CatégorieOuvrages peu soignés ou mal finis

Heredia, « Correspondance. Tome I. Les Années de formation (1846-1865) »

éd. H. Champion, coll. Bibliothèque des correspondances, Paris

éd. H. Cham­pion, coll. Bi­blio­thèque des cor­res­pon­dances, Pa­ris

Il s’agit de la « Cor­res­pon­dance » de José-Ma­ria de He­re­dia1, poète de l’école du Par­nasse (XIXe siècle). On nomme par­nas­siens le groupe d’écrivains fran­çais qui se consti­tua au­tour de la re­vue « Le Par­nasse contem­po­rain », et qui se pro­posa comme but l’admiration de l’antique : « Que j’entende par­ler de l’Égypte ou de l’Inde, aus­si­tôt mon es­prit s’agite pour fran­chir l’horizon qui m’emprisonne ; que le nom de la Grèce soit pro­noncé, et voilà mon ima­gi­na­tion par­tie : je vogue sur la mer Io­nienne, je dé­barque au Pi­rée, et je re­vois l’un après l’autre ces sen­tiers si sou­vent par­cou­rus sur le char des poètes en com­pa­gnie des hé­ros ou des dieux »2. L’impression que fit l’Antiquité sur ces écri­vains fut très pro­fonde. Mé­con­tents du monde in­dus­triel où les poètes de­ve­naient d’heure en heure plus in­utiles, et où l’art res­tait pré­sent par cha­rité et comme un dé­cor in­si­gni­fiant, les par­nas­siens cou­rurent en troupe vers les temples rui­nés de l’Antiquité. Ils s’attachèrent à elle ; ils se firent ses ser­vi­teurs ; ils se mon­trèrent in­justes pour tout ce qui ne la tou­chait pas : « Al­lons res­pec­tueu­se­ment de­man­der des le­çons à la Muse io­nienne ! C’est… une ri­chesse si grande que d’avoir, à l’abri des… émo­tions fié­vreuses de l’art mé­lan­co­lique et tour­menté de nos époques mo­dernes, un re­fuge dans le monde jeune et se­rein de la poé­sie an­tique. Plai­gnons ceux dont la pen­sée ne pé­nètre ja­mais dans cette ré­gion à la fois hé­roïque et pai­sible où se meuvent les poètes, les guer­riers et les sages ! »3 He­re­dia et Le­conte de Lisle furent les der­niers re­pré­sen­tants de cette école ; ils en furent aussi les plus fi­dèles, car ils en ap­pli­quèrent la doc­trine avec le plus de fer­meté et d’imperturbable confiance, sans dé­faillance. C’est que pour ces deux créoles — na­tifs l’un de Cuba, l’autre de la Réunion — l’Antiquité se mêle et se confond avec l’île na­tale, im­men­sé­ment agran­die par leur ima­gi­na­tion, aug­men­tée de tout pays où la na­ture, belle et ro­buste, a dé­ployé des éner­gies pri­mi­tives, que ce soit au pied de l’Himalaya ou dans les val­lons de la Grèce, dans les champs si­ci­liens ou sous le so­leil égyp­tien. « Il n’est pas be­soin d’être un grand psy­cho­logue pour com­prendre que [l’exotisme] sou­vent af­fi­ché par [He­re­dia et Le­conte de Lisle] n’est en réa­lité qu’une es­pèce d’exorcisme, d’incantation, pour échap­per [au sou­ve­nir] du dé­part, de l’exil, de la rup­ture avec la terre na­tale », dit avec rai­son M. Ed­gard Pich

  1. À ne pas confondre avec José María He­re­dia y He­re­dia, cou­sin ger­main de He­re­dia et au­teur de l’ode au « Nia­gara ». Haut
  2. Vic­tor de La­prade, « Ques­tions d’art et de mo­rale ». Haut
  1. id. Haut

Rosny, « Nell Horn de l’Armée du Salut »

éd. Classiques Garnier, coll. Bibliothèque de littérature du XXᵉ siècle, Paris

éd. Clas­siques Gar­nier, coll. Bi­blio­thèque de lit­té­ra­ture du XXe siècle, Pa­ris

Il s’agit de « Nell Horn de l’Armée du Sa­lut » de Jo­seph-Henri Rosny. Sous le pseu­do­nyme de Rosny se masque la col­la­bo­ra­tion lit­té­raire entre deux frères : Jo­seph-Henri-Ho­noré Boëx et Sé­ra­phin-Jus­tin-Fran­çois Boëx. Ils na­quirent, l’aîné en 1856, le jeune en 1859, d’une fa­mille fran­çaise, hol­lan­daise et es­pa­gnole ins­tal­lée en Bel­gique. Ces ori­gines di­verses, leur ins­tinct de cu­rio­sité, un âpre amour de la lutte — les Rosny étaient d’une rare vi­gueur mus­cu­laire —, leur han­tise de la pré­his­toire, et jusque la fas­ci­na­tion qu’exerçaient sur eux les terres in­hos­pi­ta­lières et sau­vages, firent naître chez eux le rêve de re­joindre les tri­bus in­diennes qui han­taient en­core les éten­dues loin­taines du Ca­nada. Londres d’abord et Pa­ris en­suite n’étaient dans leur tête qu’une es­cale ; mais le des­tin les y fixa pour la vie et fit d’eux des pri­son­niers de ces villes ti­ta­nesques que les Rosny al­laient fouiller en pro­fon­deur, avec toute la pas­sion que sus­citent des contrées in­con­nues, des contrées hu­maines et bru­tales. Ils pé­né­trèrent dans les fau­bourgs sor­dides ; ils connurent les four­naises, les usines, les fa­briques fa­rouches et re­pous­santes, cra­chant leurs noires fu­mées dans le ciel, les dé­po­toirs à perte de vue, au­tour des­quels grouillaient des hommes de fer et de feu. Cette vi­sion exal­tait les Rosny jusqu’aux larmes : « Le front contre sa vitre, il contem­plait le fau­bourg si­nistre, les hautes che­mi­nées d’usine, avec l’impression d’une tue­rie lente et in­vin­cible. Au­rait-on le temps de sau­ver les hommes ?… De vastes es­pé­rances ba­layaient cette crainte »1. À ja­mais éga­rés des tri­bus in­diennes, les re­gret­tant de tout cœur, les Rosny se conso­lèrent en créant une poé­tique des villes, à la­quelle on doit leurs meilleures pages. L’impression qu’un autre tire d’une fo­rêt vierge, d’une sa­vane, d’une jungle, d’un abîme d’herbes, de ra­mures et de fauves, ils la ti­rèrent, aussi vierge, du re­mous de la ci­vi­li­sa­tion in­dus­trielle. Le sif­fle­ment des si­rènes, le re­ten­tis­se­ment des en­clumes, la ru­meur des foules de­vint pour eux un bruit aussi re­li­gieux que l’appel des cloches. L’aspect fé­roce, puis­sant des tra­vailleurs, à la sor­tie des ate­liers, leur évo­qua les temps pri­mi­tifs où les pre­miers hommes se dé­bat­taient dans des com­bats vio­lents contre les forces élé­men­taires de la na­ture. Dans leurs ro­mans so­ciaux, qui re­joignent d’ailleurs leurs ré­cits pré­his­to­riques et scien­ti­fiques, puisqu’ils étu­dient et pré­voient « tout l’antique mys­tère »2 des de­ve­nirs de la vie — dans leurs ro­mans so­ciaux, dis-je, les Rosny font voir que « la fo­rêt vierge et les grandes in­dus­tries ne sont pas des choses op­po­sées, ce sont des choses ana­logues » ; qu’un « mor­ceau de Pa­ris, où s’entasse la gran­deur de nos sem­blables, doit faire pal­pi­ter les ar­tistes au­tant que la chute du Rhin à Schaff­house »3 ; que l’œuvre des hommes est non moins belle et mons­trueuse que celle de la na­ture — ou plu­tôt il est im­pos­sible de sé­pa­rer l’une de l’autre.

  1. « La Vague rouge ». Haut
  2. « L’Aube du fu­tur ». Haut
  1. « La Vague rouge ». Haut

Photius, « Bibliothèque. Tome VIII »

éd. Les Belles Lettres, coll. des universités de France, Paris

éd. Les Belles Lettres, coll. des uni­ver­si­tés de France, Pa­ris

Il s’agit de la « Bi­blio­thèque » (« Bi­blio­thêkê »1) ou la « My­riade de livres » (« My­rio­bi­blon » ou « My­rio­bi­blos »2) de Pho­tius3, vé­né­rable pa­triarche de Constan­ti­nople (IXe siècle apr. J.-C.). Ce pré­tendu hé­ré­tique, à qui l’Église ro­maine at­tri­buera les aveu­gle­ments ayant mené au schisme des deux chré­tien­tés, celle d’Orient et celle d’Occident, fai­sant men­tir son beau nom de Pho­tius (« lu­mière ») — ce pré­tendu hé­ré­tique, dis-je, était l’homme le plus sa­vant de son temps. Doué d’une mé­moire pro­di­gieuse et d’une grande ar­deur pour le tra­vail, il avait de l’érudition en tout genre. Ses connais­sances étaient uni­ver­selles ; et contrai­re­ment à l’habitude de ceux qui s’appliquent à tant de choses, il sa­vait bien ap­pro­fon­dir les ques­tions par­ti­cu­lières quand il les trai­tait. Le re­cueil qui a mon­tré l’étendue de tout ce qu’il avait lu, de tout ce qu’il avait étu­dié, et qui a im­mor­ta­lisé son nom à titre de sa­vant, est sa « Bi­blio­thèque ». Y sont ré­su­més deux cent quatre-vingts ou­vrages an­ciens, parmi les­quels il y a plus de cent trente qui n’existent plus en en­tier ou en par­tie, et dont les au­teurs nous sont à peine connus de nom. Pho­tius écri­vit ces ré­su­més avant son ac­ces­sion au siège pa­triar­cal, et dans le temps où, en­voyé en am­bas­sade au­près des As­sy­riens, il trou­vait as­sez de loi­sir pour s’occuper de lit­té­ra­ture. On ap­prend, par sa lettre à son frère Ta­ra­sius4, qu’étant à Constan­ti­nople, les deux frères li­saient en­semble à haute voix ; mais que, ne pou­vant plus, à cause de leur éloi­gne­ment, faire ces sortes de lec­tures en com­mun, Ta­ra­sius pria son frère de lui en­voyer les ré­su­més ou les « ar­gu­ments » (« hy­po­the­seis »5) des livres à la lec­ture des­quels il n’avait pas pu par­ti­ci­per, pour se conso­ler un peu de cette longue et pé­nible sé­pa­ra­tion. Voilà le pré­texte et le mo­bile de la « Bi­blio­thèque ».

  1. En grec « Βιϐλιοθήκη ». Haut
  2. En grec « Μυριόϐιϐλος ». Ni le titre de « Bi­blio­thêkê » ni ce­lui de « My­rio­bi­blos » ne sont de l’auteur. Dans les ma­nus­crits, le titre est ce­lui qu’on lit en tête de la lettre de Pho­tius à Ta­ra­sius : « In­ven­taire et Énu­mé­ra­tion des livres que nous avons lus, et dont notre bien-aimé frère Ta­ra­sius nous a de­mandé d’avoir une idée som­maire » (« Ἀπογραφή καὶ Συναρίθμησις τῶν ἀνεγνωσμένων ἡμῖν βιϐλίων, ὧν εἰς κεφαλαιώδη διάγνωσιν ὁ ἠγαπημένος ἡμῶν ἀδελφός Ταράσιος ἐξηιτήσατο »). Haut
  3. En grec Φώτιος. Par­fois trans­crit Phô­tios. Haut
  1. En grec Ταράσιος. Par­fois trans­crit Ta­raise ou Ta­ra­sios. Haut
  2. En grec ὑποθέσεις. Haut

Photius, « Bibliothèque. Tome VII »

éd. Les Belles Lettres, coll. des universités de France, Paris

éd. Les Belles Lettres, coll. des uni­ver­si­tés de France, Pa­ris

Il s’agit de la « Bi­blio­thèque » (« Bi­blio­thêkê »1) ou la « My­riade de livres » (« My­rio­bi­blon » ou « My­rio­bi­blos »2) de Pho­tius3, vé­né­rable pa­triarche de Constan­ti­nople (IXe siècle apr. J.-C.). Ce pré­tendu hé­ré­tique, à qui l’Église ro­maine at­tri­buera les aveu­gle­ments ayant mené au schisme des deux chré­tien­tés, celle d’Orient et celle d’Occident, fai­sant men­tir son beau nom de Pho­tius (« lu­mière ») — ce pré­tendu hé­ré­tique, dis-je, était l’homme le plus sa­vant de son temps. Doué d’une mé­moire pro­di­gieuse et d’une grande ar­deur pour le tra­vail, il avait de l’érudition en tout genre. Ses connais­sances étaient uni­ver­selles ; et contrai­re­ment à l’habitude de ceux qui s’appliquent à tant de choses, il sa­vait bien ap­pro­fon­dir les ques­tions par­ti­cu­lières quand il les trai­tait. Le re­cueil qui a mon­tré l’étendue de tout ce qu’il avait lu, de tout ce qu’il avait étu­dié, et qui a im­mor­ta­lisé son nom à titre de sa­vant, est sa « Bi­blio­thèque ». Y sont ré­su­més deux cent quatre-vingts ou­vrages an­ciens, parmi les­quels il y a plus de cent trente qui n’existent plus en en­tier ou en par­tie, et dont les au­teurs nous sont à peine connus de nom. Pho­tius écri­vit ces ré­su­més avant son ac­ces­sion au siège pa­triar­cal, et dans le temps où, en­voyé en am­bas­sade au­près des As­sy­riens, il trou­vait as­sez de loi­sir pour s’occuper de lit­té­ra­ture. On ap­prend, par sa lettre à son frère Ta­ra­sius4, qu’étant à Constan­ti­nople, les deux frères li­saient en­semble à haute voix ; mais que, ne pou­vant plus, à cause de leur éloi­gne­ment, faire ces sortes de lec­tures en com­mun, Ta­ra­sius pria son frère de lui en­voyer les ré­su­més ou les « ar­gu­ments » (« hy­po­the­seis »5) des livres à la lec­ture des­quels il n’avait pas pu par­ti­ci­per, pour se conso­ler un peu de cette longue et pé­nible sé­pa­ra­tion. Voilà le pré­texte et le mo­bile de la « Bi­blio­thèque ».

  1. En grec « Βιϐλιοθήκη ». Haut
  2. En grec « Μυριόϐιϐλος ». Ni le titre de « Bi­blio­thêkê » ni ce­lui de « My­rio­bi­blos » ne sont de l’auteur. Dans les ma­nus­crits, le titre est ce­lui qu’on lit en tête de la lettre de Pho­tius à Ta­ra­sius : « In­ven­taire et Énu­mé­ra­tion des livres que nous avons lus, et dont notre bien-aimé frère Ta­ra­sius nous a de­mandé d’avoir une idée som­maire » (« Ἀπογραφή καὶ Συναρίθμησις τῶν ἀνεγνωσμένων ἡμῖν βιϐλίων, ὧν εἰς κεφαλαιώδη διάγνωσιν ὁ ἠγαπημένος ἡμῶν ἀδελφός Ταράσιος ἐξηιτήσατο »). Haut
  3. En grec Φώτιος. Par­fois trans­crit Phô­tios. Haut
  1. En grec Ταράσιος. Par­fois trans­crit Ta­raise ou Ta­ra­sios. Haut
  2. En grec ὑποθέσεις. Haut

Photius, « Bibliothèque. Tome VI »

éd. Les Belles Lettres, coll. byzantine, Paris

éd. Les Belles Lettres, coll. by­zan­tine, Pa­ris

Il s’agit de la « Bi­blio­thèque » (« Bi­blio­thêkê »1) ou la « My­riade de livres » (« My­rio­bi­blon » ou « My­rio­bi­blos »2) de Pho­tius3, vé­né­rable pa­triarche de Constan­ti­nople (IXe siècle apr. J.-C.). Ce pré­tendu hé­ré­tique, à qui l’Église ro­maine at­tri­buera les aveu­gle­ments ayant mené au schisme des deux chré­tien­tés, celle d’Orient et celle d’Occident, fai­sant men­tir son beau nom de Pho­tius (« lu­mière ») — ce pré­tendu hé­ré­tique, dis-je, était l’homme le plus sa­vant de son temps. Doué d’une mé­moire pro­di­gieuse et d’une grande ar­deur pour le tra­vail, il avait de l’érudition en tout genre. Ses connais­sances étaient uni­ver­selles ; et contrai­re­ment à l’habitude de ceux qui s’appliquent à tant de choses, il sa­vait bien ap­pro­fon­dir les ques­tions par­ti­cu­lières quand il les trai­tait. Le re­cueil qui a mon­tré l’étendue de tout ce qu’il avait lu, de tout ce qu’il avait étu­dié, et qui a im­mor­ta­lisé son nom à titre de sa­vant, est sa « Bi­blio­thèque ». Y sont ré­su­més deux cent quatre-vingts ou­vrages an­ciens, parmi les­quels il y a plus de cent trente qui n’existent plus en en­tier ou en par­tie, et dont les au­teurs nous sont à peine connus de nom. Pho­tius écri­vit ces ré­su­més avant son ac­ces­sion au siège pa­triar­cal, et dans le temps où, en­voyé en am­bas­sade au­près des As­sy­riens, il trou­vait as­sez de loi­sir pour s’occuper de lit­té­ra­ture. On ap­prend, par sa lettre à son frère Ta­ra­sius4, qu’étant à Constan­ti­nople, les deux frères li­saient en­semble à haute voix ; mais que, ne pou­vant plus, à cause de leur éloi­gne­ment, faire ces sortes de lec­tures en com­mun, Ta­ra­sius pria son frère de lui en­voyer les ré­su­més ou les « ar­gu­ments » (« hy­po­the­seis »5) des livres à la lec­ture des­quels il n’avait pas pu par­ti­ci­per, pour se conso­ler un peu de cette longue et pé­nible sé­pa­ra­tion. Voilà le pré­texte et le mo­bile de la « Bi­blio­thèque ».

  1. En grec « Βιϐλιοθήκη ». Haut
  2. En grec « Μυριόϐιϐλος ». Ni le titre de « Bi­blio­thêkê » ni ce­lui de « My­rio­bi­blos » ne sont de l’auteur. Dans les ma­nus­crits, le titre est ce­lui qu’on lit en tête de la lettre de Pho­tius à Ta­ra­sius : « In­ven­taire et Énu­mé­ra­tion des livres que nous avons lus, et dont notre bien-aimé frère Ta­ra­sius nous a de­mandé d’avoir une idée som­maire » (« Ἀπογραφή καὶ Συναρίθμησις τῶν ἀνεγνωσμένων ἡμῖν βιϐλίων, ὧν εἰς κεφαλαιώδη διάγνωσιν ὁ ἠγαπημένος ἡμῶν ἀδελφός Ταράσιος ἐξηιτήσατο »). Haut
  3. En grec Φώτιος. Par­fois trans­crit Phô­tios. Haut
  1. En grec Ταράσιος. Par­fois trans­crit Ta­raise ou Ta­ra­sios. Haut
  2. En grec ὑποθέσεις. Haut

Photius, « Bibliothèque. Tome V »

éd. Les Belles Lettres, coll. des universités de France, Paris

éd. Les Belles Lettres, coll. des uni­ver­si­tés de France, Pa­ris

Il s’agit de la « Bi­blio­thèque » (« Bi­blio­thêkê »1) ou la « My­riade de livres » (« My­rio­bi­blon » ou « My­rio­bi­blos »2) de Pho­tius3, vé­né­rable pa­triarche de Constan­ti­nople (IXe siècle apr. J.-C.). Ce pré­tendu hé­ré­tique, à qui l’Église ro­maine at­tri­buera les aveu­gle­ments ayant mené au schisme des deux chré­tien­tés, celle d’Orient et celle d’Occident, fai­sant men­tir son beau nom de Pho­tius (« lu­mière ») — ce pré­tendu hé­ré­tique, dis-je, était l’homme le plus sa­vant de son temps. Doué d’une mé­moire pro­di­gieuse et d’une grande ar­deur pour le tra­vail, il avait de l’érudition en tout genre. Ses connais­sances étaient uni­ver­selles ; et contrai­re­ment à l’habitude de ceux qui s’appliquent à tant de choses, il sa­vait bien ap­pro­fon­dir les ques­tions par­ti­cu­lières quand il les trai­tait. Le re­cueil qui a mon­tré l’étendue de tout ce qu’il avait lu, de tout ce qu’il avait étu­dié, et qui a im­mor­ta­lisé son nom à titre de sa­vant, est sa « Bi­blio­thèque ». Y sont ré­su­més deux cent quatre-vingts ou­vrages an­ciens, parmi les­quels il y a plus de cent trente qui n’existent plus en en­tier ou en par­tie, et dont les au­teurs nous sont à peine connus de nom. Pho­tius écri­vit ces ré­su­més avant son ac­ces­sion au siège pa­triar­cal, et dans le temps où, en­voyé en am­bas­sade au­près des As­sy­riens, il trou­vait as­sez de loi­sir pour s’occuper de lit­té­ra­ture. On ap­prend, par sa lettre à son frère Ta­ra­sius4, qu’étant à Constan­ti­nople, les deux frères li­saient en­semble à haute voix ; mais que, ne pou­vant plus, à cause de leur éloi­gne­ment, faire ces sortes de lec­tures en com­mun, Ta­ra­sius pria son frère de lui en­voyer les ré­su­més ou les « ar­gu­ments » (« hy­po­the­seis »5) des livres à la lec­ture des­quels il n’avait pas pu par­ti­ci­per, pour se conso­ler un peu de cette longue et pé­nible sé­pa­ra­tion. Voilà le pré­texte et le mo­bile de la « Bi­blio­thèque ».

  1. En grec « Βιϐλιοθήκη ». Haut
  2. En grec « Μυριόϐιϐλος ». Ni le titre de « Bi­blio­thêkê » ni ce­lui de « My­rio­bi­blos » ne sont de l’auteur. Dans les ma­nus­crits, le titre est ce­lui qu’on lit en tête de la lettre de Pho­tius à Ta­ra­sius : « In­ven­taire et Énu­mé­ra­tion des livres que nous avons lus, et dont notre bien-aimé frère Ta­ra­sius nous a de­mandé d’avoir une idée som­maire » (« Ἀπογραφή καὶ Συναρίθμησις τῶν ἀνεγνωσμένων ἡμῖν βιϐλίων, ὧν εἰς κεφαλαιώδη διάγνωσιν ὁ ἠγαπημένος ἡμῶν ἀδελφός Ταράσιος ἐξηιτήσατο »). Haut
  3. En grec Φώτιος. Par­fois trans­crit Phô­tios. Haut
  1. En grec Ταράσιος. Par­fois trans­crit Ta­raise ou Ta­ra­sios. Haut
  2. En grec ὑποθέσεις. Haut

Photius, « Bibliothèque. Tome IV »

éd. Les Belles Lettres, coll. byzantine, Paris

éd. Les Belles Lettres, coll. by­zan­tine, Pa­ris

Il s’agit de la « Bi­blio­thèque » (« Bi­blio­thêkê »1) ou la « My­riade de livres » (« My­rio­bi­blon » ou « My­rio­bi­blos »2) de Pho­tius3, vé­né­rable pa­triarche de Constan­ti­nople (IXe siècle apr. J.-C.). Ce pré­tendu hé­ré­tique, à qui l’Église ro­maine at­tri­buera les aveu­gle­ments ayant mené au schisme des deux chré­tien­tés, celle d’Orient et celle d’Occident, fai­sant men­tir son beau nom de Pho­tius (« lu­mière ») — ce pré­tendu hé­ré­tique, dis-je, était l’homme le plus sa­vant de son temps. Doué d’une mé­moire pro­di­gieuse et d’une grande ar­deur pour le tra­vail, il avait de l’érudition en tout genre. Ses connais­sances étaient uni­ver­selles ; et contrai­re­ment à l’habitude de ceux qui s’appliquent à tant de choses, il sa­vait bien ap­pro­fon­dir les ques­tions par­ti­cu­lières quand il les trai­tait. Le re­cueil qui a mon­tré l’étendue de tout ce qu’il avait lu, de tout ce qu’il avait étu­dié, et qui a im­mor­ta­lisé son nom à titre de sa­vant, est sa « Bi­blio­thèque ». Y sont ré­su­més deux cent quatre-vingts ou­vrages an­ciens, parmi les­quels il y a plus de cent trente qui n’existent plus en en­tier ou en par­tie, et dont les au­teurs nous sont à peine connus de nom. Pho­tius écri­vit ces ré­su­més avant son ac­ces­sion au siège pa­triar­cal, et dans le temps où, en­voyé en am­bas­sade au­près des As­sy­riens, il trou­vait as­sez de loi­sir pour s’occuper de lit­té­ra­ture. On ap­prend, par sa lettre à son frère Ta­ra­sius4, qu’étant à Constan­ti­nople, les deux frères li­saient en­semble à haute voix ; mais que, ne pou­vant plus, à cause de leur éloi­gne­ment, faire ces sortes de lec­tures en com­mun, Ta­ra­sius pria son frère de lui en­voyer les ré­su­més ou les « ar­gu­ments » (« hy­po­the­seis »5) des livres à la lec­ture des­quels il n’avait pas pu par­ti­ci­per, pour se conso­ler un peu de cette longue et pé­nible sé­pa­ra­tion. Voilà le pré­texte et le mo­bile de la « Bi­blio­thèque ».

  1. En grec « Βιϐλιοθήκη ». Haut
  2. En grec « Μυριόϐιϐλος ». Ni le titre de « Bi­blio­thêkê » ni ce­lui de « My­rio­bi­blos » ne sont de l’auteur. Dans les ma­nus­crits, le titre est ce­lui qu’on lit en tête de la lettre de Pho­tius à Ta­ra­sius : « In­ven­taire et Énu­mé­ra­tion des livres que nous avons lus, et dont notre bien-aimé frère Ta­ra­sius nous a de­mandé d’avoir une idée som­maire » (« Ἀπογραφή καὶ Συναρίθμησις τῶν ἀνεγνωσμένων ἡμῖν βιϐλίων, ὧν εἰς κεφαλαιώδη διάγνωσιν ὁ ἠγαπημένος ἡμῶν ἀδελφός Ταράσιος ἐξηιτήσατο »). Haut
  3. En grec Φώτιος. Par­fois trans­crit Phô­tios. Haut
  1. En grec Ταράσιος. Par­fois trans­crit Ta­raise ou Ta­ra­sios. Haut
  2. En grec ὑποθέσεις. Haut

Photius, « Bibliothèque. Tome III »

éd. Les Belles Lettres, coll. byzantine, Paris

éd. Les Belles Lettres, coll. by­zan­tine, Pa­ris

Il s’agit de la « Bi­blio­thèque » (« Bi­blio­thêkê »1) ou la « My­riade de livres » (« My­rio­bi­blon » ou « My­rio­bi­blos »2) de Pho­tius3, vé­né­rable pa­triarche de Constan­ti­nople (IXe siècle apr. J.-C.). Ce pré­tendu hé­ré­tique, à qui l’Église ro­maine at­tri­buera les aveu­gle­ments ayant mené au schisme des deux chré­tien­tés, celle d’Orient et celle d’Occident, fai­sant men­tir son beau nom de Pho­tius (« lu­mière ») — ce pré­tendu hé­ré­tique, dis-je, était l’homme le plus sa­vant de son temps. Doué d’une mé­moire pro­di­gieuse et d’une grande ar­deur pour le tra­vail, il avait de l’érudition en tout genre. Ses connais­sances étaient uni­ver­selles ; et contrai­re­ment à l’habitude de ceux qui s’appliquent à tant de choses, il sa­vait bien ap­pro­fon­dir les ques­tions par­ti­cu­lières quand il les trai­tait. Le re­cueil qui a mon­tré l’étendue de tout ce qu’il avait lu, de tout ce qu’il avait étu­dié, et qui a im­mor­ta­lisé son nom à titre de sa­vant, est sa « Bi­blio­thèque ». Y sont ré­su­més deux cent quatre-vingts ou­vrages an­ciens, parmi les­quels il y a plus de cent trente qui n’existent plus en en­tier ou en par­tie, et dont les au­teurs nous sont à peine connus de nom. Pho­tius écri­vit ces ré­su­més avant son ac­ces­sion au siège pa­triar­cal, et dans le temps où, en­voyé en am­bas­sade au­près des As­sy­riens, il trou­vait as­sez de loi­sir pour s’occuper de lit­té­ra­ture. On ap­prend, par sa lettre à son frère Ta­ra­sius4, qu’étant à Constan­ti­nople, les deux frères li­saient en­semble à haute voix ; mais que, ne pou­vant plus, à cause de leur éloi­gne­ment, faire ces sortes de lec­tures en com­mun, Ta­ra­sius pria son frère de lui en­voyer les ré­su­més ou les « ar­gu­ments » (« hy­po­the­seis »5) des livres à la lec­ture des­quels il n’avait pas pu par­ti­ci­per, pour se conso­ler un peu de cette longue et pé­nible sé­pa­ra­tion. Voilà le pré­texte et le mo­bile de la « Bi­blio­thèque ».

  1. En grec « Βιϐλιοθήκη ». Haut
  2. En grec « Μυριόϐιϐλος ». Ni le titre de « Bi­blio­thêkê » ni ce­lui de « My­rio­bi­blos » ne sont de l’auteur. Dans les ma­nus­crits, le titre est ce­lui qu’on lit en tête de la lettre de Pho­tius à Ta­ra­sius : « In­ven­taire et Énu­mé­ra­tion des livres que nous avons lus, et dont notre bien-aimé frère Ta­ra­sius nous a de­mandé d’avoir une idée som­maire » (« Ἀπογραφή καὶ Συναρίθμησις τῶν ἀνεγνωσμένων ἡμῖν βιϐλίων, ὧν εἰς κεφαλαιώδη διάγνωσιν ὁ ἠγαπημένος ἡμῶν ἀδελφός Ταράσιος ἐξηιτήσατο »). Haut
  3. En grec Φώτιος. Par­fois trans­crit Phô­tios. Haut
  1. En grec Ταράσιος. Par­fois trans­crit Ta­raise ou Ta­ra­sios. Haut
  2. En grec ὑποθέσεις. Haut

Photius, « Bibliothèque. Tome II »

éd. Les Belles Lettres, coll. byzantine, Paris

éd. Les Belles Lettres, coll. by­zan­tine, Pa­ris

Il s’agit de la « Bi­blio­thèque » (« Bi­blio­thêkê »1) ou la « My­riade de livres » (« My­rio­bi­blon » ou « My­rio­bi­blos »2) de Pho­tius3, vé­né­rable pa­triarche de Constan­ti­nople (IXe siècle apr. J.-C.). Ce pré­tendu hé­ré­tique, à qui l’Église ro­maine at­tri­buera les aveu­gle­ments ayant mené au schisme des deux chré­tien­tés, celle d’Orient et celle d’Occident, fai­sant men­tir son beau nom de Pho­tius (« lu­mière ») — ce pré­tendu hé­ré­tique, dis-je, était l’homme le plus sa­vant de son temps. Doué d’une mé­moire pro­di­gieuse et d’une grande ar­deur pour le tra­vail, il avait de l’érudition en tout genre. Ses connais­sances étaient uni­ver­selles ; et contrai­re­ment à l’habitude de ceux qui s’appliquent à tant de choses, il sa­vait bien ap­pro­fon­dir les ques­tions par­ti­cu­lières quand il les trai­tait. Le re­cueil qui a mon­tré l’étendue de tout ce qu’il avait lu, de tout ce qu’il avait étu­dié, et qui a im­mor­ta­lisé son nom à titre de sa­vant, est sa « Bi­blio­thèque ». Y sont ré­su­més deux cent quatre-vingts ou­vrages an­ciens, parmi les­quels il y a plus de cent trente qui n’existent plus en en­tier ou en par­tie, et dont les au­teurs nous sont à peine connus de nom. Pho­tius écri­vit ces ré­su­més avant son ac­ces­sion au siège pa­triar­cal, et dans le temps où, en­voyé en am­bas­sade au­près des As­sy­riens, il trou­vait as­sez de loi­sir pour s’occuper de lit­té­ra­ture. On ap­prend, par sa lettre à son frère Ta­ra­sius4, qu’étant à Constan­ti­nople, les deux frères li­saient en­semble à haute voix ; mais que, ne pou­vant plus, à cause de leur éloi­gne­ment, faire ces sortes de lec­tures en com­mun, Ta­ra­sius pria son frère de lui en­voyer les ré­su­més ou les « ar­gu­ments » (« hy­po­the­seis »5) des livres à la lec­ture des­quels il n’avait pas pu par­ti­ci­per, pour se conso­ler un peu de cette longue et pé­nible sé­pa­ra­tion. Voilà le pré­texte et le mo­bile de la « Bi­blio­thèque ».

  1. En grec « Βιϐλιοθήκη ». Haut
  2. En grec « Μυριόϐιϐλος ». Ni le titre de « Bi­blio­thêkê » ni ce­lui de « My­rio­bi­blos » ne sont de l’auteur. Dans les ma­nus­crits, le titre est ce­lui qu’on lit en tête de la lettre de Pho­tius à Ta­ra­sius : « In­ven­taire et Énu­mé­ra­tion des livres que nous avons lus, et dont notre bien-aimé frère Ta­ra­sius nous a de­mandé d’avoir une idée som­maire » (« Ἀπογραφή καὶ Συναρίθμησις τῶν ἀνεγνωσμένων ἡμῖν βιϐλίων, ὧν εἰς κεφαλαιώδη διάγνωσιν ὁ ἠγαπημένος ἡμῶν ἀδελφός Ταράσιος ἐξηιτήσατο »). Haut
  3. En grec Φώτιος. Par­fois trans­crit Phô­tios. Haut
  1. En grec Ταράσιος. Par­fois trans­crit Ta­raise ou Ta­ra­sios. Haut
  2. En grec ὑποθέσεις. Haut

Photius, « Bibliothèque. Tome I »

éd. Les Belles Lettres, coll. byzantine, Paris

éd. Les Belles Lettres, coll. by­zan­tine, Pa­ris

Il s’agit de la « Bi­blio­thèque » (« Bi­blio­thêkê »1) ou la « My­riade de livres » (« My­rio­bi­blon » ou « My­rio­bi­blos »2) de Pho­tius3, vé­né­rable pa­triarche de Constan­ti­nople (IXe siècle apr. J.-C.). Ce pré­tendu hé­ré­tique, à qui l’Église ro­maine at­tri­buera les aveu­gle­ments ayant mené au schisme des deux chré­tien­tés, celle d’Orient et celle d’Occident, fai­sant men­tir son beau nom de Pho­tius (« lu­mière ») — ce pré­tendu hé­ré­tique, dis-je, était l’homme le plus sa­vant de son temps. Doué d’une mé­moire pro­di­gieuse et d’une grande ar­deur pour le tra­vail, il avait de l’érudition en tout genre. Ses connais­sances étaient uni­ver­selles ; et contrai­re­ment à l’habitude de ceux qui s’appliquent à tant de choses, il sa­vait bien ap­pro­fon­dir les ques­tions par­ti­cu­lières quand il les trai­tait. Le re­cueil qui a mon­tré l’étendue de tout ce qu’il avait lu, de tout ce qu’il avait étu­dié, et qui a im­mor­ta­lisé son nom à titre de sa­vant, est sa « Bi­blio­thèque ». Y sont ré­su­més deux cent quatre-vingts ou­vrages an­ciens, parmi les­quels il y a plus de cent trente qui n’existent plus en en­tier ou en par­tie, et dont les au­teurs nous sont à peine connus de nom. Pho­tius écri­vit ces ré­su­més avant son ac­ces­sion au siège pa­triar­cal, et dans le temps où, en­voyé en am­bas­sade au­près des As­sy­riens, il trou­vait as­sez de loi­sir pour s’occuper de lit­té­ra­ture. On ap­prend, par sa lettre à son frère Ta­ra­sius4, qu’étant à Constan­ti­nople, les deux frères li­saient en­semble à haute voix ; mais que, ne pou­vant plus, à cause de leur éloi­gne­ment, faire ces sortes de lec­tures en com­mun, Ta­ra­sius pria son frère de lui en­voyer les ré­su­més ou les « ar­gu­ments » (« hy­po­the­seis »5) des livres à la lec­ture des­quels il n’avait pas pu par­ti­ci­per, pour se conso­ler un peu de cette longue et pé­nible sé­pa­ra­tion. Voilà le pré­texte et le mo­bile de la « Bi­blio­thèque ».

  1. En grec « Βιϐλιοθήκη ». Haut
  2. En grec « Μυριόϐιϐλος ». Ni le titre de « Bi­blio­thêkê » ni ce­lui de « My­rio­bi­blos » ne sont de l’auteur. Dans les ma­nus­crits, le titre est ce­lui qu’on lit en tête de la lettre de Pho­tius à Ta­ra­sius : « In­ven­taire et Énu­mé­ra­tion des livres que nous avons lus, et dont notre bien-aimé frère Ta­ra­sius nous a de­mandé d’avoir une idée som­maire » (« Ἀπογραφή καὶ Συναρίθμησις τῶν ἀνεγνωσμένων ἡμῖν βιϐλίων, ὧν εἰς κεφαλαιώδη διάγνωσιν ὁ ἠγαπημένος ἡμῶν ἀδελφός Ταράσιος ἐξηιτήσατο »). Haut
  3. En grec Φώτιος. Par­fois trans­crit Phô­tios. Haut
  1. En grec Ταράσιος. Par­fois trans­crit Ta­raise ou Ta­ra­sios. Haut
  2. En grec ὑποθέσεις. Haut

« Un Moine de la secte Kegon à l’époque de Kamakura : Myōe (1173-1232) et le “Journal de ses rêves” »

éd. École française d’Extrême-Orient, coll. Publications de l’École française d’Extrême-Orient, Paris

éd. École fran­çaise d’Extrême-Orient, coll. Pu­bli­ca­tions de l’École fran­çaise d’Extrême-Orient, Pa­ris

Il s’agit du « Jour­nal des rêves » (« Yume no ki »1) que le moine boud­dhiste Myôe2 a tenu de­puis l’âge de dix-neuf ans jusqu’à sa mort, à l’âge de cin­quante-neuf ans. On pos­sède des frag­ments de ce « Jour­nal » sous forme de rou­leaux, de fas­ci­cules re­liés et de feuillets ; ils étaient en­tre­po­sés par Myôe lui-même dans un cof­fret en bois, qu’il por­tait tou­jours sur lui ; il n’y met­tait que des ob­jets pré­cieux qu’il ne vou­lait pas di­vul­guer au grand pu­blic. Sorte de chro­nique oni­rique, ce « Jour­nal » se com­pose de rêves (« yume »3), d’apparitions ou de vi­sions au cours d’exercices re­li­gieux (« kôsô »4), et de fan­tasmes ou d’hallucinations (« ma­bo­ro­shi »5) ; c’est le plus an­cien, si­non le seul, do­cu­ment de ce genre au Ja­pon (XIIe-XIIIe siècle). Écrit sans grande por­tée mé­ta­phy­sique ni vi­sée lit­té­raire, il contient plus de su­per­sti­tion que de foi ; plus de naï­veté que d’enseignement ; il fait sou­rire plus qu’il n’édifie. On y ap­prend, par exemple, que Myôe conçut par deux fois le pro­jet de se rendre dans la pa­trie du Boud­dha, aux Indes, et qu’il fit même ses ba­gages ; mais, à cause d’un rêve fu­neste qu’il eut au der­nier mo­ment, il y re­nonça par deux fois. Et heu­reu­se­ment ; si­non, il au­rait pu se faire dé­vo­rer par un tigre du Ben­gale. Pour cal­mer le dé­pit que lui cau­sèrent ces an­nu­la­tions, il pra­ti­qua la mé­di­ta­tion sur l’île de Taka-shima (« l’île aux Fau­cons »), en se di­sant que l’eau des Indes, par je ne sais quel mi­racle géo­gra­phique, de­vait ve­nir jusqu’à cette île. On cite ce mot de lui : « Il n’est pas une pierre [de cette île] sur la­quelle je ne me sois as­sis [pour mé­di­ter] »6. Il em­porta une de ces pierres dans ses ba­gages, et avant de mou­rir, il lui adressa un poème d’adieu :

« Quand je se­rai mort,
Si à per­sonne tu ne peux t’attacher,
En­vole-toi vite
Et re­tourne en ton pays,
Ô ! ma pierre de l’île aux Fau­cons
 »

  1. En ja­po­nais « 夢記 ». Haut
  2. En ja­po­nais 明恵. Haut
  3. En ja­po­nais . Haut
  1. En ja­po­nais 好相. Haut
  2. En ja­po­nais . Haut
  3. Dans Ni­no­miya Ma­sayuki, « La Pen­sée de Ko­baya­shi Hi­deo », p. 212. Haut

Sulṭân Wéled, « La Parole secrète : l’enseignement du maître soufi Roûmî »

éd. Le Rocher, coll. Gnose, Monaco-Paris

éd. Le Ro­cher, coll. Gnose, Mo­naco-Pa­ris

Il s’agit de l’« Ib­tidâ-nâ­meh »1 (« La Pa­role se­crète », ou lit­té­ra­le­ment « Le Livre du com­men­ce­ment ») de Sulṭân Wé­led2, fils aîné de Djé­lâl-ed-dîn Roûmî et vé­ri­table fon­da­teur de l’ordre des « der­viches tour­neurs » (XIII-XIVe siècle apr. J.-C.). On ra­conte3 que quand Sulṭân Wé­led se ren­dait avec son père à une réunion, la plu­part des té­moins s’imaginaient que les deux étaient frères. D’ailleurs, au mo­ment de son ma­riage, Djé­lâl-ed-dîn n’avait que dix-huit ans ; et conti­nuel­le­ment Sulṭân Wé­led, dans toutes les séances où il as­sis­tait, s’asseyait à côté de son père. Il était son plus proche et son plus cher confi­dent et il pensa un mo­ment à l’égaler ou même à le sur­pas­ser, mais il fi­nit par se rendre à l’évidence que la vertu, le sa­voir, le ta­lent ne pou­vaient être confé­rés par hé­ré­dité. Voici dans quelles cir­cons­tances il en vint à cette conclu­sion. On ra­conte4 qu’après avoir ter­miné ses études en Sy­rie, il ar­riva dans la ville d’Alep ; il sa­tis­fit tous les sa­vants dans toutes les ques­tions qu’ils lui po­sèrent, sans que per­sonne pût trou­ver à re­dire dans ses ré­ponses. Re­venu à Ko­nya, en Asie Mi­neure, les gens de mé­rite de la ville se réunirent dans le col­lège de son père. Ce­lui-ci de­manda à son fils, en guise de pré­sent rap­porté du voyage, de trai­ter quelques ques­tions sub­tiles, et Sulṭân Wé­led, ayant pré­paré quelques pen­sées dé­li­cates, les ré­cita d’un bout à l’autre, s’imaginant qu’au plai­sir qu’il au­rait à les en­tendre, son père en res­te­rait bouche bée ; car Sulṭân Wé­led se croyait sans égal dans ces su­jets. Mais im­mé­dia­te­ment, son père re­prit exac­te­ment tout ce que Sulṭân Wé­led avait dit, et l’expliqua de telle ma­nière que tous en furent éba­his. Ci­tant ces pen­sées par cœur, il y ajouta tant de preuves et de res­tric­tions nou­velles, qu’on ne pour­rait les énu­mé­rer ; il y mêla des dis­cours éso­té­riques et poussa des cris. Sulṭân Wé­led dé­chira ses vê­te­ments et tomba à ses pieds. Tous les té­moins, stu­pé­faits, ap­plau­dirent et res­tèrent éton­nés de cette in­tel­li­gence su­pé­rieure de Djé­lâl-ed-dîn. À comp­ter de ce jour et pen­dant soixante-dix ans, Sulṭân Wé­led pé­ren­nisa l’influence de son père ; il rem­plit le ter­ri­toire de l’Asie Mi­neure de ses dis­ciples et vul­ga­risa ses pa­roles dans des œuvres plates, hon­nêtes, simples, à la por­tée de tout le monde.

  1. En per­san « ابتدانامه ». Par­fois trans­crit « Ib­tida-name », « Ibtidā’-nāma » ou « Eb­tedā-nāma ». Éga­le­ment connu sous le titre de « Va­lad-nâ­meh » (« ولدنامه ») et de « Math­nawî-e-Va­ladî » (« مثنوی ولدی »). Haut
  2. En per­san سلطان ولد. Par­fois trans­crit Sul­tan Ve­led, Solṭān Wa­lad ou Sul­tân Va­lad. Haut
  1. Aflâkî, « Les Saints des der­viches tour­neurs. Tome I », p. 20. Haut
  2. id. « Tome II », p. 64. Haut

Sulṭân Wéled, « Maître et Disciple, “Kitâb al-Ma’ârif” »

éd. Sindbad, coll. La Bibliothèque persane, Paris

éd. Sind­bad, coll. La Bi­blio­thèque per­sane, Pa­ris

Il s’agit du « Ma’ârif »1 (« Maître et Dis­ciple », ou lit­té­ra­le­ment « Les Connais­sances mys­tiques ») de Sulṭân Wé­led2, fils aîné de Djé­lâl-ed-dîn Roûmî et vé­ri­table fon­da­teur de l’ordre des « der­viches tour­neurs » (XIII-XIVe siècle apr. J.-C.). On ra­conte3 que quand Sulṭân Wé­led se ren­dait avec son père à une réunion, la plu­part des té­moins s’imaginaient que les deux étaient frères. D’ailleurs, au mo­ment de son ma­riage, Djé­lâl-ed-dîn n’avait que dix-huit ans ; et conti­nuel­le­ment Sulṭân Wé­led, dans toutes les séances où il as­sis­tait, s’asseyait à côté de son père. Il était son plus proche et son plus cher confi­dent et il pensa un mo­ment à l’égaler ou même à le sur­pas­ser, mais il fi­nit par se rendre à l’évidence que la vertu, le sa­voir, le ta­lent ne pou­vaient être confé­rés par hé­ré­dité. Voici dans quelles cir­cons­tances il en vint à cette conclu­sion. On ra­conte4 qu’après avoir ter­miné ses études en Sy­rie, il ar­riva dans la ville d’Alep ; il sa­tis­fit tous les sa­vants dans toutes les ques­tions qu’ils lui po­sèrent, sans que per­sonne pût trou­ver à re­dire dans ses ré­ponses. Re­venu à Ko­nya, en Asie Mi­neure, les gens de mé­rite de la ville se réunirent dans le col­lège de son père. Ce­lui-ci de­manda à son fils, en guise de pré­sent rap­porté du voyage, de trai­ter quelques ques­tions sub­tiles, et Sulṭân Wé­led, ayant pré­paré quelques pen­sées dé­li­cates, les ré­cita d’un bout à l’autre, s’imaginant qu’au plai­sir qu’il au­rait à les en­tendre, son père en res­te­rait bouche bée ; car Sulṭân Wé­led se croyait sans égal dans ces su­jets. Mais im­mé­dia­te­ment, son père re­prit exac­te­ment tout ce que Sulṭân Wé­led avait dit, et l’expliqua de telle ma­nière que tous en furent éba­his. Ci­tant ces pen­sées par cœur, il y ajouta tant de preuves et de res­tric­tions nou­velles, qu’on ne pour­rait les énu­mé­rer ; il y mêla des dis­cours éso­té­riques et poussa des cris. Sulṭân Wé­led dé­chira ses vê­te­ments et tomba à ses pieds. Tous les té­moins, stu­pé­faits, ap­plau­dirent et res­tèrent éton­nés de cette in­tel­li­gence su­pé­rieure de Djé­lâl-ed-dîn. À comp­ter de ce jour et pen­dant soixante-dix ans, Sulṭân Wé­led pé­ren­nisa l’influence de son père ; il rem­plit le ter­ri­toire de l’Asie Mi­neure de ses dis­ciples et vul­ga­risa ses pa­roles dans des œuvres plates, hon­nêtes, simples, à la por­tée de tout le monde.

  1. En per­san « معارف ». Par­fois trans­crit « Ma‘āref ». Haut
  2. En per­san سلطان ولد. Par­fois trans­crit Sul­tan Ve­led, Solṭān Wa­lad ou Sul­tân Va­lad. Haut
  1. Aflâkî, « Les Saints des der­viches tour­neurs. Tome I », p. 20. Haut
  2. id. « Tome II », p. 64. Haut