré­vol­ver dans le cœur. On le sauva. Mais ce­lui qui, comme lui, a été si proche d’une mort vo­lon­taire reste en proie à une ob­ses­sion per­ma­nente. En 1897, son di­plôme d’avocat en poche, An­dreïev ob­tint une place de chro­ni­queur ju­di­ciaire dans un grand jour­nal et par­vint en­fin à pu­blier ses nou­velles et ses feuille­tons si fou­gueux, si spon­ta­nés, quel­que­fois si bi­zarres, qui l’imposèrent à l’attention du pu­blic russe comme l’un des brillants re­pré­sen­tants du tour­nant du siècle. Il y prend place après Tol­stoï à qui il dé­die d’ailleurs l’« His­toire des sept pen­dus ». Je me dois de dire quelques mots sur cette « His­toire », sans doute la plus réus­sie d’Andreïev. Elle n’est rien d’autre, en sub­stance, que ce qu’annonce le titre : les por­traits psy­cho­lo­giques de sept jeunes condam­nés qui s’apprêtent à su­bir le sup­plice de la pen­dai­son ; les vi­sites su­prêmes de leurs pa­rents qui viennent avec la ré­so­lu­tion de leur rendre plus lé­gers ces der­niers mo­ments, mais qui fi­nissent par fondre en larmes ; puis, l’horreur et la beauté se­reine, en même temps, de leurs ca­davres qui « sa­luent le so­leil le­vant »

  1. En russe « Он : рассказ неизвестного ». Haut
  2. En russe « День гнева ». Haut
  1. En russe Леонид Андреев. Par­fois trans­crit Léo­nide An­dréieff, Léo­nid An­dréief, Léo­nide An­dreyew, Leo­nid An­dréyev ou Léo­nide An­dréev. Haut

Andreïev, « [Récits complets. Tome III.] Judas Iscariote [et Autres Récits] »

éd. J. Corti, coll. Les Massicotés, Paris

éd. J. Corti, coll. Les Mas­si­co­tés, Pa­ris

Il s’agit de l’« His­toire des sept pen­dus »1 (« Rass­kaz o semi po­vé­chen­nykh »2), « Ju­das Is­ca­riote » (« Iouda Is­ka­riot »3) et autres nou­velles de Léo­nid An­dreïev4, au­teur russe. À la mort de son père, qui exer­çait la pro­fes­sion d’arpenteur-géomètre, An­dreïev était en­core au col­lège. Sa mère, is­sue d’une fa­mille po­lo­naise désar­gen­tée, se trouva sans res­sources. Le jeune homme connut la mi­sère noire. Un jour, le cœur gros, il pré­senta à un quo­ti­dien un ré­cit ayant pour su­jet un étu­diant tou­jours af­famé — sa propre vie ! On lui dit de re­ve­nir quelques se­maines plus tard pour sa­voir s’il était ac­cepté. Il y re­tourna, com­pri­mant son an­goisse dans l’attente de la dé­ci­sion. Elle lui vint sous la forme d’un im­mense éclat de rire du di­rec­teur, qui dé­clara que sa prose ne va­lait rien. À quelque temps de là, dans une heure de déses­poir, An­dreïev se ti­rait un coup de ré­vol­ver dans le cœur. On le sauva. Mais ce­lui qui, comme lui, a été si proche d’une mort vo­lon­taire reste en proie à une ob­ses­sion per­ma­nente. En 1897, son di­plôme d’avocat en poche, An­dreïev ob­tint une place de chro­ni­queur ju­di­ciaire dans un grand jour­nal et par­vint en­fin à pu­blier ses nou­velles et ses feuille­tons si fou­gueux, si spon­ta­nés, quel­que­fois si bi­zarres, qui l’imposèrent à l’attention du pu­blic russe comme l’un des brillants re­pré­sen­tants du tour­nant du siècle. Il y prend place après Tol­stoï à qui il dé­die d’ailleurs l’« His­toire des sept pen­dus ». Je me dois de dire quelques mots sur cette « His­toire », sans doute la plus réus­sie d’Andreïev. Elle n’est rien d’autre, en sub­stance, que ce qu’annonce le titre : les por­traits psy­cho­lo­giques de sept jeunes condam­nés qui s’apprêtent à su­bir le sup­plice de la pen­dai­son ; les vi­sites su­prêmes de leurs pa­rents qui viennent avec la ré­so­lu­tion de leur rendre plus lé­gers ces der­niers mo­ments, mais qui fi­nissent par fondre en larmes ; puis, l’horreur et la beauté se­reine, en même temps, de leurs ca­davres qui « sa­luent le so­leil le­vant »

  1. Par­fois tra­duit « Le Conte des sept pen­dus ». Haut
  2. En russe « Рассказ о семи повешенных ». Par­fois trans­crit « Rass­kaz o semi po­vešen­nyx », « Rass­kaz o semi po­vešen­nych », « Ras­kaz o semi po­vešen­nyh » ou « Rass­kaz o semi po­ve­shen­nykh ». Haut
  1. En russe « Иуда Искариот ». Par­fois trans­crit « Iuda Is­ka­riot ». Haut
  2. En russe Леонид Андреев. Par­fois trans­crit Léo­nide An­dréieff, Léo­nid An­dréief, Léo­nide An­dreyew, Leo­nid An­dréyev ou Léo­nide An­dréev. Haut