Mot-clefsoufisme

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Ibn Thofaïl, « Hayy ben Yaqdhân : roman philosophique »

éd. Imprimerie catholique, coll. Institut d’études orientales de la Faculté des lettres d’Alger, Beyrouth

éd. Imprimerie catholique, coll. Institut d’études orientales de la Faculté des lettres d’Alger, Beyrouth

Il s’agit du « Hayy ben Yaqdhân »* (« Le Vivant fils du Vigilant »), connu en latin sous le titre du « Philosophus autodidactus » (« Le Philosophe autodidacte »), traité du philosophe andalou Aboû Bekr Ibn Thofaïl** (XIIe siècle apr. J.-C.). « De tous les monuments de la philosophie arabe », dit Ernest Renan en parlant du « Hayy ben Yaqdhân »***, « c’est peut-être le seul qui puisse nous offrir plus qu’un intérêt historique ». Cet ouvrage, curieux à plus d’un égard, offre six cents ans avant Daniel Defoe un prototype scientifique, philosophique et mystique du « Robinson Crusoé ». Il s’ouvre par la supposition d’un enfant qui naît sans père ni mère, dans une île déserte. Cet enfant, c’est Hayy ben Yaqdhân. Il est adopté par une gazelle, qui l’allaite. Il grandit, observe, réfléchit. Doué d’une intelligence supérieure, non seulement il sait ingénieusement pourvoir à tous ses besoins, mais il arrive bientôt à découvrir de lui-même, par les seules forces de son raisonnement, les notions les plus élevées que la science humaine possède sur l’univers. Avec le temps, il reconnaît que les êtres qui l’entourent renferment la multiplicité et l’unité, attendu que, s’ils sont multiples du côté de leurs formes, ils sont une même chose quant à l’essence. Enfin, le système auquel il aboutit, le conduit à chercher dans l’extase mystique l’union intime avec Dieu, qui constitue à la fois la plénitude de la science humaine et la félicité souveraine et absolue. « Seul parmi les auteurs arabes d’allégories philosophiques, Ibn Thofaïl a su garder la juste mesure, tenir la balance égale entre les [différents] genres [littéraires] », dit Léon Gauthier****. « [Sa] phrase est courte, alerte, d’une correction absolue, d’une élégance parfaite, d’une lumineuse clarté… Si donc il fallait indiquer à des étudiants orientalistes un modèle à imiter de style philosophique arabe, nous désignerions sans hésiter le style d’Ibn Thofaïl, c’est-à-dire du “Hayy ben Yaqdhân”. S’il fallait leur choisir, en outre, le meilleur ouvrage arabe à lire pour prendre, au prix d’un minimum de temps et de peine, une idée d’ensemble de la philosophie musulmane, et de la science arabe dont elle fait la synthèse, nous leur nommerions encore, sans balancer, le “Hayy ben Yaqdhân”… Disons, en un mot, qu’Ibn Thofaïl est à tous égards, dans la pléiade des “falâcifa”*****… le modèle des vulgarisateurs. »

* En arabe « حي بن يقظان ». Parfois transcrit « Hay ben Yoqthsân », « Hai ebn Yokdhan », « Hay ibn-Iokdhan », « Hây ben Yaqzân », « Ḥaij ibn Iaqẓân », « Hayy ibn Yagzan », « Hayi ibn Iakzan » ou « Ḥayy b. Yaḳẓān ». À ne pas confondre avec le traité éponyme d’Avicenne, dont Ibn Thofaïl n’a emprunté que les noms de ses personnages. Haut

** En arabe أبو بكر بن طفيل. Parfois transcrit Ebn Tophail, Abentofail, Ibn al-Toufaïl, Ibn-Tofaïl, Ibn Tofeïl, Ibn Ṭufail ou Ibn Ṭufayl. Haut

*** « Averroès et l’Averroïsme », p. 99. Haut

**** « Ibn Thofaïl : sa vie, ses œuvres », p. 93 & 95-96. Haut

***** Le mot « falâcifa », pluriel de « faïlaçoûf » (فيلسوف), est une simple transcription du mot grec « philosophos » (φιλόσοφος). Haut

Roûmî, « Roubâ’yât »

éd. Librairie d’Amérique et d’Orient A. Maisonneuve, Paris

éd. Librairie d’Amérique et d’Orient A. Maisonneuve, Paris

Il s’agit d’une traduction partielle des « Quatrains » (« Rubayat »*) de Djélâl-ed-dîn Roûmî**, poète mystique d’expression persane, qui n’est pas seulement l’inspirateur d’une confrérie, celle des « derviches tourneurs », mais le directeur spirituel de tout le XIIIe siècle. « Un si grand poète, aimable, harmonieux, étincelant, exalté ; un esprit d’où émanent des parfums, des lumières, des musiques, un peu d’extravagance, et qui, rien que de la manière dont sa strophe prend le départ et s’élève au ciel, a déjà transporté son lecteur », dit M. Maurice Barrès***. Réfugié à Konya**** en Anatolie (Roûm), Djélâl-ed-dîn trouva dans cette ville habitée de Grecs, de Turcs, d’Arméniens, de Juifs et de Francs un peuple adonné à la poésie, à la musique, aux danses, et il employa cette poésie, cette musique, ces danses pour lui faire connaître Dieu. Son action immense en Orient jeta, pour ainsi dire, des racines si profondes dans toutes les âmes que, même jusqu’aujourd’hui, les fruits et les fleurs de ses enseignements n’ont rien perdu de leur fraîcheur ni de leur parfum ; il se survit dans ses disciples et ses successeurs qui, depuis plus de sept siècles, répètent ses plus beaux délires autour de son tombeau en l’appelant « notre Maître » (Mawlânâ*****). La beauté et l’esprit tolérant de ses œuvres ont surpris les orientalistes occidentaux, et tourné la tête aux plus sobres parmi eux. « Tous les cœurs sur lesquels souffle ma brise s’épanouissent comme un jardin plein de lumière », dit-il avec raison

* En persan « رباعیات ». Parfois transcrit « Rubaiat », « Robāïates », « Roubâ’yât », « Robaiyat », « Roba’yat », « Roubayyat », « Robáijját », « Roubaïyat » ou « Rubâi’yât ». Haut

** En persan جلال‌الدین رومی. Parfois transcrit Jelālu-’d-Dīn er-Rūmī, Jellaluddin Rumi, Jelaluddin Rumi, Jalal-ud-Din Rumi, Jallaluddin Rumi, Djalâl-ud-Dîn Rûmî, Dželaluddin Rumi, Dschalal ad-din Rumi, Calaladdīn Rūmī, Jalâl ad dîn Roûmî, Yalal ad-din Rumí, Galal al-din Rumi, Djalâl-od-dîn Rûmî, Jalâloddîn Rûmî, Djélaliddin-Roumi, Jalel Iddine Roumi, Dschelâl-ed-dîn Rumi, Celaledin Rumi, Celaleddin-i Rumi, Jelaleddin Rumi, Djelalettine Roumî, Djélalledin-i-Roumi ou Djellal-ed-Dine Roumi. Haut

*** « Une Enquête aux pays du Levant. Tome II », p. 74. Haut

**** On rencontre aussi les graphies Cogni, Cogne, Conia, Konia et Konié. C’est l’ancienne Iconium. Haut

***** En persan مولانا. Parfois transcrit Maulana, Mowlânâ, Mevlana ou Mewlânâ. Haut

Roûmî, « Odes mystiques, “Dîvân-e Shams-e Tabrîzî” »

éd. du Seuil-UNESCO, coll. Points-Sagesses, Paris

éd. du Seuil-UNESCO, coll. Points-Sagesses, Paris

Il s’agit d’une traduction partielle du « Diwân-e-Shams »* de Djélâl-ed-dîn Roûmî**, poète mystique d’expression persane, qui n’est pas seulement l’inspirateur d’une confrérie, celle des « derviches tourneurs », mais le directeur spirituel de tout le XIIIe siècle. « Un si grand poète, aimable, harmonieux, étincelant, exalté ; un esprit d’où émanent des parfums, des lumières, des musiques, un peu d’extravagance, et qui, rien que de la manière dont sa strophe prend le départ et s’élève au ciel, a déjà transporté son lecteur », dit M. Maurice Barrès***. Réfugié à Konya**** en Anatolie (Roûm), Djélâl-ed-dîn trouva dans cette ville habitée de Grecs, de Turcs, d’Arméniens, de Juifs et de Francs un peuple adonné à la poésie, à la musique, aux danses, et il employa cette poésie, cette musique, ces danses pour lui faire connaître Dieu. Son action immense en Orient jeta, pour ainsi dire, des racines si profondes dans toutes les âmes que, même jusqu’aujourd’hui, les fruits et les fleurs de ses enseignements n’ont rien perdu de leur fraîcheur ni de leur parfum ; il se survit dans ses disciples et ses successeurs qui, depuis plus de sept siècles, répètent ses plus beaux délires autour de son tombeau en l’appelant « notre Maître » (Mawlânâ*****). La beauté et l’esprit tolérant de ses œuvres ont surpris les orientalistes occidentaux, et tourné la tête aux plus sobres parmi eux. « Tous les cœurs sur lesquels souffle ma brise s’épanouissent comme un jardin plein de lumière », dit-il avec raison

* En persan « دیوان شمس ». Parfois transcrit « Divan-i Shams », « Dîvân-ı Şems » ou « Divân-ê Chams ». Également connu sous le titre de « Diwân kabir » (« دیوان کبیر ») et de « Kûlliyât-e-Shams » (« کلیات شمس »). Haut

** En persan جلال‌الدین رومی. Parfois transcrit Jelālu-’d-Dīn er-Rūmī, Jellaluddin Rumi, Jelaluddin Rumi, Jalal-ud-Din Rumi, Jallaluddin Rumi, Djalâl-ud-Dîn Rûmî, Dželaluddin Rumi, Dschalal ad-din Rumi, Calaladdīn Rūmī, Jalâl ad dîn Roûmî, Yalal ad-din Rumí, Galal al-din Rumi, Djalâl-od-dîn Rûmî, Jalâloddîn Rûmî, Djélaliddin-Roumi, Jalel Iddine Roumi, Dschelâl-ed-dîn Rumi, Celaledin Rumi, Celaleddin-i Rumi, Jelaleddin Rumi, Djelalettine Roumî, Djélalledin-i-Roumi ou Djellal-ed-Dine Roumi. Haut

*** « Une Enquête aux pays du Levant. Tome II », p. 74. Haut

**** On rencontre aussi les graphies Cogni, Cogne, Conia, Konia et Konié. C’est l’ancienne Iconium. Haut

***** En persan مولانا. Parfois transcrit Maulana, Mowlânâ, Mevlana ou Mewlânâ. Haut

Sulṭân Wéled, « La Parole secrète : l’enseignement du maître soufi Roûmî »

éd. Le Rocher, coll. Gnose, Monaco-Paris

éd. Le Rocher, coll. Gnose, Monaco-Paris

Il s’agit de l’« Ibtidâ-nâmeh »* (« La Parole secrète », ou littéralement « Le Livre du commencement ») de Sulṭân Wéled**, fils aîné de Djélâl-ed-dîn Roûmî et véritable fondateur de l’ordre des « derviches tourneurs » (XIII-XIVe siècle apr. J.-C.). On raconte*** que quand Sulṭân Wéled se rendait avec son père à une réunion, la plupart des témoins s’imaginaient que les deux étaient frères. D’ailleurs, au moment de son mariage, Djélâl-ed-dîn n’avait que dix-huit ans ; et continuellement Sulṭân Wéled, dans toutes les séances où il assistait, s’asseyait à côté de son père. Il était son plus proche et son plus cher confident et il pensa un moment à l’égaler ou même à le surpasser, mais il finit par se rendre à l’évidence que la vertu, le savoir, le talent ne pouvaient être conférés par hérédité. Voici dans quelles circonstances il en vint à cette conclusion. On raconte**** qu’après avoir terminé ses études en Syrie, il arriva dans la ville d’Alep ; il satisfit tous les savants dans toutes les questions qu’ils lui posèrent, sans que personne pût trouver à redire dans ses réponses. Revenu à Konya, en Asie Mineure, les gens de mérite de la ville se réunirent dans le collège de son père. Celui-ci demanda à son fils, en guise de présent rapporté du voyage, de traiter quelques questions subtiles, et Sulṭân Wéled, ayant préparé quelques pensées délicates, les récita d’un bout à l’autre, s’imaginant qu’au plaisir qu’il aurait à les entendre, son père en resterait bouche bée ; car Sulṭân Wéled se croyait sans égal dans ces sujets. Mais immédiatement, son père repris exactement tout ce que Sulṭân Wéled avait dit, et l’expliqua de telle manière que tous en furent ébahis. Citant ces pensées par cœur, il y ajouta tant de preuves et de restrictions nouvelles, qu’on ne pourrait les énumérer ; il y mêla des discours ésotériques et poussa des cris. Sulṭân Wéled déchira ses vêtements et tomba à ses pieds. Tous les témoins, stupéfaits, applaudirent et restèrent étonnés de cette intelligence supérieure de Djélâl-ed-dîn. À compter de ce jour et pendant soixante-dix ans, Sulṭân Wéled pérennisa l’influence de son père ; il remplit le territoire de l’Asie Mineure de ses disciples et vulgarisa ses paroles dans des œuvres plates, honnêtes, simples, à la portée de tout le monde.

* En persan « ابتدانامه ». Parfois transcrit « Ibtida-name », « Ibtidā’-nāma » ou « Ebtedā-nāma ». Également connu sous le titre de « Valad-nâmeh » (« ولدنامه ») et de « Mathnawî-e-Valadî » (« مثنوی ولدی »). Haut

** En persan سلطان ولد. Parfois transcrit Sultan Veled, Solṭān Walad ou Sultân Valad. Haut

Sulṭân Wéled, « Maître et Disciple, “Kitâb al-Ma’ârif” »

éd. Sindbad, coll. La Bibliothèque persane, Paris

éd. Sindbad, coll. La Bibliothèque persane, Paris

Il s’agit du « Ma’ârif »* (« Maître et Disciple », ou littéralement « Les Connaissances mystiques ») de Sulṭân Wéled**, fils aîné de Djélâl-ed-dîn Roûmî et véritable fondateur de l’ordre des « derviches tourneurs » (XIII-XIVe siècle apr. J.-C.). On raconte*** que quand Sulṭân Wéled se rendait avec son père à une réunion, la plupart des témoins s’imaginaient que les deux étaient frères. D’ailleurs, au moment de son mariage, Djélâl-ed-dîn n’avait que dix-huit ans ; et continuellement Sulṭân Wéled, dans toutes les séances où il assistait, s’asseyait à côté de son père. Il était son plus proche et son plus cher confident et il pensa un moment à l’égaler ou même à le surpasser, mais il finit par se rendre à l’évidence que la vertu, le savoir, le talent ne pouvaient être conférés par hérédité. Voici dans quelles circonstances il en vint à cette conclusion. On raconte**** qu’après avoir terminé ses études en Syrie, il arriva dans la ville d’Alep ; il satisfit tous les savants dans toutes les questions qu’ils lui posèrent, sans que personne pût trouver à redire dans ses réponses. Revenu à Konya, en Asie Mineure, les gens de mérite de la ville se réunirent dans le collège de son père. Celui-ci demanda à son fils, en guise de présent rapporté du voyage, de traiter quelques questions subtiles, et Sulṭân Wéled, ayant préparé quelques pensées délicates, les récita d’un bout à l’autre, s’imaginant qu’au plaisir qu’il aurait à les entendre, son père en resterait bouche bée ; car Sulṭân Wéled se croyait sans égal dans ces sujets. Mais immédiatement, son père repris exactement tout ce que Sulṭân Wéled avait dit, et l’expliqua de telle manière que tous en furent ébahis. Citant ces pensées par cœur, il y ajouta tant de preuves et de restrictions nouvelles, qu’on ne pourrait les énumérer ; il y mêla des discours ésotériques et poussa des cris. Sulṭân Wéled déchira ses vêtements et tomba à ses pieds. Tous les témoins, stupéfaits, applaudirent et restèrent étonnés de cette intelligence supérieure de Djélâl-ed-dîn. À compter de ce jour et pendant soixante-dix ans, Sulṭân Wéled pérennisa l’influence de son père ; il remplit le territoire de l’Asie Mineure de ses disciples et vulgarisa ses paroles dans des œuvres plates, honnêtes, simples, à la portée de tout le monde.

* En persan « معارف ». Parfois transcrit « Ma‘āref ». Haut

** En persan سلطان ولد. Parfois transcrit Sultan Veled, Solṭān Walad ou Sultân Valad. Haut

Roûmî, « Rubâi’yât »

éd. A. Michel, coll. Spiritualités vivantes-Soufisme, Paris

éd. A. Michel, coll. Spiritualités vivantes-Soufisme, Paris

Il s’agit d’une traduction partielle des « Quatrains » (« Rubayat »*) de Djélâl-ed-dîn Roûmî**, poète mystique d’expression persane, qui n’est pas seulement l’inspirateur d’une confrérie, celle des « derviches tourneurs », mais le directeur spirituel de tout le XIIIe siècle. « Un si grand poète, aimable, harmonieux, étincelant, exalté ; un esprit d’où émanent des parfums, des lumières, des musiques, un peu d’extravagance, et qui, rien que de la manière dont sa strophe prend le départ et s’élève au ciel, a déjà transporté son lecteur », dit M. Maurice Barrès***. Réfugié à Konya**** en Anatolie (Roûm), Djélâl-ed-dîn trouva dans cette ville habitée de Grecs, de Turcs, d’Arméniens, de Juifs et de Francs un peuple adonné à la poésie, à la musique, aux danses, et il employa cette poésie, cette musique, ces danses pour lui faire connaître Dieu. Son action immense en Orient jeta, pour ainsi dire, des racines si profondes dans toutes les âmes que, même jusqu’aujourd’hui, les fruits et les fleurs de ses enseignements n’ont rien perdu de leur fraîcheur ni de leur parfum ; il se survit dans ses disciples et ses successeurs qui, depuis plus de sept siècles, répètent ses plus beaux délires autour de son tombeau en l’appelant « notre Maître » (Mawlânâ*****). La beauté et l’esprit tolérant de ses œuvres ont surpris les orientalistes occidentaux, et tourné la tête aux plus sobres parmi eux. « Tous les cœurs sur lesquels souffle ma brise s’épanouissent comme un jardin plein de lumière », dit-il avec raison

* En persan « رباعیات ». Parfois transcrit « Rubaiat », « Robāïates », « Roubâ’yât », « Robaiyat », « Roba’yat », « Roubayyat », « Robáijját », « Roubaïyat » ou « Rubâi’yât ». Haut

** En persan جلال‌الدین رومی. Parfois transcrit Jelālu-’d-Dīn er-Rūmī, Jellaluddin Rumi, Jelaluddin Rumi, Jalal-ud-Din Rumi, Jallaluddin Rumi, Djalâl-ud-Dîn Rûmî, Dželaluddin Rumi, Dschalal ad-din Rumi, Calaladdīn Rūmī, Jalâl ad dîn Roûmî, Yalal ad-din Rumí, Galal al-din Rumi, Djalâl-od-dîn Rûmî, Jalâloddîn Rûmî, Djélaliddin-Roumi, Jalel Iddine Roumi, Dschelâl-ed-dîn Rumi, Celaledin Rumi, Celaleddin-i Rumi, Jelaleddin Rumi, Djelalettine Roumî, Djélalledin-i-Roumi ou Djellal-ed-Dine Roumi. Haut

*** « Une Enquête aux pays du Levant. Tome II », p. 74. Haut

**** On rencontre aussi les graphies Cogni, Cogne, Conia, Konia et Konié. C’est l’ancienne Iconium. Haut

***** En persan مولانا. Parfois transcrit Maulana, Mowlânâ, Mevlana ou Mewlânâ. Haut

Roûmî, « Lettres »

éd. J. Renard, Paris

éd. J. Renard, Paris

Il s’agit d’une traduction partielle des « Lettres » (« Maktûbât »*) de Djélâl-ed-dîn Roûmî**, poète mystique d’expression persane, qui n’est pas seulement l’inspirateur d’une confrérie, celle des « derviches tourneurs », mais le directeur spirituel de tout le XIIIe siècle. « Un si grand poète, aimable, harmonieux, étincelant, exalté ; un esprit d’où émanent des parfums, des lumières, des musiques, un peu d’extravagance, et qui, rien que de la manière dont sa strophe prend le départ et s’élève au ciel, a déjà transporté son lecteur », dit M. Maurice Barrès***. Réfugié à Konya**** en Anatolie (Roûm), Djélâl-ed-dîn trouva dans cette ville habitée de Grecs, de Turcs, d’Arméniens, de Juifs et de Francs un peuple adonné à la poésie, à la musique, aux danses, et il employa cette poésie, cette musique, ces danses pour lui faire connaître Dieu. Son action immense en Orient jeta, pour ainsi dire, des racines si profondes dans toutes les âmes que, même jusqu’aujourd’hui, les fruits et les fleurs de ses enseignements n’ont rien perdu de leur fraîcheur ni de leur parfum ; il se survit dans ses disciples et ses successeurs qui, depuis plus de sept siècles, répètent ses plus beaux délires autour de son tombeau en l’appelant « notre Maître » (Mawlânâ*****). La beauté et l’esprit tolérant de ses œuvres ont surpris les orientalistes occidentaux, et tourné la tête aux plus sobres parmi eux. « Tous les cœurs sur lesquels souffle ma brise s’épanouissent comme un jardin plein de lumière », dit-il avec raison

* En persan « مکتوبات ». Haut

** En persan جلال‌الدین رومی. Parfois transcrit Jelālu-’d-Dīn er-Rūmī, Jellaluddin Rumi, Jelaluddin Rumi, Jalal-ud-Din Rumi, Jallaluddin Rumi, Djalâl-ud-Dîn Rûmî, Dželaluddin Rumi, Dschalal ad-din Rumi, Calaladdīn Rūmī, Jalâl ad dîn Roûmî, Yalal ad-din Rumí, Galal al-din Rumi, Djalâl-od-dîn Rûmî, Jalâloddîn Rûmî, Djélaliddin-Roumi, Jalel Iddine Roumi, Dschelâl-ed-dîn Rumi, Celaledin Rumi, Celaleddin-i Rumi, Jelaleddin Rumi, Djelalettine Roumî, Djélalledin-i-Roumi ou Djellal-ed-Dine Roumi. Haut

*** « Une Enquête aux pays du Levant. Tome II », p. 74. Haut

**** On rencontre aussi les graphies Cogni, Cogne, Conia, Konia et Konié. C’est l’ancienne Iconium. Haut

***** En persan مولانا. Parfois transcrit Maulana, Mowlânâ, Mevlana ou Mewlânâ. Haut

Roûmî, « Le Livre de Chams de Tabriz : cent poèmes »

éd. Gallimard, coll. Connaissance de l’Orient, Paris

éd. Gallimard, coll. Connaissance de l’Orient, Paris

Il s’agit d’une traduction partielle du « Diwân-e-Shams »* de Djélâl-ed-dîn Roûmî**, poète mystique d’expression persane, qui n’est pas seulement l’inspirateur d’une confrérie, celle des « derviches tourneurs », mais le directeur spirituel de tout le XIIIe siècle. « Un si grand poète, aimable, harmonieux, étincelant, exalté ; un esprit d’où émanent des parfums, des lumières, des musiques, un peu d’extravagance, et qui, rien que de la manière dont sa strophe prend le départ et s’élève au ciel, a déjà transporté son lecteur », dit M. Maurice Barrès***. Réfugié à Konya**** en Anatolie (Roûm), Djélâl-ed-dîn trouva dans cette ville habitée de Grecs, de Turcs, d’Arméniens, de Juifs et de Francs un peuple adonné à la poésie, à la musique, aux danses, et il employa cette poésie, cette musique, ces danses pour lui faire connaître Dieu. Son action immense en Orient jeta, pour ainsi dire, des racines si profondes dans toutes les âmes que, même jusqu’aujourd’hui, les fruits et les fleurs de ses enseignements n’ont rien perdu de leur fraîcheur ni de leur parfum ; il se survit dans ses disciples et ses successeurs qui, depuis plus de sept siècles, répètent ses plus beaux délires autour de son tombeau en l’appelant « notre Maître » (Mawlânâ*****). La beauté et l’esprit tolérant de ses œuvres ont surpris les orientalistes occidentaux, et tourné la tête aux plus sobres parmi eux. « Tous les cœurs sur lesquels souffle ma brise s’épanouissent comme un jardin plein de lumière », dit-il avec raison

* En persan « دیوان شمس ». Parfois transcrit « Divan-i Shams », « Dîvân-ı Şems » ou « Divân-ê Chams ». Également connu sous le titre de « Diwân kabir » (« دیوان کبیر ») et de « Kûlliyât-e-Shams » (« کلیات شمس »). Haut

** En persan جلال‌الدین رومی. Parfois transcrit Jelālu-’d-Dīn er-Rūmī, Jellaluddin Rumi, Jelaluddin Rumi, Jalal-ud-Din Rumi, Jallaluddin Rumi, Djalâl-ud-Dîn Rûmî, Dželaluddin Rumi, Dschalal ad-din Rumi, Calaladdīn Rūmī, Jalâl ad dîn Roûmî, Yalal ad-din Rumí, Galal al-din Rumi, Djalâl-od-dîn Rûmî, Jalâloddîn Rûmî, Djélaliddin-Roumi, Jalel Iddine Roumi, Dschelâl-ed-dîn Rumi, Celaledin Rumi, Celaleddin-i Rumi, Jelaleddin Rumi, Djelalettine Roumî, Djélalledin-i-Roumi ou Djellal-ed-Dine Roumi. Haut

*** « Une Enquête aux pays du Levant. Tome II », p. 74. Haut

**** On rencontre aussi les graphies Cogni, Cogne, Conia, Konia et Konié. C’est l’ancienne Iconium. Haut

***** En persan مولانا. Parfois transcrit Maulana, Mowlânâ, Mevlana ou Mewlânâ. Haut

Roûmî, « Soleil du réel : poèmes de l’amour mystique »

éd. Imprimerie nationale, coll. La Salamandre, Paris

éd. Imprimerie nationale, coll. La Salamandre, Paris

Il s’agit d’une traduction partielle du « Diwân-e-Shams »* de Djélâl-ed-dîn Roûmî**, poète mystique d’expression persane, qui n’est pas seulement l’inspirateur d’une confrérie, celle des « derviches tourneurs », mais le directeur spirituel de tout le XIIIe siècle. « Un si grand poète, aimable, harmonieux, étincelant, exalté ; un esprit d’où émanent des parfums, des lumières, des musiques, un peu d’extravagance, et qui, rien que de la manière dont sa strophe prend le départ et s’élève au ciel, a déjà transporté son lecteur », dit M. Maurice Barrès***. Réfugié à Konya**** en Anatolie (Roûm), Djélâl-ed-dîn trouva dans cette ville habitée de Grecs, de Turcs, d’Arméniens, de Juifs et de Francs un peuple adonné à la poésie, à la musique, aux danses, et il employa cette poésie, cette musique, ces danses pour lui faire connaître Dieu. Son action immense en Orient jeta, pour ainsi dire, des racines si profondes dans toutes les âmes que, même jusqu’aujourd’hui, les fruits et les fleurs de ses enseignements n’ont rien perdu de leur fraîcheur ni de leur parfum ; il se survit dans ses disciples et ses successeurs qui, depuis plus de sept siècles, répètent ses plus beaux délires autour de son tombeau en l’appelant « notre Maître » (Mawlânâ*****). La beauté et l’esprit tolérant de ses œuvres ont surpris les orientalistes occidentaux, et tourné la tête aux plus sobres parmi eux. « Tous les cœurs sur lesquels souffle ma brise s’épanouissent comme un jardin plein de lumière », dit-il avec raison

* En persan « دیوان شمس ». Parfois transcrit « Divan-i Shams », « Dîvân-ı Şems » ou « Divân-ê Chams ». Également connu sous le titre de « Diwân kabir » (« دیوان کبیر ») et de « Kûlliyât-e-Shams » (« کلیات شمس »). Haut

** En persan جلال‌الدین رومی. Parfois transcrit Jelālu-’d-Dīn er-Rūmī, Jellaluddin Rumi, Jelaluddin Rumi, Jalal-ud-Din Rumi, Jallaluddin Rumi, Djalâl-ud-Dîn Rûmî, Dželaluddin Rumi, Dschalal ad-din Rumi, Calaladdīn Rūmī, Jalâl ad dîn Roûmî, Yalal ad-din Rumí, Galal al-din Rumi, Djalâl-od-dîn Rûmî, Jalâloddîn Rûmî, Djélaliddin-Roumi, Jalel Iddine Roumi, Dschelâl-ed-dîn Rumi, Celaledin Rumi, Celaleddin-i Rumi, Jelaleddin Rumi, Djelalettine Roumî, Djélalledin-i-Roumi ou Djellal-ed-Dine Roumi. Haut

*** « Une Enquête aux pays du Levant. Tome II », p. 74. Haut

**** On rencontre aussi les graphies Cogni, Cogne, Conia, Konia et Konié. C’est l’ancienne Iconium. Haut

***** En persan مولانا. Parfois transcrit Maulana, Mowlânâ, Mevlana ou Mewlânâ. Haut

Roûmî, « Le Livre du dedans, “Fîhi-mâ-fîhi” »

éd. Actes Sud-Leméac, coll. Babel, Arles-Montréal

éd. Actes Sud-Leméac, coll. Babel, Arles-Montréal

Il s’agit du « Livre du dedans » (« Fîhi-mâ-fîhi »*) de Djélâl-ed-dîn Roûmî**, poète mystique d’expression persane, qui n’est pas seulement l’inspirateur d’une confrérie, celle des « derviches tourneurs », mais le directeur spirituel de tout le XIIIe siècle. « Un si grand poète, aimable, harmonieux, étincelant, exalté ; un esprit d’où émanent des parfums, des lumières, des musiques, un peu d’extravagance, et qui, rien que de la manière dont sa strophe prend le départ et s’élève au ciel, a déjà transporté son lecteur », dit M. Maurice Barrès***. Réfugié à Konya**** en Anatolie (Roûm), Djélâl-ed-dîn trouva dans cette ville habitée de Grecs, de Turcs, d’Arméniens, de Juifs et de Francs un peuple adonné à la poésie, à la musique, aux danses, et il employa cette poésie, cette musique, ces danses pour lui faire connaître Dieu. Son action immense en Orient jeta, pour ainsi dire, des racines si profondes dans toutes les âmes que, même jusqu’aujourd’hui, les fruits et les fleurs de ses enseignements n’ont rien perdu de leur fraîcheur ni de leur parfum ; il se survit dans ses disciples et ses successeurs qui, depuis plus de sept siècles, répètent ses plus beaux délires autour de son tombeau en l’appelant « notre Maître » (Mawlânâ*****). La beauté et l’esprit tolérant de ses œuvres ont surpris les orientalistes occidentaux, et tourné la tête aux plus sobres parmi eux. « Tous les cœurs sur lesquels souffle ma brise s’épanouissent comme un jardin plein de lumière », dit-il avec raison

* En persan « فیه مافیه ». Parfois transcrit « Fih-é mâ fih ». Haut

** En persan جلال‌الدین رومی. Parfois transcrit Jelālu-’d-Dīn er-Rūmī, Jellaluddin Rumi, Jelaluddin Rumi, Jalal-ud-Din Rumi, Jallaluddin Rumi, Djalâl-ud-Dîn Rûmî, Dželaluddin Rumi, Dschalal ad-din Rumi, Calaladdīn Rūmī, Jalâl ad dîn Roûmî, Yalal ad-din Rumí, Galal al-din Rumi, Djalâl-od-dîn Rûmî, Jalâloddîn Rûmî, Djélaliddin-Roumi, Jalel Iddine Roumi, Dschelâl-ed-dîn Rumi, Celaledin Rumi, Celaleddin-i Rumi, Jelaleddin Rumi, Djelalettine Roumî, Djélalledin-i-Roumi ou Djellal-ed-Dine Roumi. Haut

*** « Une Enquête aux pays du Levant. Tome II », p. 74. Haut

**** On rencontre aussi les graphies Cogni, Cogne, Conia, Konia et Konié. C’est l’ancienne Iconium. Haut

***** En persan مولانا. Parfois transcrit Maulana, Mowlânâ, Mevlana ou Mewlânâ. Haut

Aflâkî, « Les Saints des derviches tourneurs : récits. Tome II »

éd. E. Leroux, coll. Études d’hagiographie musulmane, Paris

éd. E. Leroux, coll. Études d’hagiographie musulmane, Paris

Il s’agit du « Ménâqib-el-‘ârifîn »* (« Les Saints des derviches tourneurs », ou littéralement « Les Vertus des initiés »**) de Chems-ed-dîn Aḥmed Aflâkî***. C’est un récit hagiographique, une sorte de légende dorée portant sur les « derviches tourneurs », c’est-à-dire sur l’inspirateur de cette confrérie, Djélâl-ed-dîn Roûmî, sur son père, sur son ami Chems-ed-dîn Tébrîzi, sur certains des mystiques, des sages, des hommes pieux de son entourage et sur ses successeurs immédiats. Aflâkî lui-même était rattaché aux « derviches tourneurs » et disciple du petit-fils de Roûmî, sur l’invitation duquel il entreprit cette hagiographie, qu’il commença d’écrire en l’an 1318 et qu’il acheva en l’an 1353 apr. J.-C. Le « Ménâqib-el-‘ârifîn » s’ouvre avec les motifs qui ont obligé Roûmî à quitter Balkh et la Perse, ainsi que le désastre qui a atteint cette contrée et les pertes qu’a subies la civilisation au sens large, quand les Mongols, « troupes de Dieu pareilles à des sauterelles répandues sur la Terre, dont il a été dit : “Je les ai créées de Ma puissance et de Ma colère” »****, dévastèrent cette région. Balkh, la première ville que les hordes de Gengis Khan trouvèrent sur leur passage, était, en même temps que la patrie de Roûmî, l’un des hauts lieux culturels d’Asie : elle était pleine de monuments, d’ouvrages exquis, et de tout ce qui pouvait servir d’ornement à une grande ville, parce qu’elle avait été le séjour de plusieurs gens illustres en toutes sortes d’arts, qui avaient contribué à sa beauté. Gengis Khan avait une grande haine pour cette ville, parce qu’elle avait offert refuge au Sultan du Khârezm, son ennemi. Il donna l’ordre de mettre à mort les jeunes, les vieux ; de fendre le ventre des femmes enceintes ; de sacrifier en entier les animaux qui se trouveraient dans cette ville ; ensuite, de raser entièrement celle-ci. On rapporte qu’on mit le feu à douze mille mosquées de quartier, et qu’au milieu de cet incendie, quatorze mille textes complets du Coran furent brûlés ; qu’on mit à mort près de cinquante mille savants, étudiants et « hafiz » (« hommes ou femmes sachant de mémoire le Coran »), sans compter le commun du peuple. Roûmî était alors âgé de cinq ans. Son père partit avec toute sa famille par la route de Konya vers l’Anatolie (Roûm), comme firent un grand nombre d’autres savants qui quittèrent la Perse : « Au milieu des contemporains, il ne resta plus trace de plaisir… L’or et les têtes furent emportés par le vent ; les [écoles] et les [collèges] devinrent des hôtelleries ; la bénédiction disparut du monde, et les ténèbres de la tyrannie s’appesantirent sur l’univers, qui fut bouleversé »

* En persan « مناقب‌العارفین ». Parfois transcrit « Manâqeb ol-ârefin », « Menâkıb-ül-ârifîn », « Manâqib ul-‘ârifîn », « Menāqibu ’l ‘ārifīn », « Manâqeb al-’ârefin » ou « Manāḳib al-‘ārifīn ». Haut

** Parfois traduit « Biographies des mystiques » ou « Les Vertus des mystiques ». Haut

*** En persan شمس‌الدین احمد افلاکی. Parfois transcrit Şemseddîn Ahmed Eflâkî, Shems-ud-din Ahmed Eflaki, Shemsu-’d-Dīn Ahmed Eflākī, Chams uddin Ahmad Aflaki, Šams-al-dīn Aḥmad Aflākī ou Shams al-Dīn Aḥmad Aflākī. Haut

**** « Tome I », p. 9. Haut

Aflâkî, « Les Saints des derviches tourneurs : récits. Tome I »

éd. E. Leroux, coll. Études d’hagiographie musulmane, Paris

éd. E. Leroux, coll. Études d’hagiographie musulmane, Paris

Il s’agit du « Ménâqib-el-‘ârifîn »* (« Les Saints des derviches tourneurs », ou littéralement « Les Vertus des initiés »**) de Chems-ed-dîn Aḥmed Aflâkî***. C’est un récit hagiographique, une sorte de légende dorée portant sur les « derviches tourneurs », c’est-à-dire sur l’inspirateur de cette confrérie, Djélâl-ed-dîn Roûmî, sur son père, sur son ami Chems-ed-dîn Tébrîzi, sur certains des mystiques, des sages, des hommes pieux de son entourage et sur ses successeurs immédiats. Aflâkî lui-même était rattaché aux « derviches tourneurs » et disciple du petit-fils de Roûmî, sur l’invitation duquel il entreprit cette hagiographie, qu’il commença d’écrire en l’an 1318 et qu’il acheva en l’an 1353 apr. J.-C. Le « Ménâqib-el-‘ârifîn » s’ouvre avec les motifs qui ont obligé Roûmî à quitter Balkh et la Perse, ainsi que le désastre qui a atteint cette contrée et les pertes qu’a subies la civilisation au sens large, quand les Mongols, « troupes de Dieu pareilles à des sauterelles répandues sur la Terre, dont il a été dit : “Je les ai créées de Ma puissance et de Ma colère” »****, dévastèrent cette région. Balkh, la première ville que les hordes de Gengis Khan trouvèrent sur leur passage, était, en même temps que la patrie de Roûmî, l’un des hauts lieux culturels d’Asie : elle était pleine de monuments, d’ouvrages exquis, et de tout ce qui pouvait servir d’ornement à une grande ville, parce qu’elle avait été le séjour de plusieurs gens illustres en toutes sortes d’arts, qui avaient contribué à sa beauté. Gengis Khan avait une grande haine pour cette ville, parce qu’elle avait offert refuge au Sultan du Khârezm, son ennemi. Il donna l’ordre de mettre à mort les jeunes, les vieux ; de fendre le ventre des femmes enceintes ; de sacrifier en entier les animaux qui se trouveraient dans cette ville ; ensuite, de raser entièrement celle-ci. On rapporte qu’on mit le feu à douze mille mosquées de quartier, et qu’au milieu de cet incendie, quatorze mille textes complets du Coran furent brûlés ; qu’on mit à mort près de cinquante mille savants, étudiants et « hafiz » (« hommes ou femmes sachant de mémoire le Coran »), sans compter le commun du peuple. Roûmî était alors âgé de cinq ans. Son père partit avec toute sa famille par la route de Konya vers l’Anatolie (Roûm), comme firent un grand nombre d’autres savants qui quittèrent la Perse : « Au milieu des contemporains, il ne resta plus trace de plaisir… L’or et les têtes furent emportés par le vent ; les [écoles] et les [collèges] devinrent des hôtelleries ; la bénédiction disparut du monde, et les ténèbres de la tyrannie s’appesantirent sur l’univers, qui fut bouleversé »

* En persan « مناقب‌العارفین ». Parfois transcrit « Manâqeb ol-ârefin », « Menâkıb-ül-ârifîn », « Manâqib ul-‘ârifîn », « Menāqibu ’l ‘ārifīn », « Manâqeb al-’ârefin » ou « Manāḳib al-‘ārifīn ». Haut

** Parfois traduit « Biographies des mystiques » ou « Les Vertus des mystiques ». Haut

*** En persan شمس‌الدین احمد افلاکی. Parfois transcrit Şemseddîn Ahmed Eflâkî, Shems-ud-din Ahmed Eflaki, Shemsu-’d-Dīn Ahmed Eflākī, Chams uddin Ahmad Aflaki, Šams-al-dīn Aḥmad Aflākī ou Shams al-Dīn Aḥmad Aflākī. Haut

**** « Tome I », p. 9. Haut

Ibn al-Zayyât, « Regard sur le temps des soufis : vie des saints du Sud marocain du Ve, VIe, VIIe siècle de l’hégire »

éd. UNESCO-Eddif, coll. UNESCO d’œuvres représentatives-Essai, Casablanca

éd. UNESCO-Eddif, coll. UNESCO d’œuvres représentatives-Essai, Casablanca

Il s’agit du recueil biographique « Tachawwuf ilâ rijâl al-Tas’awwuf »* (« Regard sur le temps des soufis ») d’Ibn al-Zayyât al-Tâdilî**, homme de lettres et juriste marocain, connu et estimé en tant qu’hagiographe. Il semble qu’il ait été considéré, de son vivant, comme l’un de ces pieux personnages (ou soufis) dont il a justement recherché les biographies. Les deux cent soixante dix-sept notices qu’il a réunies dans son « Tachawwuf » sont destinées à prouver que le Maroc, non moins que le Proche-Orient, a fourni des hommes et des femmes à la sainteté. Achevée en l’an 1221 apr. J.-C., sa compilation est, avec le « Minhâdj aṭ-ṭâlibîn », la source la plus ancienne sur l’histoire religieuse du Maroc. C’est un travail d’esquisse, fruste et primitif, auquel manque la troisième dimension, mais qui permet tout de même un aperçu extrêmement précieux des saints, en majorité berbères, qui ont vécu ou séjourné dans le Sud marocain au XIe, XIIe et XIIIe siècle apr. J.-C. « L’art d’hagiographe de ce bon lettré patriote consiste à réduire à quelques lignes très simples le caractère des saints », dit M. Adolphe Faure***. « Le genre anecdotique dans le goût arabe se prête admirablement à cette simplification. Presque toujours concis, parfois ramassés à l’extrême, les traits se suivent, se juxtaposent sans transition. » Ibn al-Zayyât aurait écrit un second recueil biographique s’étendant aux saints du Nord marocain, mais dont il ne nous reste que le titre. Comme lettré, on lui attribue un commentaire des « Séances » de Harîrî, lui aussi perdu, dont les auteurs anciens parlent avec admiration.

* En arabe « التشوف إلى رجال التصوف ». Parfois transcrit « Tashawwuf » ou « Tašawwuf ». Haut

** En arabe ابن الزيات التادلي. Parfois transcrit Ibn az-Zayyāt at-Tādilī ou Ibn ez-Zayyât et-Tâdilî. À ne pas confondre avec le vizir Ibn al-Zayyât (الوزير ابن الزيات), qui vécut quatre siècles plus tôt. Haut

*** « Le “Tašawwuf” et l’École ascétique marocaine », p. 121. Haut

« Le Livre des derviches bektashi, “Villayet name” • Les Dits des bektashi »

éd. Le Bois d’Orion, L’Isle-sur-la-Sorgue

éd. Le Bois d’Orion, L’Isle-sur-la-Sorgue

Il s’agit des bektachi, derviches turcs, fort hérétiques par rapport aux lois de l’islam, mais considérés comme faiseurs de miracles par le peuple qui les croyait investis de pouvoirs extraordinaires, comme de prédire l’avenir, de guérir les malades ou de frapper au loin les ennemis (XIIIe-XIXe siècle). Ils n’étaient pas, à proprement parler, un ordre religieux, mais une espèce de congrégation de mystiques et de franc-maçons, très indépendants du pouvoir, très jaloux de leur liberté, par ailleurs désintéressés et philanthropes. Ils se divisaient en deux classes : les uns vivaient dans des « tekkés », des couvents souvent nichés dans l’ombre d’un verger qui s’étendait jusqu’aux murs de l’enceinte ; les autres restaient dans leur famille et suivaient en secret les exercices de leur confrérie. Ils affectaient en public une foi vive, un islam fervent, mais à peine avaient-ils franchi les murs et le verger qui les dérobaient à la curiosité hostile des théologiens, que leur profession de foi devenait tout autre. Dans les loges enfumées de leurs « tekkés », véritables boudoirs, leur occupation ordinaire était de se livrer à une espèce de rêverie ou de vision initiatique qui dégénérait souvent en hallucination ; c’est aux substances enivrantes, mais surtout à l’opium qu’elle empruntait ce dernier caractère. Leur congrégation avait pour fondateur le cheikh Hadji Bektach*, venu d’Asie centrale en Anatolie à la même époque que Roûmî, et dont les miracles et prophéties étaient relatés dans « Le Livre des derviches bektachi » (« Vilâyetnâme »**) et « Les Dits » (« Makâlat »***). Ce Hadji Bektach avait béni la milice naissante des janissaires ; et depuis lors, la congrégation et la milice vivaient dans le plus parfait accord, menant une existence parallèle ; la destruction des uns était la ruine des autres. « Le janissariat ayant été aboli par l’extermination de la milice le 16 juin 1826 sur la place de l’At-meïdan (Hippodrome), la suppression des derviches bektachi suivit de près celle des janissaires », dit un théologien****. « Sur l’avis du mufti et des principaux ulémas, les trois chefs de la congrégation furent exécutés publiquement le 10 juillet 1826 ; par ordre du sultan Mahmoud, l’ordre entier fut aboli, les “tekkés” furent rasés, la plupart des derviches bektachi exilés, et ceux qui obtinrent, par grâce, de rester à Constantinople durent quitter leur costume distinctif ; ils obéirent et “restèrent”, comme dit un historien, “adossés au mur de la stupéfaction”. »

* En turc Hacı Bektaş. Parfois transcrit Hadjdji Baktasch, Ḥāji Baktāsh, Hâjjî Bektash, Haggi Bektasch, Hadschi Bektash, Hadsch Bektasch ou Hadj Bektash. Haut

** Parfois transcrit « Velâyet-nâme » ou « Villayet name ». Haut

*** Parfois transcrit « Maqalat ». Haut

**** … Grenier de Fajal. Haut

Kabîr, « Le Fils de Ram et d’Allah : anthologie de poèmes »

éd. Les Deux Océans, Paris

éd. Les Deux Océans, Paris

Il s’agit de Kabîr*, surnommé « le tisserand de Bénarès », l’un des poètes les plus populaires de l’Inde, et l’un des fondateurs de la littérature hindi, bien qu’il n’ait peut-être jamais rien écrit (XVe-XVIe siècle apr. J.-C.). Non seulement il a employé le hindi, mais il a insisté sur l’avantage de se servir de cette langue orale, en s’élevant contre l’emploi du sanscrit et de toute autre langue savante. Car, comme Socrate, Kabîr se méfiait de l’écriture, qui était pour lui une lettre morte, un simulacre, et ne jugeait vraie que la parole intérieure de l’âme : « Je n’ai jamais touché », dit-il**, « ni encre, ni papier. Ma main jamais n’a tenu de plume. La grandeur des quatre âges, Kabîr la fait naître des paroles de sa bouche ». Sa renommée est fondée sur les cinq cents couplets (« dohâs »***) et les cent stances (« padas »****) transcrits par ses disciples, et dont des morceaux choisis figurent dans le « Gourou Granth Sahib », le livre saint des Sikhs. Ils se distinguent par leur valeur poétique, mais surtout par une certaine manière de s’exprimer — mordante et railleuse envers les pratiques extérieures du culte — que personne n’a osé ou pu imiter après Kabîr. Ils s’adressent aux hindouistes aussi bien qu’aux musulmans ; ils moquent l’hypocrisie des pandits et de leurs Védas aussi bien que celle des mollahs et de leurs Khutbas : « Ô mollah », dit Kabîr*****, « pourquoi crier si fort : crains-tu qu’Allah soit sourd ? Celui que tu appelles tout haut, cherche-Le dans ton cœur ! » Et plus loin****** : « Ô pandit, tes idées sont toutes fausses !… À lire et à relire Védas et Puranas, en as-tu pour autant été illuminé ?… Prisonnier des concepts qui ici-bas furent tiens, quel repos crois-tu donc trouver dans l’au-delà ? »

* En hindi कबीर. Autrefois transcrit Cabir. Haut

** « Kabir : une expérience mystique au-delà des religions », p. 151. Haut

*** En hindi दोहा. Haut

**** En hindi पद. Haut

***** p. 105. Haut

****** p. 161 & 104. Haut

Muḥâsibî, « Le “Kitāb al-Tawahhum” : une vision humaine des fins dernières »

éd. Klincksieck, coll. Études arabes et islamiques, Paris

éd. Klincksieck, coll. Études arabes et islamiques, Paris

Il s’agit du traité « Kitâb al-Tawahhum »* (« Livre de la vision des fins dernières »**) de Ḥârith ibn Asad***, théologien et mystique arabe, plus connu sous le surnom de Muḥâsibî**** (« l’examinateur de conscience »). Né à Bassorah l’an 781 apr. J.-C., il vint de bonne heure à Bagdad, où il mourut l’an 857. Il fit de l’examen de conscience un moteur de la perfection spirituelle. À la manière des commerçants, les hommes devraient, chaque jour, dresser le bilan de ce qui a été positif ou négatif dans leur comportement, de leurs « profits » et « pertes ». C’est cela l’examen de conscience. De la vie extérieure de Muḥâsibî, nous ne savons presque rien, sinon qu’elle fut d’un grand ascétisme. « Si la moitié du monde était à mes côtés, cela ne me procurerait aucune réjouissance ; et si la moitié du monde était loin de moi, de cet éloignement je ne ressentirais aucun vide », dit-il*****. Et aussi : « Dieu préfère, entre deux commandements positifs, le plus dur »******. Il faut avouer que ses œuvres exégétiques satisfont peu le goût moderne : la culture coranique et traditionnelle y est trop accentuée. Seul le « Kitâb al-Tawahhum » fait exception à cet égard. Il n’est pas l’œuvre du théologien, mais celle de l’écrivain. Il traite des fins dernières, c’est-à-dire des châtiments terribles qui seront infligés, en Enfer, aux hommes ayant désobéi à Dieu ; et des joies charnelles que les houris******* réserveront, au Paradis, aux hommes ayant observé Ses lois. Ce qui frappe, c’est l’admirable style dans lequel ces joies charnelles sont décrites. Par contraste avec la vie austère de Muḥâsibî, il y a dans le « Kitâb al-Tawahhum » un désir inavoué et qui donne à l’œuvre toute sa valeur.

* En arabe « كتاب التّوهّم ». Parfois transcrit « Kitab at Tawahum », « Kitab al Tawahhoum » ou « Kitâb al Tawahhom ». Haut

** Parfois traduit « Le Livre sur la vision des dernières choses ». Haut

*** En arabe الحارث بن أسد. Haut

**** En arabe المحاسبي. Parfois transcrit Muhasiby, Muhassibi, Mouhassibi, Mohassibi ou Moḥâsibî. Haut

***** Dans Mahmoud, « Al-Moḥâsibî : un mystique », p. 29. Haut

****** Dans Massignon, « Essai sur les origines du lexique technique de la mystique musulmane », p. 252. Haut

******* Beautés célestes qui, selon le Coran, seront les épouses des fidèles. Haut

Kalâbâdhî, « Traité de soufisme : les maîtres et les étapes »

éd. Sindbad, coll. La Bibliothèque de l’islam, Arles

éd. Sindbad, coll. La Bibliothèque de l’islam, Arles

Il s’agit du « Kitâb al-ta‘arruf li-madhhab ahl al-taṣawwuf »* (« Livre de l’information sur la doctrine des hommes du soufisme »**), l’un des deux plus anciens traités de soufisme en arabe (Xe siècle apr. J.-C.). « Sans le “Kitâb al-ta‘arruf”, nous ne connaîtrions pas véritablement le soufisme », dit Sohraverdi***. L’auteur de ce traité, Abû Bakr Muhammad, vécut, comme son surnom de Kalâbâdhî**** le témoigne, à Kalâbâdh, un des quartiers de la ville de Boukhara. En ces temps-là, la cruelle condamnation dont Hallâj fut victime, fit craindre pour le mouvement mystique dans les cercles qui s’y adonnaient. Aussi Kalâbâdhî se proposa-t-il de montrer par écrit que les soufis étaient de bons musulmans, fermement respectueux des articles essentiels de l’orthodoxie islamique. Pour chacun de ces articles, il rassembla une série de paroles mémorables des maîtres mystiques, en vers ou en prose, accompagnées de ses propres assertions et arguments. Il se garda prudemment de nommer Hallâj ; mais il en reproduisit de nombreuses citations, en les prêtant anonymement à « un maître imminent » ou à « un grand soufi ». « En qualifiant le soufisme de “madhhab”, c’est-à-dire [d’“école”] spirituelle, intellectuelle et pratique avec ses méthodes et sa doctrine spécifiques, Kalâbâdhî veut le faire admettre dans le champ du savoir islamique fondamental, au même titre que la jurisprudence et la théologie », dit un professeur*****. Ainsi donc, ce traité apologétique est l’argumentation un peu sèche que l’on tiendrait en présence de théologiens et de juristes. Il n’est pas toujours d’une lecture agréable ; mais il contient des données fondamentales sur les premiers siècles du soufisme.

* En arabe « كتاب التعرّف لمذهب أهل التصوّف ». Haut

** Parfois traduit « Doctrine propre à l’école des tenants du soufisme ». Haut

*** Dans p. 11. Haut

**** En arabe كلاباذي. Parfois transcrit Kalābāḏī. Haut

***** M. Denis Gril. Haut

Bâyazîd, « Les Dits, “Shatahât” »

éd. Fayard, coll. L’Espace intérieur, Paris

éd. Fayard, coll. L’Espace intérieur, Paris

Il s’agit des « Dits extatiques » (« Shatahât »*) de Bâyazîd Bistâmî**, l’un des premiers soufis de la Perse, et aussi l’un des plus célèbres (IXe siècle apr. J.-C.). Cet homme solitaire atteignit le plus haut degré du soufisme, c’est-à-dire l’union mystique avec Dieu, au point qu’il disait être devenu Dieu Lui-même : « Je me suis dépouillé de mon “moi” comme la vipère de sa peau. Puis je me suis regardé : j’étais Lui »***. Et plus loin : « Louange à moi, louange à moi ! je suis [le] Seigneur Très-Haut »**** (« Subhânî, subhânî ! mâ a’zam sha’nî »*****). Ces paroles audacieuses, qu’il faut prendre au sens allégorique, faillirent lui coûter la vie ; elles coûteront celle de Hallâj. Un maître soufi et un contemporain de Bâyazîd, Junayd Baghdâdî, les traduira en arabe, langue dans laquelle elles sont parvenues jusqu’à nous.

La recherche du dépouillement se manifestait chez Bâyazîd par le renoncement au monde et par la sublimation des actes spirituels tels que la méditation. Chaque fois qu’il souhaitait méditer, Bâyazîd s’enfermait dans sa maison et en bouchait tous les orifices, pour qu’aucun bruit n’y pénétrât. Si, malgré tout, quelque curieux frappait à sa porte, il criait : « Qui cherches-tu ? — Bâyazîd Bistâmî. — Mon enfant, Bâyazîd Bistâmî cherche Bâyazîd Bistâmî depuis quarante ans »******. Comme on ne le voyait jamais aux cérémonies ni aux réceptions, on le lui reprocha : « Jadis, les saints rendaient visite aux malades, assistaient aux funérailles et allaient présenter leurs condoléances ». À quoi il répondit : « Ils agissaient ainsi guidés par leur raison ; ils ne sont pas comme moi qui suis dépossédé de ma raison »*******. On lui demanda d’où lui venait l’état de bonheur, dans lequel il se trouvait. « J’ai rassemblé toutes les nécessités de la vie, je les ai fagotées avec la corde du contentement… et je les ai lancées dans l’océan du désespoir. Alors, je fus soulagé », expliqua-t-il

* En arabe « شطحات ». Parfois transcrit « Šaṭaḥāt » ou « Chatahât ». Haut

** En persan بایزید بسطامی. Autrefois transcrit Baeizeed Bastamy, Bayazid Bustami, Bayézid Bisthâmî, Báyazyd Bistámy, Bayezid-Bestamy ou Bāyazīd Besṭāmī. En arabe Abû Yazîd Bistâmî (أبو يزيد البسطامي). Autrefois transcrit Abu Iezid al Basthami, Abu Yazid al Bastami, Abou-Yezid-al-Bostami ou Abû-Jezîd el-Besthâmî. Haut

*** p. 59. Haut

**** p. 44. Haut

***** En arabe « سبحاني سبحاني ما أعظم شأني ». Haut

****** p. 40. Haut

******* p. 89. Haut

Ibn al Fâridh, « Extraits du “Diwan” »

dans « Anthologie arabe, ou Choix de poésies arabes inédites », XIXe siècle

Il s’agit du Divan (Recueil de poésies) de ‘Omar ibn al Fâridh*, poète et mystique arabe. Le soufisme, auquel on applique par abus le nom de « mysticisme arabe », a eu peu de racines dans la péninsule arabique et en Afrique. Son apparition a été même décrite comme une réaction du génie asiatique contre le génie arabe. Il arrive que ce mysticisme s’exprime en arabe : voilà tout. Il est persan de tendance et d’esprit. Parmi les rares exceptions à cette règle, il faut compter le poète Ibn al Fâridh, né au Caire l’an 1181 et mort dans la même ville l’an 1235 apr. J.-C. Dans une préface placée à la tête de ses poésies, ‘Ali, petit-fils de ce poète, rapporte sur lui des choses étonnantes, auxquelles on est peu disposé à croire. Il dit qu’Ibn al Fâridh tombait quelquefois en de si violentes convulsions, que la sueur sortait abondamment de tout son corps en coulant jusqu’à ses pieds, et qu’ensuite, frappé de stupeur, le regard fixe, il n’entendait ni ne voyait ceux qui lui parlaient : l’usage de ses sens était complètement suspendu. Il gisait renversé sur le dos, enveloppé comme un mort dans son drap. Il restait plusieurs jours dans cette position, et pendant ce temps, il ne prenait aucune nourriture, ne proférait aucune parole et ne faisait aucun mouvement. Lorsque, sorti de cet étrange état, il pouvait de nouveau converser avec ses amis, il leur expliquait que, tandis qu’ils le voyaient hors de lui-même et comme privé de la raison, il s’entretenait avec Dieu et en recevait les plus grandes inspirations poétiques.

* En arabe عمر بن الفارض. Parfois transcrit Omar ben al Faredh, ‘Umar ibnu’l-Fáriḍ, Omar iben Phered, Omar-ebn-el-Farid ou Omer ibn-el-Fáridh. Haut

Hallâj, « Recueil du “Dîwân” • Hymnes et Prières • Sentences prophétiques et philosophiques »

éd. du Cerf, coll. Patrimoines-Islam, Paris

éd. du Cerf, coll. Patrimoines-Islam, Paris

Il s’agit du Divan (Recueil de poésies) et autres œuvres de Husayn ibn Mansûr, mystique et poète persan d’expression arabe, plus connu sous le surnom de Hallâj* (« cardeur de coton »). « Ce sobriquet de “cardeur”, donné à Hallâj parce qu’il lisait dans les cœurs, y discriminant, comme le peigne à carder, la vérité d’avec la fausseté, peut fort bien lui avoir été donné tant en souvenir du réel métier de son père que par allusion au sien propre », explique Louis Massignon**. Pour avoir révélé son union intime avec Dieu, et pour avoir dit devant tout le monde, sous l’empire de l’extase : « Je suis la souveraine Vérité » (« Anâ al-Haqq »***), c’est-à-dire « Je suis Dieu que j’aime, et Dieu que j’aime est moi »****, Hallâj fut supplicié en 922 apr. J.-C. On raconte qu’à la veille de son supplice, dans sa cellule, il ne cessa de répéter : « illusion, illusion », jusqu’à ce que la plus grande partie de la nuit fût passée. Alors, il se tut un long moment ; puis, il s’écria : « vérité, vérité »*****. Lorsqu’ils l’amenèrent pour le crucifier, et qu’il aperçut le gibet et les clous, il rit au point que ses yeux en pleurèrent. Puis, il se tourna vers le foule et y reconnut son ami Shiblî : « As-tu avec toi ton tapis de prière ? — Oui. — Étends-le-moi »******. Shiblî étendit son tapis. Alors, Hallâj récita, entre autres, ce verset du Coran : « Toute âme goûtera la mort… car qu’est-ce que la vie ici-bas sinon la jouissance précaire de vanités ? »******* Et après avoir achevé cette prière, il dit un poème de son cru :

« Tuez-moi, ô mes fidèles, car c’est dans mon meurtre qu’est ma vie.
Ma mise à mort réside dans ma vie, et ma vie dans ma mise à mort
 »

* En arabe حلاج. Parfois transcrit Halladsch, Ḥallâdj, Hallay, Hallage, Hallac ou Ḥallāǧ. Haut

** « La Passion de Husayn ibn Mansûr Hallâj. Tome I », p. 142. Haut

*** En arabe « اناالحق ». Parfois transcrit « Ana alhakk », « Ana’l Hagg » ou « En el-Hak ». Haut

**** « Recueil du “Dîwân” », p. 129. Haut

***** Dans Louis Massignon, « La Passion de Husayn ibn Mansûr Hallâj. Tome I », p. 620. Haut

****** Dans id. p. 649. Haut

******* III, 185. Haut

Hallâj, « Le Livre “Tâwasîn” • Le Jardin de la connaissance »

éd. Albouraq, Beyrouth

éd. Albouraq, Beyrouth

Il s’agit du « Livre du Tâ et du Sîn » (« Kitâb al-Tâ-wa-Sîn »*) et autres œuvres de Husayn ibn Mansûr, mystique et poète persan d’expression arabe, plus connu sous le surnom de Hallâj** (« cardeur de coton »). « Ce sobriquet de “cardeur”, donné à Hallâj parce qu’il lisait dans les cœurs, y discriminant, comme le peigne à carder, la vérité d’avec la fausseté, peut fort bien lui avoir été donné tant en souvenir du réel métier de son père que par allusion au sien propre », explique Louis Massignon***. Pour avoir révélé son union intime avec Dieu, et pour avoir dit devant tout le monde, sous l’empire de l’extase : « Je suis la souveraine Vérité » (« Anâ al-Haqq »****), c’est-à-dire « Je suis Dieu que j’aime, et Dieu que j’aime est moi »*****, Hallâj fut supplicié en 922 apr. J.-C. On raconte qu’à la veille de son supplice, dans sa cellule, il ne cessa de répéter : « illusion, illusion », jusqu’à ce que la plus grande partie de la nuit fût passée. Alors, il se tut un long moment ; puis, il s’écria : « vérité, vérité »******. Lorsqu’ils l’amenèrent pour le crucifier, et qu’il aperçut le gibet et les clous, il rit au point que ses yeux en pleurèrent. Puis, il se tourna vers le foule et y reconnut son ami Shiblî : « As-tu avec toi ton tapis de prière ? — Oui. — Étends-le-moi »*******. Shiblî étendit son tapis. Alors, Hallâj récita, entre autres, ce verset du Coran : « Toute âme goûtera la mort… car qu’est-ce que la vie ici-bas sinon la jouissance précaire de vanités ? »******** Et après avoir achevé cette prière, il dit un poème de son cru :

« Tuez-moi, ô mes fidèles, car c’est dans mon meurtre qu’est ma vie.
Ma mise à mort réside dans ma vie, et ma vie dans ma mise à mort
 »

* En arabe « كتاب الطاوسين ». Par suite d’une faute, « كتاب الطواسين », transcrit « Kitâb al Tawâsîn » ou « Kitaab at-Tawaaseen ». Haut

** En arabe حلاج. Parfois transcrit Halladsch, Ḥallâdj, Hallay, Hallage, Hallac ou Ḥallāǧ. Haut

*** « La Passion de Husayn ibn Mansûr Hallâj. Tome I », p. 142. Haut

**** En arabe « اناالحق ». Parfois transcrit « Ana alhakk », « Ana’l Hagg » ou « En el-Hak ». Haut

***** « Recueil du “Dîwân” », p. 129. Haut

****** Dans Louis Massignon, « La Passion de Husayn ibn Mansûr Hallâj. Tome I », p. 620. Haut

******* Dans id. p. 649. Haut

******** III, 185. Haut